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Avelofodelo

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Bonne lecture.

Fête de retour aux Mollettes

Fête du retour, le 26 juin 2011 aux Mollettes (Savoie)

Fete-aux-Mollettes.Photo_A.Bernes.R.JPG

Photo Agnès Bernès, Le Dauphiné libéré.

13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 22:26

Jeudi 02/06 : Au revoir l’Asie … bonjour la France.

 

En ce mercredi premier juin, encore au cœur de la Thaïlande, Soumet a redoublé d’idée et d’ingéniosité pour nous faciliter le départ du musée avec un taxi grand confort où nous avons chargé tous nos bagages aisément. Il est 17 h 00 passées lorsque nous faisons nos adieux à notre ami Soumeth et à toute l’équipe si serviable du musée.

 

Nakhon Chaisri musée avec Jesada , Soumeth et Marc

 

Nous laissons aussi derrière nous Marc, le baroudeur. Il reste au musée le temps de réaliser tous les travaux d’entretien sur son camion-camping-car, puis il repartira vers d’autres aventures.

  Nakhon Chaisri musée avec Marc et son 4X4

 

Le confort du taxi nous fait beaucoup de bien. La climatisation est juste bien réglée. Le chauffeur, Nou, adopte une conduite parfaite pour nous conduire en une heure trente à l’aéroport de Soukoumvit. Les garçons se laissent aller à une bonne sieste pendant le trajet, les filles sont plus songeuses et essaient de réaliser ce qui est en train de se passer : nous sommes en route pour regagner la France ! Derniers coups d’œil sur cette mégalopole qu’est Bangkok, impressionnante.

 

Bangkok Wat Phra Kaeo 30

 

Devant l’entrée de l’aéroport, avec tous les bagages à nos pieds, nous laissons partir Nou et trouvons facilement le point d’enregistrement des bagages où nous devrons nous présenter tout à l’heure.

 

Nous pouvons aller manger tranquilles, une dernière assiette de riz et de pâtes thaï.

 

Damnoen Saduak marché flottant repas thaï

 

Vers 21 h 00, les comptoirs ouvrent. Une mauvaise surprise nous attend ! La compagnie nous réclame une surtaxe pour nos deux tandems encombrants : 100 euros par vélo ! Nous qui avions échappé à cela depuis un an…On ne sait pas si l’on doit maudire cette compagnie ou remercier les autres. Marc disparaît avec sa carte visa et un employé de la compagnie, pendant un temps qui nous semble une éternité. C’est avec soulagement que nous le voyons revenir avec nos cartes d’embarquement. Nous déposons les tandems au départ des objets hors gabarit et passons le contrôle des passeports. Le douanier prend une dernière photo de chacun et nous pouvons dépenser nos derniers baths dans l’achat d’un tuk tuk miniature et d’une bouteille d’eau.

 

Nous embarquons dans l’airbus A 330, et nous nous installons sur nos quatre places centrales. 7915 kilomètres nous séparent de Helsinki, soit dix heures de vol, avec un décalage horaire de quatre heures. Il est minuit à Bangkok et il fait encore 29°C. Nous décollons avec une heure de retard.

 

Nous nous sustentons avec un morceau de fromage, des crakers, un gâteau au chocolat et un café. Chacun regarde un moment son écran de télévision puis s’endort avec la polaire, les chaussettes, la couverture. Il fait froid à plus de 10 000 mètres d’altitude, au-dessus de la Russie !!!!

 

L’atterrissage sur le sol finlandais pour une escale de deux heures est réussi mais c’est la douche froide ! Plus aucun sourire sur les visages, qui restent inexpressifs et figés, malgré nos tentatives.

 

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup…

 

Bangkok Wat Phra Kaeo 24

 

Dans l’avion suivant qui va nous acheminer à Paris, nous jouons à celui qui arrivera à obtenir un sourire : peut-être un autre passager, ou une hôtesse de l’air. Nous sommes attristés par cette dure réalité qui plombe notre humeur. Toute l’Europe est-elle ainsi ? Est-ce la morosité ambiante ? Quel contraste avec l’Asie du sud-est !!!

 

Le voyage passe vite et nous arrivons bientôt au terme des 1850 kilomètres séparant les deux capitales d’Europe. Nous survolons les cultures avant d’apercevoir enfin la Tour Eiffel et les pistes de l’aéroport Charles de Gaule.

 

Nous récupérons les cinq sacs…mais où sont passés Fanlabise et Cassbizou ? Ah non, pas de mauvaise blague sur notre sol, quand même !!

 

Peut-être un cafouillage à la française ou une fantaisie de nos deux compères qui veulent nous jouer un tour avant de rentrer. Nous les faisons rechercher par le service des bagages encombrants. Ca y est on les a repérés, ils avaient juste besoin d’un peu plus de temps pour arriver dans le hall de l’aéroport. Nous les récupérons entiers et en bon état.

 

Et voici Valérie, la soeur de Marc, avec son mari, Pascal et Louis, 7 ans, qui apparaissent devant nous. Nous sommes heureux de les revoir, et les cousins sont bien joyeux de se retrouver.

Champigny chez Valérie et Pascal 2

 

Le beau temps domine sur Paris avec un air frais qui nous surprend, et nous fait plutôt du bien, nous qui arrivons des fortes chaleurs avec un taux d’humidité dépassant les 60%.

 

Les bagages et nos deux familles trouvent place dans le Popo et l’AX. Il faut se faufiler dans les bouchons du périphérique. Cela donne le temps de discuter et de se raconter nos histoires.

 

Champigny la Marne

 

Arrivés à Champigny sur Marne, nous retrouvons Agathe, 18 ans, en pleines révisions pour son bac, et nous découvrons leur nouvel appartement en triplex, situé dans une ruelle calme de Champigny, avec une cour intérieure qui permet aux enfants de taper dans le ballon.

 

Il est presque 14 h 00 et Valérie nous a prévu un excellent déjeuner : une salade de tomates, concombre, feta, avec jambon blanc, mortadelle et rillettes de canard, du fromage, du pain et des fruits de saison. Tout cela suivi d’un café et nous voici comblés par des saveurs simples et bonnes.

 

On atterrit tout doucement.

 

En fin de journée, avec le décalage horaire, nous sentons la fatigue et l’envie de dormir mais Camille, 19 ans, est là et nous sommes bien ravis de la revoir et pas question de sauter le bon dîner qui nous attend.

 

Du vendredi 03/06 au dimanche 05/06 : Visite de la famille en région parisienne.

 

Vendredi, Léa bat son record de sommeil, et émerge à midi. Tim est tout heureux de voir arriver de l’école son cousin Louis, qui lui fera la joie de rester avec lui pour l’après-midi.

Nous remettons les deux tandems en état de rouler.

 

Champigny en allant chez Valérie et Pascal

 

Samedi matin, première sortie dans le quartier pour Anne-Claire et Marc. Nous sommes tout surpris de voir des inscriptions en français et nous nous glissons dans un magasin pour acheter une carte sim pour notre téléphone. Ah bon on vous doit quelque chose ? En euros ? Comment sont les euros ? On plane totalement, ce qui nous vaut un bon fou rire.

 

Dans l’après-midi, Christophe, le cousin d’Anne-Claire vient nous chercher et nous partons pour l’ouest de la région parisienne.

 

Gif sur Yvette chez Christophe et Isabelle

 

Nous arrivons à Gif sur Yvette chez Christophe et Isabelle. Retrouvailles pleines d’émotions avec eux et les quatre enfants, Timothée, 16 ans, Clara, 15 ans, Maud, 11 ans et Tiphaine, 8 ans.

 

Nous passons des heures à nous raconter des événements de l’année. Léa fait une démonstration de danse barong de Bali, et Tiphaine de danse rythmique et sportive, pendant que le feu pour le BBQ démarre doucement. Les magrets de canard vont passer au grill !

 

Gif sur Yvette chez Christophe et Isabelle 3

 

Mangerons nous dehors, dans le jardin ou dans la maison ? Les premières gouttes de pluie commencent à tomber et nous choisissons de dîner au sec. Plus tard dans la nuit, c’est le ciel qui nous tombe sur la tête : des trombes d’eau comme en Thaïlande, sauf que là, nous sommes à l’abri, dans le confort d’une maison.

 

Dimanche matin, plutôt matinaux, Marc et Anne-Claire partent se balader à pied et chercher du pain frais pour la maisonnée. Ah le bon pain de France !!! Qu’il nous a manqué par moments !!!

 

Le petit déjeuner est un bon moment de partage suivi d’un air de piano par Maud, pour notre plus grande joie.

 

Gif sur Yvette chez Christophe et Isabelle 10

 

Photo de famille dans le jardin et il est l’heure de nous séparer et de repartir en RER.

 

Gif sur Yvette chez Christophe et Isabelle 15

 

24 stations jusqu’à Paris. Un homme joue de l’accordéon avec sa boîte à rythme et c’est tout simplement joli.

 

Arrivés à Chatelet-les-Halles, Léa et Tim trouvent sans difficulté la correspondance pour l’autre RER et nous nous installons à l’étage supérieur du train. A Champigny, ils prennent la direction des opérations et font la lecture du plan pour regagner la maison.

 

L’après-midi est consacré à préparer les sacoches car nous reprenons la route le lendemain. Nous passons la soirée chez Jean-Marie et Kitou, oncle et tante d’Anne-Claire, en compagnie d’Etienne, Agathe et leur petite fille, Clémence, âgée de 4 mois.

 

Créteil chez Kitou et Jean-Marie 8

 

Lundi 06/06: Nemours – Theil sur Vanne, 48 km.

 

Tout est près à huit heures, lorsque Kitou arrive pour nous convoyer avec Pascal et nous sortir de Paris en véhicule par la francilienne.

Nous roulons environ 70 kilomètres et après Nemours, nous nous arrêtons en pleine campagne, en bord de route en direction de Sens.

 

Nemours départ sous la pluie avec Kitou et Pascal

 

Nous chargeons les tandems, sous la fraîcheur et les premières gouttes de pluie. Nous laissons Kitou rentrer à Créteil. Quand à Pascal il file en Ardèche.

 

Nemours départ sous la pluie 9

 

Et c’est parti, sur les routes de Bourgogne. Le relief est vallonné, nous traversons de belles forêts, longeons les champs de blé, de maïs.

Dans un village, nous trouvons refuge sous un porche, entre deux maisons. Bernard le propriétaire ne tarde pas à arriver et nous propose de rentrer nous asseoir dans sa maison. Il faut dire que nous sommes mouillés, ça caille vraiment pour notre premier pique nique. Bernard est un chasseur et il nous raconte quelques unes de ses prises, photos de journal à l’appui. Il insiste pour que nous goûtions le cidre de sa fabrication et offre un jus de fruit aux enfants.

Nous profitons de l’accalmie pour repartir avec du cidre plein les jambes, et nous arrivons à Sens.

 

Nous achetons une carte routière de France pendant qu’il tombe des trombes d’eau.

Les enfants n’ont pas le goût de repartir sous l’averse, râlent et ne pédalent plus. Nous leur promettons un arrêt au village suivant, Theil sur Vanne. 48 km suffiront pour aujourd’hui.

 

Nous trouvons à planter la tente entre salle des fêtes et terrain de tennis, avec autorisation du Maire que l’employé communal est allé chercher pour nous. Il nous montre un point d’eau où nous pouvons faire une toilette de chat, remplir nos gourdes et casserole pour cuire les pâtes. Nous sommes tout émus de ce campement car nous n’avions pas replanté la tente depuis notre séjour à Lifou, il y a deux mois de cela.

 

Theil sur Vanne campement

 

Mardi 07/06 : Theil sur Vanne – Tanlay, 71 km.

 

Nous n’avons pas perdu nos habitudes pour ranger le matériel, mais nous trouvons que nous sommes longs à tout plier. La tente est plus qu’humide, nous la mettons à sécher, faisons la vaisselle au petit ruisseau où grouillent toutes sortes de petites bêtes.

 

Nous prenons le départ vers 9h30, pour une route au même profil qu’hier. Nous traversons des villages aux noms pittoresques, Cerisiers, Avrolles et son église au clocher séparé.

 

Avrolles clocher

 

Nous optons pour un pique nique juste après les courses sur le parking du super marché et essayons d’activer nos mandibules pour repartir rapidement.

 

Sur la route champ de blés 4

 

Nous longeons la rivière Armançon, puis le canal de Bourgogne, par des routes bordées de platanes, de peupliers, et de nouveau, les champs de céréales, blé, tournesol, colza.

 

Sur la route champ de blés 15

 

Léa et Tim pédalent mieux que la veille, dynamisés par le jeu « qui veut gagner des euros ».

 

Sur la route champ de blés 18

  

Nous traversons Tonnerre puis cahin caha, arrivons à Tanlay notre escale. Nous allons frapper à la mairie pour demander l’autorisation de camper sur un terrain herbeux. Laurette, la secrétaire nous accueille à bras ouverts et se décarcasse pour nous trouver une solution.

 

Tanlay Laurette et Patrick à la mairie

 

Il faut dire que Tanlay est une commune classée aux monuments historiques avec son château, d’où un environnement hautement préservé.

 

Tanlay le château

 

Patrick, l’employé communal arrive. Tous deux se concertent puis Patrick nous accompagne jusqu’au terrain de foot et nous ouvre les vestiaires. Il nous autorise à dormir dedans en cas de mauvais temps au grand désespoir de Léa, qui préfèrerait la tente. Quelle aventurière !

 

Nous optons pour les vestiaires des visiteurs, une bonne douche chaude, tels les membres d’une équipe après un match et nous dégustons notre dîner, assis sur les bancs.

 

La promenade digestive nous fait passer devant le château et arpenter des rues d’un calme rare, pas un chat.

 

Tanlay le château 1

 

De retour dans notre « chénou » du jour, nous installons notre bâche au sol, les matelas et nos duvets dans le vestiaire des visiteurs du F.R. Tanlay et c’est parti pour une bonne nuit au sec.

 

Tanlay nuitée dans les vestiaires du foot 1

 

Mercredi 08/06 : Tanlay – Boudreville, 63 km.

 

Réveil vers 6h30 avec la ferme intention de partir de bonne heure. Léa et Tim vont acheter le pain pour notre petit déjeuner pris sur les bancs du vestiaire. Nous sommes plus rapides pour tout plier et après avoir salué et remercié Patrick et monsieur le Maire, nous partons par une forte montée jusqu’au village de Pimelles.

 

Sur la route 1

 

Ensuite, c’est du plat vallonné toute la journée.

 

Après 12 kilomètres, nous passons devant un jardin où un homme cueille des cerises. Il a entendu son chien aboyer et nous hèle. Il nous propose des cerises et nous faisons connaissance.

 

Sur la route chez Bruno et Florence

 

Bruno nous invite alors à rentrer boire une boisson chaude car il fait froid. Nous acceptons et trouvons Florence sa femme affairée aux conserves de cerises, avant de retourner demain au lycée, où elle est professeur d’économie. Leur plus jeune fille Jeanne, vient de se lever. Elle profite des mercredis pour se reposer et prépare un chocolat chaud pour Léa et Tim.

Nous passons un excellent moment convivial et qui réchauffe.

 

Sur la route chez Bruno et Florence cerises  Sur la route chez Bruno et Florence et Jeanne

 

Après cette bonne rencontre, nous repartons sous une légère bruine et avec le froid. La route descend jusqu’à Laignes où nous entrons dans le département de la Côte d’Or. Nous continuons mais la faim nous fait stopper sur une aire de pique nique. Quelques gouttes de pluie perturbent ce moment mais cela ne dure pas. Léa et Tim s’enroulent dans ce qui nous reste de couverture de survie et s’allongent sur la route pour trouver de la chaleur.

 

Laignes pique nique 1

 

Nous sortons le réchaud pour nous faire un thé car ça caille !!!!

 

Laignes pique nique 4

 

Nous passons Châtillon sur Seine, pour quelques courses, et jouons à enfiler nos vestes de pluie, à les ôter, à les remettre…

 

Sur la route platanes

 

Et nous arrivons à Boudreville.

 

Boudreville sur la route

 

Nous abordons l’unique homme qui est là dehors, Pascal, mais il ne peut nous répondre n’étant pas du coin. Il part questionner sa belle mère.

Il revient avec sa compagne, Estelle, qui nous dit « vous allez dormir chez nous ».  

 

 

  Boudreville chez Nicole 6

 

Nicole, la mère d’Estelle nous ouvre spontanément ses bras et sa maison. Boissons chaudes, polaire, deux chambres, un excellent dîner avec les voisins, une soirée conviviale et animée, un accueil digne de celui que l’on donne aux être qui nous sont chers !!!! Chez Nicole, c’est comme la maison du bon dieu, la magie de la rencontre opère encore une fois.

 

Jeudi 09/06 : Boudreville – Bussières les Belmont, 74 km.

 

Ce matin, Léa et Tim ne veulent pas quitter la couette. Nous émergeons difficilement et nous trouvons une table garnie de bonnes choses pour le petit-déjeuner. Avec une agréable odeur de pain grillé, nous prenons le temps de discuter. Nous sommes touchés par cette femme Nicole, et la facilité et la simplicité avec laquelle elle nous a ouvert sa maison, en toute confiance.

 

Boudreville chez Nicole 5

 

Peut-être reverrons-nous Estelle et Pascal qui habitent Saint Priest à côté de Lyon ?

 

Il est presque 10 heures, l’air est froid, le ciel est couvert, et le paysage toujours aussi magnifique : verdoyant, vallonné, avec les champs de colza, blé, trèfle, et des vaches blanches, la rivière qui serpente.

 

Sur la route champ de blés 20

 

Dans le village de Rouvres sur Aube, nous sommes attirés par la camionnette du boulanger et faisons provisions de pain, chausson aux pommes, croissant au chocolat, tartelette à l’abricot, tourte à la viande.

 

Rouvres sur Aube boulangerie ambulante

 

Chargés de délices pour le pique nique, nous bifurquons à gauche pour gagner par une route montante le plateau de Vitry en Montagne. Des routes paradisiaques pour la randonnée à vélo.

 

Sur la route champ de blés 3

 

Arrivés à Chalindrey, alors que le froid domine, nous nous arrêtons dans un bar nous réchauffer d’un chocolat chaud. Nous prenons conseils auprès d’un client pour continuer notre route.

 

Après 74 kilomètres, nous atteignons Bussières les Belmont.

 

Bussières les Belmont

 

Nous trouvons le maire dans sa ferme. Il nous autorise à planter la tente au cœur du village et avant de démarrer la traite des vaches, il prend le temps de venir nous indiquer un robinet d’eau et de nous ouvrir les toilettes derrière la mairie. Il est épaté par notre expédition et propose de nous envoyer la correspondante du journal local, qui vient nous rencontrer dans la soirée.

 

Bussières les Belmont campement

 

Nous apprécions la présence du pizzaïolo sur la place du village. Au retour de notre toilette, nous trouvons à l’entrée de la tente un panier garni de cerises !

Quelle belle attention de la part d’un bienfaiteur.

 

Vendredi 10/06 : Bussières – Frasne le Château, 52 km.

 

De bon matin, Léa et Tim partent chercher le pain. Ils reviennent avec deux baguettes en disant qu’ils ont fait vite car une voiture les a montés jusqu’à la boulangerie. Notre sang ne fait qu’un tour et nous les questionnons sur les circonstances du convoyage. Léa explique : « C’était deux personnes âgées à qui on a demandé où était la boulangerie. Comme ça montait ils ont proposé de nous emmener ; on a dit non ; ils ont dit y a pas d’problème, et on est montés avec eux ». Une longue discussion suit alors avec les enfants sur les éventuels dangers.

 

Nous savourons les cerises et puis c’est le départ. Les jambes sont lourdes à moins que ce ne soit les tandems, alourdis par une multitude de moucherons qui se posent sur nos gilets jaunes de sécurité. Heureusement, les enfants pédalent bien, les routes sont paisibles avec peu de circulation. Les oiseaux chantent et il fait moins froid.

 

Sur la route 8

  

On égrène les villages de Poinson les Fayl, Savigny, Valleroy.

 

Sur la route

 

A Fouvent Saint Andoche, nous apprenons que ces petites bêtes noires qui voyagent avec nous sont des mouches de colza. Quand il n’y aura plus de champ de colza il n’y aura plus de moucherons, ce que nous vérifierons plus loin.

 

Nous quittons la vallée de la Saône pour gagner, par une succession de petits villages, les routes de la Haute Saône.

 

Sur la route canal

 

Arrivés à Etrennes, nous sommes heureux de lire le panneau qui nous indique enfin Frasne le Château à 2,5 kilomètres, là où nous sommes attendus chez des amis, Christine et Jacques.

 

Frasne le Château chez Christine et Jacques 1

 

L’accueil et les retrouvailles sont chaleureux et nous prenons le temps, le lendemain, d’une journée de repos.

 

Frasne le Château chez Christine et Jacques 44 Frasne le Château chez Christine et Jacques 28

Frasne le Château chez Christine et Jacques 13 Frasne le Château chez Christine et Jacques 6

 

Nous apprécions la compagnie de leurs grands enfants, Simon et Tiphaine, venus de Paris avec leur chienne et les deux chats pour passer le week-end. Jonathan, en recherche d’emploi et Delphine qui passe les dernières épreuves du bac. Nous faisons la connaissance de leurs amis Michel, dit Mimi, jeune retraité et Joëlle, qui arrive d’un voyage au Vietnam.

 

 Frasne le Château chez Christine et Jacques 5

 

Nous nous régalons d’un dîner de saucisse de Morteau, palette, jambon, patates et cancoillotte, terminé par les desserts préparés par les enfants : pommes aux noix et muffins à la poire et chocolat.

 

Frasne le Château avec Christine et Jacques 8

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 13:03

 Candidasa hôtel Bali Santi gamelan Candidasa hôtel Bali Santi gamelan 1 Candidasa hôtel Bali Santi gamelan 2 Candidasa hôtel Bali Santi gamelan 3 Candidasa hôtel Bali Santi gamelan 4

Chevauchée en tandems sur des routes très fréquentées et en rase campagne.

Sur la route 2 x 2 circulation dense

Tenganan tandem 11

 Tenganan tandem 5

Damakakarya rizières et orduresKastala rafraîchissement

 

Chaudes virees en tandems dans les rizieres.

Ababi rizières

Ababi rizières 4

 Damakakarya culture du riz avec bufflesKastala rizières 1

 Damakakarya culture du riz

 

Decouverte d’un des plus anciens villages de Bali ou les habitants ont conserve des pratiques artisanales ancestrales.

Tenganan ciseleur sur feuille de palmier

 Tenganan lieu communautaire 1

    Tenganan tissage du double ikatTenganan lieu communautaire 3

 Tenganan coqs de combat

 

Sejour a Candidasa dans un hotel au bord de l’ocean indien: repos, massages, baignades, rencontre avec Made, guide.

Candidasa hôtel Bali Santi piscine 3

 Candidasa hôtel Bali Santi petit déjeunerCandidasa hôtel Bali Santi vue sur l'océan 11

    Candidasa hôtel Bali Santi massages Léa et Tim

Candidasa pirogue 1

 Bali Santi hôtel avec Made Puger 6

Halte a Sanur, station balneaire, et rencontre avec Helene et Marc.

 Sanur plage 14

Sanur plage 3

 Saunur marché de nuitSaunur marché de nuit 3

 Saunur marché de nuit ave cHélène et Marc

 

Visite du musee de Denpasar.

Denpasar Museum Negeri Propensi Bali 30

 Denpasar Museum Negeri Propensi Bali 1   Denpasar Museum Negeri Propensi Bali 7

 Denpasar avec Made

Dernier evenement lors du depart de Bali pour gagner La Thailande ou nous sommes depuis le 06 mai.

  Candidasa bassin 6

 

Nous vous invitons a voir le diaporama qui se nomme Bali, cote sud est”.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 02:28

 

Notre virée sur la Grande Terre, en tandems durant quinze jours, fera l’objet d’un article ultérieur.

 

Les étapes ont été magnifiques mais souvent difficiles en raison du climat très chaud et humide, des routes à relief et sinueuses. Ce fut une épreuve physique, dans un environnement de tout beauté.

 

Notre programme de visite nous amène alors sur l’île des Pins, située au sud est de Grande Terre. Des incertitudes pèsent sur les navettes du Betico II, car ce bateau reliant les îles au Caillou, doit être mis en carénage prochainement. La date étant incertaine nous décidons de prendre l’avion.

 

Nouméa aéroport 4

 

Les tandems et le réchaud à gaz devront rester à Nouméa.

 

Nouméa départ

 

Mercredi 23/03 : Nouméa – Ile des Pins, 25 minutes en avion

 

Après l’installation au camping de Nataïwatch, nous découvrons avec stupéfaction la baie de Kanumera.

 

Baie de Kanuméra 4

 

Le rêve est devant nous, autour de nous, en train de s’accomplir : pour la première fois de notre vie nous sommes sur une plage de sable blanc et doux comme de la farine, face aux eaux turquoises, sous les cocotiers qui répandent leurs ombres bien nécessaires par ce beau soleil.

 

Baie de Kanuméra 14

 

Equipés de nos masques, tubas et tee-shirt, nous partons surplomber les patates coralliennes, autour desquelles vivent les poissons multicolores. La température de l’eau est idéale pour barboter des heures. La baignade est paisible et nous sommes quasi les seuls dans l’eau.

 

Les enfants s’en donnent à cœur joie et sont insatiables à jouer sur la plage.

 

  Baie de Kanuméra 13

 

Dans l’après-midi, nous partons marcher. Par la baie de Kanumera, nous gagnons le rocher tabou puis la baie de Kuto, qui abrite elle aussi une longue plage de sable blanc bordée de cocotiers et de pins colonnaires.

 

Pins colonnaires 2

 

Des enfants kanaks nous indiquent l’accès au sentier.

 

Baie de Kuto 13

 

Nous nous enfonçons dans la forêt, sur un sentier étroit à travers une végétation dense, à la Indiana Jones.

 

  Forêt

 

Après 20 minutes de marche, nous arrivons sur une immense plage de sable blanc sur laquelle viennent se casser les rouleaux laissant derrière eux une écume onctueuse.

 

Baie des rouleaux

 

Léa et Anne-Claire se baignent tandis que Marc et Tim partent sur le platier en mission d’observation.

 

Baie de Kuto platier

 

De loin, Marc fait signe aux filles de les rejoindre : c’est marrée basse, nous pouvons tenter un retour par là avant que la marrée ne remonte.

 

Sur ce plateau de rochers et de corail, la vie bat son plein dans les poches d’eau : bon nombre de petits poissons, crabes, étoiles de mer, limaces, jusqu’aux deux magnifiques tricots rayés, peuplent les interstices.

 

  Tricot rayé 1

 

Serpent populaire, le tricot rayé se réchauffe sur les rochers entre deux parties de pêche. En effet il ne se mouille que pour attraper des petites murènes qu’il tue grâce à un venin puissant. Il est placide et craintif ce qui nous arrange bien. Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention de le déranger ni de tester sa morsure, qui est mortelle.

 

Corail 3 Molusque 1

 Corail 5 Corail 6

 

Nous continuons notre chemin, et le suspens commence à grandir car la marée monte. Arrivés au bout du platier, nous devons nous hisser sur le sentier pour marcher encore quelques centaines de mètres en surplomb du littoral.

 

Au dessus du platier

 

Nous retrouvons la plage de Kuto au soleil déclinant qui répand ses tons de orange et de rose. Nous nous replongeons dans l’eau limpide sous un soleil couchant rouge feu de toute beauté.

 

Jeudi 24/03 : Ascension du pic N’ga, 262 m, 2h30 de marche

 

Après une nuit douce et un petit déjeuner, nous rencontrons un jeune couple voyageant en tandem, Céline et Julien. Nous échangeons sur nos expériences et aussi sur nos équipements.

 

Tandem démontable Céline et Julien

 

Leur tandem est démontable d’où une facilité pour les transports en avion. Les informations rassemblées seront transmises en temps voulu à Olivier comme d’autre alternative d’équipement pour les voyageurs.

 

Puis, nous partons pour l’ascension du pic N’ga, sommet culminant de l’île à 262 mètres. Léa est très motivée et meneuse durant toute la randonnée.

 

Pic N'ga ascension 1

 

Tim est assommé par la chaleur et souffre dans la montée. Il trouve très injuste d’avoir des petites jambes à comparer des nôtres. Mais il retrouve de la motivation grâce aux cairns auxquels il apporte sa pierre. Marc simule un état de fraîcheur qui ne trompe pas l’œil exercé du photographe.

 

Pic N'ga fatigue au sommet

 

L’arrivée au sommet est un pur bonheur et nous procure une vue panoramique magnifique sur toute l’île.

 

Pic N'ga vue 2

 

Mais la chaleur et l’attraction de la baignade nous attirent de nouveau vers le bas sans plus tarder. Sur le chemin du retour, nous ramassons du bois mort pour le feu de ce soir.

 

Pic N'ga vue


Le retour à la fraîcheur des ombrages du camping, une bonne douche froide revigorent les troupes, sans compter le retour sur la plage : le bonheur.

 

 Baie de Kanuméra 22

 

Comme prévu à la tombée de la nuit, nous faisons un feu de bois sur un des foyers pour chauffer notre repas.

 

Vendredi 25/03 : Découverte de la baie d’Upi en pirogue. Exploration de la piscine naturelle à la baie d’Oro.

 

Nous nous réveillons de bonne heure pour rejoindre en bus Vao, village principal de l’île, puis la baie de saint Joseph. Nous embarquons sur une pirogue avec un autre couple Marc et Sylvie. Le piroguier est peu bavard.

 

Baie Saint-Joseph sur pirogue 3

 

Nous avançons à la voile sur les eaux vertes et bleues.

 

Baie Saint-Joseph sur pirogue

 

Nous croisons un peu plus loin dans ces eaux peu profondes une tortue qui passe son chemin avec légèreté.

 

Baie Saint-Joseph pirogue 7


Nous découvrons la baie d’Upi, parsemée d’îlots coralliens.

 

Baie d'Upi 16

 

C’est splendide ! Nous sommes sans voix devant une telle merveille.

 

Baie d'Upi 5


Arrivés au terme de ce voyage, nous poursuivons notre progression à pieds par un chemin en pleine forêt luxuriante.

 

Forêt 2

 

Nous traversons le chenal avec de l’eau jusqu’aux genoux et là nous arrivons au terme de notre randonnée : la piscine naturelle au fond translucide, taillée dans le corail, bordée de pins colonnaires et de cocotiers.

 

Piscine naturelle


Nous sommes dans la baie d’Oro, un site exceptionnel, béni des dieux. « Oro » signifie « cœur » en langue vernaculaire.


Nous prenons nos masques et tubas et plongeons dans cet aquarium grandeur nature.

 

Piscine naturelle 13

 

Les poissons appâtés par du pain viennent danser autour de nous dans un ballet de couleurs magnifiques.

Piscine naturelle 10  Piscine naturelle 11

 

 

C’est impressionnant, magique !!!

 

Quelques heures plus tard, l’eau s’est en partie retirée et la piscine à marée basse prend une autre allure.

 

Pins colonnaires 2

 

Les crabes violonistes grouillent dans le corail.

 

Crabe violoniste

 

Nous ne sommes plus que quatre dans l’eau. La piscine est à nous, pour une dernière exploration avant de retourner « chez Régis » où vient nous rechercher le bus.

 

Baie d'Oro 1


Nous sommes comblés par une si belle journée.

 

De retour au camping, nous ouvrons une noix de coco pour le goûter.

Puis nous retournons à la plage par le chemin d’accès du camping.

 

Camping Nataïwatch Camping Nataïwatch faré

 

Cette petite merveille verdoyante s’étire entre quelques propriétés paisibles.


Nous ne pouvons pas nous lasser de contempler la baie de Kanuméra et nous baigner, encore et sans modération, dans ces eaux si belles et d’une température si agréable.

 

Coucher de soleil

 

Samedi 26/03: Marché à Vao. Retour à Nouméa

 

Les magasins sont rares sur l’île et les victuailles manquent. Anne-Claire et Tim se lèvent de bonne heure pour aller en stop au marché de Vao. Un peu d’attente et nous sommes pris par une famille pour les 5 kilomètres qui nous séparent du village.

 

Sur le marché couvert, peu de fruits et légumes. Nous trouvons quand même une noix de coco, une pastèque, deux avocats, trois pommes cannelle, quatre pommes lianes ou fruit de la passion, et cinq bananes. Ce sera notre nourriture pour la journée rajoutée à un peu de pain. Retour en stop au camping avec la première voiture qui passe.

 

Après le petit déjeuner nous découvrons la baie de Kanuméra sous un autre regard.


Un bateau de croisière australien a accosté pour la journée avec à son bord quelques 2000 personnes.

 

Baie de Kanuméra 28

 

Que de monde sur la plage ! Nous sommes noyés dans la foule. On se croirait dans une piscine bondée. Marc et Léa parviennent à faire le tour du rocher tabou en masque et tuba. Nous revenons plus au calme sur une partie de la plage.

 

Baie de Kanuméra 19


Puis vient l’heure de ranger les maillots de bain, plier la tente et boucler les affaires dans les sacs pour regagner l’aérodrome. Nous repartons par l’avion alors que le jour décline.

 

Ile des Pins aéroport départ 2


A peine élevés à 3000 mètres, l’avion doit déjà amorcer sa descente sur le Cailloux pour atterrir. Une fois à terre, le pilote accepte d’accueillir les enfants dans le poste de pilotage pour leur montrer quelques boutons et donner quelques explications.

 

Jean-Benoit venu nous chercher à l’aérodrome de Nouméa nous attend sur un siège, mort de fatigue après quelques heures de surf.

 

Nouméa arrivée


Un dimanche à Nouméa le temps d’un restaurant tous les six et d’une lessive et nous repartons lundi pour 10 jours à Lifou.

 

Nouméa restaurant 1


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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 05:14

 

Après notre étape australienne, nous atterrissons en Nouvelle Calédonie le 26/02 pour six semaines. Accueillis par Jean-Benoît et Valérie que nous avons rencontrés en Nouvelle Zélande, nos premiers jours d’acclimatation se passent dans le confort : ils viennent nous chercher à l’aéroport, nous hébergent chez eux, d’où nous préparons notre tour de Grande Terre. Nous décidons de faire le trajet Nouméa/Bourail en véhicule vu le trafic incessant sur cette portion de route que l’on nous a décrite comme dangereuse. Jean-Benoît devant s’y rendre pour le travail, nous partons avec lui et nos tandems trouvent leur place dans l’arrière du pick up.

 

Avec pick up de JB 

 

Mercredi 26/02 : Nouméa – Bourail, 185 km en voiture.

 

Vers Bourail, Jean-Benoît prend le temps de nous faire découvrir de beaux sites : la baie des amoureux et ses pins colonnaires,

 

Pins colonnaires

 

le point de vue sur la baie des tortues depuis le belvédère qui surplombe « le bonhomme », rocher qui se détache de la falaise.

 

Le bonhomme 1

 

Le camping de la plage de Poé est quasi désert lorsque Jean-Benoît nous y dépose avant de rentrer sur Nouméa.

 

Plage de Poé camping 1 Plage de Poé camping 2

 

Nous plantons la tente pour deux nuits car nous voulons profiter demain de la baignade dans ce magnifique lagon avec masques et tubas.

 

Plage de Poé 9

 

Nous faisons la connaissance d’un couple de bourguignons, Yves et Marie, en vacances pour un an, qui voyagent à pieds après avoir parcouru des kilomètres en vélos.

 

Vendredi 04/03 : Plage de Poé – La brousse, 42 km.

 

Ce matin, le jour n’est pas encore levé lorsque nous nous réveillons. Nous voulons partir tôt à cause de la chaleur, mais voilà, parfois la mise en route d’une famille prend plus de temps que prévu. Comment motiver nos enfants à pédaler par cette chaleur ? Sommes-nous fous ? Dans quoi les engage-t-on ?

Mais bon il faut y aller et c’est parti.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons une halte pour emprunter à pieds le tunnel (il y fait frais) du belvédère de la roche percée. A l’autre bout, nous débouchons au pied de la falaise face au lagon, c’est magnifique.

 

Tunnel de la roche percée le lagon

 

Nous retrouvons nos montures et de bonnes sensations dans les jambes. Nous sommes toujours contents de pédaler après de longues pauses. Nous gagnons Bourail en 15 kilomètres.

 

Nous nous arrêtons au musée pour voir la dernière guillotine française exposée. Impressionnant !

 

Bourail musée guillotine

 

Il y a eu deux guillotines en Nouvelle Calédonie, haut lieu de colonisation pénitentiaire au 19ème siècle. Un bagne était installé sur l’île de Nou.

 

Bourail musée bagne de l'île Nou

 

La dernière exécution avec cette guillotine a eu lieu en 1940. Puis l’abolition de la peine de mort en 1981 par Roger Badinter. Pas si vieux que ça ! Tim et Léa ont plein de questions et la discussion est fort intéressante.

 

Nous remplissons nos gourdes d’eau fraîche, quelques courses à la supérette et comme il est déjà 13h00 passées, nous décidons sans tarder de la pause pique nique à l’ombre d’un bel arbre.

 

Nous repartons très encouragés par les calédoniens assis de ci de là, non loin de la route, dans un état d’oisiveté bien compréhensif. La chaleur humide est harassante, les jambes sont lourdes, Anne-Claire est prise d’un malaise et doit s’arrêter en pleine montée sous l’ombre d’un magnifique niaouli. Nous essayons de nous désaltérer avec l’eau chaude des gourdes. Cette première journée est difficile.

 

Après 40 kilomètres, nous décidons de chercher un coin pour dormir. Pas facile car tout lopin de terre appartient à un kanak, on ne s’y pose pas comme ça, il faut demander et pour demander il faut quelqu’un mais dans cette partie désertique, les personnes se font rares. Nous nous dirigeons vers une maison, une femme nous accueille et téléphone à son mari pour avoir son feu vert. Elle nous indique une parcelle de pré à l’écart de la maison ; rien de plat, de hautes herbes, des mottes de terre entre les écoulements d’eau, nous remercions la femme et continuons plus loin.

 

Nous sommes tout juste repartis que des trombes d’eau nous tombent dessus. En quelques minutes, nous sommes trempés mais rafraîchis, ce qui fait du bien. Un peu plus loin, nous interpellons un homme qui sort d’un chemin en 4X4. C’est le mari. Il fait demi tour et nous propose de le suivre. Exercice d’équilibriste sur un chemin boueux d’abord plat puis montant, sans savoir où nous allons. Confiance, abandon de la maîtrise des événements. Nous arrivons à un grand hangar à flanc de montagne.

 

Chez Guy dans entrepôt 3

 

Guy nous propose de nous installer là, il y a même une pièce carrelée pour la nuit, un coin douche, un wc, un coin cuisine avec évier, le grand luxe.

 

Guy a une entreprise de terrassement. C’est ici qu’il gare ses engins et loge certains ouvriers. Il travaille essentiellement sur les mines de nickel, lorsque l’exploitation est terminée pour réaménager les terres autour de la mine, semer de l’herbe etc. Il prend son temps pour bavarder, puis nous laisse à notre logis d’une nuit. Nous mettons les affaires à sécher, et installons le nécessaire pour bien dormir : bâche au sol, matelas, moustiquaire indispensable.

 

Samedi 05/03 : La brousse – Plage de Franco, 65 km.

 

La nuit a été fraîche et nous sommes plus efficaces pour nous préparer à partir. Un cousin de Guy arrive pour bricoler dans le hangar. Il nous invite à venir dormir sur son terrain lorsque nous passerons au nord du Caillou. Au moment de partir, pas de drapeau bleu blanc rouge accroché au mât. Nous le retrouvons sous le gilet jaune de sécurité. Bizarre.

 

Actuellement, la Calédonie  est en plein débat sur le choix du drapeau, ils ont approuvé celui du parti indépendantiste à côté du drapeau français, mais cela ne fait pas l’accord de tous.

 

Nous réussissons à partir à 7h45 par un grand beau temps. Le chemin de terre est sec et redevient route, vallonnée. Nous franchissons des butes qu’on appelle ici des cols : col du cap, col des citrons, col du bonhomme à 122 mètres, faisons une halte au col de poya, en admirant la vue sur les montagnes plus au centre.

 

La côte ouest se caractérise par de la forêt sèche et en arrière du littoral, une zone de savane, avec de grandes prairies ponctuées de niaoulis.

 

Montagnes

 

En fin d’étape, la fatigue se fait ressentir, nous nous dirigeons vers la plage de Franco, une

aire aménagée avec eau, douche, wc et faré.

 

Ripio vers plage de Franco

 

Nous plantons la tente en bordure de lagon devant un paysage qui ne cesse de nous émerveiller.

 

Plage de Franco coucher de soleil

 

Mais ici, on barbote plus dans la vase que l’on se baigne. On est samedi, les kanak sont installés pour le week-end. Léa se fait une copine, Ramaia, qui lui offre un paquet de biscuits.

 

Plage de Franco avec Rayana

 

Comme au bon vieux temps, nous ressortons le filtre à eau et la cuvette pour la lessive, ce qui nous replonge dans nos souvenirs d’Amérique du sud.

 

Plage de Franco filtre 1 Plage de Franco lessive 2

 

Pendant notre dîner, au soleil couchant, Ramaia nous apporte de la viande cuite au BBQ et du pain. Une des femmes du clan, Betty, vient voir si cela nous plaît. La générosité des kanak à l’égard de notre famille cycliste nous touche.

 

Nous nous couchons au son des vaguelettes et de la musique du groupe qui festoie à côté.

 

Dimanche 06/03 : Plage de Franco – Voh, 61 km.

 

C’est le grand calme au lever du jour, tout semble encore endormi, les oiseaux et même les vagues sont silencieuses. Les enfants se lèvent facilement, le soleil nous éclaire de ses rayons alors que nous déjeunons sous le faré.

 

Vers 7h30, nous sommes sur nos tandems, en forme, pour atteindre Pouembout, le village de Ramaia, 11 kilomètres plus loin. Pendant que nous faisons nos courses, plusieurs personnes nous abordent et nous donnent des conseils divers et variés sur la route, les visites etc. Après avoir fait le plein d’eau au robinet du marché et mis quelques capsules de micro pure, nous repartons par une piste cyclable jusqu’à Koné.

 

Pouembout-koné piste cyclable

 

L’herbe pousse au milieu, les racines soulèvent le goudron, mais nous sommes à l’abri des voitures.

 

Fanlabise et Cassbizou ont besoin de reprendre de l’air, nous nous arrêtons à une station service. Des kanak nous demandent si nous sommes de la police. Ni une ni deux nous leur demandons leurs papiers, puis nous arrêtons là la plaisanterie. Comment ont-ils pu nous prendre pour des policiers ? Est-ce à cause de nos chemises blanches ou plutôt du drapeau tricolore ? C’est décidé nous baissons pavillon et rangeons les deux drapeaux dans la sacoche, histoire de nous mettre à l’abri d’éventuels ennuis.

 

Après Koné, nous nous étonnons devant des vaches à bosse et aux grandes oreilles.

 

Vache aux grandes oreilles

 

Nous arrivons dans une zone de mangrove de part et d’autre de la route, la moiteur est forte.

 

Pouembout-koné mangrove 3

 

Nous apercevons au bout de la ligne droite un magnifique flamboyant dont une moitié seulement est encore tout en fleurs rouge. C’est la tribu d’Oundjo. Nous avançons sur un chemin pour demander l’autorisation de pique niquer sous l’arbre et trouvons Laura une kanak qui nous accueille à bras ouverts. Elle nous fait apporter par son petit-fils une natte et deux bouteilles d’eau fraîche et prend le temps de papoter. Un dicton kanak dit « les blancs ont l’heure et nous on a le temps ». Dans ces conditions, notre pique nique est confortable, reposant et nous repartons régénérés.

 

L’atmosphère est de plus en plus lourde malgré le soleil voilé. Au loin, le ciel s’assombrit, les nuages deviennent plus épais et noirs et soudain, les premiers coups de tonnerre et gouttes de pluie. Marc repère un accès pour nous mettre à l’abri sous le pont. Ca y est il pleut fort, il était temps. Nous trouvons deux jeunes enivrés, se baignant dans la rivière la bouteille de bière à la main. Ils sont sympas et corrects. L’un deux travaille pour l’entretient des éoliennes. Il devrait d’ailleurs aller faire un tour car elles sont toutes arrêtées, mais il préfère attendre la fin de l’orage avant d’intervenir. Les moustiques attaquent, ce qui n’est pas à notre goût, et une accalmie nous invite à repartir, d’autant que nous ne sommes plus qu’à une poignée de kilomètres de Voh, notre prochaine halte.

 

Mais 5 minutes après, nous sommes pris dans l’orage qui fait rage autour de nous. De violentes pluies, du vent, des coups de tonnerre et la foudre qui tombe à quelques encablures de nous, c’est terrifiant, nous ne voyons plus à 20 mètres  devant nous. N’ayant pas de lieu sécurisé pour nous arrêter, nous pédalons de toutes nos forces pour nous sortir de ce pétrin. Nous implorons le dieu du ciel de nous protéger et de faire stopper cet orage…et nous sommes entendus. Un peu avant Voh, la pluie cesse, nous bifurquons en direction de l’océan pour gagner le camping.

 

Nous arrivons trempés au bout d’un cap, dans une baie où le camping est désert.

 

Voh camping de Gatope 1

 

Des sanitaires, quelques farés. Il s’est remis à pleuvoir et histoire de mettre la tente à l’abri, nous tentons de planter les sardines sous le faré. Mais nos efforts sont vains, ça ne plante pas.

 

Sur la plage, à côté du camping, des jeunes enivrés parlent, crient, mettent la musique à fond, vont et viennent avec leurs voitures. Nous préférons nous faire discrets et planter la tente à l’abri des regards. Nous nous glissons sous la tente, alors que la pluie redouble de plus belle, et en espérant ne pas nous réveiller demain avec les matelas surfant sur l’eau.

 

Lundi 07/03 : Repos au camping de Gatope.

 

Il a plu toute la nuit et encore ce matin, nous n’avons pas le cœur à rouler dans ces conditions. Nous décidons de rester là et de profiter de cette pause vélo pour faire du travail scolaire, histoire que Léa et Tim n’oublient pas que 2 et 2 font 4.

 

Voh camping de Gatope

 

Baignade entre deux leçons de conjugaison.

 

Mardi 08/03 : Voh – Koumac, 78 km.

 

Ce matin pas de pluie, seulement la rosée et l’intention de tenir un rythme soutenu toute la journée : avant de poursuivre notre route pour Koumac, nous voulons aller voir le cœur de Voh, vu d’en haut.

 

Voh promontoire 2

 

Gladine, la gérante du camping avec qui nous avons sympathisé, nous invite à garer nos tandems dans le jardin de son petit fils, au pied de la montagne, le temps de notre randonnée.

 

Equipés de nos chapeaux et bouteille d’eau, nous marchons d’un rythme soutenu et gravissons les flans du mont Kathépaïk pour atteindre la plateforme aménagée à 400 mètres d’altitude. De là, nous pouvons deviner au loin, un petit coin de mangrove, ciselé par la nature et projeté à travers le monde par un photographe prestigieux : le cœur de Voh.

 

Voh coeur 1

 

Nous apercevons aussi les parcs à crevettes et à huîtres, les massifs miniers, le lagon, le village de Voh…que c’est beau !

 

Voh parc à crevettes

 

De la terre rouge plein les chaussures, nous nous remettons en route pour la descente. Tim râle car ses jambes ne sont pas aussi grandes que les nôtres.

 

Nous retrouvons nos affaires, avalons un petit encas et sautons sur nos tandems car le vent souffle fort dans le dos. Le soleil est voilé, la route quasi plate. Dans ces conditions, nous avançons avec plaisir et à vive allure.

 

Nous arrivons à Koumac en pleine forme et prenons le temps d’un arrêt à la quincaillerie pour acheter des hameçons et du plomb : Tim veut pêcher.

 

Pour gagner le camping, il faut affronter de face pendant un kilomètre les rafales de vent qui nous ont poussés pendant toute la journée. Le plus dur !

 

L’installation au camping de Pandope est rapide, à l’abri des rafales de vent.

 

Koumac camping de Pandope

 

Malheureusement, Léa se fait piquer au pied par une abeille, ce qui met de l’animation pour le reste de la soirée. Etiennette, la gérante, nous prête une hache et un couteau pour tenter l’ouverture des noix de coco que Tim a ramassées. Elle nous fait goûter des pommes cannelle.

 

Noix de coco

 

Après un long combat, Tim et Marc réussissent à ouvrir une coco qui s’avère délicieuse.

 

Nous nous couchons bien contents de notre journée, mais au son du groupe électrogène. Peut-être ferons nous des rêves éclairés.

 

Mercredi 09/03 : Koumac – Ouégoa, 43 km.

 

A Koumac, nous avons atteint le point le plus au nord de la côte ouest. Nous amorçons alors la traversée du Caillou par la montagne pour gagner la côte est. Il fait grand beau et très très chaud.

 

La route est fortement vallonnée. A chaque montée, nous croyons être dans l’ascension des cols de crève-cœur, mais non, ce n’est qu’une bute avec sa descente derrière qui nous ramène presque au niveau de la mer mais ventile nos organismes. Puis nouvelle montée, nouvelle descente toujours sous la canicule. Nous manquons d’eau et il n’y a pas d’habitation dans les parages.

 

Route des cols de Crève-Coeur 2

 

La campagne et la brousse sont magnifiques, les arbres en bord de route nous font de l’ombre lors des pauses. Léa a mal à son pied, très enflé et ne peut appuyer sur la pédale. Il faut nous accrocher, la route se dresse avec des pentes qui nous paraissent de plus en plus raides. L’équipe des filles doit mettre pied à terre à deux reprises.

 

Route des cols de Crève-Coeur 9

 

L’altimètre nous indique que nous sommes cette fois ci dans l’ascension des deux cols dont le plus haut sommet culmine à 405 mètres. Toute moquerie sur cette petite altitude sera punie d’une forte amende, on aurait voulu vous y voir.

 

Arrivé au sommet, Tim, courageux, redescend à pied pour soutenir le moral en déclin de Léa, pendant qu’Anne-Claire pousse Fanlabise et que Marc fait des photos pour immortaliser ce moment héroïque. Mais voila tous ces efforts sont bien récompensés. L’ultime descente pour arriver à Ouégoa. Ouf ! Il est déjà 16h00. C’est décidé, nous n’irons pas plus loin aujourd’hui. Demain sera un autre jour.

 

A l’épicerie du village, Huguette nous indique un espace vert de l’autre côté du pont qui enjambe le Diahot, l’unique fleuve du Caillou, où nous pourrons planter la tente.

 

Ouégoa Le Diahot 3

 

Ce petit coin de verdure se situe à côté du nakamal, bar où les kanak viennent boire le kawa, cette plante traditionnelle du Vanuatu avec laquelle on fabrique un breuvage qui hallucine quelque peu les esprits et échauffe parfois les relations.

 

Discrètement, nous montons la tente tout en observant les va et vient de quelques hommes en attente d’ouverture du nakamal. Mais ce soir, l’heureux propriétaire a la bonne idée de ne pas venir ce qui nous garantit calme et tranquillité.

 

Ouégoa campement 1

 

Une douche prise au tuyau d’eau nous fait énormément de bien et délasse nos corps meurtris par l’effort de la journée. C’est un vrai bonheur lorsque arrive enfin l’heure du coucher.

 

Jeudi 10/03 : Ouégoa – Pouébo, 48 km.

 

Il a plu toute la nuit. Au réveil, la tente est mouillée et la moustiquaire est pleine de terre. Nettoyage, rangement, petit déjeuner et déjà les premiers rayons brûlants du soleil.

 

Eprouvés par notre ascension de la veille et sur décision du Conseil des Enfants, nous essayerons d’arrêter un véhicule pour nous monter les 12 kilomètres du col d’Amos d’autant que les gens du pays nous l’ont décrit encore plus raide et avec un revêtement en mauvais état. Les propriétaires de l’épicerie, Yani et sa femme Kelly, nous proposent de nous y monter.

 

Col d'Amos 1

 

Affaire conclue, nous jetons Fanlabise dans le pick up avec toutes les sacoches pendant que Marc part seul sur Cassbizou en attendant que Yani le rejoigne sur la route et le monte à son tour. La pente est en effet impressionnante et nous avons une nouvelle fois la preuve que les routes ne sont pas enneigées en Nouvelle Calédonie.

 

De là-haut la vue est magnifique sur cette côte est prometteuse et tant attendue.

 

Col d'Amos cocoteraie

 

Avec une belle cocoteraie en vue, nous dévalons les quelques kilomètres pour nous retrouver au bord de l’océan.

 

Col d'Amos descente

 

Nous sommes entre des montagnes majestueuses et le lagon. La végétation est luxuriante.

 

Nous sommes dans la région des sculptures en pierre savon sur la très étendue commune de Pouébo d’une vingtaine de tribus. Nous passons la tribu de Balade où sont gravées dans la pierre les traces des événements qui ont bouleversé le devenir de l’île (débarquement de James Cook en 1774, première messe célébrée en 1843, prise de possession par la France  en 1853).

 

Nous cherchons en vain le magasin d’alimentation et le camping et trouvons une église. Sur les indications approximatives des habitants nous avançons mais toujours rien à l’horizon. La route est agréable, légèrement vallonnée en bord d’océan. On traverse les tribus, aux jardins colorés : hibiscus, frangipaniers, bougainvilliers, oiseaux du paradis, anthuriums.

 

Oiseau du paradis

 

Nous sommes encouragés tout au long du chemin. Les voitures sont prudentes à notre égard, ralentissent, nous klaxonnent en signe de sympathie. Les kilomètres défilent, le paysage aussi.

 

De jeunes femmes nous disent que le camping recherché est à 20 kilomètres  plus loin, mais entre temps un homme bienveillant nous indique une aire aménagée en bord de plage.

 

Pouébo faré 1

 

Enfin nous y arrivons et nous plantons la tente à l’abri d’un faré pendant que Léa et Tim vont jouer sur la plage.

 

Pouébo faré

 

Echange avec un jeune de république tchèque, rescapé du tremblement de terre de Christchurch, ce qui nous replonge dans la part d’histoire qui nous a touchés en Nouvelle Zélande.

 

Vendredi 11/03 : Pouébo – Hienghène, 52 km.

 

Pas de réveil ce matin. La tente positionnée à l’ombre du faré est à l’abri des premiers rayons de soleil et nous permet de faire une grasse matinée. Pendant que Marc et Tim partent à la pêche à la ligne, Léa lit et lit et lit encore et Anne-Claire prépare le feu pour faire cuire le tazard, la loche saumonée, le bossu doré ou le bec de cane, si ce n’est un dawa ou un picot rayé. Mais les garçons reviennent bredouilles, ce qui ramène le petit déjeuner à des crackers avec du noisety (pâte de cacao).

 

Contre partie de la grasse matinée, il fait très chaud lorsque nous démarrons. Que c’est dur, nous sommes plombés, comme sans énergie mais heureusement, le paysage est magnifique.

 

Côte est 19

 

Par moments, Léa tient beaucoup au slalom sur la route pour éviter de passer sous les cocotiers, les chutes de noix de coco pouvant être fatales.

 

Nous traversons les tribus où les toits de paille côtoient la modernité. Sur la route du littoral, elles sont bien souvent installées de part et d’autre d’une rivière, ce qui donne à chaque fois l’occasion de traverser un pont.

 

Côte est 6

 

Nous longeons des cascades et faisons halte à celle de Tao. Nous nous enfonçons dans la végétation luxuriante de cocotiers, bananiers, fougères arborescentes, pour y stationner les tandems au cœur de la tribu qui gère l’accès au site.

 

Cascade de Tao 14

 

Nous nous acquittons d’un petit droit de passage et partons à pied par le sentier qui mène à la cascade, équipés de nos maillots de bain et du pique nique.

 

  Cascade de Tao 1

 

Les rochers ombragés semblent nous attendre. Les garçons retentent une séance de pêche pendant que les filles font la lessive, telle les lavandières à l’époque de nos ancêtres.

 

Cascade de Tao 4

 

Ce repos rafraîchissant nous fait le plus grand bien mais ne peut pas s’éterniser. Nous frisons la rupture avec Léa et Tim qui contestent le retour à la chaleur écrasante. Une grève de pédalage s’en suit, ce qui met à l’épreuve un peu plus les parents.

 

Heureusement, nous arrivons au bac qui nous fait traverser la rivière de la Ouaième. C'est un lieu tabou qui ne permet pas la construction d’un pont, alors la barge continue de glisser le long d’un câble. Nous sommes les seuls à bord pour traverser les 250 mètres.

 

 Bac de la Ouaième 7

 

Il reste 17 kilomètres pour atteindre Hienghène et nous sommes déterminés à les faire, promettant à Léa et Tim quelques jours de repos.

 

Le profil rend la tâche difficile, quelques cols très éprouvants mais les enfants aident bien. Petit arrêt au point de vue du sphinx avant la descente sur Hienghène, patrie de Jean-Marie Tjibaou, leader indépendantiste, qui a œuvré pour la mise en place des accords Matignon et pour la reconnaissance de la culture kanak.

 

Hienghène 2

 

En revanche, la recherche d’un camping prend du temps. Après deux tentatives dans le village, il nous faut parcourir encore six kilomètres, pas tout plats, pour trouver le camping du « billet de 500 ». Ouf, ouf, ouf on est arrivés. La tente est montée en toute hâte car la nuit tombe. Nous sommes exténués et bien tentés de nous glisser dans nos sacs à viande sans manger. Mais pour nos deux petits équipiers, il n’en n’est pas question. Revigorés par la douche froide, nous trouvons l’énergie pour faire cuire notre couscous-ratatouille et apprécions de manger.

 

Vers 20h30, enfin nous sommes couchés pour un repos bien mérité.

 

A peine dix minutes plus tard, alors que les paupières tombent, un homme vient toquer à la porte de la tente pour nous informer de l’arrivée d’un tsunami vers deux heures du matin. Nous croyons rêver ! « Vous ne pouvez pas rester il faut aller sur les hauteurs. A minuit il faudra partir ». Ce n’est pas une blague, il a l’air sérieux. Léa est prise de panique et veut partir tout de suite. Elle réussit à se calmer et nous à nous détendre, un quart d’heure en essayant de réaliser ce qui se passe. Il est 21 heures, il n’y a pas le feu aux poudres.

 

Nous voici à tout replier dans la nuit à la lueur de nos frontales en essayant de ne rien oublier pour partir sur un promontoire et nous mettre à l’abri. Un jeune couple, installé au camping ayant la radio dans leur auto, nous donne un peu plus d’informations. Nous apprenons le tremblement de terre qui a eu lieu au Japon dans l’après-midi. Le tsunami est annoncé sur les côtes du nord de la Nouvelle Calédonie. Ils proposent de nous aider et de transporter nos affaires.

 

Côte est cheveux d'ange

 

Craignant qu’il ne pleuve dans la nuit, nous téléphonons à la gendarmerie afin de connaître l’éventuelle existence d’une solution d’hébergement. L’adjudant chef nous propose de venir planter notre tente dans l’enceinte de la gendarmerie située sur les hauteurs. Bonne idée et nous voici partis tous les 4 en tandems en pleine nuit pour regagner Hienghène. Après la peur des premiers coups de pédale dans le bois, nous trouvons plutôt agréable de rouler à la fraîche, à la lueur de nos frontales et de la lune.

 

L’adjudant chef, Patrick, nous accueille chaleureusement et nous assistons alors à la mise en place de toute la procédure d’alerte menée par les gendarmes. Diffusion de l’information, organisation des patrouilles dans les tribus pour encourager les gens à se mettre sur les hauteurs, sirènes qui retentissent. Léa et Tim tombent de sommeil. Nous nous glissons dans notre tente rassurés et en sécurité.

 

Hienghène gendarmerie campement

 

Au petit matin, nous nous réveillons sous une pluie diluvienne et nous apprenons qu’il n’y a eu que quelques vaguelettes sur les côtes de la Calédonie. Enfin, il vaut mieux prévenir que guérir.

 

Samedi 12, dimanche 13, lundi 14/03 : Hienghène, camping de Babou plongée.

 

Patrick nous offre un café, nous sortons les tartines car les enfants ont faim et nous aussi. Nous passons un bon moment avec lui à partager nos expériences.

 

  Hienghène gendarmerie 3

 

Nous sommes remis de nos émotions et sur les conseils de Patrick, que nous remercions de tout cœur, nous partons nous installer au camping de « Babou plongée » pour trois jours. Halte au point de vue de la poule couveuse pour admirer les îlots, puis nous descendons pour gagner la lagune de Lindéralique.

 

 Hienghène Point de vue de la Poule 9

 

Au camping, nous coulons trois jours tranquilles : plongées avec masques et tubas, pêche avec des lances que nous fabriquons, feu de bois pour chauffer notre repas en maillot de bain couverts de répulsif pour tenir à distance les moustiques.

 

Hienghène camping Babou plongée 11

 

Rencontre avec Patrick, professeur de français au collège de Hienghène et qui vit sous tente, pas banal !

 

Hienghène concert de jazz

 

Nous passons beaucoup de temps ensemble, soirée jazz au grand hôtel de la tribu de Koulnoué, promenade sous les rochers de calcaire karstique au milieu des cocotiers, bananiers, papayers, arbres à pomme cannelle, à corossols, etc. Le coin est magnifique.

 

Côte est papayes Flamboyant

 

Mardi 15/03 :.Hienghène – Poindimié, 54 km.

 

Réveil à 5 heures sous la pluie. Patrick nous salue avant de partir au collège. Nous jetons la tente dans un grand sac poubelle. Les enfants sont motivés car nous leur avons promis un super petit déjeuner au grand hôtel de Koulnoué. C’est un buffet à volonté où l’on trouve de tout. Un petit déjeuner pantagruélique qui nous tient une grande partie de la journée, savouré dans un cadre splendide.

 

Alors que nous nous apprêtons à repartir, deux gendarmes arrivent en VTT et tenue sportive, Patrick, et son collègue. Viennent-ils investiguer le personnel du bar ou tout simplement boire un café ?! Le temps d’un court échange et c’est parti pour nous.

 

C’est plat pendant 3 kilomètres  puis la route monte, il faut franchir trois cols. La route s’élargit et le revêtement devient meilleur. Pédaler en pleine digestion n’est pas si facile. Une halte s’impose à l’ombre pour nous reposer et faire sécher la tente.

 

Les cahutes de fruits, gardées par la tirelire dans laquelle on met l’argent, sont malheureusement vides, si ce n’est quelques bananes à cuire.

 

Côte est échope

 

Le cyclone de janvier a fait des dégâts dans les cultures. Et ce n’est plus la saison des letchis, dommage.

 

Nous repartons pour traverser Touho, dont les 11 tribus vivent essentiellement de chasse, pêche et agriculture (igname, manioc, canne à sucre, taro, chou kanak, etc…) comme sur une grande partie de la Calédonie.

 

Poindimié campement 7

 

Quelques  kilomètres avant Poindimié, nous trouvons une aire aménagée de farés au bord de l’océan. Nous menons une enquête très poussée, et ne voyant personne nous en déduisons que ce n’est pas un terrain privé et décidons de dormir là ce soir.

 

Poindimié campement 1

 

Tim adopte des bernard-l’hermite dans un bocal. Il passerait des heures sur la plage à observer et jouer avec tout ce qu’il trouve. Léa préfère les bêtes dans les livres. La nuit tombe dévoilant un beau ciel étoilé.

 

Poindimié campement 8

 

Mercredi 16/03 : Poindimié – Houaïlou, 83 km.

 

Ce matin, record battu, il est 6h30 lorsque tout est plié. Un copieux petit déjeuner et nous parcourons les 12 kilomètres  pour atteindre Poindimié, chef lieu de la côte est. Au rond point, nous nous arrêtons devant le logo des Jeux du Pacifique qui auront lieu fin août début septembre en Nouvelle Calédonie.

 

  Poindimié emblême Jeux du Pacifique

 

A Ponérihouen, on nous assure que l’eau est potable mais lorsque nous la tirons dans une bouteille, elle coule toute saumâtre. Les capsules de micro pure s’imposent.

 

Nous gravissons en quinze minutes le col qui culmine à 85 mètres ! La descente est délicate car la route est mauvaise, puis plate le long de l’océan. Au pied du col de Hô, un soudain orage nous surprend et par chance, nous trouvons à nous abriter sous un arrêt de bus. Une petite heure d’attente pour trouver l’accalmie véritable et repartir sur les conseils d’un homme venu s’inquiéter de nous. Le sommet du col est à un kilomètre, donc vite franchi à la fraîche et la descente nous pousse de quelques kilomètres.

 

Côte est bananes

 

Nous nous arrêtons au comptoir de Michèle pour acheter à boire. Il est 17 heures et nous voulons vraiment arriver à Houaïlou. Des hommes redescendent de la mine de nickel et viennent boire un coup. Nous expliquons notre besoin de trouver un endroit où dormir ce soir et notre intention de prendre un bus demain pour regagner Bourail. Tous sont de bons conseils et finalement c’est Michèle qui, après un coup de fil, nous trouve une solution. Nous devons partir vite car la nuit va venir et il reste 15 kilomètres  à parcourir pour arriver chez Daniel, le chef de la tribu de Waraï qui nous attend.

 

A l’entrée de la tribu de Waraï, un couple de Zoreilles s’arrête à notre hauteur et nous interpelle, inquiet de savoir où nous allons dormir vu l’heure tardive. La nuit tombe et il n’y a pas de camping aux alentours. Ils connaissent bien Daniel et sa femme Susanne et nous escortent jusqu’à leur maison, ce que nous apprécions.

 

Susanne arrive du champ et nous accueille avec un sourire chaleureux. Elle nous indique le jardin pour planter la tente devant l’arbre du voyageur.

 

Tribu de Waraï arbre du voyageur

 

Nous pourrons utiliser leur salle de bain et les toilettes. Nous montons la tente à la frontale et après une douche, nous rejoignons Daniel et Susanne sur la terrasse de leur maison. Nous leur offrons deux manous (tissus) et faisons une petite coutume pour nous présenter et les remercier de leur hospitalité. Ils sont très touchés et Daniel apprécie énormément notre geste qu’il décrit comme normal car dans le respect de la tradition. Ils nous offrent un thé et des bouteilles d’eau et nous proposent de chauffer notre repas sur leur cuisinière (purée de pommes de terre en flocons, haricots blancs). Nous leur offrons des chips et des cacahuètes, notre fond de sacoche.

 

Nous leur expliquons notre intention de prendre un bus demain pour Bourail. Le car passe juste devant leur maison vers 5h15, il suffira de l’arrêter. Eux devant aussi aller à Bourail demain, ils proposent d’attendre le bus avec nous et de partir après. Affaire conclue, nous nous glissons dans la tente pour un repos bien mérité après nos 83 kilomètres,  la plus grosse étape de ces quinze jours.

 

Jeudi 17/03 : Houaïlou – Nouméa, 70 km en voiture, 165 en bus, 8 km en tandem.

 

Réveil à 3h30 pour être prêts dans les temps. A 5 heures, les tandems sont chargés. Guidés par Daniel et Susanne, nous nous dirigeons sous le faré de la tribu situé en bord de route pour attendre le bus. Nous bavardons, le temps passe, les minutes défilent, le car arrive avec du retard. Susanne l’arrête, nous nous avançons sur la route et là, coup de théâtre, le chauffeur refuse de nous prendre avec nos deux grosses montures. C’est la douche froide ! Nous sommes désappointés, Daniel et Susanne aussi. Daniel nous explique qu’il a toujours enseigné à ses enfants de ne jamais laisser quelqu’un au bord du chemin car un jour ce sera peut-être lui qui aura besoin d’aide.

 

Côte est totem kanak

 

Il décide alors d’aller à Bourail avec deux voitures pour pouvoir nous y conduire. Il tente de démarrer le pick up et y arrive avec la batterie du tracteur. Nous chargeons Fanlabise et Cassbizou et toutes les affaires. Anne-Claire et Léa partent dans la voiture avec Daniel, Susanne, leur petit fils Pierre-Chanel et la mémé Agnès. Marc et Tim trouvent place dans le pick up aux côtés de Lili et c’est parti pour une bonne heure de voyage. 70 kilomètres de route très tournante, montante puisqu’il faut passer le col des Roussettes, qui culmine à 386 mètres. Léa est limite malade et contente d’arriver.

 

A Bourail, Daniel et Lili nous déposent au terminal des bus où nous allons essayer d’en prendre un pour Nouméa. Nous demandons à tout hasard à celui qui est stationné. Le jeune chauffeur est d’accord pour nous prendre mais part tout de suite. Ni une ni deux, Fanlabise et Cassbizou trouvent place dans la soute, couchés sur le flanc aux côtés des sacoches. Nous avons tout juste le temps de remercier Daniel et sa famille pour leur générosité.

 

Plante

 

Nous prenons place dans ce vieux bus, qui démarre à toute allure. Il nous semble rouler un peu trop vite, et ça brasse beaucoup. Nous discutons à l’arrière, Tim joue à la DS et soudain Léa se retourne avec des yeux désolés, se mettant à vomir sur elle et dans l’allée et ce bus qui fonce à 100 à l’heure !!! Nous cherchons mouchoirs, sacs en plastic, tee-shirt de rechange.

 

Voilà qu’elle va mieux et c’est au tour de Tim de nous déclarer « je veux faire pipi ». Tu ne peux pas attendre « non ». Comment faire, comment faire : la canette, que Tim a vidée avant le départ, il va la remplir, et Marc de la vider par la fenêtre. Personne derrière ?

 

Maintenant que tout va mieux nous entendons soudain un bruit bizarre dans le moteur, et le car doit s’arrêter. Problème mécanique ? Le chauffeur redémarre et roule à 20 km/h  pour s’arrêter définitivement en panne 500 mètres  plus loin à hauteur d’une station. « Il faut descendre et attendre un autre bus » dit-il. Tout le monde descend. Nous attendons un peu inquiets à l’idée que le prochain bus n’ait pas de place pour nos tandems.

 

Bouloupari panne du bus

 

Heureusement, le bus de Poindimié peut nous prendre et nous arrivons à Nouméa en fin de matinée. Nous pouvons recharger Cassbizou et Fanlabise qui ont bien supporté le voyage, sans égratignures, et nous diriger tranquillement vers la baie des citrons pour une baignade bien méritée.

 

29 Nouméa coucher de soleil 2

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 02:46

Du samedi 04 au vendredi 10/12 : Découverte du Northland.

 

Quand on partait de bon matin

Quand on partait sur les chemins

A bicycleeeetttttttte

 

Coupez !!!

Bon, on la refait.

 

Quand on partait par les chemins

Enfants, parents de bon matin

En voituuuuretttttttte

 

Ca y est on la tient. On la garde.

 Vu le circuit qui se profile à l’horizon (nous voulons aller jusqu’à la pointe nord de l’île du nord ce qui nous fait obligatoirement repasser à Auckland), vu le peu de temps que nous avons, nous choisissons la formule : clef de voiture en main pour une semaine.

   Depuis notre arrivée, nous nous sentons un peu noyés par la multitude de cartes, prospectus, suggestions d’itinéraires, de visites, d’activités en tous genres (sur terre, mer, dans les airs)…le choix est difficile.

 

The Northland départ 7

  Toute une aventure d’autant que Marc vit de grands changements depuis ce samedi matin : dorénavant il aura à gérer son nouveau look.

 

The Northland départ 3  The Northland départ

  Volant à droite, boîte automatique, deux pédales seulement, le pied gauche qui piétine le pied droit, action des essuie-glaces pour prévenir qu’on va tourner à gauche, rester calme, ne pas s’affoler, réfléchir à comment qu’on fait pour tourner lorsqu’on est du mauvais côté de la route, s’engager dans un rond-point en laissant la priorité aux véhicules venant de la droite, faire le choix d’attendre qu’il n’y ait personne ni à gauche, ni à droite avant de redémarrer sans se laisser intimider par les klaxons des automobilistes qui patientent derrière nous. Du grand art !

 

Toutefois, Marc progresse ce qui n’est pas une prouesse car ses premiers essais, dans le quartier, sont catastrophiques. Un demi heure plus tard, nous nous trouvons sur l’autoroute la plus fréquentée de la Nouvelle Zélande. Conduite d’équilibriste sur la voie centrale, ne pas prendre peur chaque fois qu’un véhicule nous dépasse par la droite, ne tenter aucun dépassement, rester concentré, ne pas regarder Sky Tower : trop risqué !

 

The Northland retour à Auckland

  Dans la voiture, la tension est à son comble, ce qui amuse beaucoup Anne-Claire et les enfants. Chemin faisant, nous réussissons la traversée d’Auckland sous le regard indifférent des autres automobilistes. Quelle ingratitude !

En somme, nous nous amusons bien et ne regrettons pas le choix de cette formule qui va nous permettre de faire beaucoup de kilomètres, de visiter de nombreux sites et partir ainsi à la découverte de l’histoire de la néo zélandaise.

 Le Northland est le lieu de naissance de la nation.

 

The Northland Ruakaka plage          The Northland Ancient Kauri Kingdom 6        The Northland Russel plage 7

 

D’abord une des bases de la colonisation maorie il y a environ 1000 ans. Kupe, grand navigateur polynésien aurait quitté sa terre natale, Hawaiki (terre de légende entre Tahiti et les Marquises) vers l’an 900, à bord de son waka (pirogue) Matawhaorua à la recherche de nouvelles terres. Il aurait découvert la Nouvelle Zélande dont il aurait d’abord aperçu la couverture de nuages. Aotearoa signifie « le pays du long nuage blanc ». Un de ses descendants, Toi, aurait commencé la colonisation aux alentours de 1150.

 

Le Northland, c’est aussi là que les grands navigateurs européens sont arrivés, le hollandais, Abel Tasman, l’anglais, James Cook, puis les français Jean-François-Marie de Surville et Marc-Joseph Marion du Fresne.

 

C’est enfin à Waitangi qu’a eu lieu la signature du Traité entre les maoris et la Couronne britanique en 1840.

 

Après une quarantaine de kilomètres au nord d’Auckland, nous voici dans une campagne verdoyante. La route est vallonnée, traverse des forets endémiques aux fougères arborescentes.

 

The Northland départ 4

Nous nous arrêtons à Ruakaka au bord de l’océan pacifique sous quelques gouttes de pluie, sur une plage magnifique de sable blanc. Le vent souffle fort, les rouleaux accueillent quelques surfeurs.

 

The Northland Ruakaka plage 15

Léa et Tim font leurs premiers châteaux de sable, puis le soleil arrive, ce qui nous facilite le pique nique, sous la convoitise des mouettes.

 

The Northland Ruakaka plage 42  The Northland Ruakaka plage 30

 

Nous repartons par une route sinueuse, traversons la ville de Whangarei. A Otonga, nous quittons la State Highway 1, axe très fréquenté, pour prendre la route côtière par Helena Bay, Oakura, Punaruku, de beaux noms maoris qui ont tous une signification, et avec lesquels nous ne sommes pas encore familiers.

La route tourne, monte, descend, et après 270 kilomètres, nous arrivons en fin de journée dans Bay of Island.

 

The Northland on the road 10

 

Immense baie profonde au multiple bras de mer, ouverte sur le Pacifique. Constellation de 144 îles baignées dans une mer cristalline, lieu paradisiaque dans lequel nous décidons de jeter notre ancre.

 

The Northland Russel 11

Nous arrivons à Russell et découvrons la qualité des campings kiwis : Emplacement au choix sur une belle herbe douce et tendre, fraîchement tondue, bordée par des alignements méticuleux de cailloux et massifs de fleurs, pas un papier à terre…

 

The Northland Russel 7  The Northland Russel camping

 

Nous comprenons pourquoi les kiwis vivent pieds nus, tout est si propre !

  Cuisine entièrement équipée, tables pour le confort des petits déjeuners et du travail scolaire.

 

The Northland Russel camping 1  The Northland on the road 7

 

Nous sommes au pays de l’aluminium, briqué quotidiennement pour rendre notre séjour agréable.

 La piscine remplie d’eau (contrairement à celles d’Argentine où les températures extérieures étaient pourtant deux fois plus chaudes qu’ici), nous tend les bras et nous ne résistons pas à notre premier bain.

 

The Northland Russel camping 14

  L’eau fraîche, voire très fraîche, voire glaciale freine quelque peu notre élan.


The Northland Russel camping 28  The Northland Russel camping 25

  On est au début de l’été et il faut lui laisser le temps de chauffer, le climat subtropical de cette partie de l’île va s’en charger. Balade dans Russell, grimpette sur un promontoire pour admirer la baie.

The Northland Russel 6

  Nous sommes émerveillés devant les pohutukawas aux fleurs rouges, appelés aussi arbre de Noël, puisqu’ils fleurissent en décembre.

 

The Northland Russel 23

 

Descente à la plage et premier bain dans l’océan, frais lui aussi, marche au bout de la baie pendant que Léa et Tim font des pâtés de sable. Que la vie est relax lorsqu’il n’y a pas d’effort à faire.

 

Après le bain, la glace en ville, puis vient le moment du BBQ, …. En tout point nous réussissons notre intégration dans la vie des kiwis (habitant de la Nouvelle Zélande quelle que soit son origine).

C’est aussi le nom donné à cet oiseau, unique à la Nouvelle Zélande, devenu emblème national. 

Mais à quoi ressemble un kiwi ?

  Nous sommes donc partis à sa recherche. Nous l’avons cherché dans les bois et nous les avons trouvés.

 

The Northland kiwis


Drôles d’oiseaux que ces kiwis. Pas du tout marron, plutôt multicolore.

Erreur, c’est un oiseau nocturne, doté de petits yeux, d’un long bec avec des narines à son extrémité et d’ailes rudimentaires inutiles puisqu’il ne vole pas, invisibles sous ses plumes. Beaucoup d’initiatives existent pour le préserver.

 

The Northland Russel camping 3

 Lui, c’est un weka, que nous avons réellement pris pour un kiwi, et qui ressemble à une sorte de poule sauvage peu timide, mais qui ne se laisse pas approcher facilement.

 Le lendemain, nous repartons par les chemins, passons le bac sans faire de cauchemars

 

The Northland Sur le bac pour Pahia The Northland presqu'île de Karikari 5

  Nous nous acheminons, via les prairies moutonnantes tout doucement au bout de la péninsule Karikari, pour aller tester notre premier campsite. C’est un terrain herbeux entretenu avec sanitaires et douches froides.

On n’y vient pas à pied car ces terrains se trouvent souvent loin de toute vie urbaine, en bout de bout.

 

The Northland presqu'île de Karikari 1

  D’ailleurs, le chemin de terre et de pierres pour y accéder nous rappelle quelques bons souvenirs des ripios d’Amérique du sud.

On ne frappe pas car il n’y a personne. On met son argent dans une enveloppe que l’on glisse dans l’urne à cet effet.

Notre promenade nocturne sur la plage sous un beau ciel étoilé est écourtée par la rencontre avec Amandine, une française et Max qui est chilien.

 

La nuit est de tout repos et nous sommes réveillés par le chant des oiseaux. Sous cette douce mélodie, nous plions le camp et repartons par notre chemin de taule ondulée. Au bout d’un temps nous nous arrêtons pour le petit déjeuner pris au bord du lac Waiparera, paisible.

 

Avant de parcourir la longue bande de terre menant jusqu’à Cap Reinga, le bout du Northland, nous nous arrêtons à Ancient Kauri Kingdom.

 

The Northland Ancient Kauri Kingdom 10 The Northland Ancient Kauri Kingdom

 

C’est une scierie-atelier spécialisée dans le bois de kauri aujourd’hui extrait des marécages. Le bâtiment a été construit autour d’un escalier à colimaçon taillé dans un énorme tronc de 11 mètres de circonférence (un quart de l’arbre complet).

 

Le kauri régnait en maître il y a 45 000 ans et les maoris les ont respectés. L’arrivée des colons avec leurs outils de fer a accéléré l’abattage de ces kauris géants qui fournissaient un bois incomparable pour la construction. S’en est alors suivi une course au profit et à l’exploitation frénétique et systématique. Le bois et la résine ont été exportés vers l’Australie, l’Amérique et l’Europe. En 1950, lorsque les dernières forêts sont enfin protégées il ne reste que 2% de la couverture originelle.

 

Nous traversons des paysages de pâturages, de pinèdes, d’arbustes, puis apercevons les dunes de sable avant d’arriver à Cap Reinga.

 

The Northland Cape Reinga 3

 

Pique nique rapide sur le parking puis nous marchons jusqu’au phare.

The Northland Cape Reinga 15 The Northland Cape Reinga 24

Le spectacle est grandiose : là devant nous s’affrontent en une rencontre furieuse le Pacifique et la mer de Tasman.

The Northland Cape Reinga rencontre Océan pacifique mer Ta

C’est aussi un lieu tapu (sacré) pour les Maoris puisque c’est de là que s’envolent les âmes des morts pour rejoindre leur mythique Hawaiki.

 

The Northland Cape Reinga le rocher sacré 1

 

Nous ressentons toute l’énergie qui se dégage de ce lieu et nous nous y recueillons.

 Ensuite, nous prenons le chemin qui descend à Te Wehari beach.

 

The Northland Cape Reinga 26

 La vue est à couper le souffle, nous atterrissons sur une plage immense, un paradis peuplé par les mouettes. Un manchot pygmée ou manchot bleu est tristement échoué sur la plage.

 

The Northland Cape Reinga 37 The Northland Cape Reinga 42 

Nous nous baignons avec une extrême vigilance car la force du courant dont on nous avait prévenus n’est pas une légende.

Très contents d’avoir atteint ce cap, nous repartons pour continuer notre circuit.

 

The Northland Campsite de Rarawa The Northland Campsite de Rarawa 2 

Nouveau campsite pour le soir, situé en bord de rivière non loin de l’océan, ce qui nous vaut un combat sans merci contre des colonies de moustiques : tableau de chasse.

 

The Northland moustiques

 

Mercredi, c’est une journée plutôt voiture. En faisant des courses, nous avons la surprise de revoir Max et Amandine dans le magasin.

Plus loin, nous longeons la mangrove, repassons le bac pour atteindre Rawene, petite péninsule.

The Northland la mangrove

 

Nous nous rendons au camping situé sur la crête. Hélène nous accueille dans ce havre de tranquillité qu’elle affectionne. Elle prend le temps de nous parler en français à propos des conditions de vie des kiwis, de la pauvreté qui touche de plus en plus de personne mais qui n’est pas perceptible par le voyageur. Les écarts des richesses se creusent, dans les zones désertiques, les plus pauvres survivent grâce aux aides de l’état mais surtout la présence de la communauté maorie.

 

The Northland Pique nique après Pahia 2

Le programme du lendemain est bien chargé. Nous partons de bonne heure sur la Twin Coast Discovery. Petite promenade pour un point de vue sur l’immense dune qui domine le port à l’embouchure de Hokianga Harbour.

 

The Northland Opononi 5

Nous visitons Opononi. A Noël 1955, un dauphin commence à fréquenter les abords de la plage, semblant rechercher le contact et jouant avec les baigneurs.

 

 The Northland Opo et l'enfant  The Northland Russel 22

 

Baptisée Opo, cette femelle de l’espèce des grands dauphins attire les visiteurs de tout le pays et devient même la coqueluche des médias. Mais en mars 1956, on la retrouve malheureusement morte sans aucune explication. Une statue rappelle son souvenir.

 

Encore un peu de voiture et nous nous enfonçons dans la forêt Waipoua qui signifie  « forêt des pluies nocturnes ». Elle est un sanctuaire de 9000 ha où près de 300 espèces de végétaux s’épanouissent dans un écosystème exceptionnel. 

The Northland Waipoua Forest 3

 

Aujourd’hui, cette forêt est protégée, entretenue, restaurée, à tel point qu’à l’entrée du sentier, nous devons nous brosser les chaussures et mettre un désinfectant sur les semelles. Nous savons que des « personnages » exceptionnels nous attendent, les kauris géants.

 

 The Northland Waipoua Forest Tane Mahuta 7  The Northland Waipoua Forest 14

 

Nous marchons sur un sentier sur pilotis pour protéger les racines.

Tane Mahuta, dieu de la forêt, est le plus grand kauri au monde avec 51 mètres de hauteur et 13,77 m de circonférence.

 

The Northland Waipoua Forest Tane Mahuta

 

Il aurait environ 1200 ans. Dans la mythologie maorie, c’est lui qui sépare la terre mère (Te Papa Ruanuku) du ciel père (Rangi Nui) au début de la création afin de faire jaillir la lumière et la vie. Il est donc particulièrement sacré, et une fois à son pied, mythe et réalité semblent se rejoindre.

Le second, Te Matua Ngahere, père de la forêt, est âgé de 2000 ans.

 

The Northland Waipoua Forest Te Matua Ngahere

 

Ce serait l’un des plus vieux arbres au monde après les séquoias. Ses 30 mètres de haut et plus de 16 mètres de circonférence se dressent devant nous et stoppent notre marche au détour du sentier. Nous sommes époustouflés, impressionnés. Silence, respect, instant solennel, ce lieu inspire le recueillement.

 

The Northland Waipoua Forest Four Sisters

Plus loin, nous passons par les étonnantes Four Sisters, quatre kauris qui ont poussé tout prêt les uns des autres et lorsque nous pouvons toucher Yakas kauri, nous sommes au sommet du bonheur. Nous posons nos mains sur son tronc et nous sommes envahis par une forte énergie.

 

The Northland Waipoua Forest Yakas Kauri 4

 

Léa est particulièrement sensible et réceptive à ces transferts d’énergie et parvient à bien les décrire. 

Notre halte du soir s’inscrit au camping de Baylis beach. Nous mangeons en toute hâte pour rejoindre la plage de Ripiro et assister au coucher du soleil.

 

The Northland Baylys Beach coucher de soleil 1

 

C’est dans cette baie qu’a échoué en 1993 l’Askoy II, ancien voilier de Jacques Brel. Une association s’est constituée avec le projet de le rapatrier au plat pays qui est le sien, de le restaurer pour qu’il reprenne la mer.

 

Vendredi, dès l’aube, à l’heure où s’éveille la campagne, nous repartons à travers les brumes matinales et assistons au lever du soleil.

 

The Northland Dargaville lever du soleil 2

 

Nous sommes comblés par tant de beauté.

 

The Northland Dargaville lever du jour

 

Nous en avons pris plein les mirettes, du bleu du ciel, de la mer et de l’océan, du vert des pâturages et des forêts, une palette de couleurs des fleurs, nombreuses en cette saison.

 

The Northland Dargaville lever du jour 2

 

Les paysages magnifiques se succèdent les uns aux autres, dans cette région du Northland que nous avons aimée découvrir avec le confort de la voiture.

 

Nous convenons aussi qu’il est grand temps de chevaucher de nouveau Fanlabise et Cassbizou pour continuer l’exploration de toutes ces merveilles, direction les volcans du centre de l’île du nord.

 

The Northland Omapere 6

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 07:13

 

Mercredi 10/11 : Mendoza – Route 7 au pied de la Cordillère, 47 km, 1200 m.

 

Nous devons attendre midi pour récupérer Fanlabise au magasin de vélo, ce qui laisse le temps d’un second contact skype pour Léa avec son école.

 

Mendoza AJ Campo Base 6

 

Cette fois-ci la classe s’est organisée pour communiquer par petits groupes de trois élèves, ce qui permet des échanges plus personnalisés. Cela demande aussi à Léa une plus grande concentration et disponibilité car cela a pris plus de temps.

 

Nous partageons notre pique nique avec Julie et Bastien avant de se dire au revoir.

Il est 15h30 lorsque nos montures quittent Mendoza, l’important pour nous étant de partir, de reprendre la route et de s’attaquer à cette étape.

 

Nous nous retrouvons sur la voie rapide, puis sur la route 40, à deux fois deux voies. Nous roulons sur la bande d’arrêt d’urgence, ce qui en somme nous met à l’abri des véhicules. Il y a beaucoup de trafic, donc c’est très bruyant, l’air est pollué par les gaz d’échappement. Ca roule vite, et nous nous sentons un tout petit peu éprouvés nerveusement. Nous attendons la bonne sortie avec impatience mais elle n’est pas là. Il nous faut faire 27 kilomètres pour sortir de cette autoroute et bifurquer sur la route 7, qui nous indique le Chili.

 

Alors que nous pensions être tirés d’affaire, la situation est encore plus dangereuse : la route est étroite, essentiellement fréquentée par des poids lourds, des semi-remorques chargés à bloc.

 

Circulation dense

 

Lorsque deux camions, roulant à vive allure, doivent se croiser à notre hauteur, sur ce plat montant, notre espace de sécurité se réduit à une peau de chagrin ! Nous devons être extrêmement vigilants, nous redoublons de prudence au prix d’une grande dépense d’énergie.

 

La Cordillère des Andes 3

 

Le pied de la Cordillère des Andes étant atteint, nous nous arrêtons au milieu de rien pour établir le campement. Mais nous sommes à l’intérieur des limites d’une propriété privée. En effet un grand panneau publicitaire évoque un centre de remise en forme situé à trois kilomètres plus loin. Un homme arrivant en voiture nous recommande vivement de quitter les lieux, sans quoi nous nous exposons à une agréable rencontre avec la police : « Ils vont vous embarquer, menottes aux poings et vous conduire en prison à Mendoza ». Brrr, quel beau projet ! Pas question de retourner à la case départ sans toucher nos 40.000 pesos !

 

1er campement au pied de la cordillère

 

Ni une ni deux, courageux comme pas deux, en deux temps trois mouvements, nous prenons nos clics et nos claques, notre tente et nos sacoches et disparaissons de l’autre côté de la route, dans une pseudo carrière…Ah, qu’il est bon d’être en liberté sur nos cailloux…Nous éteignons les petzl un peu tard.

 

Jeudi 11/11 : Route 7 – Uspallata, 85 km, 1895 m.

 

Dès le réveil, nous sommes préoccupés par la suite du parcours, et résolus à monter dans un camion dès que possible. C’est dans cet état d’esprit que nous attaquons la montée.

 

La Cordillère des Andes 2

 

Les enfants sont de bonne humeur et pédalent de bon train. Nous trouvons de l’eau auprès des employés de la route mais ils ne peuvent pas nous charger dans leur benne, celle-là transportant un produit toxique. Ils nous conseillent de nous rendre au prochain village, Los Potrerillos, où nous pourrons arrêter un camion.

 

Ceci nous redonne de l’ardeur, nous prenons de l’altitude, atteignant 1810 mètres, avant de redescendre sur Los Potrerillos, 400 mètres plus bas. Que d’efforts pendant 32 kilomètres pour si peu de dénivelés en fin de compte !

  Avant Potrerillos

 

Et quelle n’est pas notre joie de découvrir une immense ligne droite à deux fois deux voies, dans laquelle les camions dévalent et relancent leur moteur pour bondir à l’assaut du versant opposé.

 

Le village de Potrerillos se situe deux kilomètres en contrebas, au bord d’un lac artificiel aux eaux turquoise. C’est beau, paisible car les camions ne le traversent pas.

 

Nous abandonnons tout espoir d’en arrêter un et descendons vers l’unique magasin du coin pour nous ravitailler. C’est là que nous apprenons qu’un bus fait le parcours entre Mendoza et Uspallata, en passant par là.

 

Attente bus à Potrerillos 1

 

Nous attendrons patiemment le prochain, celui de 14h00. Nous nous tenons prêts à embarquer et sommes confiants pour les tandems.

 

Potrerillos bus

 

Voici un bus qui arrive et nous pouvons installer Fanlabise couché sur le flanc dans une soute et Cassbizou debout sur ses pneus dans une autre : le grand luxe ! Nous avons une petite pensée pour nos deux amis jurassiens, Huguette et Aldo qui ont du batailler pour embarquer leurs deux VTT.

 

Qu’il est bon de se laisser conduire au frais, en sécurité, confortablement installés sur des sièges douillets.

 

Voyage en bus A-C

 

Léa se détend et essaie toutes les positions du siège, pendant que Tim s’endort pour une bonne sieste.

 

 Voyage en bus Léa Voyage en bus Tim

 

Nous deux, mesurons la chance que nous avons d’être là, et encore plus à la vue de l’accident entre deux camions, aux remorques éventrées.

 

Accident sur le parcours

 

Nous apprendrons plus tard par le journal télévisé au Chili qu’un des deux chauffeurs est décédé.

 

Après une heure trente de voyage, nous arrivons dans une ravissante vallée au pied de montagnes superbes, à Uspallata, dernier village avant la frontière.

 

La Cordillère des Andes Uspallata

 

Pour trouver un camion, le chauffeur du bus nous conseille de nous poster à la douane du transit routier située à la sortie du village.

 

Nous prenons le temps de savourer une glace, de consulter nos emails et trouver un coin agréable pour passer une bonne nuit afin d’être en forme pour demain.

 

Nous sommes installés au bord d’un chemin, sous un arbre majestueux, au caractère rassurant.

 

Gochos

 

Passe d’abord un troupeau de chèvres, puis de vaches conduit par des cavaliers ivres qui n’ont pas remarqué notre présence.

 

2ème campement Uspallata 5     2ème campement Uspallata 4     2ème campement Uspallata 6     2ème campement Uspallata 8     2ème campement Uspallata 1

 

Vendredi 12/11 : Uspallata (Argentine) – El Sauce (Chili), 162 km, 1200 m.

 

Au l’aube, les oiseaux gazouillent au diapason, le troupeau de chèvres passe dans l’autre sens, le soleil inonde doucement la forêt d’en face puis la prairie, l’arbre sous lequel nous avons planté la tente semble nous donner de sa vitalité et de sa force…ambiance rurale pour ce dernier réveil en Argentine.

 

Uspallata 2

 

C’est avec une certaine émotion que nous quittons notre dernier bastion et nous rendons à la douane des camions. Nous expliquons notre intention au douanier qui nous conseille de nous poster à la sortie de l’aire de contrôle.

 

Uspallata douane

 

Et la danse des camions commence :

« Buenos dias, somos una familia con bicicletas. Queremos ir en Chile, pero somos cansados y la ruta esta peligrosa ; Queremos tomer un camion ; tiene espacio ? » « Bonjour, nous sommes une famille et voyageons en bicyclette ; nous voulons aller au Chili, mais nous sommes fatigués et la route est dangereuse. Nous voulons prendre un camion avez-vous de la place ? »

« No, no puedo, no tengo no, no, no, no”; ah ah pas si facile que ça…

 

Convoi exceptionnel

 

Nous portons notre attention sur un convoi exceptionnel de trois camions transportant des moissonneuses batteuses. Les chauffeurs brésiliens attendent la gendarmerie qui doit les escorter jusqu’à la frontière. Après discussion, ils acceptent de nous prendre à bord, mais veulent s’assurer que leurs convoyeurs ne s’y opposeront pas. Il nous faut donc attendre.

Encore d’autres tentatives, toutes vouées à l’échec : tous les camions sont plein et ne peuvent pas nous embarquer.

 

Tandems font du camion

 

Finalement la gendarmerie arrive, n’émet aucune objection, à condition de faire vite pour charger. Aidés de Enio et de ses collègues, nous hissons Fanlabise et Cassbizou avec leur chargement à l’arrière du plateau. Qu’ils ont l’air petits à côté de la moissonneuse batteuse !

 

Traversée de la Cordillère ave Enio

 

Nous prenons place aux côtés de Enio et c’est parti ! Nous sommes heureux d’être là, rassurés de cette solution trouvée si vite. Enfin, nous pouvons nous détendre et apprécier en toute quiétude les paysages qui nous entourent.

 

  Rio Mendoza La Cordillère des Andes 12

 

De la cabine du camion, nous découvrons cette route qui longe le rio Mendoza et s’enfonce dans des vallées magnifiques. Nous ne pouvons pas omettre de penser  que cette route des Andes a connu le plus extraordinaire chassé croisé de l’histoire d’Amérique du Sud, puisqu’au 16è siècle, les Espagnols empruntaient ce couloir pour coloniser la région. C’est aussi en 1817 que le général San Martin passait dans l’autre sens à la tête d’une armée de 5000 hommes, signant le départ des Espagnols de cette partie du continent.

 

Traversée de la Cordillère 1 Traversée de la Cordillère 2

 

Pas le temps de s’étonner de l’incroyable Puente del Inca, situé à plus de 2700 mètres, le convoi doit avancer.

 

Plus loin, nous apercevons l’Aconcagua, ou Acon Cahuac, « sentinelle de pierres » des Incas. C’est le plus majestueux des sommets des deux Amériques, culminant à 6962 mètres. L’instant de rêver que nous en faisons l’ascension, hein Manu ?

 

Aconcagua 6962 m 2

 

Sur ce temps de relâche, nous méditons sur notre déception concernant l’absence de Federico. Nous convenons qu’il aurait été trop incroyable qu’il accomplisse un tel voyage (venir de Tandil, province de Buenos Aires, représente plus de 1600 km aller retour) pour nous conduire à la frontière. Nous y avions cru et nous nous étions vraiment réjouis à l’idée de le revoir. Cela dit, nous ne pouvons pas lui en tenir rigueur, même si ce revirement de situation a créé en nous de l’inquiétude.

Notre erreur a peut-être été de croire seulement en cette solution pour gravir la Cordillère.

En voyage, les revirements de situation sont fréquents, il faut en permanence s’adapter. Nous vérifions qu’il est important de rester maître de notre destin et que quoi qu’il arrive nous avons des ressources et pouvons compter sur elles pour revoir les choses autrement.

Malgré son absence physique, Federico est resté très présent, par ses SMS, son soutien a été permanent. Merci à toi Federico.

 

Nous passons Las Cuevas et les restes des chutes de neige, tombée le jour de la tempête, et voici le Chili !

 

Tunnel Cristo Redendor Tunnel Cristo Redendor 2

 

Nous traversons le tunnel international qui passe sous le Cristo Redentor, de 3200 mètres de long. De l’intérieur de la cabine d’Enio, nous constatons que ce passage n’aurait pas pu se traverser en tandem.

 

AU REVOIR L’ARGENTINE ET BONJOUR LE CHILI

  Entrée au Chili 1

 

Après 103 kilomètres, nous arrivons au poste frontière et à la douane.

Le temps de saluer et remercier nos amis camionneurs brésiliens…

 

Avec camioneurs brésiliens

 

Le temps de manger notre pique nique sans en laisser une miette…

 

Vient le temps de passer au contrôle. Contrairement à ce qui nous a été dit à plusieurs reprises, les policiers chiliens sont plutôt sympathiques et nous dirigent dans nos démarches, l’un proposant même d’accompagner Tim aux toilettes !!!!!!!! brrrr, pendant que nous déclarons notre sortie d’Argentine. Voici notre Timitito de retour pour l’attribution du visa d’entrée au Chili.

 

Puis au moment de passer avec les tandems, les douaniers nous demandent de nous garer, un autre surgit avec un chien. Le chien et le maître, aussi excités l’un que l’autre, montent sur les sacoches, reniflent, bavent sur Cassbizou, puis sur Fanlabise, reviennent sur Cassbizou. Le chien se met à montrer des signes de victoire autour de notre sacoche qui habituellement contient la nourriture.

A-t-il déniché quelque chose ? Mais non, rien, pas de fromage, pas de mortadelle, pas de tomate ni de pommes, seulement les odeurs, encore fraîches certes, des restes du pique nique. Tous deux repartent la queue basse. Le douanier est dépité. Peut-être se réjouissait-il déjà de la belle amende donnée aux français ?

 

Encore impressionnés par le numéro du chien et du douanier, c’est dans un paysage de haute montagne minéral, et enneigé que nous entamons la descente : vertigineuse et les fameux 23 virages…impressionnants !

 

Descente vertigineuse 8

 

Les freins tambour, actionnés d’une main de maître par Léa et Tim, fument.

 

A cette allure nous perdons du dénivelé en un rien de temps et trouvons un fond de vallée magnifique, verdoyant, bucolique.

 

Après 59 kilomètres, nous atteignons El Sauce, (10 kilomètres avant Los Andes) où nous rencontrons Axel, jeune argentin qui nous donne quelques infos sur l’accès à Santiago.

 

Le camping sauvage étant interdit, les propriétés privées nombreuses, nous décidons de passer la nuit ici à El Sauce. Nous nous retrouvons chez Lita, employée au restaurant local. Elle quitte son travail le temps de nous accompagner jusqu’à chez elle. Nous installons la tente dans la cour au milieu des chiens, en face du poulailler, sous la corde à linge.

 

3ème campement El Sauce

 

L’espace est parfait, juste ce qu’il nous faut. Lorsque son mari arrive, il nous présente les toilettes, la cuisine tout y est c’est le grand luxe !

 

Samedi 13/11 : El Sauce / Santiago du Chili, 90 km, 666 m.

 

Nous sommes réveillés par un concert de chants de coqs, de chiens, sur fond sonore du trafic routier.

 

Le temps d’une photo avec Lita et nous voici sur la route pour Santiago.

 

3ème campement El Sauce chez lita   3ème campement El Sauce 5   3ème campement El Sauce 6

 

Nous hésitons à nous engager car les panneaux indiquent une interdiction aux vélos. Les employés des routes nous confirment qu’on peut l’emprunter sans problème, puisque c’est la seule qui va à la capitale.

 

Autoroute pour Santiago 1

 

Personne devant, personne derrière, sur la pointe des pneus, tels des voleurs, nous nous engageons. Quatre kilomètres de montée sous un soleil radieux et chaud nous font transpirer à grosses gouttes.

Le passage à deux fois deux voies se termine après une belle descente et nous nous retrouvons sur une route de campagne agréable.

 

Vigne de Los Andes 1

 

Nous longeons des vignes immenses, des plantations de pêchers, d’oliviers et de cerisiers.

 

Mais voici la deux fois deux voies qui réapparaît et ça monte encore. Nous achetons des fruits secs et frais et roulons jusqu’au tunnel de Chabuco.

Cristian, le gardien, appelle la camionnette pour nous le faire traverser. Encore un nouveau moyen de transport que nous n’avions pas testé !

 

Sécurité tunnel autoroute 1 Tunnel autoroute

 

Nous prenons le pique nique à l’ombre, à la sortie du tunnel, et nous accordons le temps d’une petite sieste…

A peine endormis, et voilà que la sirène des forces de l’ordre retentit et qu’en deux temps trois mouvements, nous sommes plaqués contre la glissière, sous les yeux terrorisés de nos enfants qui se mettent à hurler. Sans ménagement, nous nous retrouvons menottes au poings, embarqués avec Cassbizou et Fanlabise jetés comme des malfrats dans le panier à salade, comme dit mamie Yvette.

 

Autoroute pour Santiago 2 Embarquement par police

  

Motif d’arrestation : circulation avec deux bicyclettes hors normes, à deux roues chacune, et transport d’enfants de moins de 10 ans sans rehausseur ni ceintures de sécurité, sur une route caractérisée à grande circulation et interdite aux véhicules non motorisés…

 

Sous officier Tim

 

« He, ho, maman, papa réveillez-vous, il est l’heure d’partir » dit Tim.

 

Après ce mauvais rêve et contents d’être libres, nous repartons légers et joyeux avec l’intention de dormir à Colina, ce qui ne nous laissera plus qu’une vingtaine de kilomètres pour Santiago. Nous voulons aborder la capitale du Chili de bonne heure demain matin, dimanche, pour qu’il y ait moins de circulation.

 

Arrivés à Colina, très rapidement, on nous informe qu’il n’y a ni hôtel, ni camping, qu’on ne peut pas rester dormir là, ni même en camping sauvage car la ville a la réputation d’être mal fréquentée et d’être dangereuse la nuit. Pas un service d’information touristique. C’est auprès de la police que nous trouvons confirmation de tout cela.

 

Un gradé, plein de bienveillance à notre égard, entouré de ses collègues, nous prend en charge. Il nous ouvre son ordinateur pour consulter nos mails : nous attendions une réponse de Javier, l’ami de Nelson habitant Santiago et le gradé lui téléphone de notre part pour un premier contact. Après avoir envisagé de nous faire camper à la caserne de l’aviation, ce qui finalement ne s’avère pas possible, il propose de nous véhiculer jusqu’à l’hôtel le plus proche à la périphérie de Santiago.

Marché conclu.

Pendant que nous faisons quelques courses, Léa et Tim restent en garde, à vue, au poste… de télévision.

De retour, nous chargeons toutes les affaires dans un fourgon de la police.

 

Colina commissariat

 

Nous  prenons le temps d’une séance photos à laquelle nos nouveaux amis aiment à participer et nous voici partis avec sergent Susane et un sous-officier.

 

Arrivés à l’hôtel visé, nous apprenons que les chiens sont autorisés mais pas les enfants. Un peu décontenancés, les policiers n’avaient pas prévu ce scénario, mais ils ne renoncent pas et décident de nous conduire à un autre hôtel, prenant le risque de sortir de leur périmètre d’intervention.

 

A la nuit bien tombée nous arrivons devant un hôtel de police, euh, non l’hôtel Plaza San Luis avec la police. Nous déchargeons sacoches et tandems du fourgon, sous les yeux hallucinés des passants.

 

Dépôt de garantie 1  Dépôt de garantie 2

 

Nous prenons le temps d’une photo d’adieu avec Susane, et les voici repartis à tout jamais.

C’est incroyable, nous sommes samedi soir, en plein Santiago, quartier Independencia, à six minutes du centre !

 

Camembert et Nutella 1

 

Ca se fête : camembert et nutella à volonté, à la grande joie de Léa et Tim, qui n’en ont pas mangé depuis la dernière tartine de Carmen à La Paz.

 

Hip hip hip hourrah !!! Quelle étape extraordinaire pour arriver à Santiago du Chili et boucler en apothéose notre parcours cycliste en Amérique du Sud.

 

Hourrrra...

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 09:57

 Mercredi 03/11 : San Augustin de Valle Fertil – Marayes, 114 km, 600 m.

 

Après une bonne nuit au cours de laquelle les moustiques ont festoyé autour de Léa, nous prenons, à notre tour, notre petit déjeuner de l’hôtel. Nous enfourchons Fanlabise et Cassbizou avec la ferme intention de traverser rapidement ce désert.

 

Traversée du désert 4

 

Nous quittons les cultures de « lema », un agrume, et la végétation haute et verdoyante parmi laquelle pousse le « quebracho ». C’est un bois très dur, tortueux, qui donne aux branches des formes pouvant représenter des animaux que les locaux vendent le long de la route.

 

Nous longeons des petites montagnes et, malgré la chaleur, nous avalons les kilomètres à un bon rythme.

 

Après plus de 40 kilomètres, nous nous arrêtons devant une maison, à Astica, pour une pause goûter bien méritée.

 

Astica goûter Astica fleurs

 

La propriétaire nous accueille sur sa terrasse ombragée. C’est avec de l’eau fraîche et du pain « casero » fabriqué maison et cuit au four à bois que nous repartons sous une chaleur accablante. Le contraste est saisissant comme le beefsteak dans la poêle. Nous cuisons à petit feu et crépitons à l’idée de trouver fraîcheur et ombrage au prochain village juché sur les hauteurs.

 

Chucuma nous tend les bras et ce n’est pas un mirage. Nous nous arrêtons sous un gros arbre, le long d’une rigole dans laquelle se déverse l’eau fraîche d’un bassin.

 

Chucuma ça rigole

 

Le lieu est idéal pour se laver, se rafraîchir, jouer, barboter. Cela faisait bien longtemps que nous ne nous étions pas autant amusés dans l’eau. Et pour l’eau potable, nous faisons le plein en la tirant au robinet d’une citerne, transportée par une camionnette.

 

Fleurs

 

Repus de tant de plaisir, nous sautons sur nos montures et dévalons ce monticule pour nous enfoncer inexorablement dans cet impressionnant désert.

 

Entrée dans le désert Entrée dans le désert 1

 Entrée dans le désert 2 Entrée dans le désert 3

 

C’est parti !! Nous disparaissons dans cette immensité…

 

Qu’il est loin le prochain village ! Nous doutons d’y arriver, nous sommes tiraillés entre continuer et s’arrêter. A bien y regarder, il nous paraît difficile de poser la tente sur la rocaille, au milieu des épineux. Nous mobilisons notre courage et avançons encore, et encore sur ces longues lignes droites.

 

  Traversée du désert 1

 

Alors que le soleil décline, nous voyons au loin une maison qui annonce peut-être la proximité du village, mais non. Il nous faut encore parcourir 9 kilomètres pour atteindre Marayes, à la tombée de la nuit. Quelques maisons en adobe et enfin un terrain de foot hospitalier sur lequel les jeunes du village terminent une partie.

 

1er campement à Marayes 1

 

Nous nous y installons à tâtons, à la lueur de nos lampes frontales.

 

Le premier orage depuis notre présence en Amérique du Sud est là : tonnerre, éclairs mais seulement quelques gouttes de pluie qui peinent à refroidir l’atmosphère : nous atteignons les 32° sous la tente !

 

Jeudi 04/11 : Marayes – Difunta Correa, 77 km, 600 m.

 

Nous nous accordons une grasse matinée, et lorsque nous sortons de la tente, il fait déjà chaud. Heureusement, les nuages sont là pour atténuer la chaleur !

 

Nous quittons Marayes fatigués de l’étape d’hier mais toujours déterminés à sortir du désert.

 

Marayes 1

 

Nous croisons encore quelques restes de vaches et toujours ces rapaces qui tournent au dessus d’eux.

 

Après 37 kilomètres, nous atteignons Bermejo qui a l’apparence d’un village pauvre et misérable. Un policier du poste de contrôle routier nous donne un verre d’eau fraîche pour nous quatre et s’étonne que nous lui en redemandions trois autres. Il est vrai que l’eau est précieuse dans cette contrée !

 

Après le pique nique, nous entamons la sieste sans nous douter qu’à quelques mètres sommeillent de charmantes créatures !

 

Traversée du désert 10

 

L’araignée aux pattes velues, compagne sympathique et toujours la bienvenue !

 

Marayes 2

 

Et le lézard le plus dangereux du monde, surpris par les enfants en train de faire du funambulisme !

 

Nous repartons pour 40 kilomètres. Nous rejoignons l’axe routier entre Cordoba et San Juan, ce qui signifie beaucoup de circulation et nous nous accrochons à nos montures, qui roulent sans se cabrer. Mais au fait, comment vont Fanlabise et Cassbizou ?

 

Fanlabise Cassbizou

 

Après 4000 kilomètres en Amérique du Sud, nos pneus sont à peine usés, la brooks épouse parfaitement les fessiers de Marc, les courroies des sacoches sont comme neuves, les mécaniques bien huilées tournent sans bruit, et ...

 

Cassbizou 4

 

... Véloland est toujours derrière nous, prêt à intervenir à la moindre défaillance. Que du bonheur !!!

 

Sans nous en rendre compte, nous atteignons Difunta Correa, devenu le Lourdes sud-américain. Un petit tour du site, une glace rafraîchissante et nous optons pour le chantier de la nouvelle route pour installer le camp.

 

Vendredi 05/11 : Difunta Correa – Villa Media Agua, 87 km, 600 m.

 

Avant que les rouleaux compresseurs ne laminent notre campement, nous plions en toute hâte et nous rejoignons le cœur de ce site, pour y visiter le sanctuaire.

 

Difunta Correa

 

Il était une fois, en 1840, en pleine guerre une jeune femme. Correa partit à la recherche de son amoureux, emportant son enfant dans sa quête. Bientôt les vivres manquèrent et Correa mourut de soif, de faim et d’épuisement. Quelques jours plus tard, quand on découvrit son corps, l’enfant tétait toujours sa défunte maman et, miracle, vivait encore.

 

C’est la fin de la légende et le début du culte. Non que l’infortunée maman ait été réellement canonisée, mais elle fut plutôt récupérée par la croyance populaire qui lui prêta des pouvoirs miraculeux.

 

De la frontière bolivienne à la Terre de Feu, on vient de toute l’Argentine et des pays limitrophes confier son destin et celui de ses proches à la Difunta Correa.

 

Difunta Correa 1 Difunta Correa 4

 

Dans plusieurs chapelles couvertes d’ex-voto, les pèlerins déposent photos, pièces automobiles, plâtres, maquettes de maisons. Un escalier de 73 marches, que les plus pieux montent à genoux, conduit au rocher où Correa aurait rendu son dernier soupir. Un incroyable bric à brac dont chaque pièce symbolise ce sur quoi on veut attirer les faveurs du ciel.

 

Difunta Correa 3

 

On peut sourire de l’exubérance de cette brocante, à ciel ouvert, de l’infrastructure qui entoure le site (restos hôtels, commerces...). Mais nous sommes aussi touchés par ces milliers de vie qui se racontent au travers d’un objet abandonné à une espérance ; par ces millions de mains qui, effleurant la tête de plâtre d’une idole, caressent l’espoir de lendemains meilleurs.

 

Après avoir regonflé les pneus, nous découvrons avec grande joie une piste cyclable, certes longeant la route où circulent de nombreux camions, mais toute neuve, et qui va nous guider pendant 40 kilomètres.

 

Traversée du désert 11

 

Cela n’empêche pas la traversée d’une pampa et d’une nouvelle zone désertique avant d’atteindre les premières vignes et arbres au feuillage très verdoyant. Cette voie royale nous accompagne jusqu’à l’entrée de Caucete.

 

Caucete

 

Un peu pris par le temps, c’est là que nous décidons d’éviter San Juan et de couper à travers champs pour gagner Villa Media Agua, que nous atteignons à une heure raisonnable de la fin de journée.

 

Une glace pour se rafraîchir et nous partons visiter les deux hôtels de la ville. Le premier, une auberge est tenue par un propriétaire en état d’ivresse. Il veut nous faire visiter une chambre mais peine à se souvenir qu’il faut une clé pour l’ouvrir. C’est en titubant et en s’accrochant aux murs du couloir qu’il part à sa recherche. Lorsque enfin il nous ouvre la porte, nous sommes pris d’une nausée à la vue des murs moisis et des couvre lits puants. Nous hésitons, comment refuser un tel confort ?

Finalement, nous optons pour l’autre hôtel qui offre toutes les commodités, un peu cher pour ce qu’il est. Deux fois deux lits superposés, dans une chambre borgne, une cuisine bien équipée, une salle à manger spacieuse avec une télévision proposant trois chaînes, et …des ventilateurs.

Quant à la plomberie, nous laisserons Christophe apprécier le travail d’installation du chauffe-eau sans qu’il y ait eu besoin de modifier la porte du placard.

 

Plomberie argentine

 

José Maria le propriétaire vend des motos. Son hôtel jouxte son magasin et se situe en vase clos. Nous comprenons rapidement tous les bienfaits de cette installation qui nous isole en journée de la chaleur et en soirée, des innombrables moustiques qui partent en chasse de chair fraîche.

 

Samedi 06/11 : Journée de repos.

 

Article pour le blogue, travail scolaire, lessive, courses, cuisine, le train train des jours de repos en somme et un coucher tôt car demain nous voulons arriver à Mendoza.

 

Villa Media Agua Villa Media Agua 2

 

Nous avons hâte de revoir notre ami Federico et de visiter avec lui sa terre natale, lorsqu’il nous rapprochera de la frontière chilienne et nous fera passer toutes les embûches qui jalonnent le parcours.

 

Dimanche 07/11 : Villa Media Agua – Mendoza, 118 km, 740 m.

 

Nous sommes tous fins prêts pour un départ matinal, à la fraîche et sans vent. Peu de circulation en ce dimanche, sur cette portion de route 40, qui relie par une longue ligne droite San Juan à Mendoza.

 

Traversée du désert 2

 

Encore du désert, toujours du désert, qui présente à sa façon un certain charme que Marc ne se lasse pas d’admirer !

 

Traversée du désert 18

 

A midi et demi, nous avons fait 71 kilomètres, lorsque nous atteignons le village de Jocoli. La chaleur nous plombe et nous essayons de nous rafraîchir avec une glace et de l’eau sortant des frigos de l’unique magasin. L’ombre des arbres ne suffit pas à faire baisser la température pendant le pique nique. Nous prenons le temps de téléphoner à Salta, à Claudio et Paola ; toute la famille est en plein repas dominical, à la fraîcheur du patio, c’est un bonheur de les entendre.

 

Séparation

  

Séquence émotion, lorsque nous décidons de nous séparer du sac plastic « Piccard », qui nous rappelle un bon week-end passé aux Saisies l’hiver dernier avec nos amis Corinne et Guy, Caterina et Juan-Yvo.

 

Inquiets de la chaleur qui règne, nous repartons avec détermination. Heureusement, des nuages cachent le soleil, mais très vite le vent devient plus fort, venant de la Cordillère : de fortes rafales, brûlantes, qui ne nous rafraîchissent pas.

 

Puis à l’approche de Mendoza, une sorte de gros nuage apparaît obstruant toute visibilité du sol au ciel. Cette vision est terrifiante. Nous avons l’impression que c’est une tempête de sable, comme dans les films. En quelques secondes le vent tourne, s’intensifie, redouble de puissance et nous comprenons que la tempête nous vient droit dessus, balayant tout sur son passage. En toute hâte, nous nous arrêtons, tournons Fanlabise et Cassbizou dos au vent, perpendiculaires à la route. Dans un instant de panique, masquant notre peur, nous sortons les bandanas, les cagoules pour nous protéger le visage et mettons les enfants à l’abri de nous tout en nous cramponnant aux freins des tandems, afin de ne pas être emportés.

 

Vent Zonda 3

 

Nous sommes pris dans les rafales qui font fléchir les arbres, des branches volent, le sable nous pique les jambes. Nous avons peur de ce qui peut nous venir dessus, mais après un rapide coup d’œil, nous sommes rassurés de savoir l’aéroport et sa clôture dans notre dos, et la forêt devant nous.

 

Vent Zonda 2

 

Nous attendons, mais aucun signe d’accalmie n’est perceptible. Un homme de passage nous confirme que la tempête va durer jusqu’à la nuit et qu’il ne faut pas attendre ici.

Nous repartons l’épaule en appui sur le vent. L’équipe des garçons progresse bien et évite de justesse une branche emportée par une bourrasque. L’équipe des filles est déséquilibrée à tout instant, mais avance malgré tout.

 

Un kilomètre plus loin, à l’entrée de Mendoza, un automobiliste veut nous venir en aide et nous propose de se placer derrière nous, avec ses warning, pour nous escorter.

 

A l’approche d’un feu tricolore, les sacoches des deux tandems s’accrochent, Anne-Claire et Léa chutent mais sans mal.

Un incendie a démarré en bord de route et les pompiers sont déjà à pied d’œuvre.

 

Encore 5 kilomètres et nous entrons sur l’avenue Catamarca qui amène au centre ville. Pas un chat dans les rues, la tempête a fait des dégâts. Une énorme branche rompt dans un fracas épouvantable et tombe devant nous. Voici à quoi nous avons échappé !

 

Mendoza après la tempête 2

 

Après quelques recherches, nous trouvons une chambre dans un hôtel vétuste mais qui fera l’affaire pour une nuit. Nous voici enfin en sécurité.

 

Lundi 08/11 et mardi 09/11 : Repos à Mendoza.

 

Au réveil, vers 9h00, il fait frais, 14°C et quelques gouttes de pluie, c’est l’après Zonda nous dit-on. C’est un phénomène météorologique plutôt rare à cette époque de l’année, qui est un vent violent très chaud venant de la Cordillère qui sévit pendant plusieurs heures. Il est alors suivi d’une vague de froid de 24 à 48 heures.

 

Après un bref petit déjeuner, nous partons, en passant par Carrefour (et oui !) pour quelques courses, nous installer dans une auberge de jeunesse. « Campo Base » nous attribue une petite chambre pour nous 4. Qu’il est bon de se sentir jeune !

 

Mendoza AJ Campo Base 5 Mendoza AJ Campo Base 6

 

La musique est permanente et bruyante, les ordinateurs sont parfois libres et les enfants sont ravis de s’en servir.

Nous sympathisons avec Kevin, un jeune français de 21 ans, normand, arrivé depuis peu et qui travaille au bar de l’auberge en échange de son logis.

 

Mendoza Caro Pepe 5

 

Les rendez-vous skype de Tim et Léa avec leurs classes respectives sont de grands moments, d’autant que c’est le premier pour Tim. Encore quelques petits réglages pour améliorer techniquement ces temps d’échanges et les prochains rendez-vous seront du pur bonheur.

 

Mendoza AJ Campo Base 8

 

Nous retrouvons Aldo et Huguette, arrivés deux jours avant nous et qui attendent un bus pour continuer vers la Patagonie.

 

C’est alors que nous recevons un message de Federico, nous apprenant qu’il ne peut pas venir demain à Mendoza comme prévu. La tempête a retardé les semailles ce qui le contraint à rester à Tandil. Nous sommes abattus par cette nouvelle qui nous laisse désemparés : comment allons-nous faire pour franchir la Cordillère en peu de temps ?

 

Drapeau Argentine

 

Il nous faut réagir rapidement, ce qui nous incite à remonter sur nos vélos au plus tôt, avec l’idée de trouver des solutions au fur et à mesure de notre progression, persuadés que notre bonne étoile nous guidera. Les enfants sont tristes de ce revirement de situation et découragés à l’idée de devoir remonter sur les tandems.

 

Pour nous redonner le moral, nous rejoignons Huguette et Aldo pour un repas au restaurant, où tout est sous forme de buffet, à volonté. Chacun se fait plaisir à ne manger que ce qu’il aime. Au moment du dessert, les crêpes à la glace emportent un gros succès.

 

Mendoza Caro Pepe 3 Mendoza Caro Pepe 2

 

Les différentes démarches nous prennent du temps (trouver un magasin de vélo pour remplacer la manette du frein tambour de Fanlabise, envoyer un colis en France…) mais nous permettent de parcourir certaines rues et places de la ville.

 

Mendoza se situe au carrefour de la route 40 et de la toute aussi mythique route 7, qui joint Buenos Aires à Santiago du Chili. Les caprices de la terre n’ont laissé que de rares vestiges coloniaux à la ville bâtie en 1561. Le tremblement de terre de 1861, suivi d’un incendie a ravagé le centre historique. Les reconstructions successives montrent un urbanisme moderne et aéré : immeubles bas, larges avenues plantées de platanes et d’espaces verts, ce qui confère à cette ville un certain charme et un côté très agréable.

 

Mendoza plaza Independencia Mendoza plaza Independencia 3

 

La Plaza Independencia est vaste et plantée d’arbres d’essences multiples, autour de bassins et jets d’eau. Au centre le musée d’art moderne et quelques autres bâtiments masqués par les ramages.

 

Mendoza plaza Independencia 2

 

Pas le temps d’aller voir le parc San Martin, dédié au Libertador, San Martin, en souvenir de cette armée des Andes qu’il leva à Mendoza et qui contribua à libérer l’Amérique du Sud de la couronne espagnole.

 

Mendoza, c’est aussi la capitale de la principale région productrice de vin, dont les cépages de rouge les plus courants sont le malbec originaire de Cahors, la syrah, le cabernet sauvignon bordelais, mais aussi le tempranillo d’origine espagnole, et la bonarda du Piémont.

 

Caucete 4

 

Pour les blancs, le chardonnay et le sauvignon sont les principaux cépages.

 

La veille du départ, nous faisons la rencontre de Julie et Bastien, des français en voyage pour un an en Amérique latine. Nous passons la soirée à l’auberge en leur agréable compagnie, à nous raconter nos aventures. La nôtre en Amérique du sud touche à sa fin, ce qui nous émeut…la leur a commencé fin septembre.

 

Mendoza AJ Campo Base 10

 

Demain, nous repartons à l’assaut de la Cordillère des Andes, pour la franchir cette fois-ci dans le sens inverse.

 

 

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 15:41

 

 

Lundi 25/10 : Belén – le désert, 60 km, 1050 m.

 

C’est vers midi que nous quittons cet agréable hôtel, par une route plate.

 

Hotel Retama 2

 

Les argentins nous saluent de tous leurs encouragements et les fleurs dégagent de bons parfums.

 

Londres Après Villa Union 3

 

Nous faisons un détour par Londres pour saluer nos cousins Bertrand et Blandine et après une heure de route, nous nous trouvons face à une immense ligne droite de 23 kilomètres, traversant une zone désertique où poussent des arbustes épineux. Bon ben faut y aller.

 

Nous passons sous les regards affamés des rapaces, et croisons quelques uns de leur repas. Les vaches se perdent et meurent de faim et de soif...

 

 Carcasse

 

 ...ainsi que les voitures.

  Carcasse 2

 

Tient voici une légère courbe qui ouvre sur une autre ligne droite toute aussi longue. Nous travaillons la géométrie avec Léa.

 

C’est dans cette partie que nous trouvons un coin pour dormir, dans le sable d’un rio asséché. Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit !

 

1er campement dans le desert

 

Par chance, le ciel est couvert il ne fait pas trop chaud, seulement 27 degrés.

Comme il nous reste encore plein d’énergie, nous faisons du travail scolaire.

 

Mardi 26/10 : Le désert – Schaqui, 57 km.

 

Le réveil sonne mais nous restons dormir, car nous avons besoin de récupérer de nos courtes nuits à Belén. Pas une voiture ou si peu pour nous déranger !

 

Mais déjà la route 40 nous appelle. Fanlabise et Cassbizou avalent les kilomètres de plat avec persévérance, sans vent, comme tous les matins.

 

Après Villa Union

 

Nous croisons la route 60, avant d’arriver dans une vallée verdoyante, avec des arbres de part et d’autres et nous attendons avec impatience le premier village pour y prendre de l’eau et faire le goûter.

 

C’est à San Blas que nous nous apprivoisons en coca cola, eau de pamplemousse et en eau potable, tirée du robinet du village. Sur la place aux ombrages attendus, nous posons notre bâche sur une herbe agréable, si rare dans cette région, pour le pique nique et la sieste. Il y a même des jeux qui font le bonheur de Léa et Tim, ce qui change des bouts de bois et cailloux.

 

Picnic à Caupihuasi 1 Picnic à Caupihuasi

 

Nous prenons plaisir à apprendre en famille la poésie « Recette » de Guillevic, que la classe de Léa a étudiée.

Les relations avec les deux écoles des enfants s’organisent et prennent forme, ce qui dynamise Léa et Tim dans leurs apprentissages.

 

Travail scolaire

 

Qu’il est difficile de s’extraire de ce lieu apaisant pour repartir dans la chaleur, face au vent. Plus loin, l’équipe des filles bat de l’aile, Léa a chaud et ne pédale plus, Anne-Claire est prise d’un mal de ventre qui lui coupe les jambes et lui prend la tête.

 

Pause au dernier village de cette vallée, où nous mangeons une glace, puis nous repartons, mais la perspective d’une troisième ligne droite, montante, face au vent nous décide à dresser le camp et à remettre l’épreuve au lendemain.

 

2ème campement à Schaqui

 

Encouragée par les messages de ses camarades de classe, Léa se motive pour finaliser sa fiche sur la Bolivie, assise sur un caillou dans le sable.

 

Mercredi 27/10 : Schaqui – Chilecito, 105 km

 

Nous quittons notre emplacement jonché d’épines, contents de n’avoir pas crevé nos matelas et vélos et c’est reparti, avec une nouvelle technique de pédalage pour les filles. Anne-Claire accepte de moins mouliner, avec un braquet qui permet à Léa d’être en danseuse, ce qui propulse bien Fanlabise. Il nous faut négocier pour trouver ce compromis.

 

Avec de telles lignes droites dans un paysage quasi plat de part et d’autre, nous avons l’impression d’une route plate. Pourtant nous peinons et prenons de l’altitude.

 

Route 40 2

 

Derrière nous au loin, deux vélos roulent à vive allure… Qui est-ce ?

Nous ralentissons, ils nous rattrapent et nous reconnaissons Huguette et Aldo, les jurassiens, rencontrés entre Tilcara et Salta.

 

Huguette et Aldo

 

Depuis quelques jours, ils savaient que nous étions devant, et cravachaient pour nous rattraper.

Qu’il est bon de vivre cette rencontre en plein désert…

 

Nous roulons ensemble jusqu’à Pituil, où nous refaisons le plein d’eau chez une famille. Nous apprenons que ce jour est un jour de recensement national, durant lequel les argentins doivent rester à demeure, ce qui explique la fermeture des magasins et une route 40 sans véhicule.

 

Route 40

 

 Pendant qu’Aldo et Huguette tentent de trouver des denrées alimentaires, nous prenons les devants sous un soleil de plomb, 45° à l’ombre mais il n’y a pas d’ombre dans le secteur. Heureusement il y a le vent, toujours de face, pour sécher notre sueur.

 

Nous avons bien la forme et roulons à vive allure : 60 kilomètres de fait à la pause pique nique sous un des rares arbres. Nous commençons à sentir les premières rafales de vent brûlantes.

Aldo et Huguette nous rattrapent, et filent.

 

Fleur de cactus 2

 

Nous nous accrochons à l’espoir d’atteindre le village de Guandacol, mais en fait il se trouve à l’écart de notre itinéraire. Nous n’avons pas le courage de rajouter des kilomètres pour aller y manger une glace. Nous en avons déjà fait 80 et il en reste 29 pour sortir de ce désert. Coup dur et déception.

 

Nous traversons un pont et une grande descente nous redonne le moral, aussitôt sapé par de violentes rafales de vent de face. Il nous faut pédaler en descente, les enfants sont fatigués et découragés. Nous reprenons espoir à la vue d’une grande zone d’herbe verte au loin sur notre droite, c’est décidé nous nous arrêterons là. Mais au fur et à mesure que nous nous en approchons, nous voyons qu’elle est inhabitée, inaccessible. Il nous est aussi impossible de planter une tente vu la violence du vent.

 

Vent à San Nicolas

 

De plus nous traversons une zone de déchetterie à ciel ouvert, aux odeurs nauséabondes. Le cadavre d’un cheval nous achève le moral.

 

Que faire ? Nous devons prendre une décision mais laquelle ? Nous devons sortir de cet enfer mais nous n’avons plus d’eau.

 

Vent à San Nicolas 2

 

Nous arrêtons une voiture venant en sens inverse pour demander de l’eau. L’homme et ses deux enfants nous donnent une bouteille et nous engageons la conversation. Il nous informe qu’il n’y a pas de possibilité de se loger avant Chilecito, et au moment de repartir, il nous propose de rouler devant nous, afin de nous couper le vent. Il propose aux enfants de monter dans la voiture, ce que nous acceptons tous sans aucune hésitation.

Anne-claire s’accroche à la portière sur le côté à la limite de la rupture de l’articulation de l’épaule. Marc s’arque boute sur Cassbizou, le nez collé au pare choc, dressé sur les manivelles, suant eau et sang et entrailles pour tenir le rythme d’un petit 9km/h en montée… que c’est bon… sous les sourires radieux de nos enfants le nez collé aux vitres, et leurs encouragements. « ça va maman ? » « et papa ».

 

Ainsi achalandés, nous rattrapons Huguette et Aldo, les dépassons sous leurs regards hallucinés, et nous nous arrêtons au sommet de la dernière côte, pour apprendre que Chilecito n’est plus qu’à 2 ou 3 kilomètres. Merci Gustavo pour ton aide tombée du ciel au moment où les forces nous abandonnaient.

Ce soir nous dormirons dans un bon lit après 105 kilomètres de route éprouvante. Le repos du guerrier sera bien mérité.

 

La ville de Chilecito est calme de par l’obligation de fermeture des magasins.

 

Chilecito place 1

 

 Nous apprenons le décès de l’ex président de l’Argentine Nestor Kirchner et époux de l’actuelle Présidente Cristina Fernandez de Kirchner. Trois jours de deuil national sont décrétés.

 

 Le patio de l’hôtel est agréable, et nous permet de savourer une bière en terrasse avec Huguette et Aldo pour se raconter nos aventures.

 

Jeudi 28/10 : Chilecito – Miranda, 39 km, 1700 m.

 

Ce matin, pas de réveil. Nous prenons le temps de la récupération : grasse matinée pour tous et lever à 7h00 pour Anne-Claire et Marc car nous avons hâte de consulter nos mails, l’hôtel offrant une connexion. Tim émerge vers 7h30 et Léa profite jusqu’à 9h00.

 

Alors qu’Huguette et Aldo s’octroient une journée de repos, nous prenons la matinée pour nous préparer tranquillement. Après notre pique nique pris à l’hôtel, nous allons déguster une bonne glace au centre ville.

 

 Glaces à Chilecito léa Glaces à Chilecito Tim

 

Il est 13h00 lorsque nous remontons sur Fanlabise et Cassbizou.

 

Après environ 25 kilomètres de plateau, nous entrons dans la vallée de Miranda. Nous prenons rapidement de l’altitude, entourés de paysages verdoyants et fleuris.

 

Lauriers Tulipes

 

Nous nous enfonçons dans un vallon ombragé où il est agréable de pédaler. Nous refaisons le plein d’eau fraîche et de glaçons auprès d’une famille. C’est déjà la fin de la journée. Un peu plus haut un champ herbeux, planté de noyers nous tend les bras.

 

 3ème campement à Miranda 3

 

On s’y installe, à la fraîche, on est à 1700 mètres d’altitude. Léa et Tim jouent aux pirates et imaginent leur bateau dans un arbre. Vive les arbres !!!

 

3ème campement à Miranda 1

 

Nous sommes contents de recevoir un message de notre ami Federico, confirmant qu’il viendra nous retrouver à Mendoza et nous conduira avec son 4X4 à la frontière chilienne. C’est un grand soulagement pour nous de ne pas avoir à retraverser la Cordillère des Andes en vélo et risquer notre vie dans les nombreux tunnels au milieu d’un trafic de poids lourds réputé pour être dense.

 

Vendredi 29/10 : Miranda – Villa Union, 75 km, 1200 m.

 

Le lever du soleil sur les montagnes rouges nous donne du baume au cœur. Après quatre kilomètres d’asphalte, nous trouvons le « ripio » que nous attaquons avec entrain. La vallée est magnifique pleine de couleurs contrastées.

 

Côte de Miranda 13

 

Quelques dérapages dans le sable avant de retrouver un rythme cadencé et bien coordonné maintenant pour les filles.

 

Côte de Miranda 15 Côte de Miranda 27

 Côte de Miranda 29

 

La technique est redoutable et belle, sous l’œil admiratif des garçons, qui eux sont bien rodés et toujours efficaces. Nous ménageons les pauses goûter que les enfants ne laisseraient pas passer et arrivons au col à 2020 mètres.

 

Côte de Miranda sommet 2

 

La température a baissé, nous tirons les polaires des sacoches et nous nous lançons dans une descente prudente, car nous sommes toujours sur la piste, pour 17 kilomètres.

 

Côte de Miranda descente Côte de Miranda cactus

 

L’asphalte est de nouveau sous nos pneus. La chaîne de montagne a été franchie, la chaleur est revenue et le désert qui va avec. Quarante kilomètres de zone aride, le vent devinez comment : DE FACE, ce qui incite les filles à rouler dans la roue des garçons jusqu’à Villa Union.

 

Les recherches nous mènent à un hôtel, où nous pouvons profiter, chose rare, d’une suite de deux chambres. Le grand luxe ! Les enfants sont contents de ne plus avoir leurs parents sous le nez !

Le soir, nous nous offrons le repas au restaurant d’en face. Un bon morceau de viande avec de la purée, ce qui nous change de notre purée quotidienne.

 

Samedi 30/10 : Villa Union – Talampaya, 60 km.

 

Petit déjeuner de l’hôtel, peu copieux pour des cyclistes. L’arbre à météo de l’hôtelier nous prédit que nous aurons le vent dans le dos et, tous contents de cette bonne nouvelle, nous enjambons Cassbizou et Fanlabise. Qu’est ce que cela va nous faire du bien !

 

Mais le rêve est de courte durée et nous pédalons, face au vent comme d’hab., convaincus que si l’arbre avait dit vrai, cela aurait été trop facile !

 

Parc de Talampaya 1

 

Après 60 kilomètres, nous atteignons l’entrée du parc Talampaya. Les billets sont achetés et nous voici partis pour trois heures de visite en minibus.

 

Talampaya veut dire l’arbre de la rivière sèche. Le parc devient parc national en 1997 puis en 2000, il est déclaré Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

Il date de 250 millions d’années (le Triasique). Il y a eu deux formations de sédiments. Bien plus tard l’élévation de la Cordillère des Andes exposa les sédiments que l’on peut voir aujourd’hui.

 

Le climat est de type semi désertique. Il pleut 120 mm par an en été.

Dans cette région sévit la « zonda » un vent sec et chaud venant de l’océan pacifique.

 

La végétation est faite d’une majorité d’arbustes épineux et grâce aux nappes phréatiques, on rencontre de véritables arbres.

 

Le parc est habité par les zorros (renards), les guanacos (de la famille du lama), les ñandus (autruches) et par les condors.

 

Nous entrons dans le canyon de toute beauté.

 

Nous visitons les Pétroglyphes : figures et symboles sculptés dans les parties sombres de la roche. On les attribue aux peuples Aguada et Diaguita, datant de 500 ans après JC.

 

Parc de Talampaya Pétroglyphes 1 Parc de Talampaya Pétroglyphes 7

 

Nous nous arrêtons au Jardin Botanique pour admirer la flore autochtone, au pied de falaises rouges de plus de 150 mètres.

 

Parc de Talampaya 31

 

Plus loin, halte devant la Cathédrale Gothique. D’impressionnantes formations rocheuses semblables à des flèches de cathédrale.

 

Le tout visité par un homme sur son cheval…

 

Parc de Talampaya 37 Parc de Talampaya 41

 

Nous arrivons au bout de notre parcours pour admirer le Moine et autres formations rocheuses surréalistes, sculptées par l’eau, le vent et le temps, avec une vue sur la vallée et le canyon.

 

Parc de Talampaya 55

 

Nous croyons voir au loin le Parthénon, mais ce n’est qu’une vue de l’esprit. Nous ne sommes pas sur l’Acropole d’Athènes. A chacun son imagination.

 

Avec ces beaux paysages plein les yeux, nous retrouvons Aldo et Huguette qui viennent d’arriver au Parc. Pendant qu’ils partent à leur tour pour la visite, nous installons notre tente sur les emplacements réservés à cet effet. Nous avons le bonheur d’observer les zorros, peu craintifs, qui doivent avoir l’habitude de venir chiper les restes des pique niques.

 

Zorro

 

Pour nous, ce sera dîner au soleil couchant (purée, saucisson, pomme), suivi d’une douche chaude. Le grand confort pour un camping à 30 pesos (6 euros pour nous 4).

 

4ème campement à Talampaya 2 4ème campement à Talampaya 4

 

Nous nous endormons au doux chant du groupe électrogène, qui se taira un peu plus tard dans la nuit.

 

Dimanche 31/10: Talampaya – Le désert, 96 km.

 

Nous nous réveillons dans un silence d’or, sous une température fraîche (10 degrés dans la tente). Le jour se lève sur le Parc et c’est magnifique. Les zorros dorment encore, mais un guanaco vient nous saluer en gardant toutefois ses distances.

En moins de deux heures, nous sommes prêts à partir, il est 8h15.

 

Après parc de Talampaya

 

Toujours le désert de sable, d’épineux, nous restons à l’intérieur des limites du parc, des guanacos traversent la route. Pendant notre pause goûter, Aldo et Huguette nous rattrapent et continuent leur chemin. Plus tard, nous les apercevons au loin et nous décidons de les rejoindre, dans un sprint auquel les enfants participent avec motivation.

 

Nous faisons les 4 derniers kilomètres jusqu’à Los Baldecitos, lieu dit de quelques maisons où nous trouvons de l’eau.

 

Los Baldecitos Huguette et Aldo

 

Nous prenons le pique nique ensemble, puis Huguette et Aldo partent vers le parc Ischigualasto. Nous décidons quant à nous, de continuer en direction de San Augustin de Valle Fertil, d’où nous partirons visiter ce parc.

 

Nous parcourons encore une trentaine de kilomètres avant de trouver un espace pour le camp, sans trop d’épines.

Pendant qu’Anne-claire range les affaires, que Léa lit, Tim et son papa partent en exploration et rapportent des trésors d’ossements. Tim essaie de reconstituer un squelette.

 

5ème campement avant Valle Fertil 1 5ème campement avant Valle Fertil 2

 

Pour changer de la purée, nous mangeons une soupe aux vermicelles, avec saucisson et pommes (ça, ça ne change pas), avant de se poser sur nos matelas pour une bonne nuit.

 

Lundi 01/11 : Le désert - San Augustin de Valle Fertil, 27 km.

  Visite du parc Ischigualasto

 

Il fait déjà chaud lorsque le soleil sort, un lézard vient nous saluer et semble vouloir grimper dans le sac de la tente. Nous repartons d’un bon rythme sachant que nous ne sommes qu’à 25 kilomètres de la ville.

En une heure, nous arrivons à San Augustin de Valle Fertil, véritable oasis dans ce monde de désert. Nous trouvons assez vite un hôtel très agréable, avec un jardin verdoyant, un robinet pour passer Fanlabise et Cassbizou à la douche. Notre chambre ressemble à une petite maison avec terrasse ombragée, ce qui nous fait beaucoup de bien.

 

Léa au boulot Tim à la piscine

 

Nous laissons Léa et Tim à l’hôtel, devant un film en français grâce à notre netbook et nous partons faire des courses, retrait d’argent, maison du tourisme et agence pour la visite du parc Ischigualasto.

 

Après un bon pique nique, un minibus vient nous chercher à l’hôtel et nous embarquons pour une heure de route. A son bord deux autres français, Bertrand, un jeune normand avec lequel nous sympathisons et une femme qui préfère garder l’anonymat.

 

La visite du parc se fait obligatoirement en voiture personnelle ou, comme dans notre cas, avec le minibus d’une agence, en convoi accompagné par un guide du parc. Nous partons vers 16h00.

 

Ischigualasto signifie terre sans vie, il n’y a pas d’eau, la chaleur est accablante la journée et il fait un froid de canard la nuit.

 

Il y a entre 180 et 250 millions d’année, les dinosaures régnaient en maître dans une végétation luxuriante pendant que les mammifères se faisaient tout petits. Et puis patatras, les Andes ! La brutale apparition de la cordillère et le bouleversement climatique ont tout pétrifié : plantes, animaux, arbres se transformèrent en pierre au cours des siècles, formant cet endroit surréaliste. Ce parc est un livre ouvert pour les paléontologues du monde entier.

 

Le circuit de 40 kms passe par des formations abracadabrantes, comme « El gusano » sur lequel nous voyons un fossile de plante.

 

Parc Ischigualasto fossile

 

Puis nous nous arrêtons pour admirer de haut « La Valle Pintado ». On se croit devant un vrai décor de cinéma, et d’ailleurs c’est là qu’a été tourné le film Highlander avec Christophe Lambert.

 

Parc Ischigualasto 23 Parc Ischigualasto 1

 

Plus loin, on dirait vraiment un paysage lunaire, pas un signe de vie, avec « El Cancha de Bochas ». Certains diront que c’est le terrain de pétanque. Pour nous ce sont les crottes de dinosaures fossilisées.

 

Parc Ischigualasto Cancha de bochas 4

 

Nous prenons un peu de hauteur en allant voir « El Submarino », à la lumière du soleil déclinante, c’est un beau moment.

 

Parc Ischigualasto El submarino 4

 

Encore quelques kilomètres et le circuit nous conduit à « El Hongo », le champignon.

Le guide, Axel, se prête à une photo avec nos deux loustics.

 

Parc Ischigualasto El Hongo 2

 

On approche toujours de la « Barranca Colorada », une barre rocheuse rouge, qui prend une teinte éblouissante au coucher du soleil, c’est magnifique !

 

Reste à retourner à l’entrée du parc pour visiter le petit musée, (annexe du musée des Sciences naturelles de San Juan), dans lequel sont exposés des copies des fossiles et squelettes de dinosaures qui ont été trouvé dans le parc, (les originaux sont exposés à San Juan) : le terrible Frenguelisaurus de 9 mètres de long,

 

Parc Ischigualasto Musée 8

 

et l’Eoraptor, (le même en format de poche), qui se déplaçait presque sur deux pattes. L’espèce s’est peu à peu redressée pour devenir bipède, à l’image du tyrannosaure.

 

Parc Ischigualasto Musée

 

Petit arrêt devant les vendeusonosaures pour acheter un souvenir aux enfants.

 

Après ces quatre heures de visite, nous sommes les derniers à quitter le Parc, qui ferme ses portes et le retour à l’hôtel se fait de nuit.

 

Pour accompagner les raviolis, nous dégustons un Malbec, vin rouge argentin, pour les parents, pepsi pour les enfants et moustiques pour tous les quatre.

 

Mardi 02/11 : repos à San Augustin de Valle Fertil

 

San Augustin de Valle Fertil est un gros bourg très verdoyant qui rompt brutalement avec les déserts alentour.

 

Il fait très beau et chaud et c’est en maillots de bain que nous entamons le grand nettoyage des tandems, chaussures, casques, bâche etc.

 

Aldo et Huguette reprennent la route ce jour, peut-être ne nous reverrons-nous pas en Amérique du sud, mais sait-on jamais. En voyage, les plans changent souvent en cours de route, selon les événements. Nous leur emboîterons le pas demain matin.

 

 Côte de Miranda 11

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 01:34

  Samedi 16/10 : Salta – Colonel Moldes, 75 kms, 1200 m.

 

Ce jour est fort en émotions, car nous sommes tiraillés entre l’envie de rester chez Claudio, parmi les siens, auprès desquels nous nous sentons si bien et partir rejoindre Claire et Jean-Louis sur la route de Cafayate.

 

Alors que nous avions prévu de partir tôt, le temps du départ s’étire.

 

Départ de Salta 1

 

Après la séance de photos avec les uns, avec les autres, avec les uns et les autres, puis les autres et les uns, Noémie tient à nous offrir un chapelet pour nous protéger des dangers de la route.

 

Départ de Salta 8

 

Pour Léa qui est malade, nous repartons avec un médicament et un foulard de Paola qui lui protégera la gorge. Les sacoches sont pleines mais il faut encore trouver une place pour loger une tarte à la confiture de figue et quelques oranges. Heureusement que toutes les bouteilles de vin ont été bues !!

 

Les abrazos sont chaleureux, les adresses mails sont échangées et nous voici partis sur la route, selon les indications de Ricardo. Nous roulons sous une pluie fine, les yeux embués. Nous nous éloignons de Salta le cœur serré jusqu’au moment où nous réalisons que nous roulons à l’opposé de là où nous devons aller. Diantre, 7 kms sont passés et nous voici de nouveau en direction de Salta. Qu’il est dur de partir !!!

 

Une fois réorientés, nous empruntons la verdoyante vallée de Lermas où sont cultivés tabac et maïs. Quelques villages coloniaux jalonnent ce parcours, comme Cerrillos, La Merced et ses premières roses en fleurs, El Carril, qui vit principalement de son énorme usine à tabac.

Nous retrouvons notre rythme de pédalage. A maintes reprises nous nous interrogeons sur notre position par rapport à Claire et Jean-Louis, qui, eux, prévoyaient de partir en fin de matinée. Sont-ils devant ou derrière nous ?

Après 75 kms, nous sommes toujours quatre et nous nous installons dans un champ en limite des cultures, cachés de la route.

 

Campement Colonel Moldes

 

Dimanche 17/10 : Colonel Moldes – Morales, 69 kms. El dia de la madre.

 

Nous nous réveillons avec le chant des oiseaux et sous la pluie, donc dans la boue. Quel bonheur de plier la tente dans ces conditions ! Heureusement, les tracteurs n’ont pas encore commencé leur ronde.

 

La proximité avec le village nous permet d’acheter des empanadas (chausson à la viande et aux légumes) et de faire le plein d’eau.

 

Quelques kilomètres après, nous nous apercevons que nous avons perdu un des drapeaux français. Demi-tour pour le retrouver 600 mètres avant, gisant au sol, mais pas encore écrasé. Ouf ! La France est à terre mais elle n’est pas morte. Alors que ce petit incident peut apparaître banal et insignifiant, nous décodons à ce moment la dimension symbolique de ce fait divers. Nous comprenons alors que plus rien ne va dans notre pays, que les gens sont dans la rue, révoltés contre la réforme des retraites, puisqu’il nous faudra encore travailler, travailler, travailler de longues années avant de pouvoir partir en voyage, parcourir le monde. La France est à terre mais elle se bat encore. Nous reprenons notre drapeau et le replaçons à l’extrémité de son mas en prenant soin, cette fois-ci, de le fixer avec deux pinces à linge. Dans ce geste, vous devez voir la part de notre contribution dans le combat qui doit se mener tous ces jours sur le champ de bataille. N’oubliez pas que nous sommes, nous aussi, dans la rue, tous les jours avec vous.

 

Nous arrivons au village d’Alemania qui se limite à trois maisons.

  Alemania 1

 

Nous faisons notre pause méridienne au bord de la rivière pour y laver la bâche, faire sécher la tente et accomplir notre sieste quotidienne. Il fait de nouveau beau, la chaleur est clémente, les oiseaux chantent toujours et Léa et Tim jouent aux aventuriers.

 

Puis nous quittons la plaine et entrons dans une vallée magnifique.

 

  Quebrada de las Conchas 1

 

C’est le début de la « Quebrada de las Conchas ». Le paysage dévoile sa palette de couleurs : le bleu du ciel, le rouge de la terre, le vert des arbres, le jaune des fleurs et nous fait oublier le dénivelé, tellement c’est beau.

 

Après 63 kilomètres, en pleine zone sauvage, bien fatigués, alors que nous envisageons de trouver un coin pour camper, nous arrivons vers deux maisons et nous dirigeons vers celle qui est habitée. Nous demandons de l’eau et l’homme nous explique qu’un couple est passé à vélo une demi heure plus tôt et nous attend au prochain village. C’est Claire et Jean-Louis, c’est sûr. Cette information nous sidère. C’est incroyable ! Au fin fond de l’Argentine, un homme vient nous porter ce message, alors qu’il ne nous connaît ni des dents ni des lèvres.

Est-ce possible qu’à plus de 130 kilomètres de Salta, nous retrouvions nos amis cyclistes alors que plus rien ne nous permettait d’espérer que nos retrouvailles soient possibles ?

 

Nous remontons sur Fanlabise et Cassbizou, tout excités et rechargés d’une énergie incroyable. Six kilomètres plus loin, Claire et Jean-Louis sont là, attablés devant une bière, ce qui en soit reste assez banal pour des belges.

 

Claire

 

Les retrouvailles sont chaleureuses et émouvantes du fait de ce miracle, dans ce coin si perdu. Nous fêtons l’événement avec une deuxième « Salta » et un coca pour les enfants. « Salud » : les verres s’entrechoquent, les visages s’illuminent, la magie de la rencontre s’opère une nouvelle fois. Léa et Tim sont euphoriques et joyeux, car eux aussi se faisaient difficilement à l’idée de ne plus les revoir.

 

Morales apéro

 

Nous sommes à Morales, lieu-dit d’une seule maison, où nous plantons les tentes sous les arbres en hauteur de la rivière. Le dîner est arrosé d’une bonne bouteille de vin rouge et des chocolats « bon o bon » pour les enfants… et les adultes, tirés des sacoches de Claire et Jean-Louis. Merci les amis.

 

Lundi 18/10 : Morales – Cafayate, 69 kms, 1660 m.

 

Nous avons passé une nuit calme et reposante. Le soleil est déjà haut dans le ciel bleu lorsque nous nous mettons tous les six en route.

La route est vallonnée, et devient plus étroite. La terre rougit. La végétation se fait semi aride et quelques cactus parviennent à survivre. Nous découvrons les premiers « brea », arbres au tronc vert.

 

Quebrada de las Conchas 18

 

Nous entrons dans un des sites les plus spectaculaires du Nord Ouest argentin. L’eau et le vent ont façonné peu à peu des formes surréalistes dans des montagnes à dominante ocre.

 

Quebrada de las Conchas 29 Quebrada de las Conchas 32

Quebrada de las Conchas 23

 

 

Nous savourons les plus remarquables, comme la « Garganta del Diablo » et « l’ Anfiteatro », immenses failles dans la montagne.

 

Quebrada de las Conchas 37

 

Au niveau des « Tres Cruces », on a un beau point de vue sur la vallée en escaladant la petite dune de terre rouge.

 

Quebrada de las Conchas 45 Quebrada de las Conchas 41

 

Plus loin, nous croisons « El Sapo », rocher en forme de crapaud, puis « la Casa de Loros » où nichent des perroquets. Dans cette vallée, vivent aussi des aigles et des nandùs, sortes d’autruches naines, que nous n’aurons pas la chance de voir.

 

Le paysage se mue ensuite en une sorte de vallée de la mort digne des westerns, où errent les serpents à sonnette, mais nous n’avons entendu que les sonnettes de nos vélos et surtout celle de Jean-Louis. Pouet pouet !

Il fait trèèèèèèès chaud lorsque nous nous arrêtons pour la pause pique nique, au milieu des lamas.

 

Quebrada de las Conchas 51 Quebrada de las Conchas 52

 

Kilomètres après kilomètres, nous quittons la vallée et arrivons à Cafayate dans un état de déshydratation avancée.

 

Cafayate est une petite bourgade, très ombragée, située à 1660 mètres, adossée aux contreforts de la Cordillère, entourée de magnifiques vignobles dont les vins blancs sont réputés (peut-être les meilleurs de la région).

 

Cafayate

 

Nous trouvons rapidement « l’hostal central » pour tous les six, avec deux chambres, de plein pied et un jardin pour y prendre nos repas. Douches, lessive, courses et déambulation dans ce petit paradis de verdure. Son succès touristique et la multitude des boutiques qui vont avec ne lui enlèvent rien de son charme et tout nous invite à rester. Le soir, la douceur de la nuit nous apaise et de nouveau, les verres trinquent : « Salud » !

Demain, nous nous accorderons une grasse matinée, c’est promis, les enfants !

 

Du mardi 19 au vendredi 22/10 : Cafayate – Belén, 287 km, 1050 m.

 

Après une vaine tentative matinale pour trouver une connexion internet, nous nous attablons vers 11h00 pour un brunch copieux.

 

Déjeuner à Cafayate 1

 

C’est à ce moment là que Tim et Léa offrent à leur maman un collier qu’ils lui ont acheté à l’occasion «  Del dia de la madre ».

 

Dia del madre 1

 

Encore le temps d’une glace pour les enfants et nous voici partis par la mythique route 40, connue pour son caractère pittoresque et sa trajectoire parcourant l’Argentine du nord au sud.

 

Progressivement après Cafayate, nous quittons les paysages agréables et verdoyants.

 

Cafayate vignobles 2

 

Nous profitons d’une douche inattendue grâce à un arrosage automatique en bord de route, avant de nous enfoncer dans des lieux plus austères, semi désertiques. Les montagnes sont maintenant loin derrière nous et, c’est sur de grands plateaux que nous roulons. Les lignes droites succèdent aux lignes droites à perte de vue.

 Route 40 10

 

Les étapes deviennent plus longues, toujours sous un soleil de plomb, souvent le vent de face. Toutefois, nos papotages, les pauses travail scolaire, glaces et casse-croûte nous permettent d’oublier quelque peu la monotonie du paysage.

 

Quilmes campement 2

 

Après une première nuit dans le sable, non loin des ruines de Quilmes, nous passons par Amaïcha del Valle, où, lors d’un arrêt goûter, deux journalistes de la télévision locale s’intéressent à notre groupe et viennent nous interviewer.

 

Amaicha del Valle interview

 

Jean-Louis se prête aux questions avec doigté et nous offrons notre plus beau sourire à la caméra.

 

Chaque pause est aussi l’occasion pour Léa et Tim de s’essayer au diabolo, que Jean-Louis promène dans ses sacoches.

 

Santa Maria 3 Punta de Balasto campement 2

 

Encore une bonne journée et nous installons notre deuxième campement sous les noyers et à l’abri du vent, à la sortie de Punta de Balasto.

 

Punta de Balasto campement 1

 

Le lendemain, au moment du départ, Claire découvre avec joie une fuite arrière (crevaison belge). Les deux tandems partent devant pendant que Jean-Louis colmate le trou.

 

Nous sommes en plein désert, en pleine ligne droite, quand nous faisons la pause travail scolaire et sommes rejoints par nos amis.

Le seul coin d’ombre, nous le trouvons sous la route, pour la pause pique nique. Le plafond est bas mais l’emplacement est un tantinet plus frais et aéré.

 

Route 40 45

 

Encore quelques kilomètres et nous nous retrouvons d’un coup sans asphalte, « sobre el ripio », avec des passages de sable très éprouvant car les tandems s’embourbent.

 

Route 40 46

 

Dur dur. On manque de tomber souvent, on mange de la poussière. Il nous faut être vigilent pour tenir debout, d’autant que le vent est toujours de face.

Nous luttons pendant 20 kilomètres avant de trouver un coin en bord de rivière (avec de l’eau) pour planter les tentes. Nous apprécions de pouvoir y faire une toilette, ce qui nous fait beaucoup de bien.

 

Route 40 49 Route 40 59

 

Le 4ème jour, nous traversons Hualfin, petite oasis verdoyante, où nous faisons les courses pour la journée. Encore 10 kilomètres de piste sur un relief vallonné, avec des descentes tout aussi difficiles que les montées.

 

Route 40 61

 

Nous retrouvons alors l’asphalte avec soulagement, d’autant qu’Anne-Claire commence à être très éprouvée. Le vent est toujours si fort qu’il nous faut pédaler en descente, même sur l’asphalte, pour atteindre difficilement 15 kilomètres à l’heure, ce qui nous prive du plaisir de dévaler la pente et met encore à plus rude épreuve nos organismes.

 

Route 40 Rois incas 1

 

L’approche de Belén nous redonne de l’énergie. La vallée se resserre et nous entrons dans les gorges du rio Belén.

 

Ca y est l’objectif est atteint et nous sommes soulagés et fiers de cette étape.

Nous nous installons dans l’hôtel Retama, confortable, près du centre ville, tenu par un jeune couple.

 

Cette étape marque la fin de notre vie commune. Alors que Claire et Jean-Louis repartiront dès le lendemain, nous resterons deux jours pour nous reposer.

 

Samedi 23 et dimanche 24/10: Repos à Belén

 

Anne-Claire se remet de sa fatigue…en faisant la lessive. Léa et Tim en maillot de bain font la toilette de leurs doudous et progressent vite en pratique du diabolo avant qu’il ne parte dans la sacoche de Jean-Louis. Marco nettoie les tandems.

 

15h00 ont sonné et c’est le départ de nos amis belges, « suerte et buen viaje ».

 

Départ de Claire et Jean-Louis 1 Route 40 32

 

Nous nous reverrons en Belgique ou en France, car Jean-Louis et Claire continuent leur tour du monde en passant par Ushuaia.

 

Nous mesurons combien nos enfants grandissent : dans l’après-midi, ils partent seuls s’acheter une glace en ville.

En fin de journée, Tim apprend que la petite Ana et son père, Martin, arrivés à l’hôtel dans la journée, vont au cirque. Quoi de plus normal pour Tim que de dire qu’il veut aller lui aussi au cirque et voici nos deux aventuriers partir avec Ana et son père. Comment la confiance peut-elle s’installer aussi vite, nous nous en étonnons nous même et remercions le ciel à chaque rencontre. Encore un argentin généreux et digne de confiance.

 

Le repos pour nous, c’est aussi des heures de travail pour le blogue, avec parfois la mauvaise surprise de se retrouver face à une coupure de connexion alors que l’insertion des photos dans l’article est quasi terminée : véritable épreuve pour les nerfs, mais notre ténacité a encore eu le dessus.

 

Nous avons eu le plaisir d’avoir des communications skype avec les parents d’Anne-Claire et avec nos amis Brigitte et Guy, Marielle et Eric et le petit Loup, qui nous a épatés du haut de ses 7 mois. Nous sommes toujours très heureux de ces échanges avec notre famille et nos amis.

 

Demain, nous repartons vers de nouvelles aventures et de longues étapes de désert…c’est le Nord Ouest de l’Argentine.

 

Route 40 26

 

 

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 03:29

  Mercredi 06/10 : Tupiza - Tilcara, 210 kms, 2465 m.

 

Réveil à 2h45 pour nous rendre à la gare à 3h30. Alfredo, le gardien de l’hotel, tient absolument à nous accompagner. La grille de la gare est fermée et nous attendons, en compagnie de trois anglaises. 2 couples boliviens dorment sur le trottoir. Une partie de foot s’improvise entre Tim, Léa, Marc, et Alfredo tout heureux de retrouver ses jeux d’enfance.

 

Les portes s’ouvrent enfin, achat des billets, enregistrement des tandems et sacoches. Embarquement dans le dernier wagon du train.

 

Départ de Tupiza

 

Nous nous installons pour essayer de dormir un peu. 3h00 de voyage pour faire 100 kms, ça grimpe pour gagner l’altiplano. Vers 7h00, un agent allume la TV à fond pour tenter de réveiller ses passagers : c’est gagné ! Puis il se met à balayer l’allée puis à laver le sol, tandis que le contrôleur continue de dormir derrière nous.

 

Arrivée Villazon 1

 

L’arrivée à Villazon, ville frontière avec l’Argentine, se fait tranquillement. Nous sommes les derniers à quitter le quai et les policiers nous ouvrent une grille latérale pour passer avec nos chargements.

 

Quelques courses et petit déjeuner sur la place principale.

 

P'tit déj à Villazon  P'tit déj à Villazon 1

 

Nous mangeons de bons saltenas et nos premières fraises avant de se présenter à la frontière. Il nous faudra plus de trois heures pour passer.

 

Pendant l’attente au contrôle bolivien, (il y a au moins une centaine de personnes devant nous), nous entamons la conversation avec deux argentins, tout en regardant les allées et venues incessantes sur le pont faisant office de frontière entre les deux villes de Villazon et La Quiaca. Pour des salaires de misère, femmes et enfants boliviens font la navette, chargés comme des baudets, pour transporter des denrées sur leur dos. Cela coûte moins cher que de payer les taxes de frontière pour les camions.

 

Nous interpellons un policier qui prend nos passeports et nous demande de le suivre. En 5 minutes, les formalités sont faites et nous voici dans une seconde file d’attente pour l’entrée en Argentine. Cette fois-ci, aucun privilège ne nous est accordé et nous attendons notre tour comme chacun.

 

Une fois les passeports enregistrés, nous nous présentons avec nos tandems. Le douanier contrôle toutes nos sacoches. Finalement, il nous autorise à passer avec nos denrées alimentaires et tube de dentifrice que nous aurions du jeter.

 

Entrée en Argentine 1

 

Au revoir la Bolivie et bienvenue en Argentine

 

Nous quittons la Quiaca sans peso argentin en poche, le seul distributeur étant en panne. Tant pis, les sacoches sont pleines et nous partons. Nous sommes sur l’altiplano andin, à 3600 mètres, et, bonne nouvelle, la route est asphaltée. De chaque côté, des clôtures, qui nous informent que la notion de propriété individuelle est une réalité, même dans le désert. Mais personne dehors. Quelques rares troupeaux de lamas, …et le vent, de côté, qui nous oblige à lutter. Puis miracle de la nature, le vent devient notre allié et nous pousse à vive allure.

 

Au bout de 40 kms, les enfants sont fatigués, la nuit a été courte et nous cherchons un coin pour la tente. Il nous faut franchir une clôture et s’approcher d’une maison pour demander l’autorisation de nous installer. Le propriétaire nous met en garde contre ses chiens très méchants et nous repartons aussi vite.

 

Les rafales de vent sont violentes et deviennent glaciales, les tornades de sables nous aveuglent, nous sommes fatigués des courtes nuits précédentes, les clôtures nous indiquent que le camping sauvage n’est pas possible, et, et, et ....

Telle une apparition, les deux argentins rencontrés à la frontière nous dépassent et s’arrêtent à nos côtés. Federico et Dany nous proposent de nous emmener jusqu’à Tilcara, leur prochaine étape, à 160 kms. Federico nous explique que le froid est dangereux, que les gens restent chez eux, qu’il était inquiet pour nous.

 

D’une main de maître, il charge Fanlabise et Cassbizou, attache toutes nos affaires, et nous embarquons bien serrés dans la voiture.

Les enfants découvrent le GPS, et nous nous sentons soulagés d’être là.

Federico parle anglais et avec les deux langues, nous parvenons à dialoguer et à bien nous comprendre. Nous faisons vite connaissance tandis que la Toyota avale les kilomètres pour quitter l’altiplano.

 

Nous franchissons le tropique du Capricorne, qui est au programme de géographie du CM1.

  

Federico est fermier à Tandil, au sud de Buenos Aires. Il dirige un élevage de vaches pour la viande et emploie 5 personnes. Pendant que sa femme Diana est en voyage en Europe, il visite le nord ouest argentin avec Dany, un ami.

 

Tilcara 1

 

Après deux heures de route, nous arrivons à Tilcara. Il nous faut gravir un chemin au bout du village, au pied de la colline pour arriver à l’auberge Malka, qui domine la vallée. C’est un ensemble de maisonnettes, dont l’une nous tend les bras. Nous partageons la chambre avec une italienne et apprécions de pouvoir cuisiner. Federico nous conseille la route à suivre pour notre traversée de l’Argentine, nous offre sa carte routière, et surtout toute sa gentillesse.

 

Jeudi 07/10 : Repos à Tilcara.

 

Après une excellente nuit au calme, au chaud, dans des draps bien douillets, nous prenons tous les deux le chemin de la cafétéria pour un petit déjeuner, en compagnie de nos deux nouveaux amis, laissant Léa et Tim profiter d’une grasse matinée.

 

Auberge Malka Tilcara

 

Federico propose de nous accompagner au village pour divers achats (carte chip pour le téléphone, recharge, argent, courses). Pendant ce temps, nous confions à Léa et Tim la responsabilité d’aller prendre leur petit déjeuner.

 

La température est douce, les oiseaux chantent, les arbres sont verdoyants, les fleurs odorantes et de belles couleurs.

 

Purmamarca 3

 

De retour à l’hôtel, Federico nous conduit à Purmamarca, situé dans la « quebrada de Humahuaca ». C’est un village blotti dans le calme, adossé à une curiosité géologique, la montagne aux 7 couleurs, qui du beige au violet, en passant par le vert, exhibe la richesse minérale de la vallée. Les maisons sont en pisé et les toits en bois de cactus (en mourant au bout de 200 à 300 ans de vie, le cactus durcit comme du bois).

 

Purmamarca porte d'angle Purmamarca tissus 1

 Pumamarca tissus Purmamarca toit bois cactus

 

Ce « petit lion » (purmamarca en inca) est un village d’un autre temps, d’un autre monde, avec beaucoup d’artisanat et de belles boutiques.

 

Purmamarca Federico 2

 

De retour à l’hôtel, nous disons au revoir à Federico et Dany. Ils doivent rentrer à Tandil pour le lendemain soir et n’ont plus que 1800 kilomètres à faire !

 

Nous vaquons à nos activités des jours où nous ne roulons pas (lessive, photos, travail scolaire). Mais frustration car internet ne fonctionne pas.

Le soir nous nous régalons d’un excellent beef, accompagné d’une purée et de fraises au sucre.

 

De vendredi 08/10 à dimanche 10/10 : Tilcara – Salta, 187 kms, 1200 m.

 

1er jour :

 

Après un copieux petit déjeuner dans cette chaleureuse cafétéria, nous bondissons sur les ordinateurs, car la connexion fonctionne. A sa plus grande joie, Tim découvre ses messages d’anniversaire, des messages de son école et des deux maîtresses du CE1. Léa lit aussi ceux de sa maîtresse, de sa grande sœur.

 

Dans la matinée nous partons et quelques kilomètres plus loin, nous croisons deux cyclistes, Huguette et Aldo, originaires du Jura.

 

Huguette et Aldo

 

Ils sont retraités depuis avril et viennent de commencer un périple en vélo. Par la route 40, ils vont jusqu’à Ushuaia, où ils retrouveront leur fils pour 15 jours de bateau. Echange d’adresses et nous repartons. Le vent se lève, fort, de face et il nous faut lutter.

 

Volcan

 

Après 45 kms,nous arrivons à Volcan qui sera notre village étape. Nous optons pour une belle herbe au-delà du terrain de foot, à 150 mètres de la route. Pas de poussière, seulement des crottes de biques. Deux policiers se présentent, …ils veulent seulement nous prévenir qu’il va pleuvoir et faire froid et que l’herbe risque de s’imbiber d’eau. Nous décidons malgré tout de rester.

 

2ème jour :

 

La nuit a été bonne, sans pluie et sans froid, mais avec la visite d’un chien et au son de l’usine d’à côté. Le temps est gris.

La route passe au fond d’une large vallée, les premiers troupeaux de vaches apparaissent. Une grande descente en lacets nous procure du plaisir.

 

Les arbres deviennent de plus en plus nombreux, la forêt apparaît sur les flancs des montagnes dominant le rio. Nous dégustons d’excellents empanadas à Yala avant de poursuivre et gagner San Salvador de Jujuy, que nous contournons.

 

Tous les signes d’un retour à la civilisation telle que nous la connaissons sont là. Belles maisons, nombreuses voitures (et des françaises svp) grands magasins aux enseignes connues, bus urbains avec de vraies stations de bus, des poubelles. Mais aussi des argentins qui font du sport (vélo, jogging…), du tourisme.

 

Sur la route de Jujuy 2 Sur la route de Jujuy 1

Sur la route de Salta Sur la route de Jujuy 3

 

Nous sommes très encouragés par les argentins, qui nous saluent, nous photographient, nous proposent de l’aide, nous conseillent sur le meilleur itinéraire.

 

Nous poursuivons jusqu’à El Carmen, cela fait 70 kms et franchissons le portail donnant sur le terrain d’une école. Le gardien nous autorise à planter la tente, utiliser les sanitaires et prendre de l’eau. Il nous propose même de l’eau chaude pour le maté. Nous sommes bien installés, en sécurité. Les enfants font leur travail scolaire et nous passons une bonne nuit.

 

3ème jour :

 

Le rangement du camp se fait dans la bonne humeur, accompagnés par le chant des oiseaux. Il fait doux, et beau, un petit air agréable nous chatouille les oreilles pendant le petit déjeuner et c’est tous les 4 bien en forme que nous reprenons la route.

 

La Cornisa 15

 

Bientôt, nous arrivons à la route de « la Cornisa ». 4 mètres de large, un bon asphalte, bordée d’arbres, et de petits lacs, un léger dénivelé, une vraie voie verte.

 

Sur la route de Salta 8 Sur la route de Salta 9

 

Que du bonheur.

 

La Cornisa

 

Arrivés au col, point de jonction des provinces de Jujuy et de Salta, nous rencontrons des cyclistes argentins.

 

La Cornisa 9

 

Et pour Léa et Tim, c’est la rencontre avec Poli.

 

 Poli 1

 

Un papillon venu se poser sur Tim qui l’a de suite adopté et baptisé. Puis ils ne se sont plus quittés. Tim et Léa ont installé Poli dans une bouteille vide, pleine de trous et nous sommes repartis.

 

Plus loin nous nous arrêtons près d’un lac pour le pique nique, au milieu des vaches et chevaux, sur une herbe verte souple et douce.

 

La Cornisa 23

 

Poli est toujours là, bien décidé à nous suivre et on repart. C’est la descente, en pente douce jusqu’à la périphérie de Salta.

 

La Cornisa 22 La Cornisa 20

 

Nous entamons alors un vrai parcours d’obstacles pour trouver un coin pour dormir et suivons les conseils de la commerçante, de l’habitante, puis ceux du gardien de l’université, du gérant d’un hôtel. Nous sommes déjà trop avancés dans l’agglomération et décidons d’aller au camping de Salta. Nous empruntons la piste cyclable (la première rencontrée en Amérique du sud) pour gagner la ville.

 

C’est alors qu’un jeune sur son scooter nous interpelle « hola los ciclistas ».

 

Claudio 2

 

Claudio est tout content de nous voir et nous explique qu’il a une maison pour les cyclistes et, confiants, nous le suivons. Il nous amène là où il vit avec sa femme Paola et leur petite fille de 13 mois Naomie. Ils vivent chez les parents de Paola, Noémie et Ricardo. Une sœur de Paola, Mélissa vit aussi là avec ses trois enfants, Mikaela, 13 ans, Gonzalo, 9 ans et Cande, 4 ans.

 

A l’heure où nous arrivons, la maison est comme vide. Paola et la petite font la sieste et le reste de la famille est parti en week-end.

Claudio obtient l’accord de Noémie et Ricardo pour nous loger.

 

De lundi 11/10 à vendredi 15/10 : Séjour à Salta.

 

1er jour :

 

Lundi est jour férié. Chacun se réveille de sa grasse matinée et nous faisons connaissance les uns après les autres. Ils nous proposent de partager leur repas si l’on complète : c’est jour de barbecue. Ricardo va faire griller divers morceaux de viande, les femmes font des salades. L’affaire est conclue.

 

Chez Noemie et Ricardo 2

 Chez Noemie et Ricardo

 

Nous nous retrouvons attablés au milieu d’une grande famille, qui nous fait une place avec beaucoup de simplicité. Le repas est suivi de la sacro sainte sieste. C’est le rythme espagnol : déjeuner à 14h00, collation vers 18h00, dîner vers 22h00. Nous nous mettons au travail de nos photos et nous rendons dans un cybercafé, car c’est bien là le seul défaut de la famille : ils n’ont pas internet.

 

2ème jour :

 

Mardi, chacun repart au travail et à l’école.

Ricardo est policier municipal, Noémie travaille dans un service social. Ils travaillent jusque vers 14h00. Mélissa est gardienne à la prison de Salta.

 

Melissa, Gonzelo et Cande

 

Claudio tient un magasin de réparation de vélos. Paola est étudiante, en cours du soir et s’occupe de sa fille en journée.

Mikaela est au collège. Elle part tôt le matin et rentre vers 13h00, puis elle repart à 16h00 pour aller à un cours d’anglais. Gonzalo va à l’école de 13h00 à 18h00, toute l’année.

 

Tous rentrent manger le midi. Une jeune femme, Silvana, vient travailler à la maison tous les jours de 8h à 15h. Elle fait tout, la vaisselle, le ménage, le linge, et aide à la préparation du repas que se répartissent les deux filles, Paola et Mélissa.

Nous découvrons une organisation familiale bien rodée, où chacun a ses tâches et ses responsabilités, à tour de rôle.

 

Bicicleteria de Claudio 2

 

Ce jour là nous partons visiter Salta, en passant par le magasin de Claudio car la poignée du ralentisseur de Cassbizou est cassée. Claudio va nous en trouver une autre.

 

Située à 1200 mètres au pied du cerro San Bernardo, Salta est la plus grande ville du Nord-Ouest argentin, et la plus jolie. On la surnomme « Salta la linda ».

Fondée en 1582 par les Espagnols, halte importante des marchands sur la traditionnelle route commerciale vers la Bolivie et le Pérou, la cité a prospéré aux XVIIIème et XIXème siècles. Salta a bien conservé son architecture d’époque, de magnifiques bâtiments coloniaux,

 

Salta 17

 

des maisons seigneuriales, balcons en bois, porches et grilles surchargés, patios intérieurs décorés autour d’une source. Salta a un caractère provincial agréable. Léa dit « ça ressemble un peu à Chambéry, un peu à Grenoble un peu à Paris ».

 

Salta 2

 

Nous déambulons sur la place principale, avec ses palmiers et palétuviers, dans les rues piétonnes, le parc San Martin, visitons le petit musée de sciences naturelles.

 

Musée sciences naturelles 7 Musée sciences naturelles 5

 

Pour son anniversaire, Tim choisit un robot à construire et …un tour de barque sur le petit plan d’eau du parc San Martin. Qu’il est moins aisé de ramer, nous qui sommes si affûtés à pédaler !!!

 

Barque pour anniversaire Tim 2

 

3ème jour,

 

Léa se réveille malade et vomit plusieurs fois, fièvre. Repos, repos, repos et pour nous photos, article pour le blogue.

 

4ème jour,

 

Léa commence à tousser mais n’a plus de fièvre.

Nous sortons en ville visiter le musée archéologique de la haute montagne et rencontrer la momie de « la nina del Rayo ».

 

Momie de Llullaillaco 1

 

Cette histoire est impressionnante et captivante. En mars 1999, sur les flancs du volcan Llullaillaco qui, avec ses 6739 mètres, est un des plus hauts sommets argentins, une expédition vit une des découvertes les plus importantes dans le monde de l’archéologie de haute montagne : les momies de trois enfants, appartenants à la culture inca, entourées de toutes sortes d’objets (les offrandes) et parfaitement conservées par le froid et l’absence d’air puisqu’elles étaient enterrées.

 

Momie de Llullaillaco 3

 

Le musée présente l’équipement des savants andinistes, la paille sur laquelle reposait une des momies, les tissus, les objets miniatures qui les accompagnaient, statuettes en or, figures anthropomorphiques, vaisselle en céramique, sandales etc…et une momie présentée dans une cage de verre, dans laquelle il fait -20 degrés.

Nous sommes impressionnés et émus. La « nina del Rayo » est une fillette d’un peu plus de 6 ans, en position assise, avec les jambes fléchies et la tête légèrement penchée sur le côté gauche, et elle a l’apparence d’une morte, alors qu’elle a plus de 500 ans.

Tous les mois, ils changent la momie en exposition. Nous pouvons aussi voir le laboratoire avec les trois congélateurs !!!!  Les deux autres sont une fille de 15 ans et un garçon de 6 ans.

  

Léa a posé la question cruciale « mais comment ils sont morts ? ».

 

Après ce choc, nous allons visiter la cathédrale, au moment d’une messe. Les chants sont magnifiques et nous ramènent un peu de sérénité.

 

Salta la cathédrale 3

 

Déambulations nocturnes dans Salta by night, avec un petit sandwich par ci, une glace et une barbe à papa par là. Nous achetons des cadeaux pour toute la famille et rentrons partager notre repas, tout en regardant le DVD d’un concert unique « La fiesta » donné à Buenos Aires lors d’un festival : Chaqueno Palavecino et Soledad Pastoruti. Deux voix magnifiques. Nous avons eu un vrai coup de cœur pour Soledad Pastoruti, jeune femme de toute beauté avec une voix grave magnifique.

 

5ème jour,

 

Gros travail pour le blogue, travail scolaire des enfants.

 

Compression

 

Tandis que Paola, Mélissa, Silvana, et Tim et Léa confectionnent des empanadas, nous préparons une ratatouille. On dresse la table avec les nouvelles nappes que nous avons offertes. Le partage du repas est un excellent moment.

 

Après la sieste, Noémie s’installe pour nous confectionner des drapeaux français avec les tissus achetés la veille, pendant que nous partons en ville tenter de trouver des petits drapeaux argentins.

 

A cette occasion, alors que nous garons nos deux tandems sur la place, arrivent Claire et Jean-Louis, nos amis cyclistes belges, arrivés ce jour à Salta. Quelle joie de les revoir ! Ils poursuivent demain dans la même direction que nous et nous décidons de nous retrouver en cours de route.

 

  Orange à Salta

 

De retour « à la maison », nous découvrons les drapeaux confectionnés par Noémie, deux pour nous et un pour eux que nous signons. Nous partageons notre dernier repas et couchons les enfants. Il est déjà minuit passé lorsque nous partons au cybercafé mettre en ligne un article pour le blogue. Il nous faudra plus de trois heures, puis consulter nos emails… Il est 4h du mat’ j’ai des frissons… lorsque nous rentrons nous coucher.

 

Demain, nous reprenons la route pour Cafayate et la nuit va être courte… c’est comme ça.

 

Avec Noemie et Ricardo

 

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