Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Avelofodelo

  • : Avelofodelo
  • : Le voyage autour du monde d'une famille, en tandems.
  • Contact

Léa et Tim

 Enfants_2.jpg

"Sans voiture, l'aventure"
Articles de Léa et Tim
et échanges avec leurs classes.

° Blogue de Léa. Ici
° Blogue de Tim. Ici.

Archives

Articles de presse.

Fonctionnement du blogue

Communiquer avec nous.
Les pages du blogue.

Contact technicien du blogue.

 

Heure actuelle à

   °  Bangkok (Thaïlande)

  °  Les Mollettes (Savoie)

Adresse du blogue 

http://www.avelofodelo.com

 

°  Visiteurs depuis le 20 juin 2010.

    

 

Bienvenue

                 ACCUEIL-AVELOFODELO.R-jpg

 

        °  Nos étapes

Amérique latine, Nouvelle Zélande, Australie, Nouvelle Calédonie, Indonésie, Thaïlande, Suisse et France.   

 

       °   Si vous souhaitez nous soutenir                             

.  Mail.

Vous nous envoyez un message par Mail. Cliquez sur "Contact" en haut et à gauche du blogue Rubrique "Présentation". Message personnel non publié sur ce blogue.

. Commentaire.

Vous pouvez également nous dire un petit bonjour en écrivant un "Commentaire" (cliquez sur ce mot). Message public qui sera visible sur cette page du blogue, par tous les visiteurs. Page uniquement consacrée aux commentaires.

Si vous souhaitez plus spécialement réagir à la suite d'un Article, vous avez également une rubrique "Commentaires" à la fin de chaque article. Commentaire qui sera visible par les internautes à la suite de cet article.

. Newsletter.

Inscrire votre adresse Mail à la "Newsletter" (Menu à gauche) afin d'être informé(e) dès qu'un nouvel article paraît sur ce blogue. N'oubliez pas de cocher la case " Articles" lors de votre inscription, sinon vous ne recevrez pas de message vous annonçant la parution d'un nouvel article.

Merci de tous vos gestes de soutien.

 

            °   Mode d'emploi

Lunettes_frontales.jpg

  Photo : Lunettes frontales.

- Fonctionnement des pages du blogue.
Si un article ou un dossier dans le menu de la colonne de gauche, vous intéresse. Vous cliquez sur le nom de ce document. Un second menu, ou le document lui-même, s'ouvrira, alors, dans la colonne droite du blogue.
Si vous rencontrez une difficulté dans le fonctionnement de ce blogue, mettez un message, par mail, au Technicien de surface. Ne l'envoyez pas aux voyageurs.

 

Blogues de Léa et Tim.

Léa et Tim écrivent leurs articles et les publient sur leurs blogues personnels.

Cliquez ici pour les découvrir.

° Blogue de Léa.

° Blogue de Tim.

 

- Articles de Anne-Claire et Marc.
En bas de cette page d'accueil ne sera publié, en permanence, que le dernier article de Anne-Claire et Marc.  Le plus récent. Pour voir l'ensemble des autres articles, dirigez-vous, dans la colonne de gauche sur "Articles récents". Puis cliquez sur "Liste complète". Vous pouvez également prendre connaissance des articles, un par un, par ordre de parution, en cliquant sur les numéros mauves ci dessous.

Bonne lecture.

Fête de retour aux Mollettes

Fête du retour, le 26 juin 2011 aux Mollettes (Savoie)

Fete-aux-Mollettes.Photo_A.Bernes.R.JPG

Photo Agnès Bernès, Le Dauphiné libéré.

20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 15:41

 

 

Lundi 25/10 : Belén – le désert, 60 km, 1050 m.

 

C’est vers midi que nous quittons cet agréable hôtel, par une route plate.

 

Hotel Retama 2

 

Les argentins nous saluent de tous leurs encouragements et les fleurs dégagent de bons parfums.

 

Londres Après Villa Union 3

 

Nous faisons un détour par Londres pour saluer nos cousins Bertrand et Blandine et après une heure de route, nous nous trouvons face à une immense ligne droite de 23 kilomètres, traversant une zone désertique où poussent des arbustes épineux. Bon ben faut y aller.

 

Nous passons sous les regards affamés des rapaces, et croisons quelques uns de leur repas. Les vaches se perdent et meurent de faim et de soif...

 

 Carcasse

 

 ...ainsi que les voitures.

  Carcasse 2

 

Tient voici une légère courbe qui ouvre sur une autre ligne droite toute aussi longue. Nous travaillons la géométrie avec Léa.

 

C’est dans cette partie que nous trouvons un coin pour dormir, dans le sable d’un rio asséché. Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit !

 

1er campement dans le desert

 

Par chance, le ciel est couvert il ne fait pas trop chaud, seulement 27 degrés.

Comme il nous reste encore plein d’énergie, nous faisons du travail scolaire.

 

Mardi 26/10 : Le désert – Schaqui, 57 km.

 

Le réveil sonne mais nous restons dormir, car nous avons besoin de récupérer de nos courtes nuits à Belén. Pas une voiture ou si peu pour nous déranger !

 

Mais déjà la route 40 nous appelle. Fanlabise et Cassbizou avalent les kilomètres de plat avec persévérance, sans vent, comme tous les matins.

 

Après Villa Union

 

Nous croisons la route 60, avant d’arriver dans une vallée verdoyante, avec des arbres de part et d’autres et nous attendons avec impatience le premier village pour y prendre de l’eau et faire le goûter.

 

C’est à San Blas que nous nous apprivoisons en coca cola, eau de pamplemousse et en eau potable, tirée du robinet du village. Sur la place aux ombrages attendus, nous posons notre bâche sur une herbe agréable, si rare dans cette région, pour le pique nique et la sieste. Il y a même des jeux qui font le bonheur de Léa et Tim, ce qui change des bouts de bois et cailloux.

 

Picnic à Caupihuasi 1 Picnic à Caupihuasi

 

Nous prenons plaisir à apprendre en famille la poésie « Recette » de Guillevic, que la classe de Léa a étudiée.

Les relations avec les deux écoles des enfants s’organisent et prennent forme, ce qui dynamise Léa et Tim dans leurs apprentissages.

 

Travail scolaire

 

Qu’il est difficile de s’extraire de ce lieu apaisant pour repartir dans la chaleur, face au vent. Plus loin, l’équipe des filles bat de l’aile, Léa a chaud et ne pédale plus, Anne-Claire est prise d’un mal de ventre qui lui coupe les jambes et lui prend la tête.

 

Pause au dernier village de cette vallée, où nous mangeons une glace, puis nous repartons, mais la perspective d’une troisième ligne droite, montante, face au vent nous décide à dresser le camp et à remettre l’épreuve au lendemain.

 

2ème campement à Schaqui

 

Encouragée par les messages de ses camarades de classe, Léa se motive pour finaliser sa fiche sur la Bolivie, assise sur un caillou dans le sable.

 

Mercredi 27/10 : Schaqui – Chilecito, 105 km

 

Nous quittons notre emplacement jonché d’épines, contents de n’avoir pas crevé nos matelas et vélos et c’est reparti, avec une nouvelle technique de pédalage pour les filles. Anne-Claire accepte de moins mouliner, avec un braquet qui permet à Léa d’être en danseuse, ce qui propulse bien Fanlabise. Il nous faut négocier pour trouver ce compromis.

 

Avec de telles lignes droites dans un paysage quasi plat de part et d’autre, nous avons l’impression d’une route plate. Pourtant nous peinons et prenons de l’altitude.

 

Route 40 2

 

Derrière nous au loin, deux vélos roulent à vive allure… Qui est-ce ?

Nous ralentissons, ils nous rattrapent et nous reconnaissons Huguette et Aldo, les jurassiens, rencontrés entre Tilcara et Salta.

 

Huguette et Aldo

 

Depuis quelques jours, ils savaient que nous étions devant, et cravachaient pour nous rattraper.

Qu’il est bon de vivre cette rencontre en plein désert…

 

Nous roulons ensemble jusqu’à Pituil, où nous refaisons le plein d’eau chez une famille. Nous apprenons que ce jour est un jour de recensement national, durant lequel les argentins doivent rester à demeure, ce qui explique la fermeture des magasins et une route 40 sans véhicule.

 

Route 40

 

 Pendant qu’Aldo et Huguette tentent de trouver des denrées alimentaires, nous prenons les devants sous un soleil de plomb, 45° à l’ombre mais il n’y a pas d’ombre dans le secteur. Heureusement il y a le vent, toujours de face, pour sécher notre sueur.

 

Nous avons bien la forme et roulons à vive allure : 60 kilomètres de fait à la pause pique nique sous un des rares arbres. Nous commençons à sentir les premières rafales de vent brûlantes.

Aldo et Huguette nous rattrapent, et filent.

 

Fleur de cactus 2

 

Nous nous accrochons à l’espoir d’atteindre le village de Guandacol, mais en fait il se trouve à l’écart de notre itinéraire. Nous n’avons pas le courage de rajouter des kilomètres pour aller y manger une glace. Nous en avons déjà fait 80 et il en reste 29 pour sortir de ce désert. Coup dur et déception.

 

Nous traversons un pont et une grande descente nous redonne le moral, aussitôt sapé par de violentes rafales de vent de face. Il nous faut pédaler en descente, les enfants sont fatigués et découragés. Nous reprenons espoir à la vue d’une grande zone d’herbe verte au loin sur notre droite, c’est décidé nous nous arrêterons là. Mais au fur et à mesure que nous nous en approchons, nous voyons qu’elle est inhabitée, inaccessible. Il nous est aussi impossible de planter une tente vu la violence du vent.

 

Vent à San Nicolas

 

De plus nous traversons une zone de déchetterie à ciel ouvert, aux odeurs nauséabondes. Le cadavre d’un cheval nous achève le moral.

 

Que faire ? Nous devons prendre une décision mais laquelle ? Nous devons sortir de cet enfer mais nous n’avons plus d’eau.

 

Vent à San Nicolas 2

 

Nous arrêtons une voiture venant en sens inverse pour demander de l’eau. L’homme et ses deux enfants nous donnent une bouteille et nous engageons la conversation. Il nous informe qu’il n’y a pas de possibilité de se loger avant Chilecito, et au moment de repartir, il nous propose de rouler devant nous, afin de nous couper le vent. Il propose aux enfants de monter dans la voiture, ce que nous acceptons tous sans aucune hésitation.

Anne-claire s’accroche à la portière sur le côté à la limite de la rupture de l’articulation de l’épaule. Marc s’arque boute sur Cassbizou, le nez collé au pare choc, dressé sur les manivelles, suant eau et sang et entrailles pour tenir le rythme d’un petit 9km/h en montée… que c’est bon… sous les sourires radieux de nos enfants le nez collé aux vitres, et leurs encouragements. « ça va maman ? » « et papa ».

 

Ainsi achalandés, nous rattrapons Huguette et Aldo, les dépassons sous leurs regards hallucinés, et nous nous arrêtons au sommet de la dernière côte, pour apprendre que Chilecito n’est plus qu’à 2 ou 3 kilomètres. Merci Gustavo pour ton aide tombée du ciel au moment où les forces nous abandonnaient.

Ce soir nous dormirons dans un bon lit après 105 kilomètres de route éprouvante. Le repos du guerrier sera bien mérité.

 

La ville de Chilecito est calme de par l’obligation de fermeture des magasins.

 

Chilecito place 1

 

 Nous apprenons le décès de l’ex président de l’Argentine Nestor Kirchner et époux de l’actuelle Présidente Cristina Fernandez de Kirchner. Trois jours de deuil national sont décrétés.

 

 Le patio de l’hôtel est agréable, et nous permet de savourer une bière en terrasse avec Huguette et Aldo pour se raconter nos aventures.

 

Jeudi 28/10 : Chilecito – Miranda, 39 km, 1700 m.

 

Ce matin, pas de réveil. Nous prenons le temps de la récupération : grasse matinée pour tous et lever à 7h00 pour Anne-Claire et Marc car nous avons hâte de consulter nos mails, l’hôtel offrant une connexion. Tim émerge vers 7h30 et Léa profite jusqu’à 9h00.

 

Alors qu’Huguette et Aldo s’octroient une journée de repos, nous prenons la matinée pour nous préparer tranquillement. Après notre pique nique pris à l’hôtel, nous allons déguster une bonne glace au centre ville.

 

 Glaces à Chilecito léa Glaces à Chilecito Tim

 

Il est 13h00 lorsque nous remontons sur Fanlabise et Cassbizou.

 

Après environ 25 kilomètres de plateau, nous entrons dans la vallée de Miranda. Nous prenons rapidement de l’altitude, entourés de paysages verdoyants et fleuris.

 

Lauriers Tulipes

 

Nous nous enfonçons dans un vallon ombragé où il est agréable de pédaler. Nous refaisons le plein d’eau fraîche et de glaçons auprès d’une famille. C’est déjà la fin de la journée. Un peu plus haut un champ herbeux, planté de noyers nous tend les bras.

 

 3ème campement à Miranda 3

 

On s’y installe, à la fraîche, on est à 1700 mètres d’altitude. Léa et Tim jouent aux pirates et imaginent leur bateau dans un arbre. Vive les arbres !!!

 

3ème campement à Miranda 1

 

Nous sommes contents de recevoir un message de notre ami Federico, confirmant qu’il viendra nous retrouver à Mendoza et nous conduira avec son 4X4 à la frontière chilienne. C’est un grand soulagement pour nous de ne pas avoir à retraverser la Cordillère des Andes en vélo et risquer notre vie dans les nombreux tunnels au milieu d’un trafic de poids lourds réputé pour être dense.

 

Vendredi 29/10 : Miranda – Villa Union, 75 km, 1200 m.

 

Le lever du soleil sur les montagnes rouges nous donne du baume au cœur. Après quatre kilomètres d’asphalte, nous trouvons le « ripio » que nous attaquons avec entrain. La vallée est magnifique pleine de couleurs contrastées.

 

Côte de Miranda 13

 

Quelques dérapages dans le sable avant de retrouver un rythme cadencé et bien coordonné maintenant pour les filles.

 

Côte de Miranda 15 Côte de Miranda 27

 Côte de Miranda 29

 

La technique est redoutable et belle, sous l’œil admiratif des garçons, qui eux sont bien rodés et toujours efficaces. Nous ménageons les pauses goûter que les enfants ne laisseraient pas passer et arrivons au col à 2020 mètres.

 

Côte de Miranda sommet 2

 

La température a baissé, nous tirons les polaires des sacoches et nous nous lançons dans une descente prudente, car nous sommes toujours sur la piste, pour 17 kilomètres.

 

Côte de Miranda descente Côte de Miranda cactus

 

L’asphalte est de nouveau sous nos pneus. La chaîne de montagne a été franchie, la chaleur est revenue et le désert qui va avec. Quarante kilomètres de zone aride, le vent devinez comment : DE FACE, ce qui incite les filles à rouler dans la roue des garçons jusqu’à Villa Union.

 

Les recherches nous mènent à un hôtel, où nous pouvons profiter, chose rare, d’une suite de deux chambres. Le grand luxe ! Les enfants sont contents de ne plus avoir leurs parents sous le nez !

Le soir, nous nous offrons le repas au restaurant d’en face. Un bon morceau de viande avec de la purée, ce qui nous change de notre purée quotidienne.

 

Samedi 30/10 : Villa Union – Talampaya, 60 km.

 

Petit déjeuner de l’hôtel, peu copieux pour des cyclistes. L’arbre à météo de l’hôtelier nous prédit que nous aurons le vent dans le dos et, tous contents de cette bonne nouvelle, nous enjambons Cassbizou et Fanlabise. Qu’est ce que cela va nous faire du bien !

 

Mais le rêve est de courte durée et nous pédalons, face au vent comme d’hab., convaincus que si l’arbre avait dit vrai, cela aurait été trop facile !

 

Parc de Talampaya 1

 

Après 60 kilomètres, nous atteignons l’entrée du parc Talampaya. Les billets sont achetés et nous voici partis pour trois heures de visite en minibus.

 

Talampaya veut dire l’arbre de la rivière sèche. Le parc devient parc national en 1997 puis en 2000, il est déclaré Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

Il date de 250 millions d’années (le Triasique). Il y a eu deux formations de sédiments. Bien plus tard l’élévation de la Cordillère des Andes exposa les sédiments que l’on peut voir aujourd’hui.

 

Le climat est de type semi désertique. Il pleut 120 mm par an en été.

Dans cette région sévit la « zonda » un vent sec et chaud venant de l’océan pacifique.

 

La végétation est faite d’une majorité d’arbustes épineux et grâce aux nappes phréatiques, on rencontre de véritables arbres.

 

Le parc est habité par les zorros (renards), les guanacos (de la famille du lama), les ñandus (autruches) et par les condors.

 

Nous entrons dans le canyon de toute beauté.

 

Nous visitons les Pétroglyphes : figures et symboles sculptés dans les parties sombres de la roche. On les attribue aux peuples Aguada et Diaguita, datant de 500 ans après JC.

 

Parc de Talampaya Pétroglyphes 1 Parc de Talampaya Pétroglyphes 7

 

Nous nous arrêtons au Jardin Botanique pour admirer la flore autochtone, au pied de falaises rouges de plus de 150 mètres.

 

Parc de Talampaya 31

 

Plus loin, halte devant la Cathédrale Gothique. D’impressionnantes formations rocheuses semblables à des flèches de cathédrale.

 

Le tout visité par un homme sur son cheval…

 

Parc de Talampaya 37 Parc de Talampaya 41

 

Nous arrivons au bout de notre parcours pour admirer le Moine et autres formations rocheuses surréalistes, sculptées par l’eau, le vent et le temps, avec une vue sur la vallée et le canyon.

 

Parc de Talampaya 55

 

Nous croyons voir au loin le Parthénon, mais ce n’est qu’une vue de l’esprit. Nous ne sommes pas sur l’Acropole d’Athènes. A chacun son imagination.

 

Avec ces beaux paysages plein les yeux, nous retrouvons Aldo et Huguette qui viennent d’arriver au Parc. Pendant qu’ils partent à leur tour pour la visite, nous installons notre tente sur les emplacements réservés à cet effet. Nous avons le bonheur d’observer les zorros, peu craintifs, qui doivent avoir l’habitude de venir chiper les restes des pique niques.

 

Zorro

 

Pour nous, ce sera dîner au soleil couchant (purée, saucisson, pomme), suivi d’une douche chaude. Le grand confort pour un camping à 30 pesos (6 euros pour nous 4).

 

4ème campement à Talampaya 2 4ème campement à Talampaya 4

 

Nous nous endormons au doux chant du groupe électrogène, qui se taira un peu plus tard dans la nuit.

 

Dimanche 31/10: Talampaya – Le désert, 96 km.

 

Nous nous réveillons dans un silence d’or, sous une température fraîche (10 degrés dans la tente). Le jour se lève sur le Parc et c’est magnifique. Les zorros dorment encore, mais un guanaco vient nous saluer en gardant toutefois ses distances.

En moins de deux heures, nous sommes prêts à partir, il est 8h15.

 

Après parc de Talampaya

 

Toujours le désert de sable, d’épineux, nous restons à l’intérieur des limites du parc, des guanacos traversent la route. Pendant notre pause goûter, Aldo et Huguette nous rattrapent et continuent leur chemin. Plus tard, nous les apercevons au loin et nous décidons de les rejoindre, dans un sprint auquel les enfants participent avec motivation.

 

Nous faisons les 4 derniers kilomètres jusqu’à Los Baldecitos, lieu dit de quelques maisons où nous trouvons de l’eau.

 

Los Baldecitos Huguette et Aldo

 

Nous prenons le pique nique ensemble, puis Huguette et Aldo partent vers le parc Ischigualasto. Nous décidons quant à nous, de continuer en direction de San Augustin de Valle Fertil, d’où nous partirons visiter ce parc.

 

Nous parcourons encore une trentaine de kilomètres avant de trouver un espace pour le camp, sans trop d’épines.

Pendant qu’Anne-claire range les affaires, que Léa lit, Tim et son papa partent en exploration et rapportent des trésors d’ossements. Tim essaie de reconstituer un squelette.

 

5ème campement avant Valle Fertil 1 5ème campement avant Valle Fertil 2

 

Pour changer de la purée, nous mangeons une soupe aux vermicelles, avec saucisson et pommes (ça, ça ne change pas), avant de se poser sur nos matelas pour une bonne nuit.

 

Lundi 01/11 : Le désert - San Augustin de Valle Fertil, 27 km.

  Visite du parc Ischigualasto

 

Il fait déjà chaud lorsque le soleil sort, un lézard vient nous saluer et semble vouloir grimper dans le sac de la tente. Nous repartons d’un bon rythme sachant que nous ne sommes qu’à 25 kilomètres de la ville.

En une heure, nous arrivons à San Augustin de Valle Fertil, véritable oasis dans ce monde de désert. Nous trouvons assez vite un hôtel très agréable, avec un jardin verdoyant, un robinet pour passer Fanlabise et Cassbizou à la douche. Notre chambre ressemble à une petite maison avec terrasse ombragée, ce qui nous fait beaucoup de bien.

 

Léa au boulot Tim à la piscine

 

Nous laissons Léa et Tim à l’hôtel, devant un film en français grâce à notre netbook et nous partons faire des courses, retrait d’argent, maison du tourisme et agence pour la visite du parc Ischigualasto.

 

Après un bon pique nique, un minibus vient nous chercher à l’hôtel et nous embarquons pour une heure de route. A son bord deux autres français, Bertrand, un jeune normand avec lequel nous sympathisons et une femme qui préfère garder l’anonymat.

 

La visite du parc se fait obligatoirement en voiture personnelle ou, comme dans notre cas, avec le minibus d’une agence, en convoi accompagné par un guide du parc. Nous partons vers 16h00.

 

Ischigualasto signifie terre sans vie, il n’y a pas d’eau, la chaleur est accablante la journée et il fait un froid de canard la nuit.

 

Il y a entre 180 et 250 millions d’année, les dinosaures régnaient en maître dans une végétation luxuriante pendant que les mammifères se faisaient tout petits. Et puis patatras, les Andes ! La brutale apparition de la cordillère et le bouleversement climatique ont tout pétrifié : plantes, animaux, arbres se transformèrent en pierre au cours des siècles, formant cet endroit surréaliste. Ce parc est un livre ouvert pour les paléontologues du monde entier.

 

Le circuit de 40 kms passe par des formations abracadabrantes, comme « El gusano » sur lequel nous voyons un fossile de plante.

 

Parc Ischigualasto fossile

 

Puis nous nous arrêtons pour admirer de haut « La Valle Pintado ». On se croit devant un vrai décor de cinéma, et d’ailleurs c’est là qu’a été tourné le film Highlander avec Christophe Lambert.

 

Parc Ischigualasto 23 Parc Ischigualasto 1

 

Plus loin, on dirait vraiment un paysage lunaire, pas un signe de vie, avec « El Cancha de Bochas ». Certains diront que c’est le terrain de pétanque. Pour nous ce sont les crottes de dinosaures fossilisées.

 

Parc Ischigualasto Cancha de bochas 4

 

Nous prenons un peu de hauteur en allant voir « El Submarino », à la lumière du soleil déclinante, c’est un beau moment.

 

Parc Ischigualasto El submarino 4

 

Encore quelques kilomètres et le circuit nous conduit à « El Hongo », le champignon.

Le guide, Axel, se prête à une photo avec nos deux loustics.

 

Parc Ischigualasto El Hongo 2

 

On approche toujours de la « Barranca Colorada », une barre rocheuse rouge, qui prend une teinte éblouissante au coucher du soleil, c’est magnifique !

 

Reste à retourner à l’entrée du parc pour visiter le petit musée, (annexe du musée des Sciences naturelles de San Juan), dans lequel sont exposés des copies des fossiles et squelettes de dinosaures qui ont été trouvé dans le parc, (les originaux sont exposés à San Juan) : le terrible Frenguelisaurus de 9 mètres de long,

 

Parc Ischigualasto Musée 8

 

et l’Eoraptor, (le même en format de poche), qui se déplaçait presque sur deux pattes. L’espèce s’est peu à peu redressée pour devenir bipède, à l’image du tyrannosaure.

 

Parc Ischigualasto Musée

 

Petit arrêt devant les vendeusonosaures pour acheter un souvenir aux enfants.

 

Après ces quatre heures de visite, nous sommes les derniers à quitter le Parc, qui ferme ses portes et le retour à l’hôtel se fait de nuit.

 

Pour accompagner les raviolis, nous dégustons un Malbec, vin rouge argentin, pour les parents, pepsi pour les enfants et moustiques pour tous les quatre.

 

Mardi 02/11 : repos à San Augustin de Valle Fertil

 

San Augustin de Valle Fertil est un gros bourg très verdoyant qui rompt brutalement avec les déserts alentour.

 

Il fait très beau et chaud et c’est en maillots de bain que nous entamons le grand nettoyage des tandems, chaussures, casques, bâche etc.

 

Aldo et Huguette reprennent la route ce jour, peut-être ne nous reverrons-nous pas en Amérique du sud, mais sait-on jamais. En voyage, les plans changent souvent en cours de route, selon les événements. Nous leur emboîterons le pas demain matin.

 

 Côte de Miranda 11

 

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 01:34

  Samedi 16/10 : Salta – Colonel Moldes, 75 kms, 1200 m.

 

Ce jour est fort en émotions, car nous sommes tiraillés entre l’envie de rester chez Claudio, parmi les siens, auprès desquels nous nous sentons si bien et partir rejoindre Claire et Jean-Louis sur la route de Cafayate.

 

Alors que nous avions prévu de partir tôt, le temps du départ s’étire.

 

Départ de Salta 1

 

Après la séance de photos avec les uns, avec les autres, avec les uns et les autres, puis les autres et les uns, Noémie tient à nous offrir un chapelet pour nous protéger des dangers de la route.

 

Départ de Salta 8

 

Pour Léa qui est malade, nous repartons avec un médicament et un foulard de Paola qui lui protégera la gorge. Les sacoches sont pleines mais il faut encore trouver une place pour loger une tarte à la confiture de figue et quelques oranges. Heureusement que toutes les bouteilles de vin ont été bues !!

 

Les abrazos sont chaleureux, les adresses mails sont échangées et nous voici partis sur la route, selon les indications de Ricardo. Nous roulons sous une pluie fine, les yeux embués. Nous nous éloignons de Salta le cœur serré jusqu’au moment où nous réalisons que nous roulons à l’opposé de là où nous devons aller. Diantre, 7 kms sont passés et nous voici de nouveau en direction de Salta. Qu’il est dur de partir !!!

 

Une fois réorientés, nous empruntons la verdoyante vallée de Lermas où sont cultivés tabac et maïs. Quelques villages coloniaux jalonnent ce parcours, comme Cerrillos, La Merced et ses premières roses en fleurs, El Carril, qui vit principalement de son énorme usine à tabac.

Nous retrouvons notre rythme de pédalage. A maintes reprises nous nous interrogeons sur notre position par rapport à Claire et Jean-Louis, qui, eux, prévoyaient de partir en fin de matinée. Sont-ils devant ou derrière nous ?

Après 75 kms, nous sommes toujours quatre et nous nous installons dans un champ en limite des cultures, cachés de la route.

 

Campement Colonel Moldes

 

Dimanche 17/10 : Colonel Moldes – Morales, 69 kms. El dia de la madre.

 

Nous nous réveillons avec le chant des oiseaux et sous la pluie, donc dans la boue. Quel bonheur de plier la tente dans ces conditions ! Heureusement, les tracteurs n’ont pas encore commencé leur ronde.

 

La proximité avec le village nous permet d’acheter des empanadas (chausson à la viande et aux légumes) et de faire le plein d’eau.

 

Quelques kilomètres après, nous nous apercevons que nous avons perdu un des drapeaux français. Demi-tour pour le retrouver 600 mètres avant, gisant au sol, mais pas encore écrasé. Ouf ! La France est à terre mais elle n’est pas morte. Alors que ce petit incident peut apparaître banal et insignifiant, nous décodons à ce moment la dimension symbolique de ce fait divers. Nous comprenons alors que plus rien ne va dans notre pays, que les gens sont dans la rue, révoltés contre la réforme des retraites, puisqu’il nous faudra encore travailler, travailler, travailler de longues années avant de pouvoir partir en voyage, parcourir le monde. La France est à terre mais elle se bat encore. Nous reprenons notre drapeau et le replaçons à l’extrémité de son mas en prenant soin, cette fois-ci, de le fixer avec deux pinces à linge. Dans ce geste, vous devez voir la part de notre contribution dans le combat qui doit se mener tous ces jours sur le champ de bataille. N’oubliez pas que nous sommes, nous aussi, dans la rue, tous les jours avec vous.

 

Nous arrivons au village d’Alemania qui se limite à trois maisons.

  Alemania 1

 

Nous faisons notre pause méridienne au bord de la rivière pour y laver la bâche, faire sécher la tente et accomplir notre sieste quotidienne. Il fait de nouveau beau, la chaleur est clémente, les oiseaux chantent toujours et Léa et Tim jouent aux aventuriers.

 

Puis nous quittons la plaine et entrons dans une vallée magnifique.

 

  Quebrada de las Conchas 1

 

C’est le début de la « Quebrada de las Conchas ». Le paysage dévoile sa palette de couleurs : le bleu du ciel, le rouge de la terre, le vert des arbres, le jaune des fleurs et nous fait oublier le dénivelé, tellement c’est beau.

 

Après 63 kilomètres, en pleine zone sauvage, bien fatigués, alors que nous envisageons de trouver un coin pour camper, nous arrivons vers deux maisons et nous dirigeons vers celle qui est habitée. Nous demandons de l’eau et l’homme nous explique qu’un couple est passé à vélo une demi heure plus tôt et nous attend au prochain village. C’est Claire et Jean-Louis, c’est sûr. Cette information nous sidère. C’est incroyable ! Au fin fond de l’Argentine, un homme vient nous porter ce message, alors qu’il ne nous connaît ni des dents ni des lèvres.

Est-ce possible qu’à plus de 130 kilomètres de Salta, nous retrouvions nos amis cyclistes alors que plus rien ne nous permettait d’espérer que nos retrouvailles soient possibles ?

 

Nous remontons sur Fanlabise et Cassbizou, tout excités et rechargés d’une énergie incroyable. Six kilomètres plus loin, Claire et Jean-Louis sont là, attablés devant une bière, ce qui en soit reste assez banal pour des belges.

 

Claire

 

Les retrouvailles sont chaleureuses et émouvantes du fait de ce miracle, dans ce coin si perdu. Nous fêtons l’événement avec une deuxième « Salta » et un coca pour les enfants. « Salud » : les verres s’entrechoquent, les visages s’illuminent, la magie de la rencontre s’opère une nouvelle fois. Léa et Tim sont euphoriques et joyeux, car eux aussi se faisaient difficilement à l’idée de ne plus les revoir.

 

Morales apéro

 

Nous sommes à Morales, lieu-dit d’une seule maison, où nous plantons les tentes sous les arbres en hauteur de la rivière. Le dîner est arrosé d’une bonne bouteille de vin rouge et des chocolats « bon o bon » pour les enfants… et les adultes, tirés des sacoches de Claire et Jean-Louis. Merci les amis.

 

Lundi 18/10 : Morales – Cafayate, 69 kms, 1660 m.

 

Nous avons passé une nuit calme et reposante. Le soleil est déjà haut dans le ciel bleu lorsque nous nous mettons tous les six en route.

La route est vallonnée, et devient plus étroite. La terre rougit. La végétation se fait semi aride et quelques cactus parviennent à survivre. Nous découvrons les premiers « brea », arbres au tronc vert.

 

Quebrada de las Conchas 18

 

Nous entrons dans un des sites les plus spectaculaires du Nord Ouest argentin. L’eau et le vent ont façonné peu à peu des formes surréalistes dans des montagnes à dominante ocre.

 

Quebrada de las Conchas 29 Quebrada de las Conchas 32

Quebrada de las Conchas 23

 

 

Nous savourons les plus remarquables, comme la « Garganta del Diablo » et « l’ Anfiteatro », immenses failles dans la montagne.

 

Quebrada de las Conchas 37

 

Au niveau des « Tres Cruces », on a un beau point de vue sur la vallée en escaladant la petite dune de terre rouge.

 

Quebrada de las Conchas 45 Quebrada de las Conchas 41

 

Plus loin, nous croisons « El Sapo », rocher en forme de crapaud, puis « la Casa de Loros » où nichent des perroquets. Dans cette vallée, vivent aussi des aigles et des nandùs, sortes d’autruches naines, que nous n’aurons pas la chance de voir.

 

Le paysage se mue ensuite en une sorte de vallée de la mort digne des westerns, où errent les serpents à sonnette, mais nous n’avons entendu que les sonnettes de nos vélos et surtout celle de Jean-Louis. Pouet pouet !

Il fait trèèèèèèès chaud lorsque nous nous arrêtons pour la pause pique nique, au milieu des lamas.

 

Quebrada de las Conchas 51 Quebrada de las Conchas 52

 

Kilomètres après kilomètres, nous quittons la vallée et arrivons à Cafayate dans un état de déshydratation avancée.

 

Cafayate est une petite bourgade, très ombragée, située à 1660 mètres, adossée aux contreforts de la Cordillère, entourée de magnifiques vignobles dont les vins blancs sont réputés (peut-être les meilleurs de la région).

 

Cafayate

 

Nous trouvons rapidement « l’hostal central » pour tous les six, avec deux chambres, de plein pied et un jardin pour y prendre nos repas. Douches, lessive, courses et déambulation dans ce petit paradis de verdure. Son succès touristique et la multitude des boutiques qui vont avec ne lui enlèvent rien de son charme et tout nous invite à rester. Le soir, la douceur de la nuit nous apaise et de nouveau, les verres trinquent : « Salud » !

Demain, nous nous accorderons une grasse matinée, c’est promis, les enfants !

 

Du mardi 19 au vendredi 22/10 : Cafayate – Belén, 287 km, 1050 m.

 

Après une vaine tentative matinale pour trouver une connexion internet, nous nous attablons vers 11h00 pour un brunch copieux.

 

Déjeuner à Cafayate 1

 

C’est à ce moment là que Tim et Léa offrent à leur maman un collier qu’ils lui ont acheté à l’occasion «  Del dia de la madre ».

 

Dia del madre 1

 

Encore le temps d’une glace pour les enfants et nous voici partis par la mythique route 40, connue pour son caractère pittoresque et sa trajectoire parcourant l’Argentine du nord au sud.

 

Progressivement après Cafayate, nous quittons les paysages agréables et verdoyants.

 

Cafayate vignobles 2

 

Nous profitons d’une douche inattendue grâce à un arrosage automatique en bord de route, avant de nous enfoncer dans des lieux plus austères, semi désertiques. Les montagnes sont maintenant loin derrière nous et, c’est sur de grands plateaux que nous roulons. Les lignes droites succèdent aux lignes droites à perte de vue.

 Route 40 10

 

Les étapes deviennent plus longues, toujours sous un soleil de plomb, souvent le vent de face. Toutefois, nos papotages, les pauses travail scolaire, glaces et casse-croûte nous permettent d’oublier quelque peu la monotonie du paysage.

 

Quilmes campement 2

 

Après une première nuit dans le sable, non loin des ruines de Quilmes, nous passons par Amaïcha del Valle, où, lors d’un arrêt goûter, deux journalistes de la télévision locale s’intéressent à notre groupe et viennent nous interviewer.

 

Amaicha del Valle interview

 

Jean-Louis se prête aux questions avec doigté et nous offrons notre plus beau sourire à la caméra.

 

Chaque pause est aussi l’occasion pour Léa et Tim de s’essayer au diabolo, que Jean-Louis promène dans ses sacoches.

 

Santa Maria 3 Punta de Balasto campement 2

 

Encore une bonne journée et nous installons notre deuxième campement sous les noyers et à l’abri du vent, à la sortie de Punta de Balasto.

 

Punta de Balasto campement 1

 

Le lendemain, au moment du départ, Claire découvre avec joie une fuite arrière (crevaison belge). Les deux tandems partent devant pendant que Jean-Louis colmate le trou.

 

Nous sommes en plein désert, en pleine ligne droite, quand nous faisons la pause travail scolaire et sommes rejoints par nos amis.

Le seul coin d’ombre, nous le trouvons sous la route, pour la pause pique nique. Le plafond est bas mais l’emplacement est un tantinet plus frais et aéré.

 

Route 40 45

 

Encore quelques kilomètres et nous nous retrouvons d’un coup sans asphalte, « sobre el ripio », avec des passages de sable très éprouvant car les tandems s’embourbent.

 

Route 40 46

 

Dur dur. On manque de tomber souvent, on mange de la poussière. Il nous faut être vigilent pour tenir debout, d’autant que le vent est toujours de face.

Nous luttons pendant 20 kilomètres avant de trouver un coin en bord de rivière (avec de l’eau) pour planter les tentes. Nous apprécions de pouvoir y faire une toilette, ce qui nous fait beaucoup de bien.

 

Route 40 49 Route 40 59

 

Le 4ème jour, nous traversons Hualfin, petite oasis verdoyante, où nous faisons les courses pour la journée. Encore 10 kilomètres de piste sur un relief vallonné, avec des descentes tout aussi difficiles que les montées.

 

Route 40 61

 

Nous retrouvons alors l’asphalte avec soulagement, d’autant qu’Anne-Claire commence à être très éprouvée. Le vent est toujours si fort qu’il nous faut pédaler en descente, même sur l’asphalte, pour atteindre difficilement 15 kilomètres à l’heure, ce qui nous prive du plaisir de dévaler la pente et met encore à plus rude épreuve nos organismes.

 

Route 40 Rois incas 1

 

L’approche de Belén nous redonne de l’énergie. La vallée se resserre et nous entrons dans les gorges du rio Belén.

 

Ca y est l’objectif est atteint et nous sommes soulagés et fiers de cette étape.

Nous nous installons dans l’hôtel Retama, confortable, près du centre ville, tenu par un jeune couple.

 

Cette étape marque la fin de notre vie commune. Alors que Claire et Jean-Louis repartiront dès le lendemain, nous resterons deux jours pour nous reposer.

 

Samedi 23 et dimanche 24/10: Repos à Belén

 

Anne-Claire se remet de sa fatigue…en faisant la lessive. Léa et Tim en maillot de bain font la toilette de leurs doudous et progressent vite en pratique du diabolo avant qu’il ne parte dans la sacoche de Jean-Louis. Marco nettoie les tandems.

 

15h00 ont sonné et c’est le départ de nos amis belges, « suerte et buen viaje ».

 

Départ de Claire et Jean-Louis 1 Route 40 32

 

Nous nous reverrons en Belgique ou en France, car Jean-Louis et Claire continuent leur tour du monde en passant par Ushuaia.

 

Nous mesurons combien nos enfants grandissent : dans l’après-midi, ils partent seuls s’acheter une glace en ville.

En fin de journée, Tim apprend que la petite Ana et son père, Martin, arrivés à l’hôtel dans la journée, vont au cirque. Quoi de plus normal pour Tim que de dire qu’il veut aller lui aussi au cirque et voici nos deux aventuriers partir avec Ana et son père. Comment la confiance peut-elle s’installer aussi vite, nous nous en étonnons nous même et remercions le ciel à chaque rencontre. Encore un argentin généreux et digne de confiance.

 

Le repos pour nous, c’est aussi des heures de travail pour le blogue, avec parfois la mauvaise surprise de se retrouver face à une coupure de connexion alors que l’insertion des photos dans l’article est quasi terminée : véritable épreuve pour les nerfs, mais notre ténacité a encore eu le dessus.

 

Nous avons eu le plaisir d’avoir des communications skype avec les parents d’Anne-Claire et avec nos amis Brigitte et Guy, Marielle et Eric et le petit Loup, qui nous a épatés du haut de ses 7 mois. Nous sommes toujours très heureux de ces échanges avec notre famille et nos amis.

 

Demain, nous repartons vers de nouvelles aventures et de longues étapes de désert…c’est le Nord Ouest de l’Argentine.

 

Route 40 26

 

 

 

Partager cet article

Repost0
25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 03:29

  Mercredi 06/10 : Tupiza - Tilcara, 210 kms, 2465 m.

 

Réveil à 2h45 pour nous rendre à la gare à 3h30. Alfredo, le gardien de l’hotel, tient absolument à nous accompagner. La grille de la gare est fermée et nous attendons, en compagnie de trois anglaises. 2 couples boliviens dorment sur le trottoir. Une partie de foot s’improvise entre Tim, Léa, Marc, et Alfredo tout heureux de retrouver ses jeux d’enfance.

 

Les portes s’ouvrent enfin, achat des billets, enregistrement des tandems et sacoches. Embarquement dans le dernier wagon du train.

 

Départ de Tupiza

 

Nous nous installons pour essayer de dormir un peu. 3h00 de voyage pour faire 100 kms, ça grimpe pour gagner l’altiplano. Vers 7h00, un agent allume la TV à fond pour tenter de réveiller ses passagers : c’est gagné ! Puis il se met à balayer l’allée puis à laver le sol, tandis que le contrôleur continue de dormir derrière nous.

 

Arrivée Villazon 1

 

L’arrivée à Villazon, ville frontière avec l’Argentine, se fait tranquillement. Nous sommes les derniers à quitter le quai et les policiers nous ouvrent une grille latérale pour passer avec nos chargements.

 

Quelques courses et petit déjeuner sur la place principale.

 

P'tit déj à Villazon  P'tit déj à Villazon 1

 

Nous mangeons de bons saltenas et nos premières fraises avant de se présenter à la frontière. Il nous faudra plus de trois heures pour passer.

 

Pendant l’attente au contrôle bolivien, (il y a au moins une centaine de personnes devant nous), nous entamons la conversation avec deux argentins, tout en regardant les allées et venues incessantes sur le pont faisant office de frontière entre les deux villes de Villazon et La Quiaca. Pour des salaires de misère, femmes et enfants boliviens font la navette, chargés comme des baudets, pour transporter des denrées sur leur dos. Cela coûte moins cher que de payer les taxes de frontière pour les camions.

 

Nous interpellons un policier qui prend nos passeports et nous demande de le suivre. En 5 minutes, les formalités sont faites et nous voici dans une seconde file d’attente pour l’entrée en Argentine. Cette fois-ci, aucun privilège ne nous est accordé et nous attendons notre tour comme chacun.

 

Une fois les passeports enregistrés, nous nous présentons avec nos tandems. Le douanier contrôle toutes nos sacoches. Finalement, il nous autorise à passer avec nos denrées alimentaires et tube de dentifrice que nous aurions du jeter.

 

Entrée en Argentine 1

 

Au revoir la Bolivie et bienvenue en Argentine

 

Nous quittons la Quiaca sans peso argentin en poche, le seul distributeur étant en panne. Tant pis, les sacoches sont pleines et nous partons. Nous sommes sur l’altiplano andin, à 3600 mètres, et, bonne nouvelle, la route est asphaltée. De chaque côté, des clôtures, qui nous informent que la notion de propriété individuelle est une réalité, même dans le désert. Mais personne dehors. Quelques rares troupeaux de lamas, …et le vent, de côté, qui nous oblige à lutter. Puis miracle de la nature, le vent devient notre allié et nous pousse à vive allure.

 

Au bout de 40 kms, les enfants sont fatigués, la nuit a été courte et nous cherchons un coin pour la tente. Il nous faut franchir une clôture et s’approcher d’une maison pour demander l’autorisation de nous installer. Le propriétaire nous met en garde contre ses chiens très méchants et nous repartons aussi vite.

 

Les rafales de vent sont violentes et deviennent glaciales, les tornades de sables nous aveuglent, nous sommes fatigués des courtes nuits précédentes, les clôtures nous indiquent que le camping sauvage n’est pas possible, et, et, et ....

Telle une apparition, les deux argentins rencontrés à la frontière nous dépassent et s’arrêtent à nos côtés. Federico et Dany nous proposent de nous emmener jusqu’à Tilcara, leur prochaine étape, à 160 kms. Federico nous explique que le froid est dangereux, que les gens restent chez eux, qu’il était inquiet pour nous.

 

D’une main de maître, il charge Fanlabise et Cassbizou, attache toutes nos affaires, et nous embarquons bien serrés dans la voiture.

Les enfants découvrent le GPS, et nous nous sentons soulagés d’être là.

Federico parle anglais et avec les deux langues, nous parvenons à dialoguer et à bien nous comprendre. Nous faisons vite connaissance tandis que la Toyota avale les kilomètres pour quitter l’altiplano.

 

Nous franchissons le tropique du Capricorne, qui est au programme de géographie du CM1.

  

Federico est fermier à Tandil, au sud de Buenos Aires. Il dirige un élevage de vaches pour la viande et emploie 5 personnes. Pendant que sa femme Diana est en voyage en Europe, il visite le nord ouest argentin avec Dany, un ami.

 

Tilcara 1

 

Après deux heures de route, nous arrivons à Tilcara. Il nous faut gravir un chemin au bout du village, au pied de la colline pour arriver à l’auberge Malka, qui domine la vallée. C’est un ensemble de maisonnettes, dont l’une nous tend les bras. Nous partageons la chambre avec une italienne et apprécions de pouvoir cuisiner. Federico nous conseille la route à suivre pour notre traversée de l’Argentine, nous offre sa carte routière, et surtout toute sa gentillesse.

 

Jeudi 07/10 : Repos à Tilcara.

 

Après une excellente nuit au calme, au chaud, dans des draps bien douillets, nous prenons tous les deux le chemin de la cafétéria pour un petit déjeuner, en compagnie de nos deux nouveaux amis, laissant Léa et Tim profiter d’une grasse matinée.

 

Auberge Malka Tilcara

 

Federico propose de nous accompagner au village pour divers achats (carte chip pour le téléphone, recharge, argent, courses). Pendant ce temps, nous confions à Léa et Tim la responsabilité d’aller prendre leur petit déjeuner.

 

La température est douce, les oiseaux chantent, les arbres sont verdoyants, les fleurs odorantes et de belles couleurs.

 

Purmamarca 3

 

De retour à l’hôtel, Federico nous conduit à Purmamarca, situé dans la « quebrada de Humahuaca ». C’est un village blotti dans le calme, adossé à une curiosité géologique, la montagne aux 7 couleurs, qui du beige au violet, en passant par le vert, exhibe la richesse minérale de la vallée. Les maisons sont en pisé et les toits en bois de cactus (en mourant au bout de 200 à 300 ans de vie, le cactus durcit comme du bois).

 

Purmamarca porte d'angle Purmamarca tissus 1

 Pumamarca tissus Purmamarca toit bois cactus

 

Ce « petit lion » (purmamarca en inca) est un village d’un autre temps, d’un autre monde, avec beaucoup d’artisanat et de belles boutiques.

 

Purmamarca Federico 2

 

De retour à l’hôtel, nous disons au revoir à Federico et Dany. Ils doivent rentrer à Tandil pour le lendemain soir et n’ont plus que 1800 kilomètres à faire !

 

Nous vaquons à nos activités des jours où nous ne roulons pas (lessive, photos, travail scolaire). Mais frustration car internet ne fonctionne pas.

Le soir nous nous régalons d’un excellent beef, accompagné d’une purée et de fraises au sucre.

 

De vendredi 08/10 à dimanche 10/10 : Tilcara – Salta, 187 kms, 1200 m.

 

1er jour :

 

Après un copieux petit déjeuner dans cette chaleureuse cafétéria, nous bondissons sur les ordinateurs, car la connexion fonctionne. A sa plus grande joie, Tim découvre ses messages d’anniversaire, des messages de son école et des deux maîtresses du CE1. Léa lit aussi ceux de sa maîtresse, de sa grande sœur.

 

Dans la matinée nous partons et quelques kilomètres plus loin, nous croisons deux cyclistes, Huguette et Aldo, originaires du Jura.

 

Huguette et Aldo

 

Ils sont retraités depuis avril et viennent de commencer un périple en vélo. Par la route 40, ils vont jusqu’à Ushuaia, où ils retrouveront leur fils pour 15 jours de bateau. Echange d’adresses et nous repartons. Le vent se lève, fort, de face et il nous faut lutter.

 

Volcan

 

Après 45 kms,nous arrivons à Volcan qui sera notre village étape. Nous optons pour une belle herbe au-delà du terrain de foot, à 150 mètres de la route. Pas de poussière, seulement des crottes de biques. Deux policiers se présentent, …ils veulent seulement nous prévenir qu’il va pleuvoir et faire froid et que l’herbe risque de s’imbiber d’eau. Nous décidons malgré tout de rester.

 

2ème jour :

 

La nuit a été bonne, sans pluie et sans froid, mais avec la visite d’un chien et au son de l’usine d’à côté. Le temps est gris.

La route passe au fond d’une large vallée, les premiers troupeaux de vaches apparaissent. Une grande descente en lacets nous procure du plaisir.

 

Les arbres deviennent de plus en plus nombreux, la forêt apparaît sur les flancs des montagnes dominant le rio. Nous dégustons d’excellents empanadas à Yala avant de poursuivre et gagner San Salvador de Jujuy, que nous contournons.

 

Tous les signes d’un retour à la civilisation telle que nous la connaissons sont là. Belles maisons, nombreuses voitures (et des françaises svp) grands magasins aux enseignes connues, bus urbains avec de vraies stations de bus, des poubelles. Mais aussi des argentins qui font du sport (vélo, jogging…), du tourisme.

 

Sur la route de Jujuy 2 Sur la route de Jujuy 1

Sur la route de Salta Sur la route de Jujuy 3

 

Nous sommes très encouragés par les argentins, qui nous saluent, nous photographient, nous proposent de l’aide, nous conseillent sur le meilleur itinéraire.

 

Nous poursuivons jusqu’à El Carmen, cela fait 70 kms et franchissons le portail donnant sur le terrain d’une école. Le gardien nous autorise à planter la tente, utiliser les sanitaires et prendre de l’eau. Il nous propose même de l’eau chaude pour le maté. Nous sommes bien installés, en sécurité. Les enfants font leur travail scolaire et nous passons une bonne nuit.

 

3ème jour :

 

Le rangement du camp se fait dans la bonne humeur, accompagnés par le chant des oiseaux. Il fait doux, et beau, un petit air agréable nous chatouille les oreilles pendant le petit déjeuner et c’est tous les 4 bien en forme que nous reprenons la route.

 

La Cornisa 15

 

Bientôt, nous arrivons à la route de « la Cornisa ». 4 mètres de large, un bon asphalte, bordée d’arbres, et de petits lacs, un léger dénivelé, une vraie voie verte.

 

Sur la route de Salta 8 Sur la route de Salta 9

 

Que du bonheur.

 

La Cornisa

 

Arrivés au col, point de jonction des provinces de Jujuy et de Salta, nous rencontrons des cyclistes argentins.

 

La Cornisa 9

 

Et pour Léa et Tim, c’est la rencontre avec Poli.

 

 Poli 1

 

Un papillon venu se poser sur Tim qui l’a de suite adopté et baptisé. Puis ils ne se sont plus quittés. Tim et Léa ont installé Poli dans une bouteille vide, pleine de trous et nous sommes repartis.

 

Plus loin nous nous arrêtons près d’un lac pour le pique nique, au milieu des vaches et chevaux, sur une herbe verte souple et douce.

 

La Cornisa 23

 

Poli est toujours là, bien décidé à nous suivre et on repart. C’est la descente, en pente douce jusqu’à la périphérie de Salta.

 

La Cornisa 22 La Cornisa 20

 

Nous entamons alors un vrai parcours d’obstacles pour trouver un coin pour dormir et suivons les conseils de la commerçante, de l’habitante, puis ceux du gardien de l’université, du gérant d’un hôtel. Nous sommes déjà trop avancés dans l’agglomération et décidons d’aller au camping de Salta. Nous empruntons la piste cyclable (la première rencontrée en Amérique du sud) pour gagner la ville.

 

C’est alors qu’un jeune sur son scooter nous interpelle « hola los ciclistas ».

 

Claudio 2

 

Claudio est tout content de nous voir et nous explique qu’il a une maison pour les cyclistes et, confiants, nous le suivons. Il nous amène là où il vit avec sa femme Paola et leur petite fille de 13 mois Naomie. Ils vivent chez les parents de Paola, Noémie et Ricardo. Une sœur de Paola, Mélissa vit aussi là avec ses trois enfants, Mikaela, 13 ans, Gonzalo, 9 ans et Cande, 4 ans.

 

A l’heure où nous arrivons, la maison est comme vide. Paola et la petite font la sieste et le reste de la famille est parti en week-end.

Claudio obtient l’accord de Noémie et Ricardo pour nous loger.

 

De lundi 11/10 à vendredi 15/10 : Séjour à Salta.

 

1er jour :

 

Lundi est jour férié. Chacun se réveille de sa grasse matinée et nous faisons connaissance les uns après les autres. Ils nous proposent de partager leur repas si l’on complète : c’est jour de barbecue. Ricardo va faire griller divers morceaux de viande, les femmes font des salades. L’affaire est conclue.

 

Chez Noemie et Ricardo 2

 Chez Noemie et Ricardo

 

Nous nous retrouvons attablés au milieu d’une grande famille, qui nous fait une place avec beaucoup de simplicité. Le repas est suivi de la sacro sainte sieste. C’est le rythme espagnol : déjeuner à 14h00, collation vers 18h00, dîner vers 22h00. Nous nous mettons au travail de nos photos et nous rendons dans un cybercafé, car c’est bien là le seul défaut de la famille : ils n’ont pas internet.

 

2ème jour :

 

Mardi, chacun repart au travail et à l’école.

Ricardo est policier municipal, Noémie travaille dans un service social. Ils travaillent jusque vers 14h00. Mélissa est gardienne à la prison de Salta.

 

Melissa, Gonzelo et Cande

 

Claudio tient un magasin de réparation de vélos. Paola est étudiante, en cours du soir et s’occupe de sa fille en journée.

Mikaela est au collège. Elle part tôt le matin et rentre vers 13h00, puis elle repart à 16h00 pour aller à un cours d’anglais. Gonzalo va à l’école de 13h00 à 18h00, toute l’année.

 

Tous rentrent manger le midi. Une jeune femme, Silvana, vient travailler à la maison tous les jours de 8h à 15h. Elle fait tout, la vaisselle, le ménage, le linge, et aide à la préparation du repas que se répartissent les deux filles, Paola et Mélissa.

Nous découvrons une organisation familiale bien rodée, où chacun a ses tâches et ses responsabilités, à tour de rôle.

 

Bicicleteria de Claudio 2

 

Ce jour là nous partons visiter Salta, en passant par le magasin de Claudio car la poignée du ralentisseur de Cassbizou est cassée. Claudio va nous en trouver une autre.

 

Située à 1200 mètres au pied du cerro San Bernardo, Salta est la plus grande ville du Nord-Ouest argentin, et la plus jolie. On la surnomme « Salta la linda ».

Fondée en 1582 par les Espagnols, halte importante des marchands sur la traditionnelle route commerciale vers la Bolivie et le Pérou, la cité a prospéré aux XVIIIème et XIXème siècles. Salta a bien conservé son architecture d’époque, de magnifiques bâtiments coloniaux,

 

Salta 17

 

des maisons seigneuriales, balcons en bois, porches et grilles surchargés, patios intérieurs décorés autour d’une source. Salta a un caractère provincial agréable. Léa dit « ça ressemble un peu à Chambéry, un peu à Grenoble un peu à Paris ».

 

Salta 2

 

Nous déambulons sur la place principale, avec ses palmiers et palétuviers, dans les rues piétonnes, le parc San Martin, visitons le petit musée de sciences naturelles.

 

Musée sciences naturelles 7 Musée sciences naturelles 5

 

Pour son anniversaire, Tim choisit un robot à construire et …un tour de barque sur le petit plan d’eau du parc San Martin. Qu’il est moins aisé de ramer, nous qui sommes si affûtés à pédaler !!!

 

Barque pour anniversaire Tim 2

 

3ème jour,

 

Léa se réveille malade et vomit plusieurs fois, fièvre. Repos, repos, repos et pour nous photos, article pour le blogue.

 

4ème jour,

 

Léa commence à tousser mais n’a plus de fièvre.

Nous sortons en ville visiter le musée archéologique de la haute montagne et rencontrer la momie de « la nina del Rayo ».

 

Momie de Llullaillaco 1

 

Cette histoire est impressionnante et captivante. En mars 1999, sur les flancs du volcan Llullaillaco qui, avec ses 6739 mètres, est un des plus hauts sommets argentins, une expédition vit une des découvertes les plus importantes dans le monde de l’archéologie de haute montagne : les momies de trois enfants, appartenants à la culture inca, entourées de toutes sortes d’objets (les offrandes) et parfaitement conservées par le froid et l’absence d’air puisqu’elles étaient enterrées.

 

Momie de Llullaillaco 3

 

Le musée présente l’équipement des savants andinistes, la paille sur laquelle reposait une des momies, les tissus, les objets miniatures qui les accompagnaient, statuettes en or, figures anthropomorphiques, vaisselle en céramique, sandales etc…et une momie présentée dans une cage de verre, dans laquelle il fait -20 degrés.

Nous sommes impressionnés et émus. La « nina del Rayo » est une fillette d’un peu plus de 6 ans, en position assise, avec les jambes fléchies et la tête légèrement penchée sur le côté gauche, et elle a l’apparence d’une morte, alors qu’elle a plus de 500 ans.

Tous les mois, ils changent la momie en exposition. Nous pouvons aussi voir le laboratoire avec les trois congélateurs !!!!  Les deux autres sont une fille de 15 ans et un garçon de 6 ans.

  

Léa a posé la question cruciale « mais comment ils sont morts ? ».

 

Après ce choc, nous allons visiter la cathédrale, au moment d’une messe. Les chants sont magnifiques et nous ramènent un peu de sérénité.

 

Salta la cathédrale 3

 

Déambulations nocturnes dans Salta by night, avec un petit sandwich par ci, une glace et une barbe à papa par là. Nous achetons des cadeaux pour toute la famille et rentrons partager notre repas, tout en regardant le DVD d’un concert unique « La fiesta » donné à Buenos Aires lors d’un festival : Chaqueno Palavecino et Soledad Pastoruti. Deux voix magnifiques. Nous avons eu un vrai coup de cœur pour Soledad Pastoruti, jeune femme de toute beauté avec une voix grave magnifique.

 

5ème jour,

 

Gros travail pour le blogue, travail scolaire des enfants.

 

Compression

 

Tandis que Paola, Mélissa, Silvana, et Tim et Léa confectionnent des empanadas, nous préparons une ratatouille. On dresse la table avec les nouvelles nappes que nous avons offertes. Le partage du repas est un excellent moment.

 

Après la sieste, Noémie s’installe pour nous confectionner des drapeaux français avec les tissus achetés la veille, pendant que nous partons en ville tenter de trouver des petits drapeaux argentins.

 

A cette occasion, alors que nous garons nos deux tandems sur la place, arrivent Claire et Jean-Louis, nos amis cyclistes belges, arrivés ce jour à Salta. Quelle joie de les revoir ! Ils poursuivent demain dans la même direction que nous et nous décidons de nous retrouver en cours de route.

 

  Orange à Salta

 

De retour « à la maison », nous découvrons les drapeaux confectionnés par Noémie, deux pour nous et un pour eux que nous signons. Nous partageons notre dernier repas et couchons les enfants. Il est déjà minuit passé lorsque nous partons au cybercafé mettre en ligne un article pour le blogue. Il nous faudra plus de trois heures, puis consulter nos emails… Il est 4h du mat’ j’ai des frissons… lorsque nous rentrons nous coucher.

 

Demain, nous reprenons la route pour Cafayate et la nuit va être courte… c’est comme ça.

 

Avec Noemie et Ricardo

 

Partager cet article

Repost0
16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 06:50

 

Jeudi 30/09 : Potosi – Tupiza, 305 kms, 2950 m.

 

Vers 9h30, nous enfourchons Fanlabise et Cassbizou. La sortie de Potosi est très difficile et pénible car les rues sont pavées et de pente très raide. Nous montons et longeons les chemins d’accès aux mines…la poussière est déjà là. Au bout de 9 kilomètres de montée qui nous mène de nouveau à 4300 mètres d’altitude, voici un relief vallonné. Nous sommes toujours dans le paysage désertique des hauts plateaux.

 

Départ de Potosi 6

 

Nous nous reposons pour pique niquer dans un village près du terrain de jeux et de sport des enfants. C’est l’heure de la sortie d’école. « Buenas tardes los ninos ». Nous reprenons la route sous l’œil attentif et intrigué des enfants. Ce n’est pas la première fois qu’au passage de nos deux attelages, les enfants s’exclament et rient. Nous pensons que Tim, si petit derrière son papa si grand, est une scène comique.

 

10 kms d’une belle descente et nous voici à 2500 mètres dans une vaste plaine à Cuchu Ingenio. Nous retrouvons quelques arbres, une grande ligne droite et d’un coup, après 55 kilomètres, la route asphaltée cède la place à la piste de terre et de pierres, ondulée.

Nous nous essayons à ce nouveau terrain mais les tandems n’apprécient qu’à moitié et se cabrent. Les casseroles cliquettent, les sacoches branlebalent, les enfants grincent et Anne-Claire toussote dans la poussière soulevée au passage des véhicules. Il est déjà 16h00.

Ni une ni deux, comme nous l’avions convenu dès notre départ ce matin, nous jetons un enfant sous les roues d’un camion pour le faire arrêter. Mauvaise pioche.

Deuxième tentative, efficace. A la vue du visage des enfants poussiéreux et fatigués, le chauffeur accepte de nous charger dans sa remorque à ciel ouvert. Trois autres adultes sont déjà présents à l’avant, dont une femme qui se tord de douleurs. Pourvu qu’elle n’accouche pas en route !

 

Vue du camion 1

 

Les tandems trouvent leur place entre pile de planches et porte arrière d’un côté, les sacoches et nous de l’autre sur des tôles, et c’est parti. Marc essaie de tenir les vélos, debout à leur côté mais doit se cramponner de toutes ses forces, tellement ça secoue. Un vrai rodéo. Léa, Tim et leur maman sont scotchés à terre et admirent le ciel. Comment rester indifférent devant une telle variété de gris des nuages de poussières !!!!

 

Ce n’est qu’au bout d’un certain temps et après la première chute de Marc, que nous trouvons une courroie pour amarrer Fanlabise et Cassbizou. Il faut dire que le voyage s’annonce long et chaotique.

Après avoir étudié une stratégie pour nous lever et nous déplacer, nous réussissons à nous jucher sur la pile de planches, à nous agripper aux ridelles et admirer un désert de cailloux et d’épineux, dans lequel parviennent à subsister quelques cactus les plus tenaces.

Nous nous excusons de ne pas pouvoir fournir de documents photographiques qui auraient pu illustrer cette traversée épique. Dans le cas contraire, nous aurions pris le risque de compromettre la photothèque de la suite du voyage. C’aurait été ballot !!!

 

Dans le camion

 

A tiens un village : Vitichi, perdu dans cette région désertique.

Deux heures sont passées et les vessies commencent à être très tendues. Que faire ?

Grâce à la formation de Marc à Véloland et aux multiples astuces qu’il a su engranger, avec son opinel, il nous fabrique un urinoir en deux temps trois mouvements, avec la bouteille de coca cola, vidée de son contenu (qui a mis nos vessies sous pression). Les garçons, adossés dans un angle de la remorque utilisent ce système ingénieux avec dextérité, sous le regard interloqué de la femme bolivienne enceinte, qui d’ailleurs pourrait utiliser notre accessoire de voyage le cas échéant. Pour les filles, c’est une autre histoire…

 

Les heures défilent, le soleil se couche et la nuit tombe, comme le duvet du petit poussin de Bresse se détache à la période de la mue. C’est pour dire que la nuit tombe sans faire de bruit et que, si elle en avait fait, nous n’aurions pas pu l’entendre car il aurait été couvert par le vacarme du camion surfant sur la tôle ondulée de la piste.

 

Vers 20h00, le chauffeur s’arrête à Santiago de Cotagaita pour prendre son dîner. Pour nous, ce sera un paquet de chips. Trois autres hommes montent dans la remorque pour une heure de parcours. C’est le taxi à bon marché.

Vers 23h00, après avoir déchargé, en plein milieu de nulle part, les planches, les tôles et les trois premiers voyageurs, nous nous retrouvons seuls à bord et prenons place sur les sacs de riz, à l’avant de la remorque. Nous nous couvrons avec les couvertures de survie car il fait froid et toujours beaucoup de poussière vole sur nous. Nous essayons de dormir…sous un ciel étoilé magnifique.

Vers une heure du matin, après 9 h00 passées dans notre carrosse, nous arrivons à Tupiza, et nous laissons au chauffeur, à sa demande, 50 bolivianos (5 euros) pour le transport.

Quelle drôle d’ambiance que de monter sur nos vélos, en plein milieu de la nuit, avec deux petits lascars endormis, sans savoir où aller, mais avec la conviction que nous trouverons un lieu pour dormir en sécurité. Nous arrivons devant le « Tupiza hostal » et toquons à la porte…qui s’ouvre. Alfredo, tout endormi, nous aide à rentrer tous nos bagages. Fanlabise et Cassbizou dormiront dans le patio. Une grande chambre de 5 lits nous tend les bras. Le temps d’une boisson chaude et tous au lit… Il est 2h00 du matin et nous nous endormons soulagés et conscients de la chance qui a été avec nous encore aujourd’hui.

 

La journée qui suit se déroule tranquillement à l’hôtel : grasse matinée, grande lessive, nettoyage des sacoches, des chaussures, révision des tandems. Nous apprécions de pouvoir nous servir de la cuisine, pour chauffer de l’eau, cuisiner un petit repas.

Découverte de la ville de Tupiza, plantée à 2950 mètres d’altitude au milieu d’un cirque de montagnes rouges. Retrait d’argent, courses et inscription auprès de l’agence « Tupiza Tour » pour partir 4 jours dans le Sud Lipez.

 

Du samedi 02/10 au mardi 05/10 : visite du Sud Lipez.

 

1er jour :

 

A 8h30, nous sommes fins prêts à l’agence et faisons connaissance avec Magali, cuisinière et son mari Victor, chauffeur et guide. Nous chargeons le 4X4 et c’est parti.

 

Le Sillar 3

 

Nous sommes confortablement installés, Tim et Léa tout derrière, Anne-Claire et Marc au milieu, Victor et Magali à l’avant.

Nous quittons Tupiza par le village de Palala, contrôle de police et partons par la piste qui traverse la région du Sillar.

 

Le Sillar

 

Nous allons parcourir plus de 200 kilomètres à travers montagnes et plateaux, savourer les « tamales », spécialité de Tupiza au maïs, voir le centre minier de Chillcobija, passer les villages très isolés de Cerrillos, puis Polulos.

 

Il est presque 18h00 lorsque nous arrivons à San Antonio de Lipez, le village d’étape.

 

Léa à San Antonio de Lipez

 

Nous nous installons dans une auberge, la chambre est sommaire avec chacun un lit qui accueillera nos duvets. Nous sommes de nouveau à haute altitude. Dehors, il fait froid, le vent est glacial.

Il ne fait guère plus chaud dans la salle à manger. Magali, aidée de Léa et Tim pour écosser les petits pois et les fèves, nous a cuisiné un excellent repas (soupe de légumes, puis purée de pommes de terre avec le « saice », spécialité de viande hachée cuite avec légumes), un maté et au lit, au chaud dans les duvets glissés sous trois couvertures.

 

2ème jour :

 

Réveil à 5h00 car la journée va être longue.

 

Hébergement San Antonio de Lipez

 

Nous partons à 6h00.

Toujours beaucoup de troupeaux de lamas, de vigognes, d’ânes.

 

La route descend sur les ruines de l’ancien village de San Antonio de Lipez, abandonné depuis trois siècles (à cause de la baisse d’activité de la mine, du fait que les hommes étaient exploités par les espagnols et à cause de la rudesse du climat du à l’altitude et au froid).

 

Ruines du vieux San Antonio Viscacha

 

Aujourd’hui ce village est habité par les viscachas. Nous sommes émerveillés de les voir enfin ! Ils ressemblent à de gros lapins, ont la couleur des roches et herbes qui les entourent, et sautent comme des kangourous.

 

Après 2h30 de piste, nous passons un col à 4855 mètres d’altitude. Nous sommes tout émus d’être plus haut que le Mont Blanc.

 

Plus haut que le Mont Blanc

 

Nous descendons sur la Laguna Morejon, qui contient du borax et du souffre, ce qui lui confère sa couleur blanche.

A notre gauche, nous apercevons la Cordillère de Lipez, avec en face de nous son plus haut sommet, le volcan Uturunku, 6008 mètres. A notre droite, la Cordillère des Andes.

 

Nous arrivons alors à l’entrée de la Réserve Eduardo Avaroa, créée en 1973. C’est une réserve nationale de la faune andine, d’une superficie de 7147km. Depuis le mois de mai de cette année, les étrangers doivent payer un droit d’entrée de 150 bolivianos (un prix fort pour la région).

 

Nous longeons la Laguna Hedionda Sud et admirons les premiers flamants roses, caressés par un vent violent et glacial.

 

Laguna Hedionda sud

 

La laguna Kollpa contient, quant à elle, un minerai utilisé pour la fabrication de produits détergents.

 

Nous traversons le Salar de Chalviri, qui contient du borax.

 

Salar de Chalviri 4

 

Les boliviens le vendent à prix bas aux Chiliens qui l’exploitent pour la fabrication d’ustensiles, de vitres.

 

Au bout de ce salar il y a une partie en eau et une source d’eaux chaudes. Halte pour le bain et le déjeuner.

Quel bonheur de se plonger dans une eau à 37°C, délicieuse, qui nous réchauffe alors qu’à l’extérieur, souffle toujours ce vent glacial et que nous sommes toujours à plus de 4500 mètres.

 

Eaux thermales

 

Quel bonheur de déguster le repas préparé par Magali, délicieux et complet. Nous apprenons qu’elle se lève plus d’une heure avant nous le matin pour cuisiner et préparer les repas.

Nous reprenons la piste et fonçons droit vers le désert de Salvador Dali.

 

Désert de Salvador Dali

 

C’est l’un des plus beaux déserts du monde, insolite par ses élégantes coupes de pierre taillées par le vent et qui émergent du sable, dans une symphonie de couleurs chaudes. Bel hommage au peintre catalan.

 

Puis la Laguna Verde : la pointe de la Bolivie, le monde du bout du monde. Elle est l’un des sites préférés des grands photographes de National Geographic à la Nasa qui a immortalisé sa couleur unique depuis la navette spatiale.

 

Laguna verde 2

 

Avec le volcan Licancabur dans le fond, 5950 mètres, le paysage est sublime. Petite pensée émue pour le désert d’Atacama juste derrière et les côtes chiliennes

La Laguna Verde contient du manganèse, du cuivre et de l’arsenic. Pour qu’elle présente sa belle couleur verte, il faut le soleil et un peu de vent. Ce jour là, à l’heure H où nous l’admirons, le soleil est caché par les nuages, et il y a beaucoup de vent, elle a donc une robe de couleur vert pâle. C’est ainsi… la nature est comme elle est.

 

Quelques dizaines de kilomètres plus tard, nous roulons plein nord et nous nous élevons à 5010 mètres d’altitude pour redescende et approcher les Geysers Sol de Manana.

 

Les geysers Sol de Manana 3 Les geysers Sol de Manana 2

 

C’est impressionnant, ça sent le souffre, les vapeurs sortent des cratères et dégagent une chaleur qui contraste avec le froid saisissant ambiant.

Une chose est sûre : certes la Terre est ronde mais elle a comme tout le monde un devant et un derrière.

 

Encore un désert et nous arrivons au village de Huaylliara, pour y passer notre deuxième nuit, en compagnie d’autres voyageurs, dont Marc, un belge, venu pour danser le tango à Buenos Aires.

 

3ème jour, le 4 octobre, anniversaire de Tim

A 7h du matin, alors que les yeux de Tim peinent à s’ouvrir, Magali et Victor nous rejoignent au petit déjeuner, apportant à Tim un gâteau, confectionné dans la nuit, avec 7 allumettes en guise de bougies.

 

7 ans de Tim à Huaylliara 1 7 ans de Tim à Huaylliara

 

« felicidade Tim » pour tes 7 ans.

Bon anniversaire à notre grand garçon. Merci pour la joie de vivre que tu nous apportes chaque jour, merci pour ton audace et ta créativité, pour tes blagues et ta bonne humeur.

 

Il est 7h30 lorsque nous partons pour la Laguna Colorada, 4600 mètres.

 

Laguna Colorada 7

 

Dans ce lac, des micro-organismes vivent une minute. En mourant, ces algues se transforment en pigment rouge, qui donne à l’eau sa couleur. Les flamants roses les mangent, ce qui apporte à leurs plumes ce pittoresque nuancier de rouge.

 

Laguna Colorada 21 Laguna Colorada 24

 

Nous quittons à regrets cette merveille et commençons la traversée du désert de Siloli.

Côté Chili, la Cordillère volcanique aux couleurs de rouge, ocre, brun, marron, vert, blanc, sur fond d’un ciel au bleu parfait. Que de beauté !

A droite des pierres gigantesques. Nous nous mettons quelques instants à l’abri du soleil sous l’arbre de pierre, pendant que Léa et Tim entament une partie de cache-cache en escaladant les rochers. Un beau terrain de jeu.

 

Arbre de pierre 1

 

A peine rassasiés de ce spectacle, nous voici de nouveau repartis vers d’autres merveilles. L’excursion est enivrante, c’est trop…non ce n’est pas trop.

 

Nous traversons une vallée lunaire, la piste monte, descend et emprunte le lit d’un rio à sec. Un viscacha nous salue au passage.

 

Après un rapide passage au large de la Laguna Ramaditas, nous roulons droit sur la Laguna Honda.

 

Laguna Honda

 

Sur ses bords, sept élégantes vigognes flânent à quelques mètres d’un ballet de flamants roses. Nous sommes scotchés et laissés sans voix, ce qui représente les conditions idéales pour prendre de multiples photos. La carte mémoire de l’appareil est à la limite de la rupture.

 

Laguna Honda 11 Laguna Honda 4

 

Nous saluons la Laguna Charcota de loin et ses couleurs marron et orange et faisons la pause pique nique au bord de la Laguna Hedionda, de couleur bleu et blanc. Comme toutes les autres lagunes, ses couleurs varient selon l’orientation de soleil.

 

Laguna Hedionda 11

 

Nous repartons plein est, passons deux autres lagunes. A notre gauche nous pouvons voir au loin les fumerolles du volcan Ollaque, le seul encore actif.

 

Volcan Ollague

 

Lors de la traversée de la Vallée de roches, nous nous essayons à la chasse aux viscacha. Armés de nos épluchures, nous tentons de les approcher, en vain.

 

Viscacha 4

 

Nous rejoignons la grande piste qui va de Uyuni à Calama au Chili. Victor conduit son 4X4 d’une main de maître. La journée a été fatigante, nous sommes crevés et v’là t y pas qu’un des pneus en fait autant. C’est ça l’aventure.

 

4ème jour :

Nouvelle surprise : sur la table du petit déjeuner trônent le dessert préféré de Léa : des panqueque !!!

 

Victor et Magali tiennent à s’arrêter à San Cristobal et à nous raconter l’histoire de ce village, complètement lié à celle de la mine.

Il y a 10 ans, des chefs d’entreprises japonaises, américaines, canadiennes, chiliennes sont arrivés pour exploiter les mines du cerro. Ils ont fait raser le village pour le faire reconstruire plus à l’écart de la montagne. L’église a été reconstruite pierre par pierre. 5 à 6000 personnes vivent à San Cristobal et les hommes de tous les environs viennent travailler à la mine.

Le village est bien équipé de l’électricité, d’une piste d’atterrissage. Les familles ont le téléphone, la TV et gagnent bien leur vie. Ainsi elles ont arrêté de cultiver la quinoa qui rapporte de faibles revenus. Les hommes travaillent avec des machines, ce qui permet d’extraire d’énormes quantités de minerais.

Pour les autres mineurs et notamment ceux de Potosi, cette mine de San Cristobal est un gros scandale. Ils aimeraient la faire arrêter mais n’ont aucun pouvoir pour cela.

Toute exploitation de mine nécessite une grande quantité d’eau, qui va se trouver rejetée dans la nature, chargée de produits chimiques contaminants, ce qui représente un danger pour la santé des hommes. A terme cela risque aussi d’assécher les réserves naturelles et toutes les lagunes environnantes.

A méditer…

 

Nous roulons droit sur Uyuni, en ne manquant pas d’apercevoir au loin le salar et de nous arrêter au cimetière de trains.

 

Cimetière de train Uyuni 1 Cimetière de train Uyuni 25

 

Nous grimpons sur l’un d’entre eux et effectuons, à vive allure, le tour de la ville, ce qui nous change du 4X4.

 

Cimetière de train Uyuni 22

 

100 kilomètres plus loin, Victor et Magali choisissent le village abandonné de Santa Ana pour la pause pique nique. Là aussi, une longue histoire avec la mine, aujourd’hui totalement laissée à l’abandon, comme si des hommes y travaillaient encore hier. C’est bouleversant et les images de Oradour sur Glane nous viennent à l’esprit.

 

Santa Ana 4 Santa Ana 18

 

Il y a quelques années, l’Europe a contribué avec la Bolivie à un programme de traitement des eaux acides des mines. Aujourd’hui tout est arrêté.

 

Il nous faut encore quelques heures pour revenir à Tupiza par les hauts plateaux, puis le canyon de Salo.

 

Canyon de Salo 1

 

Victor et Magali sont si fatigués qu’ils laissent les enfants conduire le 4X4. Pendant ce temps, nous admirons le paysage.

 

Léa et Tim

 

Ca y est, la piste se met à descendre vers le village de Salo situé à 3400 mètres. Nous perdons de l’altitude. Nous trouvons les premiers arbres verts, les champs qui attendent les cultures. C’est la période des semailles.

 

Encore 30 kilomètres, nous saluons la Poronga au passage

 

La Poronga 2

 

 et c’est l’arrivée à Tupiza.

Nous sommes comme ivres de cette plongée de 4 jours au cœur d’un des plus beaux sites de la planète. Cette excursion de toute beauté dans le Sud Lipez a gravé en nous des images exceptionnelles de la Bolivie .

Nous gardons la perception que la Bolivie est un pays marqué par une histoire douloureuse, faite de dominations, dont elle a été et est encore victime. Les Boliviens donnent l’impression d’être un peuple particulièrement préoccupé pour subvenir à ses besoins quotidiens. Leur monnaie est toujours faible et leur endettement ne leur permet pas d’investir dans des moyens modernes pour exploiter les gigantesques ressources naturelles qui sommeillent sous leurs pieds.   

 

Laguna Hedionda 18

 

La tête remplie de toutes ces questions et de toutes ces merveilles, nous nous endormons pour une courte nuit, car demain, nous devons nous rendre à la gare à 3h30 du matin pour prendre le train qui nous conduira à la frontière aux portes de l’Argentine.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:00

  Du samedi 18/09 au mercredi 22/09 : Oruro – Potosi, 325 kms, 4090 m.

 

1er jour :

Nous quittons Freddy et Sonia vers 15h30 pour 52 kilomètres de plat et arrivons au village de Poopo alors que la nuit tombe. Nous allons à « l’alojamiento » repéré la veille avec Freddy et trouvons la dernière chambre libre à 3 lits que nous devons partager avec une autre femme. Tim, malade, dort avec sa maman, Léa avec son papa.

 

La nuit est horrible car le village est en fête : la fanfare joue une rengaine jusque tard dans la nuit, avant de s’interrompre pour reprendre à 6h00 du matin. Entre temps, la sono crache d’autres musiques quechua-rock, lancées par un animateur bien en forme. Sur les brefs moments d’accalmie, entre 1 heure et 2 heures du matin, v’là t’y pas que notre voisine de chambrée se met à téléphoner dans la nuit noire et à haute voix, ce qui nous fait sursauter. Les appels se renouvèlent à maintes reprises car elle guide son fils pour qu’il arrive jusqu’à elle. Vers 2 heures, le jeune homme frappe à la chambre et vient se glisser sous les couvertures de sa mère.

 

2ème jour :

Nous émergeons d’une nuit quasi blanche. Nous chargeons les tandems en essayant d’éviter le chien de la famille, qui a chopé le mollet d’Anne-Claire la veille et qui, d’après nos sources de renseignements, aurait la rage !!!!!

 

Tim a encore 38°9 et avec un doliprane, il remonte vaillamment sur Cassbizou. Nous roulons 37 kilomètres à plat, à 3700 mètres toujours, dans un paysage de pampa et de grandes lignes droites jusqu’au pique nique.

 

Au moment de repartir, le docteur Gonzalès vient nous saluer, avec ses vaches et son chien, qui pisse sur nos sacoches, le chien et pas le docteur. « Es asi » dit le docteur et pas le chien.

 

Nous reprenons la route pour arriver à Challapata en début d’après-midi. Pendant que les filles font les courses, Tim s’endort sur le trottoir dans les bras de son père. Nous allons dans un « residencial » et nous nous installons dans une chambre à 2 lits, pour les parents. Tim et Léa dormiront sur les matelas posés au sol. Après le travail scolaire et un repas au resto, nous nous écroulons, terrassés par la fatigue et le manque de sommeil !!!

 

3ème jour :

La nuit, au chaud et au calme, a été réparatrice. Nous nous réveillons en pleine forme sauf Tim qui culmine toujours à 38° et toujours aucun autre symptôme. Nous chargeons les tandems à l’angle d’une rue très animée. Un bolivien veut acheter le tandem, mais Fanlabise se cabre et fait comprendre au brave homme qu’il n’est pas à vendre.

 

Sur la route de Potosi 2

 

Après quelques kilomètres de plat, nous attaquons la montée par une belle route, entre montagnes aux versants abruptes. La route est agréable, car vallonnée et avec peu de trafic. Après 74 kilomètres, nous trouvons à planter la tente en pleine pampa, un peu à l’écart de la route. La nuit est plutôt douce car il ne fait que 0° dans la tente, température idéale de conservation de 4 cyclotouristes.

 

4ème jour :

Le réveil de 5h30 se fait dans la crise familiale : les enfants râlent, Tim n’a plus de fièvre mais gémit, Léa a froid et refuse de se lever. Anne-Claire, en petite forme manque d’énergie pour s’activer et Marc, en grande forme, voudrait partir.

 

Le départ se fait quand même alors que nous ignorons que tant de montée nous attend. C’est une journée éprouvante, mais qui nous fait traverser de magnifiques paysages, et notamment une zone géologique de toute beauté avec des couches de terre et de pierres vertes, blanches, rouges, un petit canyon.

 

Sur la route de Potosi 5

 

Nous repassons à une altitude de 4290 mètres et replongeons dans une descente, convaincus qu’elle nous conduira jusqu’à Potosi, mais l’illusion est de courte durée : nous voyons bien que là, en bas, devant nous que ça remonte. 63 kilomètres suffisent pour aujourd’hui et nous trouvons un coin pour camper…à 50 mètres de la route, un peu en surplomb.

 

5ème jour :

Au réveil, Anne-Claire est malade, fièvre, pas de force, tousse. L’air froid est irrespirable et douloureux. Nous prenons la décision d’arrêter un camion pour les 60 kilomètres restants, après avoir refait notre réserve d’eau avec le filtre. Le premier camion qui arrive s’arrête.

 

Bonjour Marques. Il est vieux, long, lourd (le camion) car il transporte de la ferraille. Nous chargeons tandems, sacoches et Marc dans la remorque à ciel ouvert. Anne-Claire, Léa et Tim s’installent dans la cabine. Le véhicule est lent en montée et pas plus rapide en descente mais au moins, on se repose.

 

Marques est gentil. Il s’intéresse aux enfants, nous propose de l’eau, lui-même termine une bouteille et la jette par la fenêtre. Qu’importe…la nature est une vraie poubelle par endroits et une de plus !!!!

Il a un grand besoin de nous parler mais nous avons beaucoup de mal à le comprendre. Nous saisissons quand même qu’il vient de La Paz, qu’il a roulé de nombreuses heures et qu’il est fatigué.

 

Au bout d’un moment, il attrape une petite fiole d’alcool fort et s’envoie quelques rasades. Ca semble lui faire du bien, toutefois cela ne suffit pas. Il sort alors un paquet de feuilles de coca, en engouffre une cinquantaine dans la bouche et prend aussi sa poudre blanche pour accélérer le tout.

Et hop, une nouvelle rasade d’alcool. Et voici maintenant la musique à fond qui lui donne des envies de danser. Il attrape le bras de Tim pour lui faire faire quelques brassées de danse. Se met à se dandiner, tout en tenant son volant d’une main.

Et hop, une autre rasade d’alcool…

Il répond au téléphone, tout en dansant, et en tenant son volant. Le camion va d’un bord de la route à l’autre et Marques le ramène dans sa voie.

 

Gros soulagement de l’équipage, qui vit ces instants les mains crispées au cuir usé des sièges. A notre arrivée, Marques est encore alerte pour grimper dans la remorque et aider Marc à décharger les affaires.

Il est midi passé, nous sommes à Potosi, Marques n’a déjà plus les yeux en face des trous, mais il repart… sur les routes.

 Potosi 2

 

 

Nous demandons notre direction à maintes reprises et devons nous hisser sur le flanc du Cerro Rico pour atteindre notre hôtel « Le Felcar » et nous y installer.

 

Résidence Felcar 1

 

Tim et Anne-Claire consultent un médecin de la Croix Rouge qui prescrit un antibiotique pour chacun. Soulagement car les poumons ne sont pas touchés.

Pour fêter cela, nous allons au restaurant El Fogon prendre un bon repas.

 

De jeudi 23/09 à mercredi 29/09: Séjour dans une ville minière.

 

« Un jour le monde devra demander pardon à Potosi » écrit Eduardo Galeano, dans « Les veines ouvertes de l’Amérique latine ».

 

A plus de 4000mètres d’altitude, frappée par le blizzard des Andes et son soleil si proche, s’étale cette ville impériale, la huitième merveille du monde selon le chroniqueur espagnol du XVIIème siècle Don Diego de Ocana.

 

Eglise à Potosi Potosi Place du 10 novembre

 

Après trois siècles de fastes, Potosi, cet ancien centre du Nouveau Monde est aujourd’hui une ville endormie, gisant au pied de ce qui fut à l’origine de sa gloire, le Cerro Rico. Les 33 églises et couvents, les impressionnantes maisons coloniales et la fabuleuse Casa de la Moneda sont restées figées, comme un décor de théâtre immuable. Parfois cependant l’émerveillement cède à la tristesse.

 

Potosi 9 Potosi 5

 

Visite d’une mine

 

Anne-Claire étant terrassée par le mal et, qui plus est, atteinte d’une claustrophobie récurrente, Marc s’arme de son espagnol le plus redoutable et part se renseigner auprès des agences pour la visite d’une mine. Il revient triomphant à l’hôtel, avec Jacqueline, gérante de l’agence Tourismo Claudia. Jacqueline propose pour le lendemain, la visite de la mine avec les enfants, alors que nos sources d’informations nous avaient déconseillé de l’envisager pour eux. Elle propose aussi des remèdes à Anne-Claire et nous invite à l’anniversaire de sa nièce dimanche. Cadeau du ciel !

 

Cerro Rico

 

Le lendemain, un mini bus vient nous chercher à l’hôtel. Nous sommes excités et stressés car nous nous attendons à des conditions de visite difficiles. Certains parlent de « Germinal » vécu en direct au 21ème siècle. Le doute est toujours là : est-ce bien la place des enfants ?

 

Jacqueline a trouvé des vêtements et bottes pour Léa et Tim. Nous voici équipés, tous les trois au milieu d’un groupe de huit personnes avec le guide.

 

Visite d'une mine du cerro Rico 1

 

Le bus nous conduit dans un magasin, où nous achetons feuilles de coca, alcool, dynamite, boissons pour distribuer aux mineurs et c’est parti.

Nous nous engouffrons dans une galerie étroite, munis de nos lampes de fond, et progressons dans la boue. Nous rencontrons trois mineurs qui poussent un lourd wagonnet.

 

Visite d'une mine du cerro Rico 10

 

Chacun a fait son « acullico » niché dans la joue. Cela consiste à prendre une cinquantaine de feuilles de coca que l’on place une par une dans la bouche, toutes du même côté. On ne les mâche pas mais on les laisse macérer doucement pour en extraire le jus petit à petit. Les gens utilisent aussi un produit appelé « llijta » (un agent alcalin ou catalyseur pour accélérer le tout).

Au Pérou et en Bolivie, la feuille de coca est tolérée. Les mineurs l’utilisent pour lutter contre la fatigue, la faim, le sommeil et les douleurs.

 

Plus loin, nous nous arrêtons pour observer « El Tio », déité diabolisée par les espagnols et protectrice des mineurs, qui lui donnent en offrande feuilles de coca, alcool et cigarettes.

 

Visite d'une mine dieu Tio 1

 

Nous nous enfonçons encore dans les entrailles du Cerro Rico, parfois plié en deux, ça monte, ça descend et nous rencontrons des mineurs au travail auxquels nous offrons quelques produits en échange de les voir travailler. Tim essaie de frapper la roche avec la massette et la barre de fer. Dur dur !

 

Visite d'une mine du cerro Rico 25

 

Après trois heures de visite, nous sortons de l’autre côté de la montagne et assistons à la démonstration de l’explosion d’une dynamite à l’extérieur.

 

Préparation de la dynamite 1

 

Nous venons de passer un moment hallucinant. Des hommes se tuent au travail pour des sommes d’argent dérisoires.

 

Un peu plus d’une centaine de mines fonctionnent encore dans le Cerro Rico et font travailler plus de 5000 personnes. Elles sont exploitées par les mineurs, organisés en coopératives. Chacun est responsable de sa concession et de sa production, le rendement est toujours aussi faible. A Potosi, les mineurs continuent de travailler avec des moyens rudimentaires, la dynamite en plus, et progressent de 50 centimètres par semaine pour les plus vaillants.

 

Maisons des mineurs 1

 

 

Aucune protection sociale et, en plus, le mineur doit soustraire de son salaire déjà dérisoire l’achat du carbure de calcium (qui sert à faire fonctionner les lampes) et la dynamite utilisée pour faire sauter les veines de minerai.

 

Invitation à un anniversaire

 

 

Autre temps, autre monde. Jacqueline vient nous chercher dimanche après-midi et nous conduit chez elle.

 

Anniversaire nièce Jacqueline 7

 

Deux heures durant, la famille arrive (Jacqueline a 7 frères et sœurs et une flopé de neveux et nièces). Tandis que nous bavardons avec les uns et les autres, Léa et Tim sont rapidement pris en charge par les enfants et jouent une partie de foot dans la courette de la maison.

 

Puis vient le temps du goûter. Les enfants (entre 15 et 20) sont installés autour d’une table immense, sont servis en chocolats chauds et petits cadeaux.

 

Anniversaire nièce Jacqueline

 

La petite Camilla souffle ses 4 bougies. Ses parents et sa grand-mère font un petit discours de remerciements, de vœux de bonne santé, prospérité et chance, en ne manquant pas de formuler une intention chaleureuse à notre égard.

 

Puis c’est aux adultes de prendre place autour de la table et de déguster les nombreux gâteaux confectionnés à cette occasion, arrosés là aussi de chocolat chaud, tandis que le tonton s’occupe de faire danser les enfants. La pignada lâche pleins de surprises sur lesquels les enfants se ruent.

Le moment du départ est là et pour Léa et Tim, il est difficile de s’extraire de cette ambiance, de cette maison et ses habitants qui leur donnent envie de revenir.

 

Visite du musée du couvent Santa Teresa

 

 

 

 

Musée Santa Teresa 001

 

L’édifice a été entièrement restauré. C’est un couvent de l’ordre des Carmélites construit entre 1685 et 1692 et qui coûta 2000 pièces d’or. L’endroit est décoré de tableaux des meilleurs peintres baroques de l’époque presque exclusivement grâce aux dotes.

 

Musée Santa Teresa 030

 

Aujourd’hui, il reste une dizaine de sœurs qui vivent dans une partie récemment construite.

Autrefois, seuls les nobles et riches familles espagnoles pouvaient envoyer leur fille car la dote était très élevée. Elles rentraient à l’âge de 15 ans et n’en sortaient plus de leur vivant ni de leur mort car elles étaient placées dans des cercueils qui reposaient sous le plancher d’une salle de prière.

Le système de cloître, aboli en 1963 seulement, nécessitait toute une organisation militaire pour que les sœurs puissent subsister en complète autarcie.

 

Musée Santa Teresa 009 Musée Santa Teresa 034

 Musée Santa Teresa 022 Musée Santa Teresa 015

 

 

Nous avons visité la chapelle, une cellule, la cuisine, le réfectoire, l’infirmerie, le parloir et autres lieux de travail de broderie, tout en déambulant dans les deux cloîtres, dans l’un desquels gît le plus vieux pommier de Bolivie.

 

Musée Santa Teresa 008

 

Visite de la Casa de la Moneda

 

Cet édifice est le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques. C’est ici que l’on frappa la monnaie bolivienne jusqu’en 1869, sur d’antiques matrices activées par des esclaves d’abord, par des chevaux ensuite.

 

Casa de moneda 024

 

La visite nous a émerveillés car la casa de la Moneda regroupe une riche collection de pièces de monnaie, de peintures, de sculptures, de robustes laminoirs aux supports de chêne encore intacts, des machines à vapeur, qui effectuèrent le travail de 1869 à 1909, des meubles coloniaux et d’autres objets provenant de fouille archéologiques, ou ayant trait au folklore.

 

Casa de moneda 028 Casa de moneda 045

 

Casa de moneda 017 Casa de moneda 032

 

Pendant cette semaine à Potosi :

 

Léa a eu le bonheur de communiquer par Skype avec l’ensemble de sa classe de l’école de Laissaud.

 

Residence Felcar 7 Résidence Felcar 5

 

Un rendez-vous bien préparé par sa maîtresse a assuré la qualité de ce partage. Nous lui en sommes très reconnaissants et Léa en est très heureuse car l’école et ses camarades lui manquent.

 

Tim s’est complètement rétabli mais conserve un appétit de moineau.

Anne-Claire tousse encore et commence à en avoir assez du froid et du manque d’oxygène dus à l’altitude. Il nous faut donc avancer vers l’Argentine.

 

 Nous décidons de reprendre la route pour Tupiza, en envisageant de remettre Fanlabise et Cassbizou sur un camion, vu le parcours qui nous attend (un petit peu d’asphalte et plus de 250 kilomètres de piste de terre et de pierres) et toujours à haute altitude.

 

Tour de la compagnie de Jésus 9

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 09:02

Du mercredi 15/09 au vendredi17/09

 

1er jour :

 

A 9h00, tout le monde est fin prêt. Sans avoir à nous préoccuper de toute la logistique, nous nous glissons dans le 4X4 que Freddy a chargé pour 3 jours d’excursion. Nous prenons le départ, excités à l’idée de découvrir ce lieu dont on a tant entendu parler, et maintes fois décrits dans les guides.

 

Après quelques kilomètres en direction du Chili, sur une route asphaltée, longeant le lac Uru Uru, sur lequel batifolent en toute tranquillité des flamands roses, nous atteignons Toledo et bifurquons plein sud sur une piste de terre et de cailloux.

 

Flamencos du lac Uru Uru 2

 

La route est chaotique, l’aventure commence.

 

Nous sommes encore à 250 kms du salar, perdus dans un décor désertique, loin de la civilisation, longeant quelques maisons isolées d’irréductibles boliviens, qui vivent d’on ne sait trop quoi.

 

 

Autour du lac Uru Uru 022 Autour de San Martin 024

 

D’un coup, par la fenêtre, Léa entend « pschitt » : c’est la première crevaison. Allez, tous au boulot : pendant que Freddy change la roue, Marc vérifie la platitude de la piste.

 

1 ère creuvaison 2

 

Nous repartons et apercevons au loin à notre droite le mont Sajama, le plus haut sommet de Bolivie qui culmine à 6540 m. Quelques kms plus loin, la route s’élève et Freddy arrête le 4X4 pour nous montrer le point de vue. Et là « pschitt », nouvelle crevaison. Deuxième et dernière roue de secours. Nous sommes encore loin du salar et l’inquiétude se fait grandissante, même si Freddy ne le montre pas trop.

 

Nous traversons une zone où paissent des alpagas, d’une variété unique par la couleur noire de leur laine.

 

Après 3H30 de route, nous arrivons à Andamarca. Tout le village est en fête : hommes et femmes s’alcoolisent, en mâchant des boulettes de feuilles de coca.

 

Fête à Anda Marca

 

Toutefois, Freddy parvient à dénicher le réparateur de pneus, encore suffisamment sobre pour réparer les deux crevaisons. Pendant ce temps, nous déballons table et tabourets et apprécions le pique nique, sur fond de fanfare aux notes approximatives.

 

Pic nic à Anda Marca 1

 

Après la photo de famille avec le maire, sa femme et l’instituteur, nous récupérons les deux roues et repartons vers le salar.

 

Au loin, nous apercevons le volcan Tunupa, 5400 m, puis nous nous en approchons, nous le contournons, grimpons sur ses flancs, arrivons à un petit col et de là, nous jetons nos premiers coups d’œil sur le salar !!! Spectacle insolite, surréaliste !

 

Autour de San Martin 020

 

Nous descendons la piste très caillouteuse pour arriver au petit village de Jirira, qui s’étale à l’ombre du volcan. Les familles ici vivent de quelques hectares de quinoa et de leurs troupeaux de lamas.

 

Nous nous garons à la Posada Dona Lupe, l’unique hôtel et prenons nos quartiers. Nous y rencontrons un groupe de français, passionnés de montagne et dont l’un des couple habite à Brison Saint-Innocent.

 

Tim se lie d’amitié avec Poli, le perroquet vert. Léa fait des dessins avec toute sorte de matériaux trouvés (pierre blanche, herbes, etc).

 

Poli

 

Après le repas chaud concocté par Freddy, nous nous couchons avec la ferme intention de mettre le réveil pour aller assister au lever du soleil sur le salar.

 

2ème jour :

 

Alors que tout le village dort encore, nous pénétrons sur le salar à la lumière de nos frontales et du jour qui pointe. Vers 6h27, nous sommes prêts pour le spectacle. C’est grandiose tout simplement… 

 

Lever du soleil 024 Lever du soleil 043

 

De retour au village, nous réveillons les enfants pour le petit déjeuner et Poli se charge de faire le spectacle sur les épaules de notre Timou, qui fait preuve d’un grand courage, car Poli est un peu polisson et n’hésite pas à mordre, à pincer de son petit bec crochu oreilles, doigts, qui se trouvent à sa portée.

 

Tim et Poli

 

Avec beaucoup de patience et de ruse, nous parvenons à déloger Poli de l’épaule de Tim, non sans mal.

 

Peu après, nous montons dans le 4X4 et entrons sur le salar de Uyuni. OOUUHHAA…Que de blanc !!! Certains l’appellent le « Ténéré blanc ». C’est un immense désert de sel, le plus grand du monde, 12500 Km2 situé à 3650 m d’altitude.

 

Ile Incahuasi 001

 

Sur 40 à 120 mètres d’épaisseur, alterne les couches de sel et de sédiment. Chaque couche de sel fait entre 10 et 14 mètres.

 

Par endroit nous pouvons voir l’horizon à l’infini d’une planéité parfaite, une ligne si droite qu’elle laisse apercevoir la courbe de notre planète.

 

C’est un paysage fabuleux d’une grande quiétude. Nous y ressentons un sentiment de solitude mais aussi de tranquillité car si ce salar est traversé par de nombreux 4X4, son immensité est telle que nous n’en croisons aucun et que nous les rencontrons seulement lorsque nous atteignons un site à visiter.

 

Après une heure de route nous arrivons dans un secteur non loin d’Uyuni où des hommes piochent, creusent pour charger des camions de sel à destination d’une usine qui le traitera et y incorporera de l’iode.

 

Le salar de Uyuni 059 Le salar de Uyuni 044

 

Nous apprenons aussi que, selon les experts, sous la croûte de sel gît plus de la moitié des réserves mondiales de lithium. Ce métal alcalin, d’un blanc argenté, intéresse l’industrie mondiale et les fabricants de batterie des voitures électriques de la nouvelle génération.

 

Il est question de l’exploiter mais le site est pour le moment protégé. Actuellement, Evo MORALES, Président de la Bolivie, voudrait faire du lithium un facteur majeur de développement pour son pays.

 

Cette région pourrait être bouleversée et défigurée si cette exploitation venait à débuter.

 

Plus loin, nous nous arrêtons à l’hôtel de sel, le dernier édifice en place sur le salar, aujourd’hui transformé en musée.

 

Hotel de sel 029 Hotel de sel 007

 

En 2007, une grande fête a été organisée sur ce lieu en présence du ministre de la culture pour lancer le salar de Uyuni comme grande destination touristique.

 

Hotel de sel 014

 

Comment pourront cohabiter à l’avenir, les intérêts politiques et économiques avec la protection de l’environnement.

 

A 13h00, nous atteignons l’île d’Incahuasi dont nous gravissons le sentier aménagé. Quel spectacle que de voir le salar vu de haut et à 360°.

 

Ile Incahuasi 021 Ile Incahuasi 011

 

Les cactus atteignent pour certains 12 mètres de haut et croissent de 2 cm par an… c’est pour dire leur grand âge. A notre retour, la table est dressée et nous profitons d’une longue pose pour nous restaurer.

 

Au moment du café nous apercevons une famille en voyage. Enfin des enfants sur les routes du monde.

 

Ile Incahuasi 053

 

Nous échangeons avec Elise, Mickael, Ninon et Faustine de nos expériences de voyage, eux à pied, nous en tandems. Les enfants commençaient à peine à jouer ensemble, heureux de se parler en français, qu’il nous faut déjà nous quitter.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons une halte sur l’isla del Pescado, semblable à sa voisine, elle reste à l’état sauvage.

 

Ile del Pescado 007

 

Nous y trouvons du corail mort sur les rochers, ramassons du quartz. Nous trouvons même une carapace de tatou, emblème d’Oruro, avec laquelle les boliviens fabrique le charango (petite guitare).

 

Dernières photos avant de quitter l’île, avec Léa qui se plaît à supporter sa mère et son frère…

 

Illusion 005

 

avec légèreté du bout des doigts, à moins que ce ne soit Marc qui supporte ses enfants...

 

Illusion 002 Illusion 010

 

                                                                     ... ou encore Léa et Tim qui supportent leur mère.

 

Partis en oubliant Tim, il nous rattrape quelques 50 kms plus loin, un petit peu essoufflé.

 

Illusion 011 Illusion 019

 

De retour, à l’hôtel, nous discutons avec Freddy de l’idée de monter en 4X4 sur les flancs du volcan le lendemain matin avec le projet de continuer à pied jusqu’à un mirador… Tout ceci en un temps chronométré car il nous faut faire le chemin du retour.

 

3ème jour :

 

Comme convenu, l’ascension du volcan Tunupa au petit matin, après une montée périlleuse, est un pur bonheur.

 

 

Lever du soleil 056

 

Pendant que les enfants finissent leur nuit dans le 4X4, nous gravissons les flancs du volcan jusqu’à l’altitude de 4444 mètres. Nous jouissons d’une belle vue sur le village de Jirira et sur le salar qui s’illumine des premiers rayons du soleil.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons une halte devant le cratère du météorite du Ayukota dans lequel paissent des troupeaux de lamas, d’alpagas et de moutons.

 

Cratère du météorite Ayukota 009

 

Après 180 kms de piste en travaux, nous retrouvons la route asphaltée qui nous ramène à Oruro.

 

Sonia nous accueille avec un repas fait maison : spaghetti bolognaise et gâteau au chocolat.

 

Jour du départ 010

 

Le lendemain, nous hésitons longuement à quitter Oruro, Freddy et Sonia car Tim est fiévreux au petit matin. Marc a prévu des étapes raisonnables. Il s’engage à pédaler pour deux et décide du départ en milieu d’après-midi.

 

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 00:58

 

  Du samedi 11/09 au lundi 13/09 : La Paz – Oruro, 235 kms à 3700 m.

 

Le départ matinal de Lucile pour l’aéroport et notre volonté de rouler avant l’heure de pointe nous incite à nous lever à 5h00 et à décoller de l’appartement à 7h00. Nous décidons de quitter La Paz en empruntant l’artère centrale de la ville, qui est la moins pentue et équipée d’une bande d’arrêt d’urgence, sur laquelle nous roulons.

 

Sortie de La Paz 010

 

13 kms d’ascension et 900 m de dénivelée en 2 heures afin d’arriver à 4200 m à El Alto.

 

Nous quittons le « chaudron » avec une certaine émotion car cette ville a laissé une empreinte indélébile. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité malgré la vie grouillonnante, l’agitation permanente.

 

Comme à l’arrivée, la traversée de El Alto est délicate car il y a beaucoup de monde. La pollution nous agresse la gorge ce qui nous incite à appuyer sur les pédales pour retrouver l’air pur. Nous avalons les kilomètres, en lignes droites et légèrement vallonnés, à vive allure. Rapidement nous retrouvons le désert de l’altiplano et une certaine forme de monotonie.

 

Sur la route 009

 

Après la pause travail scolaire et pique nique, le vent se lève froid et déstabilisant. Nous devons nous arrêter à chaque passage de bus et de camions tellement les appels d’air sont dangereux et nous déportent.

 

Au bout de 75 kms, nous atteignons le village de Villa Loza, et rejoignons Eric et Anita, un couple cycliste autrichien, qui nous a déposé dans la montée de La Paz. Comme eux, nous nous installons dans l’unique hôtel du coin.

 

Bizarreries 002

 

Nous découvrons quelques bizarreries dans une vitrine que les boliviens exhibent comme des trophées. Douche, suivie d’une soupe aux nouilles dans la chambre avec notre réchaud qui fonctionne bien dorénavant.

 

Le lendemain, nous partons tôt afin d’éviter de rouler sous les bourrasques de vent. Lorsqu’il se lève, nous l’avons dans le dos et volons à 35 km/h. Mais de côté et de face, il nous faut adopter la même stratégie que la veille. Léa et Tim sont nos guetteurs et nous préviennent, selon un code mis au point, de l’arrivée par l’arrière de camions, bus, collectivos ou voitures.

 

Nous nous arrêtons dans un « alojamiento » encore plus sobre que les précédents : pas de toilette, pas d’eau, une chambre à un lit pour 4. Mais lorsque la tempête fait rage, nous sommes bien contents de notre refuge en dur qui nous met à l’abri du froid et de l’humidité.

 

 Sur la route 021

 

Après une nuit agitée, où nous avons mal dormi, nous repartons sur les tandems avec les mêmes bases que celles des deux précédents jours. Les paysages sont monotones, mais il fait grand beau temps et toujours bien froid, nous sommes toujours à 3700 m. Nous portons la cagoule et les gants en soie, plus les moufles de ski. La route s’étire à l’horizon d’une platitude surréaliste. On pourrait y laisser notre peau, c’est ce qui est arrivé à d’autres.

 

Sur la route 030

 

Lundi, vers 13h00, nous atteignons Oruro et sommes accueillis par les statues commémorant le plus grand et le plus pittoresque carnaval de la Bolivie. C’est d’ailleurs pour ce carnaval extraordinaire aux couleurs éclatantes, que la ville de Oruro est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

 

 

Oruro 014 Oruro 012

 

Oruro 010 Oruro 022 Oruro 017 Oruro 018

 

Tous les ans en février, les anges diaboliques et multicolores investissent la ville, accompagnés de 10000 autres danseurs richement parés, pour l’une des fêtes les plus intenses de l’Amérique latine. Ils exorcisent toute la violence d’une histoire injuste avec les plus belles danses du continent. Ce carnaval trouve ses racines dans les croyances indiennes de l’altiplano et dans les ruines de la domination espagnole.

 

Nous faisons le travail scolaire dans un parc avant de chercher la casa de Freddy, qui nous attend depuis notre coup de fil donné de La Paz. Nous avons eu les coordonnées de Freddy grâce à Annie et Lionnel, leurs voisins Claude et Pierre, qui l’ont accueilli en France par le passé.

 

C’est vers 16h00 que nous sonnons à son portail.

 

Freddy et Sonia

 

L’accueil est très chaleureux. Sonia et Freddy, avec leur fils, Luis, nous ouvrent leur maison, et nous installent dans deux chambres confortables et très bien équipées (salle de bain avec eau chaude, TV, couettes). Du grand luxe pour les voyageurs que nous sommes.

 

Le soir, nous partageons une pizza à leur table et continuons de faire connaissance, et échangeons sur nos expériences.

 

Chez Sonia et Freddy 001 Chez Sonia et Freddy 002

 

Une fois Léa et Tim endormis dans les bras de Morphée, nous questionnons Freddy sur ses prestations d’accompagnateur de tours en 4X4, et n’hésitons pas longtemps à conclure un tour avec lui. Départ après demain, pour le salar de Uyuni, en 3 jours.

 

Mardi 14/09 : Journée de repos, démarches et visite de la ville.

 

Nous visitons Oruro et découvrons quelques uns de ses visages insolites :

 

            La voie ferrée qui emprunte une des avenues centrales d’Oruro. Une fois le train passé, les commerçants investissent la voie pour étaler leurs marchandises.

 

Oruro 024

 

            L’accès au musée de la mine se fait par la crypte de l’église Sanctuario de la Virgen de Socavon.

 

Oruro, musée de la mine 012

 

           Un rassemblement populaire sur les gradins, au pied du monument au mineur révolutionnaire, probablement pour organiser une nouvelle manifestation.

 

Oruro 051

 

            Les fœtus de lama, en vente dans les kiosques parmi les biscuits. Les familles les achètent pour faire des offrandes à la Pachamama, la déesse de la terre, dans l’intention d’améliorer leur propre fertilité.

 

 

Foetus de lama 005

 

Partager cet article

Repost0
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:56

   Du lac Titicaca à La Paz

 

Mercredi 01/09 et jeudi 02/09 : 112 kms, entre 4000 m et 3600 m.

 

Nous quittons San Pablo peut-être un peu trop vite, car au bout de 3 kms de montée, Tim s’aperçoit qu’il manque à Cassbizou sa béquille. Nous déchargeons le tandem sur fond de quelques jurons et Marc repart à sa recherche. Le vélo est si léger qu’il manque de tomber les premiers mètres et doit rechercher un nouvel équilibre, ce qui fait bien rire les enfants.

 

Pendant ce temps, nous faisons la rentrée scolaire au bord de la route.

 

2 La rentrée scolaire 1 2 La rentrée scolaire

 

Mais Marc est si rapide que les nombres de 1 à 30 n’ont pas le temps de finir de danser avec Tim, et que les unités de mille redonneront rendez-vous à Léa plus tard.

 

Lucile est malade mais elle avance vite sur son vélo et nous la retrouvons un peu plus loin. Nous quittons la vue sur le lac Titicaca et nous nous éloignons de plus en plus du berceau de l’humanité.

 

1 Le lac Titikaka 1

 

Il fait froid et après 65 kms, nous nous arrêtons à Palcoco dans un « alojamiento » pour la nuit. La femme nous propose deux chambres, donnant sur la cour, au sol en terre battue avec un et deux lits. Léa et Tim partagent la chambre avec Lucile.

 

1 Cinéma à Palcoco

 

Quand à nous, nous devons dormir en quinconce tellement le lit est étroit. Inévitablement vient le moment où l’un de nous a besoin d’aller aux toilettes et avec une évidence déconcertante, on nous répond que les toilettes sont…dans la rue. Nous sommes tous très courageux de jouer le jeu : il nous faut sortir de la cour, faire 20 mètres dans la rue, se faufiler entre deux murs, essayer de se cacher, trouver où poser les pieds, se boucher le nez tout en tenant le rouleau de papier, ne pas vaciller…sur un monticule où les poules ne vont même pas.

Quant à l’eau, elle est courante, au robinet situé au milieu de la cour.

 

1 Palcoco

 

Après une mauvaise nuit, pour les besoins du petit matin, personne n’a le goût de retourner sur ce tas et nous attendons les premiers kilomètres pour aller là où bon nous semble, dans la pampa. Quel bonheur, quelle propreté et quel confort !

 

Nous reprenons la route, motivés pour arriver à la Paz en milieu de journée. Motivés et aussi soucieux, car on nous a tenu des propos inquiétants quant à l’approche de cette ville.

 

Après des kilomètres de lignes droites, où nous roulons à vive allure, c’est sous quelques gouttes de pluie que nous atteignons les premiers aménagements urbains. Nous entrons dans un chaos, impressionnant : El Alto, la ville périphérique qui accueille la majorité de la population indienne pauvre, située à 4200 mètres d’altitude et balayées par les vents glacials de l’altiplano. On nous conseille d’aller par là, non par ici ou plutôt par là, on se trompe, on se faufile entre les véhicules, les gens, traversons le marché. On se retrouve coincés dans un bouchon, et même sur les trottoirs, c’est le blocus. Incroyable ! Alors nous attendons patiemment que la circulation se débloque. Au détour d’un édifice, une trouée dans ce chaos et dans les nuages nous laisse entrevoir….le chaudron !!!! La Paz, là, en bas !

 

La Paz 065

 

Nous sommes époustouflés, impressionnés et les cieux nous baptisent d’un grésille qui nous glace   mais le hasard nous met sur une route secondaire assez calme et peu fréquentée pour descendre dans les entrailles de cette ville.

 

La Paz 1

 

L’arrivée dans le centre historique de La Paz, situé autour de la plaza San Franscisco se fait de manière plutôt agréable hormis qu’il fait froid. Toujours sous la pluie, nous cherchons un hôtel non loin de « la casa des cyclistas », où est attendue Lucile. Les recherches sont vaines car soit il n’y a pas de place, soit c’est trop cher. Nous décidons d’aller tous les 5 à « la casa des cyclistas » et sommes chaleureusement accueillis par Christian et Louisa.

 

Chuquiago bike café 002 Chuquiago bike café 006

 

Le Chuquiago bike café est ouvert depuis plus d’un an et permet de se poser dans un lieu convivial pour manger, boire, rencontrer d’autres cyclos et non cyclos, et d’organiser ses futures expéditions. C’est aussi un cyber café. Tout y est. Nous prenons le temps de savourer la french quiche et de se réchauffer avec un bon maté, de lire nos mails.

Christian propose de nous prêter un appartement pour nous 5. A la tombée de la nuit et dans un trafic urbain important, nous nous y rendons.

 

Quartier des universités, une vieille maison coincée entre des immeubles modernes, 3 appartements, seul un est habité par Carmen, la tante de Christian.

 

Nous découvrons ce qui sera notre logis pour quelques jours. L’appartement est non meublé, hormis deux fauteuils sales, et une étagère, dans un état insalubre car les locataires précédents n’en ont pas pris soin, mais il y a la lumière et l’eau chaude dans la salle de bains, le grand luxe ! Les parquets accueillent nos couvertures de survie, matelas, duvets.

 

Nous sommes jeudi 02 septembre, arrivés à La Paz sans encombres, logés dans un appartement pour 10 bolivianos par personne… le concert peut commencer « plaza del estudiante », suivi du feu d’artifice.

 

La Paz 12

 

On pourrait croire que tout est fait pour fêter notre arrivée, et c’est sur ce rêve que nous nous endormons.

 

Séjour à La Paz

 

Du vendredi 03/09 au samedi 11/09

 

Les 3 premiers jours, repos et découverte du quartier, sous un temps tantôt pluvieux, tantôt ensoleillé.

 

La Paz 068 La Paz 005

 

Nous allons à l’Alliance Française emprunter des livres, à l’Ambassade de France pour nous déclarer. Lucile, toujours bien malade se rend chez un médecin. Tim se plaint de mal à l’oreille et nous devons consulter un généraliste puis un ORL. Rien de grave mais son état nécessite un traitement.

 

Balade jusqu’à un parc pour enfants, où nous trouvons un crocodile en liberté, et nous faisons une partie de jeu d’échecs géants.

 

La Paz 035 La Paz 052

 

Nous n’oublions pas de fêter l’anniversaire de Marc, en présence de Lucile et de Carmen, avec pour cadeau du gruyère et du roquefort trouvé dans un supermarché !

 

Anniversaire Marc 003

 

La présence de Carmen nous apporte l’aide matérielle (vaisselle, chaises). Elle nous laisse son appartement pour accéder à internet. Elle nous donne plein d’infos et ses conseils sur les visites à faire. Mais surtout, ayant vécu 15 ans en France (où vivent ses enfants et petits-enfants), elle parle très bien français. Nous aimons l’écouter nous raconter son histoire et découvrir ses passions.

 

Chez Carmen 011

 

Une après-midi, quelle n’est pas la joie de Léa et Tim de l’entendre proposer une tartine de nutella !!! Il reste dans son placard un pot rapporté de France, entamé il y a plus d’un an et dont la saveur est encore intacte ! Un régal pour petits et grands.

 

Une des filles de Carmen vit en Nouvelle Calédonie, et nous acceptons sans hésiter de lui porter une enveloppe, qui d’ici là va faire le tour de la terre avec nous. Carmen ne connaît pas la Nouvelle Calédonie et espère bien s’y rendre un jour. En attendant, nous ferons les messagers pour elle.

 

Mardi, nous partons visiter la Vallée de la lune, située en contrebas de La Paz, ce qui nous permet de voir la capitale d’en bas. Nous traversons « la Californie », quartier chic qui se situe 800 mètres plus bas que El Alto.

 

La vallée de la lune est une formation géologique qui doit son aspect lunaire à l’érosion, plusieurs fois millénaire, par le vent et la pluie.

 

Vallée de la lune 016

 

Cette promenade au milieu des cheminées de fées est réellement féerique.

 

Nous poursuivons jusqu’au zoo de La Paz pour y rencontrer quelques pumas, condors, tortues, ours, singes et autres lamas, vigognes, alpagas etc.

 

Parc zoologique 005 Parc zoologique 021 Parc zoologique 018 Parc zoologique 043 Parc zoologique 028 

 

Christian nous y rejoint et nous accompagne par la suite pour visiter la maison de son père, qu’il prête aux cyclistes de passage. Aujourd’hui, cette maison a l’allure d’un musée où sont exposées d’innombrables peintures et autres œuvres que son père peignait, dessinait, créait tous les jours.

 

Avec Christian 006

 

Nous décidons d’ailleurs d’échanger Fanlabise et Cassbizou contre un scooter sur lequel nous tenons confortablement tous les 4…

 

 

Avec Christian 013

 

....mais nos tandems se rebellent. Nous continuerons donc avec eux.

 

Mercredi, nous partons à la découverte des musées de La Paz.

 

Le musée national d’ethnographie et du folklore est installé dans le palais Villaverde. Datant du XVIII siècle, il a été déclaré Monument national en 1930. De structure coloniale, il est construit autour de deux cours, dont la principale offre une belle façade sculptée.

 

Musée ethnologique et folklorique 065

 

On se promène dans la salle des textiles, qui montre l’art du tissage lié aux différentes ethnies. On peut encore y voir un indien scotché au métier.

 

Musée ethnologique et folklorique 024

 

La salle des masques rassemble une collection magnifique que Tim prend en photos. Ils proviennent des différentes régions de Bolivie et en particulier d’Oruro où chaque année se déroule le carnaval le plus important du pays.

 

Musée ethnologique et folklorique 049 Musée ethnologique et folklorique 033 

Musée ethnologique et folklorique 037 Musée ethnologique et folklorique 048

 

La salle des céramiques montre les différentes techniques et les origines ethniques de cet art ancien et unique. A l’extérieur nous admirons les quatre cruches dont deux proviennent d’Europe.

 

Musée ethnologique et folklorique 095

 

La salle des plumes contient des plumes : incroyable n’est ce pas ?!! C’est l’art de la plume par excellence qui décore des lances, des flèches, des chapeaux, des parures et même des sous-vêtements.

 

Musée ethnologique et folklorique 076

 

Les musées Costumbrista, de l’Or, et la casa de Murillo quasiment attenants les uns aux autres sont assez complémentaires. Ils donnent une approche vivante et imagée de l’histoire et du folklore de la Bolivie.

 

Musée de l'or 003 La maison de Los Pacenos 003

 

 Après cette journée de visite, Lucile, terrassée par son problème de santé rentre avec les enfants à l’appartement ce qui nous donne quelques espaces de liberté pour arpenter La Paz, cette incroyable capitale. De jour en jour, nous nous y sentons de mieux en mieux, apprenant à la connaître et à l’aimer.

 

Place Murillo 007

 

Dominée par un des plus beaux sommets de la cordillère royale, l’Illimani, c’est une ville en pleine effervescence, qui se développe, se construit, se modernise.

 

La Paz 057

 

D’attaque pour aucun exploit sportif, Lucile nous propose de garder les enfants jeudi, le temps pour nous de descendre la route de la mort en VTT car nous voulons ménager les tandems et nous octroyer une journée d’ivresse sans exposer les enfants qui d’ailleurs ne demandent pas à nous suivre.

 

Partis de bonne heure avec une agence conseillée par Christian, nous sommes déposés par un bus à la Cumbre, à 4700 mètres d’altitude.

 

Route de la mort 1

 

Route de la mort 12 Route de la mort 13

 

Après une mise en jambe sur route asphaltée, nous dévalons à vive allure les premiers kilomètres de cette route de terre connue pour avoir été extrêmement dangereuse lorsque les camions l’empruntaient et se croisaient au risque de tomber dans le ravin. Elle était considérée comme la route la plus dangereuse au monde.

 

Route de la mort 16

 

 Route de la mort 23 Route de la mort 32

 

Nous la dévalons à vive allure, cadre à terre, frôlant la mort à chaque virage. La descente est enivrante, périlleuse. A plusieurs reprises nous nous arrêtons à quelques millimètres du précipice, la roue avant parfois dans le vide.

 

Route de la mort 28

 

Les saltos avant succèdent aux sauts périlleux arrière dans une maîtrise implacable comme lorsque nous avions vingt ans.

 

Route de la mort 34

 

Après 63 kms de pure folie, nous arrivons éreintés mais heureux à Yolosa, à 1200 mètres d’altitude, dans une chaleur écrasante qui nous contraint à une baignade salvatrice.

 

Route de la mort 42 Route de la mort 45

 

Pour le retour, nous empruntons la nouvelle route dont les derniers tronçons sont sur le point d’être asphaltés.

 

Le jour suivant, retour à la réalité avec courses, nettoyage des tandems, préparatifs pour un départ de La Paz le lendemain. Lucile, quant à elle, se décide à rentrer en France pour se faire soigner.

 

La Paz 047

 

Nos routes se séparent là alors que nous rêvions de faire encore un bout de chemin ensemble. Tout comme nous, les enfants sont tristes de ce choix mais nous comprenons sa décision qui semble être la meilleure pour elle.

 

Route de la mort 49     Chuquiago bike café 003     Route de la mort 50

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 17:27

 

Dimanche 29/08, lundi 30/08 et mardi 31/08

 

De bonne heure, Anne-claire et Lucile partent pour acheter les billets pour les îles du soleil et de la lune. Malheureusement, cette dernière destination est au dessus de nos moyens et nous nous contenterons d’aller seulement sur l’île du soleil. Le départ est à 13h30, ce qui nous laisse le temps de nous décrasser, déjeuner, arpenter le marché pour faire des provisions pour deux jours.

 

Baptême des voitures

 

A notre grand étonnement, devant la cathédrale, nous assistons au baptême des voitures. Surréaliste ! Tous les véhicules, de la micro à la grosse mercédes, sans oublier les bus et camions, sont décorés, aspergés d’eau bénite par un prêtre, pendant que les chauffeurs arrosent l’événement…à la bière.

 

Arrivés au port, Léa décide de ce que sera son cadeau d’anniversaire de retour de l’île : un tour de pédalo. Incroyable !

 

Le port Copacabana 1

 

Nous voici partis pour une heure et demi de traversée sur un rafio. Le voyage nous permet de faire connaissance avec George et Cornélia, des allemands, dont leurs fille et gendre, Chiara et Kaï sont en mission comme volontaires à Cochabamba pour encore deux mois.

 

 

En allant à l'Ile du Soleil

 

Ils n’hésitent pas à jouer aux cartes avec Tim et Léa. Dès notre arrivée à Yumani au sud de l’île, sur leurs conseils, nous reprenons un bateau pour gagner le nord, avec le projet de faire le chemin retour à pied.

Kaï connaît et grâce à lui, nous trouvons facilement notre logis pour la nuit.

 

Nous découvrons la plage, son sable fin et les vaches qui, comme nous, batifolent et s’adonnent à des bains de pied dans le lac Titicaca.

 

La plage 8

 

 

Nous n’irons pas jusqu’à étudier si les bouses de vache flottent, ou si leur densité les entraîne jusqu’au fond de l’eau, bien que ce sujet reste des plus intéressants.

 

Léa, Tim et Lucile sont les plus courageux et se baignent 30 secondes. L’eau n’est pas si froide que ça, mais le fond de l’air est frais, la hi ho, la hi ho. Nous ne ferons que trempette.

 

Pour nous réchauffer, nous partons pour une petite marche dans le but de voir le soleil se coucher.

 

Promenade vers le couchant 1

 

Mais l’île est vaste et longue et les criques succèdent aux criques, ce qui ne nous permet pas de voir le soleil s’enfoncer dans les eaux du lac.

 

Ile du Soleil 075

 

Retour de nuit avec des yeux de chouette jusqu’à un resto où nous dégustons une nouvelle trucha, en compagnie d’Anais, étudiante de 19 ans en stage au Pérou pour trois mois.

 

De bon matin, Anne-Claire bondit du lit pour assister au lever du soleil et à l’éveil de la nature, alors que les cochons sont encore vautrés dans leur boue.

 

Ile du Soleil au petit matin 3 Ile du Soleil au petit matin 9

 

Le petit déjeuner face au lac n’est pas des plus désagréable et nous donne l’entrain pour démarrer la randonnée de 4h00 pour traverser l’île.

 

Cornélia, Georges, Kaï, Chiara et un petit bolivien Pause

 

En compagnie de nos amis allemands, nous arpentons le chemin bien tracé de pierres et de sable, qui nous mène de site en temple pré-inca.

Cette île est fascinante de beauté et offre des paysages paradisiaques désertiques.

C’est un plaisir de la traverser ainsi, en prenant le temps, en compagnie de nos enfants qui avancent avec entrain.

 

Traversée de l'île

 

Après 5 heures de randonnée, nous arrivons de justesse pour embarquer sur le bateau qui nous ramène à Copacabana.

 

Malgré l’heure tardive, nous sommes motivés pour sauter dans un pédalo, et se laisser conduire par Léa, enchantée de cette responsabilité, pendant que Lucile sirote un « jugo de pina » à la terrasse d’un café.

 

Pédalos 10

 

Mais la fête continue et c’est au resto qu’elle souffle ses bougies, disposées sur une miche de pain, avant de déguster un panqueque au chocolat. 9 ans et déjà capable de prises de conscience et de clairvoyance sur bien des sujets.

 

 Anniversaire de Léa 11 Photo de famille 5

 

Le lendemain, nous profitons du dernier jour de vacances de Léa et Tim pour visiter Copacabana. Nous grimpons au sommet du « calvario », belvédère qui nous permet d’avoir une belle vue sur la baie et la ville.

 

Copacabana vue d'en haut 1 Le calvario

 

Les boliviens viennent y faire des offrandes et des cérémonies arrosées. Nous en percevons encore les odeurs alcoolisées.

 

Après la balade au marché...

 

Marché à Copacabana 6 Marché à Copacabana 1

 

...nous visitons la cathédrale, un des bijoux de l’architecture baroque de la Bolivie, haut lieu du catholicisme andin. Elle est célèbre pour sa vierge, dont l’aspect change tous les trois mois, selon les oripeaux qu’on lui met. Elle est l’œuvre d’un sculpteur indien, qui à l’origine, la représenta sous la forme d’une princesse inca.

 

Parvis de la cathédrale 1

 

 Porte de la cathédrale 3 La salle aux cierges 1

 

Un peu plus tard, nous pénétrons dans la salle des cierges, sombre et étonnante. Les murs sont noircis par la fumée et recouverts de dessins à la cire.

 

Marco 1 Anne-Claire Lucile Léa 2 Tim

 

Puis vient l'heure de chevaucher Fanlabise et Cassbizou. Vers 15h00, nous partons tous les cinq et roulons en direction de La Paz. Nous sommes surpris par le dénivelé qui nous hisse jusqu’à 4251m d’altitude. L’ascension est difficile, car les rafales de vent sont glaciales et s’opposent à notre avancée.

Toutefois, avec rude effort, nous y parvenons et regagnons le bord du lac, Tiquina, pour prendre le bac. C’est la séparation entre le grand lac et le petit lac.

 

Pittoresque barge, et effrayante, lorsque pénètre un bus et fonce droit sur nous… et s’arrête à un mètre ! Ouf ! Ce n’est pas aujourd’hui que nous finirons en crêpe.

La barge nous permet de rejoindre la rive d’en face, San Pablo. Il fait nuit, le temps vient de changer brutalement, le froid est là et nous devons nous en protéger. Vive la Bolivie...

  Coucher de soleil à Copacabana 12 

Nous trouvons refuge dans un « alojamiento » pour passer la nuit, moyennant 30 bolivianos pour 5, c'est-à-dire, 3 euros.

 

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:12


  Jeudi 26/08 : Puno – Chucuito, 15 kms, 3830 m.

 

Nous terminons les activités d’hier, (email, photos, blogue) et passons par la poste de Puno pour envoyer notre dossier médical à l’assurance en France. Il ne faudra que 15 à 20 jours pour qu’il arrive, nous dit-on.

 

Puno à Copacabana 012

 

Au moment du départ, Issac offre à chacun de nous une petite marionnette en laine, et c’est vers 15h00, après un au revoir chaleureux, que nous prenons la route. Vu l’heure, nous le savons, nous n’irons pas très loin. Nous longeons le lac Titicaca, par une route qui nous parait bien dangereuse : route droite et étroite, donc les véhicules vont vite, pas de bande cyclable.

 

 

Dernière ligne droite

 

Sur notre chemin, comme souvent, un chien bondit du bord de la route et vient droit sur nous. Alors que nous le chassons, il fait demi tour mais se trouve percuté de plein fouet par la voiture arrivant en face : accident sous les yeux de Léa, qui se retrouve bouleversée et choquée.

Nous nous arrêtons dès que possible dans une « hospedaje » pour nous remettre de nos émotions et passer la nuit. Léa et Tim regardent Aladin sur le net book, pendant que nous préparons la soupe.

 

Vendredi 27/08 : Chucuito – Juli, 70 kms, 3850.

 

Nous avons bien dormi et sommes tous les 4 en forme pour reprendre la route, avec beaucoup de vigilance. Rien de très intéressant à voir, c’est la campagne péruvienne qui touche à sa fin, et nous en profitons pour avancer rapidement. Nous restons impressionnés par le nombre de chiens écrasés.

 

En Bolivie

 

Nous quittons ce pays que nous avons découvert et apprécié pendant deux mois au travers de ses innombrables sites et visages. Nous avons entretenu une proximité privilégiée avec la nature et l’environnement humain. Voyager à vélo, moyen de locomotion universel, voyager en famille, avec des enfants de bas âge, sont des accélérateurs de rencontre et de fait, elles ont été nombreuses et intenses.

Les étapes ont été souvent longues et difficiles et parfois au détriment de prendre du temps pour soi. Nos deux jours sur les îles du lac Titicaca, nous ont rappelé la nécessité d’être attentifs à cette dimension de notre existence.

 

Samedi 28/08 : Juli (Pérou) – Copacabana (Bolivie), 64 kms, 3830 m.

 

Alors que nous chargeons les tandems pour notre dernière étape péruvienne, Léa aperçoit une cyclo voyageuse en train de se préparer aussi à partir, quelques mètres plus loin sur le trottoir.

 

Lucile 1

 

Bonjour Lucile…La rencontre est spontanée, facile, agréable. Nous nous sentons d’emblée proches les uns des autres, d’autant que les enfants perçoivent en elle une ressemblance avec Laurie, leur grande sœur, qui leur manque.

 

Lucile Gare à vous

 

Lucile voyage seule depuis huit mois. Elle a déjà traversé en vélo les Pyrénées et l’Espagne, puis l’océan atlantique en catamaran. Elle a séjourné à Cuba avant de se rendre au Mexique, puis rejoindre le Pérou. Son périple et ses expériences sont impressionnants. Aujourd’hui, la solitude lui pèse.

Pour toutes ces raisons, nous nous invitons mutuellement à faire route ensemble et continuons de faire connaissance en roulant. Elle a un bon coup de pédale de par son jeune âge et son vélo plus léger que Fanlabise et Cassbizou et nous peinons pour la suivre dans les montées.

 

Heureusement, nous avons de quoi boire, grâce à nos gourdes Véloland, magasin fiable et de qualité qui nous équipe.

 

Ca fait soif

 

Olivier, Denis, Jean-Paul et toute l’équipe…êtes-vous là ?

Désolé, nous n’avons aucun problème technique pour l’instant qui nous permettrait de nous mettre en relation à ce sujet.

 

Pomata 004

 

 

Nous arrivons à Pomata, dernière ville intéressante à visiter et parquons nos vélos dans l’enceinte de la cathédrale.

 

Pomata 010 Pomata les mariés 033

 

Nous sommes samedi, jour des mariages. A la sortie de la cérémonie religieuse, nous sommes invités au mariage civil à la mairie. Protocole, champagne bolivien, « saltenias », sorte de chausson aux légumes et à la viande, photos.

 

Pomata à la mairie 038 Pomata à la mairie 057

 

Pomata à la mairie 052 Pomata à la mairie 054

C’est bien atypique de se trouver dans de telles circonstances en tenue de cycliste !

 

Quelques kilomètres plus loin, nous quittons l’axe principal et prenons la route de Copacabana. Les paysages sont de toute beauté et déjà se dessine Yunguyo, puis Kasani, ville frontière.

 

 

 Frontière péruvienne

 

Les formalités sont vite faites, et nous foulons le sol de la Bolivie, tout émus.

En expliquant au douanier notre voyage à vélo, il nous accorde un droit de séjour de 30 jours supplémentaires. Nous avons donc 60 jours pour traverser ce pays.

 

 Là-bas la Bolivie

 

L’arrivée sur les hauteurs de Copacabana en fin de journée nous permet de contempler un coucher de soleil de pure beauté.

 

Coucher de soleil à Copacabana 5

 

La fatigue est là et nous nous arrêtons au premier hôtel, pour s’installer tous les 5 dans une chambre. Après un repas agréable dans un resto chaleureux, où Tim s’endort sur la table, nous rentrons à l’hôtel pour nous remettre de la fatigue de la journée.

 

Sur les bords du lac Titikaka

 

Au revoir le Pérou

Partager cet article

Repost0