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Avelofodelo

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Bonne lecture.

Fête de retour aux Mollettes

Fête du retour, le 26 juin 2011 aux Mollettes (Savoie)

Fete-aux-Mollettes.Photo_A.Bernes.R.JPG

Photo Agnès Bernès, Le Dauphiné libéré.

25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 12:29

 

 Du lundi 28/03 au mercredi 06/04 : séjour à Lifou. 

 

Selon les indications de notre guide touristique et sur les conseils de Martine et Patrick, des amis cyclistes, nous choisissons la formule séjour chez l’habitant dans la tribu de Wé, car ils assurent un transfert gratuit pour l’aérodrome, indispensable pour nous qui venons à Lifou sans nos tandems pour une dizaine de jours. En revanche, il nous faudra accepter les prestations et le règlement intérieur :

 

1-    Lever matinal au chant du coq. Pas question de dépasser les 10h00 sans quoi vous risquez de ne plus pouvoir déjeuner.

 

Coq et poule


2-    1er bain de la journée vivement recommandé dans l’eau tiède et limpide du Pacifique pendant que vos hôtes préparent le thé.

 

Baie de Chateaubriand 6


3-    Obligation de manger le pain fait maison, cuit au four dans un moule en forme de cœur, tout en contemplant l’horizon, l’immensité de l’océan et le bleu azur de son eau.

 

4-    Brossage de dents collectif, à l’eau courante au tuyau du jardin, pieds nus dans l’herbe douillette, en écoutant les vagues qui viennent lécher le sable blanc de la plage et le murmure du vent dans les palmes vertes des cocotiers.

 

5-    Pendant et après chaque repas, il y a lieu de refaire le monde, revisiter votre existence au regard de celle qui se consomme à Lifou, apporter un esprit critique sur les deux modes de vie.

 

6-    2ème bain avec masque et tuba pour découvrir sur une patate, le monde sous-marin féerique, peuplé d’une multitude de poissons tous plus colorés les uns que les autres.

 

7-    La sortie au marché de Wé est obligatoire pour le choix des légumes qui composeront les repas. Il faudra privilégier les produits du terroir. Pas de hamburgers-mayo-quetchup, pas de frites sauf si elles sont confectionnées avec du manioc.

 

Wé marché 1


8-    Il vous faudra apprendre à monter aux cocotiers, au risque de tomber et de vous casser le coxis,

 

Didier monte dans cocotier

 

ouvrir les noix de coco à la machette sans vous couper un doigt, tailler votre propre couteau dans un morceau de bois.

 

Ouverture noix de coco


9-    Pour les enfants, limitation du terrain de jeux à l’océan et à la brousse. Le peu de souplesse du règlement les autorise toutefois à ouvrir un chantier dans la cuisine pour construire rivières, lac et barrage à même le sable.

 

Fabrication d'un lac sous abri commun


10- En cas de maladie, repos obligatoire dans l’espace douillet de la famille et à l’abri des intempéries parfois imprévisibles. Sur ce temps de convalescence, il faudra tolérer sans la déranger la poule qui a élu domicile dans le lit conjugal de vos hôtes.

 

11- Les visites touristiques sont incontournables si vous ne voulez pas finir au trou d’eau.

 

12- Le soir, après le 3ème bain et la douche froide au tuyau, alors que la nuit tombe et que la fraîcheur s’installe, le feu de bois est de rigueur.

 

Ce règlement nous parait draconien, exigent et nous doutons de nos capacités à tenir un tel rythme. Nous sommes donc inquiets et imaginons nos hôtes tels de vrais « ténardier ». Vaille que vaille, on en a vu d’autres.

 

Lundi 28/03

Comme d’habitude, notre précieux Jean-Benoît, toujours adorable et serviable, nous dépose à l’aérodrome de Nouméa au petit matin. A l’heure prévue, l’avion d’environ 60 places, décolle sous une pluie fine et s’enfonce dans les nuages.

 

Nouméa aéroport 4


Trente minutes plus tard, Lifou la plus vaste et la plus peuplée des îles Loyauté est en vue. C’est sous un grand beau temps qu’elle nous apparaît couverte de forêts et toute plate (point culminant à 104 mètres). Un grand virage au dessus de la tribu de Xepenehe et le train d’atterrissage touche le sol de l’aérodrome de Wanaham.


Plante

 

Corinne est là, souriante, sous son chapeau tissé en feuilles de palmiers, habillée de couleurs vives, ce qui nous paraît d’emblée un peu louche car cela ne correspond pas à l’idée que nous nous faisons d’elle. Que nous concocte-t-elle ?

 

La méfiance est en nous et nous devons charger nous-mêmes nos quelques sacs dans la voiture. C’est là qu’elle décide de conduire en direction du nord. Premier imprévu, est-ce pour nous perdre dans la brousse ?

 

Baie de Jinek 2


La voiture s’arrête pour acheter du pain dans l’unique boulangerie de l’île, ça promet, puis roule encore quelques kilomètres jusqu’à la baie de Jinek, le temps d’un pique nique, confectionné par nos soins, on ne sait jamais.

 

Au repas nous faisons plus ample connaissance.

 

Baie de Jinek 4

 

La discussion va bon train et nous nous surprenons à nous confier mutuellement des fragments de nos vies.


Alors que nous commençons à sentir la douce sensation de bien être aux côtés de Corinne, elle nous propose en dessert un noni, un fruit qui pue le fromage, berk ! Si c’est pas pervers, ça !

 

Noni


Après avoir mangé, Corinne nous propose une promenade digestive jusqu’à la chapelle Notre Dame de lourdes, d’où nous jouissons d’une belle vue sur la baie de Santal.

 

Eglise notre Dame de Lourdes

 

Elle se met à cueillir quelques fleurs de frangipanier, blanches et jaunes au parfum sucré enchanteur et deux papayes vertes qui seront destinées, l’une à une salade, l’autre à une soupe. Elle nous explique les vertus des plantes sauvages qui nous entourent, ce qui met ainsi à jour une des ses passions, comme celle de vivre en harmonie avec la nature.

 

Vanille du jardin

 

Les tensions du départ sont maintenant complètement dissipées.

 

On nous aurait menti !!!!

 

Nous reprenons la voiture qui s’en va par les chemins. Nous sommes maintenant tous les quatre impatients de rencontrer le reste de la famille et de découvrir leur maison.


A notre arrivée, Didier nous accueille dehors dans le jardin avec un beau sourire bienveillant et chaleureux.

 

Corinne et Didier


Comment vous décrire les lieux ?

 

Le terrain est situé au milieu de la baie de Chateaubriand, à l’écart du village, dans un coin de nature, entouré de brousse, à quelques mètres de la plage qu’il surplombe.

 

Baie de Chateaubriand


Dans ce jardin, une maisonnette abrite deux chambres et un bureau. Elle est robuste puisqu’elle a résisté au cyclone de janvier dernier. Cinq mètres plus loin, sous un toit de taule ondulée, c’est la cuisine, en deux parties.

 

Chez Corinne et Didier abri commun

 

Un local fermé dans lequel on mijote les repas, avec frigo et toutes sortes d’astuces pour garder les denrées à l’abri des prédateurs, comme les rats, les fourmis, etc.

 

Trophée un rat

 

C’est aussi le garage des vélos pour la nuit. Un pan de mur s’ouvre en bar sur la partie de vie. Celle-ci est ouverte aux quatre vents, contient deux tables, des bancs posés à même le sable.

 

De là, lorsque le tableau noir qui sert de volet est relevé, la vue sur l’océan pacifique est de toute beauté. Comment ne pas laisser divaguer son esprit entre deux gorgées de thé ?

 

Vue sur l'océan

 

Insolite : depuis quelques temps, une tombe est là derrière la cuisine.

 

Chez Corinne et Didier

 

Elle contient la dépouille d’un membre de la famille propriétaire du terrain. Sa présence depuis deux ans, ne trouble en rien le silence, bien que la cohabitation des premiers jours ne fût pas évidente, Corinne et Didier étaient déjà locataire des lieux.


Plus loin sous les cocotiers, un cabanon abrite les toilettes, le lave linge et la baignoire.

 

Wc baignoire et lave-linge

 

Mais la plupart du temps on se douche au tuyau d’eau froide situé à côté de la cuisine, face au lagon.

 

En limite de brousse, un hangar abrite l’étendage à linge et sert d’entrepôt à bois.

 

Nous avons l’embarras du choix pour implanter la tente, ce qui n’est pas une mince affaire car les cocotiers sont nombreux. Les chutes de coco ne préviennent pas et laissent de bons souvenirs lorsqu’elles atteignent leur cible. Après une étude très poussée s’appuyant sur les lois de la gravitation, nous installons la tente entre maison et cuisine, contre un buisson de toutes sortes de plantes.

 

Campement chez Corinne et Didier

 

Nous accompagnons Corinne, par la plage de sable blanc, pour aller chercher Jules, 8 ans, à la sortie de l’école.

 

Jules 1


Au retour, alors que le jour décline, nous enfilons les maillots de bain et dévalons les 30 mètres jusqu’à la plage pour nous plonger dans une eau chaude. La nuit s’installe tranquillement alors que nous barbotons encore.

 

La soirée est paisible, beaucoup de choses à se raconter pour faire connaissance et la nuit qui suit nous apporte un bon repos.

 

Mardi

Nous nous laissons porter par la douceur de vivre qui règne sur ce jardin. Nous découvrons les confitures maison de coco, de papaye, de citron, délicieuse sur le pain fait maison. Pour le déjeuner ce sera banane cuite (une variété non sucrée), wetr (chou calédonien), darne de tazard, riz blanc, pommes de terre.

 

Marius à la vaisselle Didier au fourneau


Corinne a organisé pour nous une rencontre avec l’école de la tribu de Tingeting, l’enseignante, Wali, est leur amie. Nous nous y rendons sur le temps d’étude. Les 15 élèves répartis en trois sections de CE2, CM1, CM2 sont présents.

 

Avec Wali à la guitare, ils nous accueillent par un chant de bienvenue wallisien, magnifique et interprété avec beaucoup de vitalité.

 

Ecole de Tingeting

 

Ils nous racontent leurs projets en cours et notamment la création d’un film selon un scénario qu’ils ont construit de toute part. Le tournage est prévu dans les prochaines semaines, puis ils iront en juin sur le Caillou, le présenter au festival du film de la Foa. Trois élèves nous jouent un extrait d’une scène.

 

Puis c’est au tour de Léa et Tim de raconter leur voyage autour du monde. Léa explique l’itinéraire et les pays traversés.

 

Ecole de Tingeting 15

 

Tim dessine un tandem au tableau.

 

Ecole de Tingeting 17


Nous échangeons aussi sur nos modes de vie respectifs. Où allez-vous en cas de cyclone ? Qu’il y a-t-il sous la neige ?

 

Ecole de Tingeting 12  Ecole de Tingeting 14


En fin de rencontre, Wali est tout à fait partante pour démarrer un échange avec l’école de Laissaud, qui est très demandeuse. Ni une ni deux nous transmettons la bonne nouvelle à l’école et à ce jour les échanges ont démarré.

 

Ecole de Tingeting 20


Nous quittons Wali avec une invitation de sa part à venir dormir dans sa case ! Quel honneur ! Nous sommes comblés. « Oleti », Wali, ce qui veut dire merci en dréhu (prononcer djéhou) la langue de Lifou.

 

De retour à Wé, nous faisons la connaissance de Marius, 13 ans, occupé avec son père à faire fondre du fromage sur du pain et à alimenter le feu de bois.

 

Wé préparation du feu

 

Installés sur la natte à même le sol, alors que les enfants sont affairés dans la maison à découvrir des photos de famille, nous nous racontons nos vies et savourons le temps qui passe.

 

Mercredi

Quelques gouttes de pluie sur la toile de tente et le chant des coqs nous tirent de notre sommeil. Nous allons nous glisser dans l’eau du Pacifique, quel bonheur ! Au retour, il est 7 h00 passées et nous croisons Marius qui part au collège sur son vélo. Il est en 3ème au collège de Wé comme externe.

 

Après un délicieux petit-déjeuner, Didier nous emmène découvrir le marché de Wé.

 

Wé marché tissus 1

 

C’est un festival de couleurs, à commencer par celles des tissus des robes popinées que portent toutes les femmes. Nous trouvons de quoi remplir les sacs de légumes et de fruits : ignames, patates douces, manioc, haricot serpent, haricots verts, wetr (chou calédonien), concombre, pommes lianes (fruits de la passion), papaye, petits citrons jaunes, beignets de pomme de terre à la viande.

 

Wé courses au marché 1


Nous poursuivons nos courses par la poissonnerie pour y trouver deux vivaneaux et du thon jaune. Une halte par la bibliothèque nous permet d’emprunter des livres pour les enfants.

 

De retour à la maison, nous nous mettons au travail scolaire avec Léa et Tim,

 

Travail scolaire

 

pendant que Corinne prépare le repas : papaye verte râpée avec jus de citron, huile d’olive, concombre, sashimi de thon jaune, boulettes de pommes de terre à la viande hachée, et pommes lianes en dessert, un vrai régal.

 

Préparation papaye 2

 

Nous apprécions la citronnade quotidienne (petits citrons jaunes pressés avec de l’eau et du sucre).

 

Dans l’après-midi, Léa et Tim partent avec Corinne pour suivre son cours de danse pour enfants. Jules qui est malade depuis deux jours reste alité et dort sur le lit de ses parents, la poule à ses côtés.

 

Poule dans le lit

 

Marius part à son cours de planche à voile, nous pouvons d’ailleurs le voir depuis le jardin.

 

En fin de journée, une amie de Corinne et Didier vient nous rencontrer pour échanger sur notre voyage. Elle propose d’écrire un article pour le journal, les Nouvelles Calédoniennes. C’est sympa de sa part.

 

Vendredi

Corinne et Jules nous accompagnent pour une visite du sud de l’île. Nous traversons la tribu de Traput (prononcer tchapout) qui accueillera cette année la grande fête de la Convention de Lifou.

 

Nous roulons jusqu’à la tribu de Mu et Corinne nous propose d’aller voir la grande chefferie.

 

Emblème du district de Lössi


Lifou est divisée en trois districts coutumiers, Wetr au nord, Gaïca au centre et Lössi au sud, où nous sommes, ce dernier comportant une quinzaine de tribus.

 

Une fois garés, alors que nous nous approchons de la grande chefferie, un homme vient à nous, nous demande nos intentions et qui nous sommes. Paraissant en confiance, il nous propose alors de rentrer dans la grande case.

 

Grande chefferie de Mu


Nous passons plus d’une heure à le questionner et à l’écouter nous présenter les symboles de la grande case, l’organisation de leur tribu, le rôle du grand chef, des chefs et des généraux, le déroulement d’une coutume. Aujourd’hui, les problèmes d’adultère ne se règlent plus devant le grand chef mais le divorce, oui. C’est surtout pour des problèmes de foncier que l’on vient devant le grand chef, en faisant la coutume. L’homme offre des ignames au grand chef pour régler son passage devant lui, la discussion a lieu et l’homme repart avec une solution à son problème.

 

Léa, Tim et Jules restent très attentifs et silencieux, captivés par moments. Nous sommes touchés par toutes ces confidences. Nous avons le sentiment d’avoir vécu un moment exceptionnel, nous nous sentons comme imprégnés de la force qui règne dans cette grande case et de l’humanité qui se dégage de cet homme.

 

Nous quittons cette ambiance solennelle en allant tout au sud sur le site sauvage des falaises de Xodre, pour un petit goûter.

 

Goûter à Xodre

 

Nous surplombant l’océan d’une dizaine de mètres. Nous sentons les embruns des vagues qui se brisent au dessous de nous dans un fracas sourd. Corinne cueille quelques petites herbes pour agrémenter la salade de concombre.

 

Sur la route du retour, nous nous arrêtons sur la plage de Luengoni. Les enfants se baignent. Marc se pose avec un bon bouquin.

 

Plage de Luengoni

 

Corinne et Anne-Claire marchent jusqu’au bout de la plage, dans une poudreuse de sable blanc en admirant le coucher du soleil sur les îlots rocheux coralliens, instant inoubliable.

 

Ce soir, Tim et Léa sont ravis car ils sont invités par Corinne et Didier à dormir dans la maison, avec les enfants. C’est la fête !

 

Samedi

Baignade, travail scolaire, traitement des photos. Au déjeuner, nous découvrons une autre spécialité de Lifou, les frites de manioc, et savourons la salade de concombre aux herbes des falaises.


C’est aussi le jour où Yvonne, 16 ans, rentre pour la semaine de vacances scolaires. Les quatre enfants et Corinne partent la chercher à l’avion, l’aérodrome est à trente minutes de voiture. Elle rentre de son lycée à Nouméa où elle est scolarisée comme interne, en 1ère. Son retour est attendu par tous et nous sommes ravis de faire sa connaissance.


Yvonne adore cuisiner.

 

Yvonne rape coco 1

 

A peine rentrée, elle se met à confectionner un gâteau aux pommes et fruits de la passion et prépare le dîner avec sa mère : sashimi de thon jaune, on ne peut pas s’en lasser, nouilles de riz aux carottes et haricots verts, tisane de citronnelle du jardin.

 

La soirée est chaleureuse et conviviale.

 

Repas du soir

 

Les enfants mettent de la musique et dansent pendant que les parents refont le monde en rigolant comme des bossus.

 

Dimanche

Sortie masque et tuba avec Corinne sur une patate pour explorer le fond marin. Nous sommes dans la baie de Chateaubriand et il y a de forts courants et un mélange d’eau douce venant de la rivière ce qui trouble parfois l’eau.

 

Baie de Chateaubriand 5

 

Nous apercevons quand même de beaux poissons d’un bleu turquoise. Le temps pour Anne-Claire d’attraper le mal de mer.

 

Des copains de Corinne et Didier viennent manger. Laurent arrive d’abord puis Bruno après une sortie pêche en mer. Tous confectionnent des spécialités pour le repas : pinacolada façon Lifou : ananas, coco râpée, papaye, piment, le tout mixé, jus de citron, et rhum, à servir bien frais.

 

igname Poisson perroquet 2


Sèche cuite à l’huile et à l’ail, poisson perroquet et poulet cuits au feu de bois, poisson fumé, purée de courge et purée de patate douce, igname violet, frites de manioc, gâteau au fruits de la passion et à la vanille.

 

Jeux de jonglage et grimpe du cocotier, balade dans la cocoteraie et retour à la nuit.

 

Léa monte dans cocotier 1 Anne-Claire monte dans cocotier

Marc monte dans cocotier

Lundi

Dans la nuit, de fortes averses nous tiennent éveillés et vont compromettre notre programme. Il pleut toute la journée et nous annulons notre sortie au cap des Pins.

 

Journée à la maison où chacun vaque à ses occupations. Didier est informaticien et travaille à domicile.

 

Base de pilotage de l'île

 

Corinne est artiste et prof d’art plastique et de danse.

 

Atelier poterie


La fin du déjeuner est un événement. Corinne est allée chercher à la poste un colis arrivé pour nos deux familles envoyé par Martine et Patrick. L’instant est solennel.

 

Le colis de Patrick et Martine 1


Ouahouh ! Un livre pour chacun des enfants, du fromage de Parves, et du chocolat !!!

 

Le colis de Patrick et Martine 10


Quels cadeaux ! Que c’est bon, à l’autre bout du monde !!! Merciiiiiiiiiiiiii.

 

Le colis de Patrick et Martine 5


Le soir, nous répétons le chant que nous avons écrit pour la soirée de demain chez Wali. Les enfants s’amusent à tour de rôle à faire le sketch du nain, quelles rigolades !!!!

 

Le sketch du nain 2


Mardi

Après le déjeuner, nous partons pour Tingeting sous un temps maussade. Nous prenons au passage les enfants de Wali, Viry, 16 ans et victoria, 11 ans pour aller nous baigner au trou d’eau.

 

Trou d'eau 4


C’est un trou au pied d’une petite falaise contenant de l’eau douce, limpide comme le cristal. Nous nous baignons dans la pénombre. Quelques écrevisses se cachent entre les rochers et semblent apprécier le retour au calme après notre sortie de l’eau.

 

Sur la route du retour après avoir récupéré Laurent et sa fille Solène, 11 ans, nous arrivons en nombre chez Wali pour la soirée.

 

Soirée chez Wali 4


Wali a préparé un bougna aux légumes (igname, banane, chou, lait de coco) et Corinne, une soupe de papaye et thon blanc. Gâteau au citron et gâteau au chocolat pour le dessert.

 

Bougna aux légumes


Le bougna est la spécialité traditionnelle kanak. Les légumes mariés à la viande (bœuf, porc poulet ou cerf) ou au poisson et fruits de mer sont noyés dans le lait de coco, emballés dans une enveloppe de feuilles de bananier parfaitement étanche. Ce « plat » cuit lentement sur un lit de pierres chauffées sous une couverture végétale recouverte de terre. Il faut donc plusieurs heures de travail (creuser le trou, couper le bois, ramasser les feuilles de bananier, ramasser les légumes, les éplucher, tuer le poulet ou pêcher le poisson).

 

On peut aussi cuire un bougna dans une cocotte comme l’a fait Wali ce soir, ce qui est plus rapide, et excellent dans tous les cas.

 

Après ce bon repas, nous laissons place aux chants, poème et sketch avant d’aller nous installer dans la case pour la nuit.

 

Case de Wali


Mercredi

Au réveil, mauvaise surprise, Léa a de la fièvre et ne se sent pas en forme, pas facile quand on n’est pas chez soi. Après un bon petit déjeuner, nous quittons Wali et ses enfants et rentrons à Wé préparer nos affaires.

 

Victoria Wali et Viry


Léa reste couchée toute la journée. Le dernier café sous le banian est encore un bon moment avant le départ.

 

Banian 2

 

Corinne nous conduit à l’aérodrome et c’est une nouvelle fois la mort dans l’âme que nous quittons nos nouveaux amis.

 

Merci à Martine, Patrick, Lison et Tom, amis cyclistes aventuriers, de nous avoir fait connaître une famille adorable.


Merci à Corinne, Didier, Yvonne, Marius et Jules de nous avoir si chaleureusement accueillis dans leur petit coin de paradis à Lifou.

 

Photo de famille 1


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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 02:28

 

Notre virée sur la Grande Terre, en tandems durant quinze jours, fera l’objet d’un article ultérieur.

 

Les étapes ont été magnifiques mais souvent difficiles en raison du climat très chaud et humide, des routes à relief et sinueuses. Ce fut une épreuve physique, dans un environnement de tout beauté.

 

Notre programme de visite nous amène alors sur l’île des Pins, située au sud est de Grande Terre. Des incertitudes pèsent sur les navettes du Betico II, car ce bateau reliant les îles au Caillou, doit être mis en carénage prochainement. La date étant incertaine nous décidons de prendre l’avion.

 

Nouméa aéroport 4

 

Les tandems et le réchaud à gaz devront rester à Nouméa.

 

Nouméa départ

 

Mercredi 23/03 : Nouméa – Ile des Pins, 25 minutes en avion

 

Après l’installation au camping de Nataïwatch, nous découvrons avec stupéfaction la baie de Kanumera.

 

Baie de Kanuméra 4

 

Le rêve est devant nous, autour de nous, en train de s’accomplir : pour la première fois de notre vie nous sommes sur une plage de sable blanc et doux comme de la farine, face aux eaux turquoises, sous les cocotiers qui répandent leurs ombres bien nécessaires par ce beau soleil.

 

Baie de Kanuméra 14

 

Equipés de nos masques, tubas et tee-shirt, nous partons surplomber les patates coralliennes, autour desquelles vivent les poissons multicolores. La température de l’eau est idéale pour barboter des heures. La baignade est paisible et nous sommes quasi les seuls dans l’eau.

 

Les enfants s’en donnent à cœur joie et sont insatiables à jouer sur la plage.

 

  Baie de Kanuméra 13

 

Dans l’après-midi, nous partons marcher. Par la baie de Kanumera, nous gagnons le rocher tabou puis la baie de Kuto, qui abrite elle aussi une longue plage de sable blanc bordée de cocotiers et de pins colonnaires.

 

Pins colonnaires 2

 

Des enfants kanaks nous indiquent l’accès au sentier.

 

Baie de Kuto 13

 

Nous nous enfonçons dans la forêt, sur un sentier étroit à travers une végétation dense, à la Indiana Jones.

 

  Forêt

 

Après 20 minutes de marche, nous arrivons sur une immense plage de sable blanc sur laquelle viennent se casser les rouleaux laissant derrière eux une écume onctueuse.

 

Baie des rouleaux

 

Léa et Anne-Claire se baignent tandis que Marc et Tim partent sur le platier en mission d’observation.

 

Baie de Kuto platier

 

De loin, Marc fait signe aux filles de les rejoindre : c’est marrée basse, nous pouvons tenter un retour par là avant que la marrée ne remonte.

 

Sur ce plateau de rochers et de corail, la vie bat son plein dans les poches d’eau : bon nombre de petits poissons, crabes, étoiles de mer, limaces, jusqu’aux deux magnifiques tricots rayés, peuplent les interstices.

 

  Tricot rayé 1

 

Serpent populaire, le tricot rayé se réchauffe sur les rochers entre deux parties de pêche. En effet il ne se mouille que pour attraper des petites murènes qu’il tue grâce à un venin puissant. Il est placide et craintif ce qui nous arrange bien. Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention de le déranger ni de tester sa morsure, qui est mortelle.

 

Corail 3 Molusque 1

 Corail 5 Corail 6

 

Nous continuons notre chemin, et le suspens commence à grandir car la marée monte. Arrivés au bout du platier, nous devons nous hisser sur le sentier pour marcher encore quelques centaines de mètres en surplomb du littoral.

 

Au dessus du platier

 

Nous retrouvons la plage de Kuto au soleil déclinant qui répand ses tons de orange et de rose. Nous nous replongeons dans l’eau limpide sous un soleil couchant rouge feu de toute beauté.

 

Jeudi 24/03 : Ascension du pic N’ga, 262 m, 2h30 de marche

 

Après une nuit douce et un petit déjeuner, nous rencontrons un jeune couple voyageant en tandem, Céline et Julien. Nous échangeons sur nos expériences et aussi sur nos équipements.

 

Tandem démontable Céline et Julien

 

Leur tandem est démontable d’où une facilité pour les transports en avion. Les informations rassemblées seront transmises en temps voulu à Olivier comme d’autre alternative d’équipement pour les voyageurs.

 

Puis, nous partons pour l’ascension du pic N’ga, sommet culminant de l’île à 262 mètres. Léa est très motivée et meneuse durant toute la randonnée.

 

Pic N'ga ascension 1

 

Tim est assommé par la chaleur et souffre dans la montée. Il trouve très injuste d’avoir des petites jambes à comparer des nôtres. Mais il retrouve de la motivation grâce aux cairns auxquels il apporte sa pierre. Marc simule un état de fraîcheur qui ne trompe pas l’œil exercé du photographe.

 

Pic N'ga fatigue au sommet

 

L’arrivée au sommet est un pur bonheur et nous procure une vue panoramique magnifique sur toute l’île.

 

Pic N'ga vue 2

 

Mais la chaleur et l’attraction de la baignade nous attirent de nouveau vers le bas sans plus tarder. Sur le chemin du retour, nous ramassons du bois mort pour le feu de ce soir.

 

Pic N'ga vue


Le retour à la fraîcheur des ombrages du camping, une bonne douche froide revigorent les troupes, sans compter le retour sur la plage : le bonheur.

 

 Baie de Kanuméra 22

 

Comme prévu à la tombée de la nuit, nous faisons un feu de bois sur un des foyers pour chauffer notre repas.

 

Vendredi 25/03 : Découverte de la baie d’Upi en pirogue. Exploration de la piscine naturelle à la baie d’Oro.

 

Nous nous réveillons de bonne heure pour rejoindre en bus Vao, village principal de l’île, puis la baie de saint Joseph. Nous embarquons sur une pirogue avec un autre couple Marc et Sylvie. Le piroguier est peu bavard.

 

Baie Saint-Joseph sur pirogue 3

 

Nous avançons à la voile sur les eaux vertes et bleues.

 

Baie Saint-Joseph sur pirogue

 

Nous croisons un peu plus loin dans ces eaux peu profondes une tortue qui passe son chemin avec légèreté.

 

Baie Saint-Joseph pirogue 7


Nous découvrons la baie d’Upi, parsemée d’îlots coralliens.

 

Baie d'Upi 16

 

C’est splendide ! Nous sommes sans voix devant une telle merveille.

 

Baie d'Upi 5


Arrivés au terme de ce voyage, nous poursuivons notre progression à pieds par un chemin en pleine forêt luxuriante.

 

Forêt 2

 

Nous traversons le chenal avec de l’eau jusqu’aux genoux et là nous arrivons au terme de notre randonnée : la piscine naturelle au fond translucide, taillée dans le corail, bordée de pins colonnaires et de cocotiers.

 

Piscine naturelle


Nous sommes dans la baie d’Oro, un site exceptionnel, béni des dieux. « Oro » signifie « cœur » en langue vernaculaire.


Nous prenons nos masques et tubas et plongeons dans cet aquarium grandeur nature.

 

Piscine naturelle 13

 

Les poissons appâtés par du pain viennent danser autour de nous dans un ballet de couleurs magnifiques.

Piscine naturelle 10  Piscine naturelle 11

 

 

C’est impressionnant, magique !!!

 

Quelques heures plus tard, l’eau s’est en partie retirée et la piscine à marée basse prend une autre allure.

 

Pins colonnaires 2

 

Les crabes violonistes grouillent dans le corail.

 

Crabe violoniste

 

Nous ne sommes plus que quatre dans l’eau. La piscine est à nous, pour une dernière exploration avant de retourner « chez Régis » où vient nous rechercher le bus.

 

Baie d'Oro 1


Nous sommes comblés par une si belle journée.

 

De retour au camping, nous ouvrons une noix de coco pour le goûter.

Puis nous retournons à la plage par le chemin d’accès du camping.

 

Camping Nataïwatch Camping Nataïwatch faré

 

Cette petite merveille verdoyante s’étire entre quelques propriétés paisibles.


Nous ne pouvons pas nous lasser de contempler la baie de Kanuméra et nous baigner, encore et sans modération, dans ces eaux si belles et d’une température si agréable.

 

Coucher de soleil

 

Samedi 26/03: Marché à Vao. Retour à Nouméa

 

Les magasins sont rares sur l’île et les victuailles manquent. Anne-Claire et Tim se lèvent de bonne heure pour aller en stop au marché de Vao. Un peu d’attente et nous sommes pris par une famille pour les 5 kilomètres qui nous séparent du village.

 

Sur le marché couvert, peu de fruits et légumes. Nous trouvons quand même une noix de coco, une pastèque, deux avocats, trois pommes cannelle, quatre pommes lianes ou fruit de la passion, et cinq bananes. Ce sera notre nourriture pour la journée rajoutée à un peu de pain. Retour en stop au camping avec la première voiture qui passe.

 

Après le petit déjeuner nous découvrons la baie de Kanuméra sous un autre regard.


Un bateau de croisière australien a accosté pour la journée avec à son bord quelques 2000 personnes.

 

Baie de Kanuméra 28

 

Que de monde sur la plage ! Nous sommes noyés dans la foule. On se croirait dans une piscine bondée. Marc et Léa parviennent à faire le tour du rocher tabou en masque et tuba. Nous revenons plus au calme sur une partie de la plage.

 

Baie de Kanuméra 19


Puis vient l’heure de ranger les maillots de bain, plier la tente et boucler les affaires dans les sacs pour regagner l’aérodrome. Nous repartons par l’avion alors que le jour décline.

 

Ile des Pins aéroport départ 2


A peine élevés à 3000 mètres, l’avion doit déjà amorcer sa descente sur le Cailloux pour atterrir. Une fois à terre, le pilote accepte d’accueillir les enfants dans le poste de pilotage pour leur montrer quelques boutons et donner quelques explications.

 

Jean-Benoit venu nous chercher à l’aérodrome de Nouméa nous attend sur un siège, mort de fatigue après quelques heures de surf.

 

Nouméa arrivée


Un dimanche à Nouméa le temps d’un restaurant tous les six et d’une lessive et nous repartons lundi pour 10 jours à Lifou.

 

Nouméa restaurant 1


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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 05:14

 

Après notre étape australienne, nous atterrissons en Nouvelle Calédonie le 26/02 pour six semaines. Accueillis par Jean-Benoît et Valérie que nous avons rencontrés en Nouvelle Zélande, nos premiers jours d’acclimatation se passent dans le confort : ils viennent nous chercher à l’aéroport, nous hébergent chez eux, d’où nous préparons notre tour de Grande Terre. Nous décidons de faire le trajet Nouméa/Bourail en véhicule vu le trafic incessant sur cette portion de route que l’on nous a décrite comme dangereuse. Jean-Benoît devant s’y rendre pour le travail, nous partons avec lui et nos tandems trouvent leur place dans l’arrière du pick up.

 

Avec pick up de JB 

 

Mercredi 26/02 : Nouméa – Bourail, 185 km en voiture.

 

Vers Bourail, Jean-Benoît prend le temps de nous faire découvrir de beaux sites : la baie des amoureux et ses pins colonnaires,

 

Pins colonnaires

 

le point de vue sur la baie des tortues depuis le belvédère qui surplombe « le bonhomme », rocher qui se détache de la falaise.

 

Le bonhomme 1

 

Le camping de la plage de Poé est quasi désert lorsque Jean-Benoît nous y dépose avant de rentrer sur Nouméa.

 

Plage de Poé camping 1 Plage de Poé camping 2

 

Nous plantons la tente pour deux nuits car nous voulons profiter demain de la baignade dans ce magnifique lagon avec masques et tubas.

 

Plage de Poé 9

 

Nous faisons la connaissance d’un couple de bourguignons, Yves et Marie, en vacances pour un an, qui voyagent à pieds après avoir parcouru des kilomètres en vélos.

 

Vendredi 04/03 : Plage de Poé – La brousse, 42 km.

 

Ce matin, le jour n’est pas encore levé lorsque nous nous réveillons. Nous voulons partir tôt à cause de la chaleur, mais voilà, parfois la mise en route d’une famille prend plus de temps que prévu. Comment motiver nos enfants à pédaler par cette chaleur ? Sommes-nous fous ? Dans quoi les engage-t-on ?

Mais bon il faut y aller et c’est parti.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons une halte pour emprunter à pieds le tunnel (il y fait frais) du belvédère de la roche percée. A l’autre bout, nous débouchons au pied de la falaise face au lagon, c’est magnifique.

 

Tunnel de la roche percée le lagon

 

Nous retrouvons nos montures et de bonnes sensations dans les jambes. Nous sommes toujours contents de pédaler après de longues pauses. Nous gagnons Bourail en 15 kilomètres.

 

Nous nous arrêtons au musée pour voir la dernière guillotine française exposée. Impressionnant !

 

Bourail musée guillotine

 

Il y a eu deux guillotines en Nouvelle Calédonie, haut lieu de colonisation pénitentiaire au 19ème siècle. Un bagne était installé sur l’île de Nou.

 

Bourail musée bagne de l'île Nou

 

La dernière exécution avec cette guillotine a eu lieu en 1940. Puis l’abolition de la peine de mort en 1981 par Roger Badinter. Pas si vieux que ça ! Tim et Léa ont plein de questions et la discussion est fort intéressante.

 

Nous remplissons nos gourdes d’eau fraîche, quelques courses à la supérette et comme il est déjà 13h00 passées, nous décidons sans tarder de la pause pique nique à l’ombre d’un bel arbre.

 

Nous repartons très encouragés par les calédoniens assis de ci de là, non loin de la route, dans un état d’oisiveté bien compréhensif. La chaleur humide est harassante, les jambes sont lourdes, Anne-Claire est prise d’un malaise et doit s’arrêter en pleine montée sous l’ombre d’un magnifique niaouli. Nous essayons de nous désaltérer avec l’eau chaude des gourdes. Cette première journée est difficile.

 

Après 40 kilomètres, nous décidons de chercher un coin pour dormir. Pas facile car tout lopin de terre appartient à un kanak, on ne s’y pose pas comme ça, il faut demander et pour demander il faut quelqu’un mais dans cette partie désertique, les personnes se font rares. Nous nous dirigeons vers une maison, une femme nous accueille et téléphone à son mari pour avoir son feu vert. Elle nous indique une parcelle de pré à l’écart de la maison ; rien de plat, de hautes herbes, des mottes de terre entre les écoulements d’eau, nous remercions la femme et continuons plus loin.

 

Nous sommes tout juste repartis que des trombes d’eau nous tombent dessus. En quelques minutes, nous sommes trempés mais rafraîchis, ce qui fait du bien. Un peu plus loin, nous interpellons un homme qui sort d’un chemin en 4X4. C’est le mari. Il fait demi tour et nous propose de le suivre. Exercice d’équilibriste sur un chemin boueux d’abord plat puis montant, sans savoir où nous allons. Confiance, abandon de la maîtrise des événements. Nous arrivons à un grand hangar à flanc de montagne.

 

Chez Guy dans entrepôt 3

 

Guy nous propose de nous installer là, il y a même une pièce carrelée pour la nuit, un coin douche, un wc, un coin cuisine avec évier, le grand luxe.

 

Guy a une entreprise de terrassement. C’est ici qu’il gare ses engins et loge certains ouvriers. Il travaille essentiellement sur les mines de nickel, lorsque l’exploitation est terminée pour réaménager les terres autour de la mine, semer de l’herbe etc. Il prend son temps pour bavarder, puis nous laisse à notre logis d’une nuit. Nous mettons les affaires à sécher, et installons le nécessaire pour bien dormir : bâche au sol, matelas, moustiquaire indispensable.

 

Samedi 05/03 : La brousse – Plage de Franco, 65 km.

 

La nuit a été fraîche et nous sommes plus efficaces pour nous préparer à partir. Un cousin de Guy arrive pour bricoler dans le hangar. Il nous invite à venir dormir sur son terrain lorsque nous passerons au nord du Caillou. Au moment de partir, pas de drapeau bleu blanc rouge accroché au mât. Nous le retrouvons sous le gilet jaune de sécurité. Bizarre.

 

Actuellement, la Calédonie  est en plein débat sur le choix du drapeau, ils ont approuvé celui du parti indépendantiste à côté du drapeau français, mais cela ne fait pas l’accord de tous.

 

Nous réussissons à partir à 7h45 par un grand beau temps. Le chemin de terre est sec et redevient route, vallonnée. Nous franchissons des butes qu’on appelle ici des cols : col du cap, col des citrons, col du bonhomme à 122 mètres, faisons une halte au col de poya, en admirant la vue sur les montagnes plus au centre.

 

La côte ouest se caractérise par de la forêt sèche et en arrière du littoral, une zone de savane, avec de grandes prairies ponctuées de niaoulis.

 

Montagnes

 

En fin d’étape, la fatigue se fait ressentir, nous nous dirigeons vers la plage de Franco, une

aire aménagée avec eau, douche, wc et faré.

 

Ripio vers plage de Franco

 

Nous plantons la tente en bordure de lagon devant un paysage qui ne cesse de nous émerveiller.

 

Plage de Franco coucher de soleil

 

Mais ici, on barbote plus dans la vase que l’on se baigne. On est samedi, les kanak sont installés pour le week-end. Léa se fait une copine, Ramaia, qui lui offre un paquet de biscuits.

 

Plage de Franco avec Rayana

 

Comme au bon vieux temps, nous ressortons le filtre à eau et la cuvette pour la lessive, ce qui nous replonge dans nos souvenirs d’Amérique du sud.

 

Plage de Franco filtre 1 Plage de Franco lessive 2

 

Pendant notre dîner, au soleil couchant, Ramaia nous apporte de la viande cuite au BBQ et du pain. Une des femmes du clan, Betty, vient voir si cela nous plaît. La générosité des kanak à l’égard de notre famille cycliste nous touche.

 

Nous nous couchons au son des vaguelettes et de la musique du groupe qui festoie à côté.

 

Dimanche 06/03 : Plage de Franco – Voh, 61 km.

 

C’est le grand calme au lever du jour, tout semble encore endormi, les oiseaux et même les vagues sont silencieuses. Les enfants se lèvent facilement, le soleil nous éclaire de ses rayons alors que nous déjeunons sous le faré.

 

Vers 7h30, nous sommes sur nos tandems, en forme, pour atteindre Pouembout, le village de Ramaia, 11 kilomètres plus loin. Pendant que nous faisons nos courses, plusieurs personnes nous abordent et nous donnent des conseils divers et variés sur la route, les visites etc. Après avoir fait le plein d’eau au robinet du marché et mis quelques capsules de micro pure, nous repartons par une piste cyclable jusqu’à Koné.

 

Pouembout-koné piste cyclable

 

L’herbe pousse au milieu, les racines soulèvent le goudron, mais nous sommes à l’abri des voitures.

 

Fanlabise et Cassbizou ont besoin de reprendre de l’air, nous nous arrêtons à une station service. Des kanak nous demandent si nous sommes de la police. Ni une ni deux nous leur demandons leurs papiers, puis nous arrêtons là la plaisanterie. Comment ont-ils pu nous prendre pour des policiers ? Est-ce à cause de nos chemises blanches ou plutôt du drapeau tricolore ? C’est décidé nous baissons pavillon et rangeons les deux drapeaux dans la sacoche, histoire de nous mettre à l’abri d’éventuels ennuis.

 

Après Koné, nous nous étonnons devant des vaches à bosse et aux grandes oreilles.

 

Vache aux grandes oreilles

 

Nous arrivons dans une zone de mangrove de part et d’autre de la route, la moiteur est forte.

 

Pouembout-koné mangrove 3

 

Nous apercevons au bout de la ligne droite un magnifique flamboyant dont une moitié seulement est encore tout en fleurs rouge. C’est la tribu d’Oundjo. Nous avançons sur un chemin pour demander l’autorisation de pique niquer sous l’arbre et trouvons Laura une kanak qui nous accueille à bras ouverts. Elle nous fait apporter par son petit-fils une natte et deux bouteilles d’eau fraîche et prend le temps de papoter. Un dicton kanak dit « les blancs ont l’heure et nous on a le temps ». Dans ces conditions, notre pique nique est confortable, reposant et nous repartons régénérés.

 

L’atmosphère est de plus en plus lourde malgré le soleil voilé. Au loin, le ciel s’assombrit, les nuages deviennent plus épais et noirs et soudain, les premiers coups de tonnerre et gouttes de pluie. Marc repère un accès pour nous mettre à l’abri sous le pont. Ca y est il pleut fort, il était temps. Nous trouvons deux jeunes enivrés, se baignant dans la rivière la bouteille de bière à la main. Ils sont sympas et corrects. L’un deux travaille pour l’entretient des éoliennes. Il devrait d’ailleurs aller faire un tour car elles sont toutes arrêtées, mais il préfère attendre la fin de l’orage avant d’intervenir. Les moustiques attaquent, ce qui n’est pas à notre goût, et une accalmie nous invite à repartir, d’autant que nous ne sommes plus qu’à une poignée de kilomètres de Voh, notre prochaine halte.

 

Mais 5 minutes après, nous sommes pris dans l’orage qui fait rage autour de nous. De violentes pluies, du vent, des coups de tonnerre et la foudre qui tombe à quelques encablures de nous, c’est terrifiant, nous ne voyons plus à 20 mètres  devant nous. N’ayant pas de lieu sécurisé pour nous arrêter, nous pédalons de toutes nos forces pour nous sortir de ce pétrin. Nous implorons le dieu du ciel de nous protéger et de faire stopper cet orage…et nous sommes entendus. Un peu avant Voh, la pluie cesse, nous bifurquons en direction de l’océan pour gagner le camping.

 

Nous arrivons trempés au bout d’un cap, dans une baie où le camping est désert.

 

Voh camping de Gatope 1

 

Des sanitaires, quelques farés. Il s’est remis à pleuvoir et histoire de mettre la tente à l’abri, nous tentons de planter les sardines sous le faré. Mais nos efforts sont vains, ça ne plante pas.

 

Sur la plage, à côté du camping, des jeunes enivrés parlent, crient, mettent la musique à fond, vont et viennent avec leurs voitures. Nous préférons nous faire discrets et planter la tente à l’abri des regards. Nous nous glissons sous la tente, alors que la pluie redouble de plus belle, et en espérant ne pas nous réveiller demain avec les matelas surfant sur l’eau.

 

Lundi 07/03 : Repos au camping de Gatope.

 

Il a plu toute la nuit et encore ce matin, nous n’avons pas le cœur à rouler dans ces conditions. Nous décidons de rester là et de profiter de cette pause vélo pour faire du travail scolaire, histoire que Léa et Tim n’oublient pas que 2 et 2 font 4.

 

Voh camping de Gatope

 

Baignade entre deux leçons de conjugaison.

 

Mardi 08/03 : Voh – Koumac, 78 km.

 

Ce matin pas de pluie, seulement la rosée et l’intention de tenir un rythme soutenu toute la journée : avant de poursuivre notre route pour Koumac, nous voulons aller voir le cœur de Voh, vu d’en haut.

 

Voh promontoire 2

 

Gladine, la gérante du camping avec qui nous avons sympathisé, nous invite à garer nos tandems dans le jardin de son petit fils, au pied de la montagne, le temps de notre randonnée.

 

Equipés de nos chapeaux et bouteille d’eau, nous marchons d’un rythme soutenu et gravissons les flans du mont Kathépaïk pour atteindre la plateforme aménagée à 400 mètres d’altitude. De là, nous pouvons deviner au loin, un petit coin de mangrove, ciselé par la nature et projeté à travers le monde par un photographe prestigieux : le cœur de Voh.

 

Voh coeur 1

 

Nous apercevons aussi les parcs à crevettes et à huîtres, les massifs miniers, le lagon, le village de Voh…que c’est beau !

 

Voh parc à crevettes

 

De la terre rouge plein les chaussures, nous nous remettons en route pour la descente. Tim râle car ses jambes ne sont pas aussi grandes que les nôtres.

 

Nous retrouvons nos affaires, avalons un petit encas et sautons sur nos tandems car le vent souffle fort dans le dos. Le soleil est voilé, la route quasi plate. Dans ces conditions, nous avançons avec plaisir et à vive allure.

 

Nous arrivons à Koumac en pleine forme et prenons le temps d’un arrêt à la quincaillerie pour acheter des hameçons et du plomb : Tim veut pêcher.

 

Pour gagner le camping, il faut affronter de face pendant un kilomètre les rafales de vent qui nous ont poussés pendant toute la journée. Le plus dur !

 

L’installation au camping de Pandope est rapide, à l’abri des rafales de vent.

 

Koumac camping de Pandope

 

Malheureusement, Léa se fait piquer au pied par une abeille, ce qui met de l’animation pour le reste de la soirée. Etiennette, la gérante, nous prête une hache et un couteau pour tenter l’ouverture des noix de coco que Tim a ramassées. Elle nous fait goûter des pommes cannelle.

 

Noix de coco

 

Après un long combat, Tim et Marc réussissent à ouvrir une coco qui s’avère délicieuse.

 

Nous nous couchons bien contents de notre journée, mais au son du groupe électrogène. Peut-être ferons nous des rêves éclairés.

 

Mercredi 09/03 : Koumac – Ouégoa, 43 km.

 

A Koumac, nous avons atteint le point le plus au nord de la côte ouest. Nous amorçons alors la traversée du Caillou par la montagne pour gagner la côte est. Il fait grand beau et très très chaud.

 

La route est fortement vallonnée. A chaque montée, nous croyons être dans l’ascension des cols de crève-cœur, mais non, ce n’est qu’une bute avec sa descente derrière qui nous ramène presque au niveau de la mer mais ventile nos organismes. Puis nouvelle montée, nouvelle descente toujours sous la canicule. Nous manquons d’eau et il n’y a pas d’habitation dans les parages.

 

Route des cols de Crève-Coeur 2

 

La campagne et la brousse sont magnifiques, les arbres en bord de route nous font de l’ombre lors des pauses. Léa a mal à son pied, très enflé et ne peut appuyer sur la pédale. Il faut nous accrocher, la route se dresse avec des pentes qui nous paraissent de plus en plus raides. L’équipe des filles doit mettre pied à terre à deux reprises.

 

Route des cols de Crève-Coeur 9

 

L’altimètre nous indique que nous sommes cette fois ci dans l’ascension des deux cols dont le plus haut sommet culmine à 405 mètres. Toute moquerie sur cette petite altitude sera punie d’une forte amende, on aurait voulu vous y voir.

 

Arrivé au sommet, Tim, courageux, redescend à pied pour soutenir le moral en déclin de Léa, pendant qu’Anne-Claire pousse Fanlabise et que Marc fait des photos pour immortaliser ce moment héroïque. Mais voila tous ces efforts sont bien récompensés. L’ultime descente pour arriver à Ouégoa. Ouf ! Il est déjà 16h00. C’est décidé, nous n’irons pas plus loin aujourd’hui. Demain sera un autre jour.

 

A l’épicerie du village, Huguette nous indique un espace vert de l’autre côté du pont qui enjambe le Diahot, l’unique fleuve du Caillou, où nous pourrons planter la tente.

 

Ouégoa Le Diahot 3

 

Ce petit coin de verdure se situe à côté du nakamal, bar où les kanak viennent boire le kawa, cette plante traditionnelle du Vanuatu avec laquelle on fabrique un breuvage qui hallucine quelque peu les esprits et échauffe parfois les relations.

 

Discrètement, nous montons la tente tout en observant les va et vient de quelques hommes en attente d’ouverture du nakamal. Mais ce soir, l’heureux propriétaire a la bonne idée de ne pas venir ce qui nous garantit calme et tranquillité.

 

Ouégoa campement 1

 

Une douche prise au tuyau d’eau nous fait énormément de bien et délasse nos corps meurtris par l’effort de la journée. C’est un vrai bonheur lorsque arrive enfin l’heure du coucher.

 

Jeudi 10/03 : Ouégoa – Pouébo, 48 km.

 

Il a plu toute la nuit. Au réveil, la tente est mouillée et la moustiquaire est pleine de terre. Nettoyage, rangement, petit déjeuner et déjà les premiers rayons brûlants du soleil.

 

Eprouvés par notre ascension de la veille et sur décision du Conseil des Enfants, nous essayerons d’arrêter un véhicule pour nous monter les 12 kilomètres du col d’Amos d’autant que les gens du pays nous l’ont décrit encore plus raide et avec un revêtement en mauvais état. Les propriétaires de l’épicerie, Yani et sa femme Kelly, nous proposent de nous y monter.

 

Col d'Amos 1

 

Affaire conclue, nous jetons Fanlabise dans le pick up avec toutes les sacoches pendant que Marc part seul sur Cassbizou en attendant que Yani le rejoigne sur la route et le monte à son tour. La pente est en effet impressionnante et nous avons une nouvelle fois la preuve que les routes ne sont pas enneigées en Nouvelle Calédonie.

 

De là-haut la vue est magnifique sur cette côte est prometteuse et tant attendue.

 

Col d'Amos cocoteraie

 

Avec une belle cocoteraie en vue, nous dévalons les quelques kilomètres pour nous retrouver au bord de l’océan.

 

Col d'Amos descente

 

Nous sommes entre des montagnes majestueuses et le lagon. La végétation est luxuriante.

 

Nous sommes dans la région des sculptures en pierre savon sur la très étendue commune de Pouébo d’une vingtaine de tribus. Nous passons la tribu de Balade où sont gravées dans la pierre les traces des événements qui ont bouleversé le devenir de l’île (débarquement de James Cook en 1774, première messe célébrée en 1843, prise de possession par la France  en 1853).

 

Nous cherchons en vain le magasin d’alimentation et le camping et trouvons une église. Sur les indications approximatives des habitants nous avançons mais toujours rien à l’horizon. La route est agréable, légèrement vallonnée en bord d’océan. On traverse les tribus, aux jardins colorés : hibiscus, frangipaniers, bougainvilliers, oiseaux du paradis, anthuriums.

 

Oiseau du paradis

 

Nous sommes encouragés tout au long du chemin. Les voitures sont prudentes à notre égard, ralentissent, nous klaxonnent en signe de sympathie. Les kilomètres défilent, le paysage aussi.

 

De jeunes femmes nous disent que le camping recherché est à 20 kilomètres  plus loin, mais entre temps un homme bienveillant nous indique une aire aménagée en bord de plage.

 

Pouébo faré 1

 

Enfin nous y arrivons et nous plantons la tente à l’abri d’un faré pendant que Léa et Tim vont jouer sur la plage.

 

Pouébo faré

 

Echange avec un jeune de république tchèque, rescapé du tremblement de terre de Christchurch, ce qui nous replonge dans la part d’histoire qui nous a touchés en Nouvelle Zélande.

 

Vendredi 11/03 : Pouébo – Hienghène, 52 km.

 

Pas de réveil ce matin. La tente positionnée à l’ombre du faré est à l’abri des premiers rayons de soleil et nous permet de faire une grasse matinée. Pendant que Marc et Tim partent à la pêche à la ligne, Léa lit et lit et lit encore et Anne-Claire prépare le feu pour faire cuire le tazard, la loche saumonée, le bossu doré ou le bec de cane, si ce n’est un dawa ou un picot rayé. Mais les garçons reviennent bredouilles, ce qui ramène le petit déjeuner à des crackers avec du noisety (pâte de cacao).

 

Contre partie de la grasse matinée, il fait très chaud lorsque nous démarrons. Que c’est dur, nous sommes plombés, comme sans énergie mais heureusement, le paysage est magnifique.

 

Côte est 19

 

Par moments, Léa tient beaucoup au slalom sur la route pour éviter de passer sous les cocotiers, les chutes de noix de coco pouvant être fatales.

 

Nous traversons les tribus où les toits de paille côtoient la modernité. Sur la route du littoral, elles sont bien souvent installées de part et d’autre d’une rivière, ce qui donne à chaque fois l’occasion de traverser un pont.

 

Côte est 6

 

Nous longeons des cascades et faisons halte à celle de Tao. Nous nous enfonçons dans la végétation luxuriante de cocotiers, bananiers, fougères arborescentes, pour y stationner les tandems au cœur de la tribu qui gère l’accès au site.

 

Cascade de Tao 14

 

Nous nous acquittons d’un petit droit de passage et partons à pied par le sentier qui mène à la cascade, équipés de nos maillots de bain et du pique nique.

 

  Cascade de Tao 1

 

Les rochers ombragés semblent nous attendre. Les garçons retentent une séance de pêche pendant que les filles font la lessive, telle les lavandières à l’époque de nos ancêtres.

 

Cascade de Tao 4

 

Ce repos rafraîchissant nous fait le plus grand bien mais ne peut pas s’éterniser. Nous frisons la rupture avec Léa et Tim qui contestent le retour à la chaleur écrasante. Une grève de pédalage s’en suit, ce qui met à l’épreuve un peu plus les parents.

 

Heureusement, nous arrivons au bac qui nous fait traverser la rivière de la Ouaième. C'est un lieu tabou qui ne permet pas la construction d’un pont, alors la barge continue de glisser le long d’un câble. Nous sommes les seuls à bord pour traverser les 250 mètres.

 

 Bac de la Ouaième 7

 

Il reste 17 kilomètres pour atteindre Hienghène et nous sommes déterminés à les faire, promettant à Léa et Tim quelques jours de repos.

 

Le profil rend la tâche difficile, quelques cols très éprouvants mais les enfants aident bien. Petit arrêt au point de vue du sphinx avant la descente sur Hienghène, patrie de Jean-Marie Tjibaou, leader indépendantiste, qui a œuvré pour la mise en place des accords Matignon et pour la reconnaissance de la culture kanak.

 

Hienghène 2

 

En revanche, la recherche d’un camping prend du temps. Après deux tentatives dans le village, il nous faut parcourir encore six kilomètres, pas tout plats, pour trouver le camping du « billet de 500 ». Ouf, ouf, ouf on est arrivés. La tente est montée en toute hâte car la nuit tombe. Nous sommes exténués et bien tentés de nous glisser dans nos sacs à viande sans manger. Mais pour nos deux petits équipiers, il n’en n’est pas question. Revigorés par la douche froide, nous trouvons l’énergie pour faire cuire notre couscous-ratatouille et apprécions de manger.

 

Vers 20h30, enfin nous sommes couchés pour un repos bien mérité.

 

A peine dix minutes plus tard, alors que les paupières tombent, un homme vient toquer à la porte de la tente pour nous informer de l’arrivée d’un tsunami vers deux heures du matin. Nous croyons rêver ! « Vous ne pouvez pas rester il faut aller sur les hauteurs. A minuit il faudra partir ». Ce n’est pas une blague, il a l’air sérieux. Léa est prise de panique et veut partir tout de suite. Elle réussit à se calmer et nous à nous détendre, un quart d’heure en essayant de réaliser ce qui se passe. Il est 21 heures, il n’y a pas le feu aux poudres.

 

Nous voici à tout replier dans la nuit à la lueur de nos frontales en essayant de ne rien oublier pour partir sur un promontoire et nous mettre à l’abri. Un jeune couple, installé au camping ayant la radio dans leur auto, nous donne un peu plus d’informations. Nous apprenons le tremblement de terre qui a eu lieu au Japon dans l’après-midi. Le tsunami est annoncé sur les côtes du nord de la Nouvelle Calédonie. Ils proposent de nous aider et de transporter nos affaires.

 

Côte est cheveux d'ange

 

Craignant qu’il ne pleuve dans la nuit, nous téléphonons à la gendarmerie afin de connaître l’éventuelle existence d’une solution d’hébergement. L’adjudant chef nous propose de venir planter notre tente dans l’enceinte de la gendarmerie située sur les hauteurs. Bonne idée et nous voici partis tous les 4 en tandems en pleine nuit pour regagner Hienghène. Après la peur des premiers coups de pédale dans le bois, nous trouvons plutôt agréable de rouler à la fraîche, à la lueur de nos frontales et de la lune.

 

L’adjudant chef, Patrick, nous accueille chaleureusement et nous assistons alors à la mise en place de toute la procédure d’alerte menée par les gendarmes. Diffusion de l’information, organisation des patrouilles dans les tribus pour encourager les gens à se mettre sur les hauteurs, sirènes qui retentissent. Léa et Tim tombent de sommeil. Nous nous glissons dans notre tente rassurés et en sécurité.

 

Hienghène gendarmerie campement

 

Au petit matin, nous nous réveillons sous une pluie diluvienne et nous apprenons qu’il n’y a eu que quelques vaguelettes sur les côtes de la Calédonie. Enfin, il vaut mieux prévenir que guérir.

 

Samedi 12, dimanche 13, lundi 14/03 : Hienghène, camping de Babou plongée.

 

Patrick nous offre un café, nous sortons les tartines car les enfants ont faim et nous aussi. Nous passons un bon moment avec lui à partager nos expériences.

 

  Hienghène gendarmerie 3

 

Nous sommes remis de nos émotions et sur les conseils de Patrick, que nous remercions de tout cœur, nous partons nous installer au camping de « Babou plongée » pour trois jours. Halte au point de vue de la poule couveuse pour admirer les îlots, puis nous descendons pour gagner la lagune de Lindéralique.

 

 Hienghène Point de vue de la Poule 9

 

Au camping, nous coulons trois jours tranquilles : plongées avec masques et tubas, pêche avec des lances que nous fabriquons, feu de bois pour chauffer notre repas en maillot de bain couverts de répulsif pour tenir à distance les moustiques.

 

Hienghène camping Babou plongée 11

 

Rencontre avec Patrick, professeur de français au collège de Hienghène et qui vit sous tente, pas banal !

 

Hienghène concert de jazz

 

Nous passons beaucoup de temps ensemble, soirée jazz au grand hôtel de la tribu de Koulnoué, promenade sous les rochers de calcaire karstique au milieu des cocotiers, bananiers, papayers, arbres à pomme cannelle, à corossols, etc. Le coin est magnifique.

 

Côte est papayes Flamboyant

 

Mardi 15/03 :.Hienghène – Poindimié, 54 km.

 

Réveil à 5 heures sous la pluie. Patrick nous salue avant de partir au collège. Nous jetons la tente dans un grand sac poubelle. Les enfants sont motivés car nous leur avons promis un super petit déjeuner au grand hôtel de Koulnoué. C’est un buffet à volonté où l’on trouve de tout. Un petit déjeuner pantagruélique qui nous tient une grande partie de la journée, savouré dans un cadre splendide.

 

Alors que nous nous apprêtons à repartir, deux gendarmes arrivent en VTT et tenue sportive, Patrick, et son collègue. Viennent-ils investiguer le personnel du bar ou tout simplement boire un café ?! Le temps d’un court échange et c’est parti pour nous.

 

C’est plat pendant 3 kilomètres  puis la route monte, il faut franchir trois cols. La route s’élargit et le revêtement devient meilleur. Pédaler en pleine digestion n’est pas si facile. Une halte s’impose à l’ombre pour nous reposer et faire sécher la tente.

 

Les cahutes de fruits, gardées par la tirelire dans laquelle on met l’argent, sont malheureusement vides, si ce n’est quelques bananes à cuire.

 

Côte est échope

 

Le cyclone de janvier a fait des dégâts dans les cultures. Et ce n’est plus la saison des letchis, dommage.

 

Nous repartons pour traverser Touho, dont les 11 tribus vivent essentiellement de chasse, pêche et agriculture (igname, manioc, canne à sucre, taro, chou kanak, etc…) comme sur une grande partie de la Calédonie.

 

Poindimié campement 7

 

Quelques  kilomètres avant Poindimié, nous trouvons une aire aménagée de farés au bord de l’océan. Nous menons une enquête très poussée, et ne voyant personne nous en déduisons que ce n’est pas un terrain privé et décidons de dormir là ce soir.

 

Poindimié campement 1

 

Tim adopte des bernard-l’hermite dans un bocal. Il passerait des heures sur la plage à observer et jouer avec tout ce qu’il trouve. Léa préfère les bêtes dans les livres. La nuit tombe dévoilant un beau ciel étoilé.

 

Poindimié campement 8

 

Mercredi 16/03 : Poindimié – Houaïlou, 83 km.

 

Ce matin, record battu, il est 6h30 lorsque tout est plié. Un copieux petit déjeuner et nous parcourons les 12 kilomètres  pour atteindre Poindimié, chef lieu de la côte est. Au rond point, nous nous arrêtons devant le logo des Jeux du Pacifique qui auront lieu fin août début septembre en Nouvelle Calédonie.

 

  Poindimié emblême Jeux du Pacifique

 

A Ponérihouen, on nous assure que l’eau est potable mais lorsque nous la tirons dans une bouteille, elle coule toute saumâtre. Les capsules de micro pure s’imposent.

 

Nous gravissons en quinze minutes le col qui culmine à 85 mètres ! La descente est délicate car la route est mauvaise, puis plate le long de l’océan. Au pied du col de Hô, un soudain orage nous surprend et par chance, nous trouvons à nous abriter sous un arrêt de bus. Une petite heure d’attente pour trouver l’accalmie véritable et repartir sur les conseils d’un homme venu s’inquiéter de nous. Le sommet du col est à un kilomètre, donc vite franchi à la fraîche et la descente nous pousse de quelques kilomètres.

 

Côte est bananes

 

Nous nous arrêtons au comptoir de Michèle pour acheter à boire. Il est 17 heures et nous voulons vraiment arriver à Houaïlou. Des hommes redescendent de la mine de nickel et viennent boire un coup. Nous expliquons notre besoin de trouver un endroit où dormir ce soir et notre intention de prendre un bus demain pour regagner Bourail. Tous sont de bons conseils et finalement c’est Michèle qui, après un coup de fil, nous trouve une solution. Nous devons partir vite car la nuit va venir et il reste 15 kilomètres  à parcourir pour arriver chez Daniel, le chef de la tribu de Waraï qui nous attend.

 

A l’entrée de la tribu de Waraï, un couple de Zoreilles s’arrête à notre hauteur et nous interpelle, inquiet de savoir où nous allons dormir vu l’heure tardive. La nuit tombe et il n’y a pas de camping aux alentours. Ils connaissent bien Daniel et sa femme Susanne et nous escortent jusqu’à leur maison, ce que nous apprécions.

 

Susanne arrive du champ et nous accueille avec un sourire chaleureux. Elle nous indique le jardin pour planter la tente devant l’arbre du voyageur.

 

Tribu de Waraï arbre du voyageur

 

Nous pourrons utiliser leur salle de bain et les toilettes. Nous montons la tente à la frontale et après une douche, nous rejoignons Daniel et Susanne sur la terrasse de leur maison. Nous leur offrons deux manous (tissus) et faisons une petite coutume pour nous présenter et les remercier de leur hospitalité. Ils sont très touchés et Daniel apprécie énormément notre geste qu’il décrit comme normal car dans le respect de la tradition. Ils nous offrent un thé et des bouteilles d’eau et nous proposent de chauffer notre repas sur leur cuisinière (purée de pommes de terre en flocons, haricots blancs). Nous leur offrons des chips et des cacahuètes, notre fond de sacoche.

 

Nous leur expliquons notre intention de prendre un bus demain pour Bourail. Le car passe juste devant leur maison vers 5h15, il suffira de l’arrêter. Eux devant aussi aller à Bourail demain, ils proposent d’attendre le bus avec nous et de partir après. Affaire conclue, nous nous glissons dans la tente pour un repos bien mérité après nos 83 kilomètres,  la plus grosse étape de ces quinze jours.

 

Jeudi 17/03 : Houaïlou – Nouméa, 70 km en voiture, 165 en bus, 8 km en tandem.

 

Réveil à 3h30 pour être prêts dans les temps. A 5 heures, les tandems sont chargés. Guidés par Daniel et Susanne, nous nous dirigeons sous le faré de la tribu situé en bord de route pour attendre le bus. Nous bavardons, le temps passe, les minutes défilent, le car arrive avec du retard. Susanne l’arrête, nous nous avançons sur la route et là, coup de théâtre, le chauffeur refuse de nous prendre avec nos deux grosses montures. C’est la douche froide ! Nous sommes désappointés, Daniel et Susanne aussi. Daniel nous explique qu’il a toujours enseigné à ses enfants de ne jamais laisser quelqu’un au bord du chemin car un jour ce sera peut-être lui qui aura besoin d’aide.

 

Côte est totem kanak

 

Il décide alors d’aller à Bourail avec deux voitures pour pouvoir nous y conduire. Il tente de démarrer le pick up et y arrive avec la batterie du tracteur. Nous chargeons Fanlabise et Cassbizou et toutes les affaires. Anne-Claire et Léa partent dans la voiture avec Daniel, Susanne, leur petit fils Pierre-Chanel et la mémé Agnès. Marc et Tim trouvent place dans le pick up aux côtés de Lili et c’est parti pour une bonne heure de voyage. 70 kilomètres de route très tournante, montante puisqu’il faut passer le col des Roussettes, qui culmine à 386 mètres. Léa est limite malade et contente d’arriver.

 

A Bourail, Daniel et Lili nous déposent au terminal des bus où nous allons essayer d’en prendre un pour Nouméa. Nous demandons à tout hasard à celui qui est stationné. Le jeune chauffeur est d’accord pour nous prendre mais part tout de suite. Ni une ni deux, Fanlabise et Cassbizou trouvent place dans la soute, couchés sur le flanc aux côtés des sacoches. Nous avons tout juste le temps de remercier Daniel et sa famille pour leur générosité.

 

Plante

 

Nous prenons place dans ce vieux bus, qui démarre à toute allure. Il nous semble rouler un peu trop vite, et ça brasse beaucoup. Nous discutons à l’arrière, Tim joue à la DS et soudain Léa se retourne avec des yeux désolés, se mettant à vomir sur elle et dans l’allée et ce bus qui fonce à 100 à l’heure !!! Nous cherchons mouchoirs, sacs en plastic, tee-shirt de rechange.

 

Voilà qu’elle va mieux et c’est au tour de Tim de nous déclarer « je veux faire pipi ». Tu ne peux pas attendre « non ». Comment faire, comment faire : la canette, que Tim a vidée avant le départ, il va la remplir, et Marc de la vider par la fenêtre. Personne derrière ?

 

Maintenant que tout va mieux nous entendons soudain un bruit bizarre dans le moteur, et le car doit s’arrêter. Problème mécanique ? Le chauffeur redémarre et roule à 20 km/h  pour s’arrêter définitivement en panne 500 mètres  plus loin à hauteur d’une station. « Il faut descendre et attendre un autre bus » dit-il. Tout le monde descend. Nous attendons un peu inquiets à l’idée que le prochain bus n’ait pas de place pour nos tandems.

 

Bouloupari panne du bus

 

Heureusement, le bus de Poindimié peut nous prendre et nous arrivons à Nouméa en fin de matinée. Nous pouvons recharger Cassbizou et Fanlabise qui ont bien supporté le voyage, sans égratignures, et nous diriger tranquillement vers la baie des citrons pour une baignade bien méritée.

 

29 Nouméa coucher de soleil 2

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 01:10

Du lundi 07/02 au vendredi 25/02/2011

 

Lorsque nous avons programmé les étapes de notre tour du monde, nous avons fait le choix de nous rendre en Australie pour nous y reposer de notre vie itinérante. Cette éventualité était possible dans la mesure où nous pouvions être accueillis chez Christophe, un ami savoyard installé avec sa famille à Canberra.

 

Sydney départ pour Canberra

 

Ce lundi 07 février, une fois dans le bus qui part de Sydney, nous réalisons à quel point notre choix a été pertinent : le paysage est monotone sur des longues distances qu’il eut été difficile de parcourir en tandem.


De plus, au terme de notre grande virée en Nouvelle Zélande, et de nos quatre jours intensifs à Sydney, nous sommes contents de la perspective de trouver du repos, de la tranquillité après ces sept mois de vie de nomades.

 

Mossy Point fleur 2


Nous nous réjouissons de rencontrer Christophe et de faire connaissance avec sa famille et accessoirement de parler un petit brin de la langue de Molière.

 

Arrivée à Canberra

 

Après 4 heures de voyage, nous arrivons à Canberra dans l’après-midi. Christophe vient nous chercher à la station, avec galerie sur le toit pour charger les cartons de tandems. Les retrouvailles sont chaleureuses et nous faisons connaissance avec son fils, Balthus, 11 ans.

 

Lac George 6

 
Nous traversons cette grande ville qui s’étale au milieu de la verdure

 

Canberra city 7 Canberra city 2

 

et dix kilomètres plus loin, nous arrivons dans le quartier résidentiel de Garran.

 

Canberra vue de Garran 2

 

Après un rafraîchissement, Christophe nous propose une balade au dessus de leur maison située aux abords d’une réserve.

 

Canberra Garran 6

 

Nous gravissons la colline d’où nous avons une belle vue sur une partie de la ville et nous saluons les kangourous qui vivent là.

 

 Canberra Garran kangourou 1

 

Avant le repas sur la terrasse, nous faisons la connaissance de Octavia, qui a repris le travail aujourd’hui...

 

Canberra départ 4

 

... et de Ondine, 13 ans, leur fille, qui a profité de ses dernières heures de vacances.


Nous sommes à la veille de la rentrée scolaire des enfants, et de la reprise professionnelle des parents, si bien que nous aurons les soirées et week-ends pour nous voir.

 

C’est un véritable bonheur pour nous de ne pas déplier la tente et de laisser la popote et le réchaud au fond des sacoches. Nous apprécions déjà le confort de la maison, la pièce qui nous est attribuée avec un bon lit. Léa dormira dans la chambre d’Ondine et Tim dans celle de Balthus.

 

En journée, au programme pour ces 18 jours : Visite de la capitale et de ses environs, pédalage au repos sinon pour nous déplacer dans Canberra, moments en famille.


Les jours où nous restons à la maison, nous organisons le travail scolaire de Léa et Tim à raison de 3 heures par jour,

 

Canberra Garran 14

 

ainsi que des rendez-vous « skype » avec leurs deux écoles. Nous consacrons aussi du temps à la mise à jour du blogue : rédaction des derniers articles sur la Nouvelle Zélande, traitement des photos.


Nous profitons des facilités d’accès à internet pour « skyper » avec notre famille et nos amis.

 

Premier week-end sur la côte pacifique

 

Christophe et Octavia nous emmènent à Mossy Point, dans leur maison de vacances.


Les deux heures de voiture pour nous y rendre nous donnent un aperçu du relief et des distances, que nous sommes heureux de parcourir confortablement assis les uns aux côtés des autres.

 

Braidwood 9 Braidwood 3

 

Leur maison, un chalet aux allures savoyardes est, d’après leurs enfants, le refuge des araignées.

 

Mossy Point 1

 

Il est vrai que nous en observons de belles, à l’extérieur heureusement. Certaines araignées font partie des animaux qu’il vaut mieux ne pas croiser en Australie.


La baignade dans les rouleaux est appréciée de tous.

 

Mossy Point plage 4

 

Les discussions en français nous permettent d’aller plus loin dans nos échanges, ce que nous apprécions énormément.

 

Mossy Point 5

 

Christophe est pharmacien et travaille au ministère de la Santé pour le ravitaillement des produits sanguins. Octavia est diplomate et travaille au ministère des affaires étrangères sur un programme d’aide aux pays en développement. Ce sont tous les deux de vrais livres ouverts, qui aiment partager leurs connaissances, qu’ils ont engrangées au cours de leurs multiples voyages à travers le monde. Les enfants sont scolarisés dans un collège franco anglais. Ils sont bilingues tous les 4 voire tri et quadri lingue pour Octavia.

 

Visites de différents musées et espaces de Canberra

 

Art Museum Galery

 

 

Canberra National Gallery of Australia 2

 

Visite d’une magnifique exposition de costumes des ballets russes constitués au début du XXème siècle à Paris, puis dans le sud de la France. Dommage qu’on ne puisse pas toucher car c’est du beau tissus, ça madame, dont certains motifs ont été dessinés par quelques personnages célèbres tels Matisse, Picasso.

 

Nous déambulons dans les expos permanentes, d’art moderne, aborigène, asiatique avec interdiction de prendre des photos, donc pas d’image à montrer. Nous en sommes désolés.

 

Mossy Point fleur

 

Côté photos, nous nous rattrapons à Questacon, le « La Villette » de Canberra, musée de la science.

 

Nous nous rendons à deux reprises dans ce musée tellement attractif et captivant. Les découvertes et expériences sont fabuleuses et excitent autant petits et grands, comme celles de piloter un dirigeable, construire une pyramide, résoudre des énigmes, vivre un tremblement de terre de force 5.6, faire un voyage en vaisseau spatial fou.

 

Et encore piloter un avion : Où nous conduis-tu, Léa ?

  Canberra Questacon 27

 

Tim, es-tu prêt pour la chute libre ?

 

Canberra Questacon 22

 

La multiplication des parents ne semble pas convenir à Léa et Tim qui trouvent que deux suffisent à leur bonheur.

  Canberra Questacon 11

 

National museum of Australia

 

Exposition sur l’art aborigène, sur les premiers australiens.

 

Canberra National Museum of Australia 11 Canberra National Museum of Australia 10
 

Circa est un système de cinéma projetant sur des écrans multiples des vues de l’Australie et des objets exposés au musée. Nous en prenons plein la vue.

  Canberra National Museum of Australia 14

 

Les matchs de rugby

 
Canberra a son équipe nationale, les Brumbies : Un soir de la première semaine, Tim et Marc partent avec Balthus et Christophe soutenir leur équipe jouant un match amical contre une équipe kiwi.

 

Canberra match rugby des Brumbies 2

 

Tim part avec son tee-shirt de Nouvelle Zélande et une casquette des Brumbies pour soutenir les deux équipes.

 

Canberra match rugby des Brumbies 4

 

Autre match, un samedi soir, l’équipe des Brumbies joue contre l’équipe de Wellington, Nouvelle Zélande. C’est le premier match du tournoi « des super fifteen » : cinq équipes d’Australie, cinq de Nouvelle Zélande et cinq équipes d’Afrique du sud se rencontrent durant plusieurs mois. Ce soir là, les Brumbies ont gagné. Léa et Tim ont joué leur rôle de supporters à fond, maquillés aux couleurs du club.

 

Le lac de Canberra

 

Canberra city

 

et ses pistes cyclables sont très agréables et permettent d’adopter un rythme de flânerie.

 

Nous saluons les « pukeko » qui vont et viennent tranquillement eux aussi,

 

Canberra pukeko 2

 

ainsi qu’un autre oiseau majestueux, juché sur une branche des bords du lac.

 

Canberra oiseau

 

Nous découvrons une des piscines de la ville à deux reprises, ce qui nous apporte du rafraîchissement en ces chaudes journées d’été austral.

 

Les environs de Canberra

 

Un jour, Octavia nous prête sa voiture et nous en profitons pour nous échapper de la ville. Nous parcourons quelques dizaines de kilomètres puis traversons la rivière Murrumbidgee avant de pénétrer dans la forêt. Plusieurs virages en montée, puis nous débouchons sur un joli plateau sauvage au milieu duquel coule la rivière Paddys.

 

  Tidbinbilla vallée 9

 

Une route mène au centre spatial de Canberra, qui détient une des plus grosses antennes au monde.

 

Canberra Centre spatial

 

Ce centre présente l’histoire de la conquête de l’espace et pose la question : vérité ou canular, les premiers pas sur la lune de Neil Amstrong ?

 

Canberra Centre spatial 4

 

Le centre travaille dans le cadre de programmes avec la NASA et avec l’Espagne. Voyage sur la lune et sur mars très intéressant. Quelques infos sur Messenger, le programme de navette envoyée dans l’espace et qui devrait arriver en orbite autour de Mercure fin mars 2011.

 

Après le pique nique, nous nous présentons à l’entrée de la réserve de Tidbinbilla. Nous allons parcourir en voiture un circuit de 18 kilomètres à la découverte de la flore et de la faune.
 

Un incendie a ravagé la forêt en janvier 2003 et la nature a repris le dessus mais nous voyons encore des traces de ses dégâts.

 

Tidbinbilla réserve naturelle 30

 

Les sentiers sont aménagés, on peut marcher et découvrir les animaux qui vivent ici :

 

de nombreux kangourous vivant par groupes,

 

Tidbinbilla réserve naturelle 8

 

un ému qui entame une course folle aux côtés des kangourous, insolite,

 

Tidbinbilla réserve naturelle 34

 

un walaby esseulé sous un feuillage, et pas ému pour deux sous,

 

Tidbinbilla réserve naturelle 28

 

des canards et cygnes,

 

Tidbinbilla réserve naturelle 22

 

papillons, et dans la forêt des eucalyptus, un koala.

 

 Tidbinbilla réserve naturelle 26 Tidbinbilla réserve naturelle 27

 

Le deuxième week-end, nous partons avec Christophe et Balthus faire une balade en voiture à quelques encablures de Canberra pour visiter la propriété de Matt, beau-frère d’Octavia. Là aussi petit aperçu de l’immensité australienne. Des hectares d’herbe jaune pour une dizaine de vaches, une maison écologique en construction, perdue dans la campagne.

 

Schingles Hill Road chez Matt 5

 

Non loin de là, le lac George, à sec depuis plus de dix ans à cause de la sécheresse de ces dernières années. Depuis quelques semaines l’eau revient, c’est étonnant et rassurant.

 

Lac George 3

 

Fin de séjour

 

Durant ces 18 jours, nous avons alterné les grasses matinées et les levers matinaux. Nous avons apprécié les notes de musique jouées au violoncelle par Balthus.

 

Canberra Garran 8


Et aussi les soirées avec toute la famille autour de quelques bons plats, spécialités des uns et des autres, arrosés de bonnes bières et vins.

 

Canberra Garran Canberra Garran poulet aux épices 1 Canberra Garran 27

 

Le problème est que nous avons tous les quatre beaucoup grossi et qu’il est grand temps de remonter sur les tandems.

 

Canberra Questacon 17

 

Nous avons apprécié de croiser tous les jours Noï, jeune laotienne qui vit chez eux durant une année d’études à Canberra.

 

Canberra Garran Noï 1

 

Un soir elle nous a cuisiné un repas asiatique (pâtes chinoises avec sauce de poulet aux légumes chinois).

 

La veille du départ nous avons savouré quelques bons plats malaisiens au restaurant. Ayant vécu quatre ans en Thaïlande, Christophe et sa famille sont friands de cuisine asiatique. Tout cela nous donne un aperçu de ce que nous allons trouver lors de nos prochaines étapes en Indonésie et Thaïlande.

 

Canberra resto malaisien

 

Durant ces quinze jours, le repos de Cassbizou et de Fanlabise a été réussi. Nous avons parcouru, sur le sol australien, moins de 100 kilomètres pour nous déplacer dans Canberra.

 

Canberra Garran 21

 

 

Canberra Garran 16

 

Pas de révision particulière nécessaire. Les tandems sont en bon état. Et pour la première fois en huit mois, nous avons pu conserver les cartons de transport des tandems. Quel gain de temps pour tout emballer.

 

Vendredi 25 février, départ de Canberra

 

Lever matinal pour charger les tandems sur la galerie et partir en même temps que toute la famille. Christophe nous dépose à la gare des bus et nous nous quittons par de chaleureux abrazos. « Vous m’avez apporté un peu de la Savoie ».

 

Canberra départ 6 Canberra National Gallery of Australia

 

La larme à l’œil nous le laissons partir à son travail. Nous trouvons à laisser tous nos bagages au guichet du transporteur car nous avons la matinée à passer, avant le départ de notre bus vers 13H30.

 

Nous gagnons à pied Canberra center, grand centre commercial, où nous tuons le temps assis aux tables des nombreux services de restauration. La matinée est calme et nous en profitons pour un temps de travail scolaire. Vers midi les premiers Canberrains arrivent pour leur pause déjeuner. Les tables sont envahies et vient pour nous l’heure de regagner la gare.

 

Anne-Claire se contorsionne pour ranger les bagages dans la soute, ce qui relève d’un exploit vu sa souplesse légendaire, pendant que Marc fait des photos. Ca aide.

 

Canberra départ 10

 

Même chemin qu’à l’aller en sens inverse entre Canberra et Sydney mais cette fois ci nous descendons directement à l’aéroport. Le départ pour la Nouvelle Calédonie est prévu pour demain matin, 8H30. Quinze heures d’attente en perspective, avec le projet d’essayer de dormir quelque part compte tenu du fait que l’aéroport ferme ses portes à 23 heures pour les rouvrir à 5 heures du matin.

 

Nous dénichons des rangées de fauteuils au sous sol, ce qui fera bien l’affaire pour y installer notre camp de base à zéro mètres d’altitude. Léger vent froid sous la clim, soleil ardent sous les néons, et musique de fond pour assurer une présence rassurante non négligeable vu le trou où nous nous trouvons.

 

Nous n’osons pas allumer le réchaud, décidés à rester discrets, et à ne pas attirer l’attention des autres SDF. Nous finissons les dernières miettes de pain avant d’installer les enfants sur des lits de fortune, qu’ils trouvent finalement bien confortables, vu la rapidité de leur endormissement.

 

Sydney aéroport départ 1


Vers minuit, les vigiles viennent contrôler nos billets, sans lesquels nous aurions été sommés de dégager.  


Nous décidons de veiller chacun notre tour, et de faire des rondes, le bâton télescopique à la main, Marc de minuit à 4H30 et Anne-Claire jusqu’à la réouverture du rideau de fer.

 

Vers 5h30, nous nous acheminons vers l’enregistrement des bagages.

 

Sydney aéroport départ 9

 

Notre bonne étoile est toujours là. Aucun problème pour le passage des tandems. Nous pouvons aller prendre un bon petit déjeuner et dépenser ainsi nos derniers dollars australiens.

 

Nous repartons satisfaits de ce séjour en Australie, qui nous a permis de visiter Sydney et Canberra et de rencontrer une famille bien sympathique. Merci Octavia et Christophe, Ondine et Balthus pour votre accueil et les bons moments.

 

Canberra départ


Nous avons profité de cette remise en forme bienfaitrice et maintenant les mollets nous démangent. Nous languissons notre prochaine étape calédonienne, le lagon et ses baignades en veux-tu en voilà.

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 12:33

Du jeudi 03/02 au lundi 07/02 : Visite de la ville.

 

Jeudi, nous décollons de la Nouvelle Zélande avec un peu d’appréhension car le cyclone Yasi sévit au nord est de l’Australie. Il a déjà fait de nombreux dégâts sur son passage et nous craignons de subir encore les vents. Plaqués au siège, nous sommes rapidement tirés de nos pensées obscures par la belle vue sur Christchurch puis sur les Alpes de l’île du sud. Séquence émotion. Que la terre est belle, vue du ciel !

 

Nous sommes encore une fois parvenus à déjouer les services de contrôle et, nos amis clandestins, Martin, Tété, Pitou, Simba, Gaston, Juliette et Mimie sont une nouvelle fois passés en douce à la douane. Bien joué notre fine équipe. Confortablement installés nous savourons ce beau succès.

 

Sydney dans l'avion 1

 

En cours de vol, de fortes turbulences interrompent le service du repas juste à notre hauteur. Ceci ne va pas dans le sens de nous rassurer.

 

Une petite heure avant Sydney, nous remarquons par le hublot des nuages blancs énormes, formant comme des murailles de coton infranchissables. C’est beau et effrayant à la fois. Allons nous nous enfoncer dedans ? Est-ce Aotearoa qui nous salue une dernière fois ? Il est temps d’amorcer la descente et de quitter nos 8.000 mètres d’altitude.

 

Sydney de l'avion 1

 

Nous apercevons alors l’océan avec deux cargos, puis les côtes de Sydney. Soudain la vue est époustouflante sur cette mégapole située entre les collines de Blues Mountains et l’océan.

L’avion survole toute la ville. Nous époustouflons en français et sommes émerveillés d’apercevoir l’Opéra de Sydney tant attendu que nous rêvons de visiter, les gratte-ciels, les baies, les parcs et des centaines de maisons individuelles.

 

Sydney de l'avion 5

 

Nous sommes maintenant si bas que nous avons l’impression de raser les cheminées.

 

Les turbulences ont repris, oups, bonjour les trous d’air, ça monte, ça descend d’un coup. Nous n’avons pas plus le pied aérien que le pied marin. Ca y est la piste est là, le train d’atterrissage est sorti et nous comprenons vite que nous arrivons au pays des kangourous. L’avion rebondit, bat des ailes, puis se pose et freine enfin avec une puissance à décorner les bœufs.

 

Bienvenue en Australie. Nous récupérons toutes nos affaires en parfait état. Les douaniers ouvrent les cartons pour vérifier la propreté des pneus. C’est ok. Troisième vol effectué sans difficultés.

 Sydney aéroport 3

 

Nous attendons comme convenu le taxi que le backpacker s’est engagé à nous envoyer. Au bout d’une petite heure arrive un petit homme qui, de suite, se montre médusé à la vue de notre chargement. Il doit téléphoner à son patron pour demander l’autorisation de charger nos tandems. Pour 10 dollars par carton c’est ok, mais arrivé à son minibus, il refuse de charger le deuxième tandem, et nous, nous refusons de nous séparer. Il nous somme d’attendre un autre taxi cette fois-ci plus grand. Nous attendons un long moment et ne voyant personne arriver, nous rappelons l’hôtel qui nous promet d’envoyer quelqu’un avec le véhicule adéquat. Mais toujours la même réponse. Deux heures après, aucun véhicule n’est en capacité de nous emmener. Est-ce que ce sont les 35° C à l’ombre qui commencent à nous chauffer ?

 

Sydney aéroport 6

 

Alors que nous parlementons avec le chauffeur d’un bus, un homme s’apitoie sur notre sort et peut-être sur celui des enfants. Il propose de faire l’effort de nous transporter pour la coquette somme de 75 dollars. Bienvenue en Australie!

 

Nous chargeons tout et partons. Quarante cinq minutes de voiture et nous arrivons devant le backpacker. Tout est déchargé, nous entrons dans un vieux bâtiment. A l’explication de nos déboires, la direction du backpacker acceptera de nous rembourser la moitié du coût.

 

 Nous prenons possession de la chambre familiale, et découvrons la vétusté des lieux. Nous ne sommes pas les premiers, les cafards et les moustiques sont déjà là. Pas de ventilation ou de clim. Il fait 36°C dans la chambre. Heureusement, il y a un filet d’eau qui coule de la douche. Dommage, que la température ne soit pas réglable.

 

 Sydney Backpacker 3 Sydney Backpacker 4

 

Nous laissons les enfants devant un film et partons acheter à manger, puis tenter de s’endormir dans cette chaleur écrasante.

 

Vendredi, nous nous réveillons un à un après une nuit cauchemardesque, avec la seule envie de ne pas bouger pour ne pas suer. Finalement, nous nous traînons jusqu’à la douche pour tenter de nous rafraîchir. C’est au petit déjeuner sur la terrasse du toit que nous trouvons un peu de fraîcheur.

 Sydney backpacker 1

 

Après une déambulation à travers Hyde Park, sous le regard dubitatif des ibis, nous allons d’un pas soutenu jusqu’à la gare centrale.

 

Sydney ibis 1 Sydney Hyde Park 2

 

Nous voulons réserver des billets de train pour nous rendre à Canberra. Impossible de mettre les tandems dans le train avec ou sans boîte : trop longs. Diantre, on se croirait en France avec le TGV.

 

Heureusement une compagnie de transport routier accepte de nous les prendre. Au central bus, tout est possible à condition que les tandems soient emballés. Ouf, le soulagement se dessine sur nos bobines ravigotées par la clim. Nous avons été bien inspirés de ne pas déballer les tandems qui resteront donc dans leur boîte pour 4 jours.

 

Privés de nos tandems, nous aurions pu louer une voiturette pour visiter Sydney.

 

Sydney 16

 

Finalement, nous décidons de marcher, c’est sans doute notre côté sportif.

 

Visite de l’Australian museum, le plus important musée d’histoire naturelle du pays fondé en 1827 avec l’arrivée des dinosaures en 2008.

 Sydney the australian museum 6

 

Nous apprenons la longue liste des animaux dangereux d’Australie, au travers de jeux interactifs que les enfants apprécient.

 

Anne-Claire a quelque peu fondu depuis qu’elle fait du vélo. Une étape de repos semble bien indiquée pour qu’elle se remplume un peu.

 Sydney the australian museum 14

 

Nous rejoignons ensuite la cathédrale Sainte Marie, la plus grande de l’hémisphère sud, commencé en 1865 et achevée en 1999 par la pause des flèches par hélicoptère.

 

Sydney St Mary's cathedral 2 Sydney St Mary's cathedral 9

 

Nous passons devant la fontaine Archibald et sur une bonne idée de Léa, nous allons admirer le tout Sydney et sa tour Eiffel.

 

 Sydney Tour Eiffel Sydney Archibald fountain

 

A 250 mètres d’altitude, depuis le salon panoramique de Sydney Tower, nous constatons que tout est très proche et concentré dans le même quartier.

 

Sydney Tower

 

Au loin, les Blues Montains. Magnifique. La motivation est là. Demain, nous partirons tôt à la conquête de la ville.

 

Samedi, de bon matin, la chaleur est déjà au rendez-vous. Pas question de mettre les merinos ! Dans Royal Botanic Garden, nous croisons de charmantes chauves-souris, peste de la ville car les dégâts qu’elles font sont considérables.

 

Sydney chauve-souris

 

Les fleurs qui jalonnent notre parcours sont de toute beauté.

 

 Sydney fleurs 5 Sydney fleurs 3

 

 C’est le nouvel an chinois et la ville fête cet évènement. Art Galery, le grand musée d’art de Sydney, fait une exposition sur les statues représentant les soldats du 1er empereur de Chine. 
 

Sydney Art Gallery

 

La galerie permanente est de toute beauté et les enfants se découvrent un goût prononcé pour la peinture et les sculptures. Les français sont bien représentés. Les œuvres de Rodin sont sur leurs socles, des tableaux magnifiques comme le 4 x 4 d’Edouard Detaille, sont accrochés à leur clou.

 Sydney Art Gallery 6

 

Encore quelques pas à sillonner entre les plantes et nous voici face au monument que nous avons tant rêvé de voir. Devant nous se dresse l’Opéra de Sydney. Le bâtiment est majestueux, d’une très grande beauté. Nous sommes très émus, bouleversés. C’est un rêve qui s’accomplit.

 Sydney Opera 14

 

Quelques photos et nous voici sur les premières marches. A l’intérieur, la voix de « Carmen » nous accueille :
L’amour est un oiseau rebelle, …
L’amour est enfant de bohême,
Il n’a jamais, jamais, connu de loi.

 

Ce n’est qu’une retransmission de l’opéra sur un écran télévisé mais pour nous, c’est déjà énorme de voir cela.

 

A tout point de vue, nous sommes dans un moment grandiose et nous nous précipitons sur un livre retraçant l’histoire de la création de l’Opéra « De l’idée à l’emblème » de Michael Moy.

  Sydney Opera 15

 

L’architecte danois, Jorn Utzon, un pionnier, a construit quelque chose qui était bien en avance sur son temps, bien en avance sur la technologie offerte, et il a persévéré en dépit de la publicité extraordinairement malveillante et des critiques négatives, dans la construction de ce bâtiment qui a changé l’image d’un pays entier. C’est la première fois que, de notre vivant, une œuvre architecturale éthique gagne autant de présence universelle.

 

  Sydney Opera 7

 

Après quatorze ans de travaux, l’Opéra de Sydney est inauguré le 20 octobre 1973 par la reine d’Angleterre Elisabeth II. Le 28 juin 2007, l’Opéra de Sydney est ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au côté d’autres trésors culturels de la planète.

 

Retour à la réalité : Roberto Alagna n’est pas au programme des spectacles avenir… nous n’aurons donc pas la chance de rencontrer Hélène, ni son sportif de mari. Dommage.

 

Nous quittons à regrets cette merveille architecturale. Opéra de Sydney, je vous aime.

 

Nous parcourons Circular Quay et prenons le temps de sustenter nos estomacs.

 

En reprenant nos flâneries, nous croisons la dernière acquisition de la SEAS.

 

Sydney SEAS

 

Pratique pour l’organisation des camps d’été des jeunes accueillis. Il y a du changement à la Sauvegarde et ça se sent.

 

Nous gagnons ensuite le quartier The Rocks, un des plus vieux de Sydney, par le magnifique marché d’artisans pour arriver sous Harbour Bridge.

 Sydney Harbour Bridge 3

 

Autre symbole de Sydney, ce pont, un portemanteau en acier, unit les rives nord et sud de la baie depuis 1932. Nous aurions aimé nous lancer dans l’ascension décoiffante, encordés, mais elle est interdite aux enfants et hors de prix. Nous nous contenterons de marcher jusqu’au premier pilon. La vue est à couper le souffle sur l’Opéra et la baie de Port Jackson.

 Sydney Opera 21

 

La chaleur est accablante, 42° dans cet univers de ferraille et de béton !

 

Sydney Harbour Bridge 6

 

Les enfants râlent et traînent la jambe puis se remobilisent pour gagner l’aquarium.

 

Nous retrouvons la fraîcheur des bassins pour une immersion dans les mers et rivières australes. Douze mille espèces dont six cent cinquante autochtones. Certaines évoluent dans deux gigantesques océanoriums amarrés dans la baie. Bonjour Nemo et Dori.

 

Dans cet aquarium la raie vient toujours de côté. 

 Sydney aquarium 17

 

Anne-Claire se sent très à l’aise dans une danse avec les requins, dont elle n’est séparée que par un léger plexiglas.

 

Sydney aquarium 30

 

Même pas peur. Léa préfère la légèreté du scaphandre. 
 

Sydney aquarium 34

 

Nous sommes émerveillés et comme enivrés par tant de beautés. Sydney, je vous aime.

 

Sydney aquarium 9 Sydney aquarium 33

 

On en a plein les pattes, mais il nous faut rentrer à notre chambre. Nous savourons encore quelques notes de violon dans Pitt Street Mall et observons tout en marchant, le ballet des gens qui rentrent croisant ceux qui sortent. Après une tentative de rafraîchissement sous la douche, nous nous attablons devant nos œufs au bacon avec riz, sur la terrasse.

 

Dans la chambre, le manque d’air et la chaleur sont insoutenables mais il nous faut bien nous coucher. Le répulsif à insectes est nécessaire mais nous brûle la peau transpirante. La chasse aux cafards est ouverte. Le vacarme de la rue est incessant. Du grand art dans le confort !

 

Dimanche, on peut dire que nous sommes contents de quitter la chambre. Nous contactons Christophe pour caler notre arrivée à Canberra demain. Il nous apprend que la ville de Sydney a atteint des records de chaleur hier.

 

  Sydney fleurs 4

 

Armés de nos chapeaux, lunettes, bouteilles d’eau, nous partons à l’assaut de la chaleur direction le zoo. Halte devant un spectacle de rue, trois jeunes japonais animent la rue par des sauts de corde en musique dans le cadre d’un projet humanitaire. Ca donne du rythme.

 

Après une halte travail scolaire, nous nous engouffrons dans Wildlife World. C’est un monde magnifique : nous commençons par les papillons et les araignées avant de se glacer le sang devant les serpents.

 

Sydney Wildlife World 2 Sydney Wildlife World 13


Léa toujours très courageuse avec nos amis les reptiles.

 

Sydney Wildlife World 15


Tim tente de pratiquer le salut maori par le nez à nez.

 

Sydney Wildlife World 16

 

De toute évidence Rex ne se lave pas les dents.

 

Sydney Wildlife World 69

 

Il doit donc avoir mauvaise haleine d’où notre décision de ne pas l’approcher. Agé de 45 ans, pesant plus de 500 kilos, il est devenu la mascotte du zoo. 

  Sydney Wildlife World 21

 

Les koalas, l’objectif du voyage d’Anne-Claire est atteint : murmurer à l’oreille des koalas.

 

Sydney Wildlife World 41

 

Nous sommes invités à caresser Mô, à le papouiller, à le mamouiller, sous les yeux à demi ouverts de son copain Jak. Doués d’une vive intelligence, le koala dort 20 heures, mange pendant 4 heures et le reste du temps, il pense. La vie rêvée d’Anne-Claire.

 

Tim et Léa en Koalas: pensent-ils ou dorment-ils?

 

Sydney Wildlife World 76 Sydney Wildlife World 77

 

Les kangourous, quelle queue ! Enfin quelqu’un, outre l’éléphant, capable de faire quelque chose avec son cinquième membre.

 

Sydney Wildlife World 61

 

Quelle souplesse quand il saute ! Pour marcher, il appuye sur ses deux pattes avant et utilise sa queue pour trouver son équilibre.

 

En sortant il fait gris et froid, 20°C de moins. Brrrrrrrrrr. Il fait à peine 23°C. Quel contraste !


Nous traversons Pyrmont Bridge pour nous rendre au quartier chinois, mais les jardins sont déjà fermés.

 

Sydney 26

 

La ville se prépare pour le défilé de ce soir qui fête l’année du lapin, le Nouvel an chinois.

 

 Sydney nouvel an chinois 4 Sydney nouvel an chinois

 

Nous rentrons à l’hôtel pour nous préparer en toute hâte à ressortir pour le feu d’artifice. Nous nous y rendons en compagnie de Ute, une allemande qui réside dans le même backpacker.

La fraîcheur nous fait plutôt du bien et le bouquet final clôt en beauté notre découverte de Sydney.

 

Sydney nouvel an chinois 3

 

Pour le possum c’est aussi la fête car il peut piller allègrement les poubelles et se gaver de frites.

 

Sydney posum 1

 

Lundi matin, branle-bas de combat. Un maxi taxi nous a été réservé par le backpacker pour faire le trajet jusqu’à la station de bus. Connaissant les risques d’aléas concernant ces transports, nous l’avons convoqué largement à l’avance. Une fois de plus, nous sommes effrayés lorsque nous apercevons le break s’arrêter devant la porte. Mais, cette fois-ci, le chauffeur parvient à tout caser en démontant les sièges arrière, en débranchant son système radio, etc. Léa peut être casée dans ce trou, Tim dans celui-là, Anne-Claire parvient à se glisser entre deux sacs à son tour. Seul Marc reste sur le trottoir….et s’en va à pied. En faisant vite, il en a pour un quart d’heure…

 

  Sydney 13


Nous arrivons à central station presque en même temps et n’avons plus qu’à attendre l’heure du bus, en observant les allées et venues des passants.

 

Vingt minutes avant le départ, le bus rouge de la compagnie Greyhound arrive. Les cartons de tandem trouvent leur place sans problème, dans la large soute.


Les places sont attribuées, la clim tourne et confortablement installés nous partons pour Canberra.


350 km de route monotone, avec des forets de hêtres australs, des champs, de l’herbe sèche…de quoi faire une bonne sieste.

 

Sydney the australian museum 17

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:22

 

Du jeudi 27/01 au jeudi 03/02 : une semaine à Christchurch, chez Richard et Noela.

 

Un accueil chaleureux.

 

Richard nous attend et nous sommes accueillis par un chaleureux « bienvenue notre maison est votre maison » clamé en français.

 

Les vélos trouvent leur place au garage, deux chambres nous sont offertes. Nous pourrons utiliser à notre gré la cuisine, le lave-linge, tout le confort d’une maison sans oublier l’accès internet qui nous relie avec notre univers familial et amical. Noela nous laissera aussi sa voiture durant notre séjour. Que vouloir de mieux ! Nous sommes ravis.

 

Nous visitons la maison et le jardin. Au moment du repas nous faisons plus connaissance avec Richard, et Noela qui rentre de son travail.

 

Maïs

 

Toutes les meilleures conditions sont réunies et répondent à nos besoins, pour nous reposer après une semaine de tandem, pour nous consacrer au travail scolaire, visiter la région et nous préparer tranquillement pour notre départ en Australie.

 

C’est dans des draps que nous nous glissons, Léa et Tim sont ravis d’avoir chacun un lit. Nous les sentons déjà bien à l’aise avec nos nouveaux amis.

 

Après une grâce matinées bien méritée, les habitudes des journées de repos s’installent. L’après-midi nous rejoignons Don et Pat que nous avions rencontrés à Tahiape sur l’île du nord. Nous sommes heureux de les revoir. Don nous a trouvé, comme promis, 4 cartons pour emballer nos tandems et nous les apportera demain.

 

Christchurch avec Pat et Don 1


Belle coïncidence, ils habitent à quelques rues de chez nos hôtes.

 

Durand le week-end, Richard et Noela proposent de nous accompagner à la découverte de leur ville.

 

Christchurch, capitale de l’île du sud.

 

Seconde plus grande ville du pays après Auckland et devant Wellington, Christchurch est une ville élégante au style très anglais, avec de grands espaces verts, des jardins magnifiques, et une rivière qui serpente en centre ville.

 

Christchurch fleurs 

The Arts Centre occupe des bâtiments néo gothiques de l’ancienne University of Canterbury de 1874. C’est un complexe aujourd’hui dédié aux arts, à la culture, à la science. Nous flânons aussi sur le traditionnel marché artisanal et gastronomique, installé chaque week-end.

 

Ce jour là déambulent dans les rues toutes sortes d’artistes (festival de spectacle de rue). Devant Cathedral square, nous regardons un spectacle d’une artiste sur…un vélo.

 

Christchurch cathedrale

 

Nous avons le plaisir de saluer Pat qui expose ses peintures dans Worcester road.

 

Christchurch expo Pat Christchurch expo Pat 4

 

Le vieux tramway circule au cœur de Christchurch et passe sous nos yeux admiratifs dans cette rue qui mène à Canterbury museum.

 

Christchurch tramway

 

Ce musée occupe des bâtiments de 1867 à l’entrée du jardin botanique. Des galeries sont consacrées à l’histoire maorie et notamment à celle des chasseurs de moas, gros oiseaux aujourd’hui disparus et ressemblant à des autruches.

 

Canterbury museum 2

 

Nous apprécions la reconstitution visuelle et sonore d’une rue de la ville dans les années 1870, où à l’époque, le grand-bi et le cheval contribuaient aux déplacements. L’histoire ne nous dit pas si les colons envisageaient de faire un tour du monde avec ces engins là.

 

Canterbury museum 10

 

Canterbury museum 8

  Canterbury museum 12

 

Une ville secouée par les tremblements de terre.

 

Christchurch, est soumise fréquemment aux tremblements de terre. Celui du 4 septembre 2010, de force 7.0 a marqué la ville et les esprits et heureusement n’a fait que des dégâts matériels, l’épicentre étant à trente kimomètres de la ville. Celui du 26 décembre a réveillé tous les habitants de la ville à 4 heures du matin, sans victime. Depuis les secousses continuent et les habitants redoutent un tremblement de terre plus violent. Il paraîtrait que la ville soit secouée plus de 600 fois par an !

 

Christchurch tremblement de terre 1

 

Sur notre chemin, Noela et Richard nous montrent quelques traces des derniers tremblements de terre et de certains rafistolages imaginés par les habitants.

 

Christchurch tremblement de terre 2

 

Là où un immeuble s’est totalement effondré, des personnes bénévoles viennent chaque week-end donner de leur temps pour la reconstruction d’un espace vert.

 

NDLR : A l’heure où nous rédigeons cet article, nous apprenons qu’un nouveau tremblement de terre vient de secouer violement Christchurch. Celui-ci a été de force 6.3 et il a fait 75 morts, le plus meurtrier depuis 1931. Ce nombre pourrait augmenter car plus de 300 personnes sont portées disparues. Les dégâts matériels sont catastrophiques.

 

Nous venons de joindre nos amis par téléphone. Tous sont indemnes mais fortement traumatisés par ce qu’ils viennent de vivre, en journée. Leurs maisons semblent avoir été aussi épargnées. Mais certains de leurs proches n’ont pas eu cette chance. L’électricité, l’eau, les lignes téléphoniques sont coupées.

 

La solidarité s’organise. Noela et Richard accueillent chez eux trois personnes, qui n’ont pu retourner dans leur backpacker, celui-ci s’étant écroulé et trois autres qui n’ont pas pu repartir, l’aéroport étant fermé. Selon eux, il pourrait y avoir de nouvelles secousses.

 

Une météo changeante.

 

Canterbury est une des régions les plus sèches du pays mais le climat est changeant comme dans le reste de la Nouvelle Zélande. Il fait sec et chaud quand le vent souffle du nord.

 

Akaroa Harbour 8


Les nuages venant de l’ouest chargés d’eau après la traversée de la mer de Tasman sont stoppés par les Alpes du sud et ont perdu l’essentiel de leur humidité quand ils atteignent Canterbury. En revanche le vent du sud entraîne la chute des températures. Polaire, pas polaire, comment s’habiller et jongler avec les quelques habits dont chacun d’entre nous dispose, afin d’être adaptés à cette météo changeante ?

 

Une soirée festive.

 

Nous organisons une rencontre entre Don et Pat, Richard et Noela. Nous nous lançons dans la confection d’un repas français, les papilles sont en alerte : émincé de poires sur coussin de salade verte, avec zestes de fromage orange, sauce huile d’olive, vinaigre basalmique, poulet à l’abricot (merci à ma marraine pour cette excellente recette), avec farandole de grains de riz blanc au jasmin, gourmandise du palais : iceberg de vanille sur océan d’ananas et blueberry, partiellement nappé d’un manteau de chocolat noir. Café ou thé.

 Chez Richard et Noela 5

 

Le vin aidant à l’installation de la bonne ambiance, en fin de repas, Richard se saisit de sa guitare et fait rocker les accords, ce qui incite Marc, Léa et Tim à s’emparer eux aussi d’instruments de musique. Cool !

 

 Chez Richard et Noela 7 Chez Richard et Noela 15

 

Excursion à Akaroa, village aux couleurs française.

 

C’est de bonne heure et équipés d’un pique nique, que nous nous installons dans la voiture de Noela, Marc au volant puisqu’il a obtenu le permis de conduire une voiture automatique à gauche.

 
Aujourd’hui, nous allons visiter Banks Peninsula formée de deux anciens volcans et la ville la plus française de Nouvelle Zélande.

 

En route nous faisons une halte sur Birdlings Flat, et sa grande plage de galets. Cela donne l’envie à Léa et Tim de réaliser une œuvre d’art en remerciement à toutes celles et tous ceux que nous avons rencontrés et les beaux paysages qui se sont offerts à nos yeux émerveillés.

 

Birdlings Flat 9

 

Un peu plus loin, nous nous arrêtons à Little River. Le I-site est installé dans l’ancienne gare. Là, nous mesurons combien notre séjour en Nouvelle Zélande touche à sa fin. Nous sommes au bout de la voie.

 

 Little River Little River 3

 

Puis la route monte sérieusement, une colline, puis une deuxième, et des magnifiques points de vue sur Akaroa Harbour avant de descendre dans cette baie superbe.

 Akaroa Harbour 1

 

Nous sommes accueillis par le drapeau bleu blanc rouge à l’entrée de la ville.

 

Akaroa

 

Nous passons devant « The grand hôtel ». Les rues portent des noms français, et beaucoup de fleurs. Nous ressentons un certain art de vivre à la française, qui est d’ailleurs très recherché pendant l’été.

 

Akaroa arbre Akaroa mouette 2

 

Les Maoris ont occupé la péninsule assez tôt et lui ont donné son nom, « Akaroa » ce qui signifie la longue baie. Dans l’histoire de la conquête de nouveaux territoires dans le Pacifique, les anglais ont remporté une victoire sur les français en signant le traité de Waitangi en février 1840, qui plaçait la Nouvelle Zélande sous la souveraineté de la couronne britannique. Sans cela ce pays aurait pu être une colonie française. Lorsque les baleiniers et colons français sont arrivés à Akaroa, le drapeau britannique flottait déjà depuis huit jours. Ils ont quand même décidé de s’y installer et de se naturaliser anglais pour participer à la construction du village. Aujourd’hui, ils sont fiers de leurs racines françaises et, pour certains, de leur nom de famille francophone.

 

Akaroa phare

 

Nous nous promenons dans le village, sur le front de mer avec la jetée d’où partent les sorties en mer, et jusqu’au phare, avec de là une grimpette jusqu’au cimetière.

 

Akaroa Harbour 10 Akaroa peintre


Nous flânons sur la plage, Léa et Tim retrouvent les joies du château de sable.

 

Le temps change d’un coup, se couvre une nouvelle fois, ce qui ne nous dissuade pas de rentrer à Christchurch en passant par la route des crêtes et nous donne ainsi une belle idée de ce relief volcanique.

 

Akaroa Harbour 15

 

Le départ de la Nouvelle Zélande.

 

Nous formons une équipe de bénévoles. Don et son ami Peter qui parle un peu français, Richard, Marc et Anne-Claire s’attèlent à la préparation des tandems : nettoyage, changement d’un rayon et dévoilage de la roue, démontage et emballage dans les cartons, ce qui nous occupe la journée.

 

Préparation tandems 3


Le dernier jour est consacré à l’emballage des sacoches. Nous en profitons pour nous délester de quelques affaires inutiles.

 

Jeudi 03 février, nos « taxis » sont tous là : Noela a pris sa journée pour nous conduire à l’aéroport. Don et Pat viennent avec leur van pour y charger les deux cartons des tandems. Leur ami Peter est là aussi avec quelques places dans sa voiture.

 

Préparation tandems

 

Dans ces conditions, bien guidés, tout est facile : pour gagner l’aéroport, trouver le point d’enregistrement des bagages. Tout se passe sans problème. Nous attendons que le point d’enlèvement des bagages encombrants ouvre pour y larguer les tandems. Nous disons adieu à nos amis kiwis, Don, Pat et Peter.

 

Christchurch aéroport 1 Christchurch aéroport

 

Sortant de son travail, Richard nous rejoint et nous partageons notre pique nique sur les fauteuils. Tim et Léa profitent encore un peu de Noela.

 

Christchurch aéroport 9

 

Puis vient l’heure d’embarquer. Nous serrons très fort nos amis dans les bras, et les laissons disparaître dans le hall, avant de nous engager vers le départ. Les formalités de douanes sont rapides et simples. Personne ne sonne au détecteur. Nous pouvons pénétrer dans l’avion et quitter avec émotion cette magnifique terre :

 

Aotearoa, pays du long nuage blanc.

 

 

Invercargill 10  

Moeraki au revoir à Linda et Steven

 

Dunedin avec Marie

  Christchurch avec Pat et Don 1

 

Christchurch lac

 

  

Merci à tous nos amis de Nouvelle Zélande

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:35

Vendredi 21/01 :.Visite de Dunedin et rencontre avec Marie.

 

Steven et Linda habitent depuis un mois dans leur nouvelle maison, à Mosgiel (10 kilomètres avant Dunedin). Ils nous accueillent, eux aussi, comme des rois.

 

Après une bonne nuit sous des couettes douillettes, nous rejoignons dans la cuisine Linda, Mégane, leur fille âgée de 13 ans et Cleveland, leur fils, 15 ans, qui est en train de préparer des pan cakes pour le petit déjeuner. Nous réveillons les enfants afin d’être prêts pour notre virée à Dunedin et rendre visite à Marie, notre kiwi française.

  Mosgiel avec Linda et Steven nuit

 

Vers midi, Steven quitte son travail et vient nous chercher. Il a plaisir à nous véhiculer et nous faire découvrir sa ville.

 

Dunedin est la seconde ville de l’île du sud avec des origines écossaises (Dunedin est la version gaélique de Edimbourg). Nous passons devant l’Université, qui a été la première fondée en Nouvelle Zélande en 1871. Le campus, en plein centre ville, accueille chaque année 18.000 étudiants et joue un rôle important dans le dynamisme de la ville.

 

C’est aussi la seconde ville au monde après San Francisco à avoir adopté le système de tramway à traction par câble, particulièrement adapté à la topographie de la ville, qui s’étend sur plusieurs collines très pentues.
 
Nous demandons à Steven de nous conduire au pied de la rue la plus pentue au monde, Baldwin Street ! Incroyable ! Impressionnant !

 

Dunedin Baldwin Street 6

 

Nous la grimpons sur la pointe des pieds, car les talons ne peuvent pas toucher terre. Puis en voiture, la descente est tout aussi impressionnante !

 

Dunedin Baldwin Street 3 Dunedin Baldwin Street 12

 

 

Dunedin Baldwin Street 10

 

Mais il est temps de nous rendre chez Marie un peu plus au sud de la ville, dans un quartier résidentiel.

 

Steven nous laisse à sa porte et retourne à son travail. Marie nous accueille à bras ouverts.

 

Dunedin avec Marie et Elodie-Marie 1

 

Elle nous a préparé un repas français dont nous humons, dès le pas de la porte, les odeurs bien d’chez nous : gratin dauphinois à la crème fraîche, avec bœuf bourguignon et petits légumes.

 

Dunedin avec Marie gratin dauphinois bourguignon

 

Et en dessert, une tarte appétissante baptisée par Marie «tarte à n’importe quoi ». Un vrai délice ! Quel bonheur de partager ces saveurs avec elle, pendant que sa petite fille Elodie-Marie, âgée de 14 mois, trottine autour d’elle.

 

Tout en nous régalant, nous faisons connaissance. Marie est originaire de Chapareillan. Cela fait plus de quinze ans qu’elle a quitté la France, d’abord pour l’Angleterre, où elle y a rencontré son mari et maintenant la Nouvelle Zélande. L’aventure quoi ! Nous sommes heureux de pouvoir échanger dans la langue de Molière et de découvrir la Nouvelle Zélande sous un regard différent de celui des kiwis.

 
Léa et Tim s’intéressent à la petite Elodie-Marie et à son univers.

 

Après le repas, nous partons nous balader jusqu’à l’océan, qui est à 10 minutes à pied.

 

Dunedin 1

 

Le temps est couvert et le vent souffle fort, de belles vagues viennent se briser sur la plage.

 

Dunedin 4

 

 N’ayant pas pris notre surf, nous nous attardons aux jeux pour enfants et retrouvons les plaisirs de la balançoire.

 

 

 Dunedin jeux Dunedin jeux 1

 

De retour chez Marie, nous croisons rapidement David, son mari, qui rentre du travail. C’est maintenant lui qui va s’occuper de sa fille pendant que Marie nous raccompagne chez Steven et Linda. Une nouvelle fois, nous apprécions d’être pris en charge pour nos déplacements.

 

La maison est vide lorsque nous arrivons chez eux. Marie prend le temps de discuter avec nous autour d’une tasse de thé. Elle apprécie comme nous cet échange en français et nous partageons nos pensées pour la Savoie, pour la France et pour Vera sa meilleure amie, collègue de travail de Marc.

 

Dunedin avec Marie

 

Etonnante coïncidence, Marie et David vont déménager en fin d’année pour habiter dans le même quartier que Steven et Linda. Ils sont contents de faire connaissance et envisagent de se revoir.

 

Nous savons que Steven est passionné de vélo. En soirée, il nous apprend qu’ils ont le projet de venir en France en juillet 2013 pour voir le Tour de France.

 

Mosgiel avec Linda et Steven 1

 

Il le regarde chaque année à la télévision et rêve d’installer son fauteuil pliant sur les pentes abruptes du Galibier ou du Tourmalet. Son engouement nous donne envie de l’accueillir chez nous à notre tour et de l’accompagner dans sa découverte des Alpes. Très motivé, il a la volonté d’apprendre le français et nous l’y encourageons vivement. Il connaît déjà les classiques « bonjour, bonsoir, s’il te plait, merci », les jours de la semaine et les mois de l’année. Du bon boulot, qu’il enrichit par un « tu fais la vaisselle » qui appelle à une réplique que Linda se doit d’inventer.

 

Steven propose de nous conduire demain avec sa remorque jusqu’à Moeraki pour nous faire passer la partie montagneuse de la côte. Les enfants pèsent de tout leur poids dans la décision et nous acceptons.

 

Samedi 22/01 :.Mosgiel – Moeraki, 85 kms en voiture.

 

Lever pour mettre en ligne un article sur le blogue. Grasse matinée pour les enfants jusqu’à midi : record battu, puis ils profitent du trampoline et de Molly, la chienne, qui est toute contente d’avoir deux copains de jeux.

 

 Mosgiel avec Linda et Steven départ 4

 

Nous chargeons nos montures dans la remorque et nous nous serrons à l’arrière pour que Linda puisse venir avec nous et c’est parti.

 

Mosgiel avec Linda et Steven départ Mosgiel avec Linda et Steven

 

A la vue du relief, nous apprécions le confort de la voiture. Ca monte, ça descend. Rien de plat.

 

Après 70 kilomètres, nous faisons une halte à Bushley pour nourrir nos estomacs. Surprise de voir un tandem garé devant le bar : un couple d’anglais, en train de se restaurer. Ils sont épuisés par le relief et le vent de face. Comme nous les comprenons !

 

 Couple d'anglais 1

 

Encore 10 kilomètres pour arriver à Moeraki, petit village de pêcheurs que Steven et Linda apprécient. Il fait froid lorsque nous arrivons au camping. Nous déchargeons toutes les affaires puis Léa et Tim engagent une partie de lutte, de course, de rugby avec Steven. Epuisé il se rend et c’est l’heure pour eux de rentrer à Mosgiel.. Nous nous séparons après de bons abrazos en nous promettant de nous revoir en juillet 2013 pour le Tour de France.

 

Moeraki au revoir à Linda et Steven

 

Nous installons notre campement. Savons-nous encore faire après ces 10 jours passés en maison ?

 

 Moeraki camping

 

Nous partons faire un tour vers le petit port, mais le temps est froid et ne nous incite pas à nous attarder. Nous rentrons au camping boire un chocolat chaud avec quelques tartines et nous glisser dans nos duvets.

 

Dimanche 23/01:. Moeraki – Oamaru, 42 kms.

 

Les quelques averses de la nuit nous ont réveillés à plusieurs reprises, et lorsque nous émergeons, nous profitons d’une accalmie pour tout plier. Mais la pluie nous surprend en plein démontage de la tente. Nous réussissons à tout transporter à l’abri et à fourrer la tente dans un grand sac plastique.

 

Léa et Tim nous préparent du pain grillé pour le petit déjeuner.

 

Moeraki camping 3

 

Puis il faut se remettre en selle sous la bruine et découvrir avec joie le vent de face. Nous roulons deux kilomètres puis bifurquons vers l’océan pour admirer Moeraki Boulders, étonnantes formations géologiques, dues à un phénomène naturel. Non ce ne sont pas des carapaces de tortues géantes.

 

Moeraki Boulders 37

 

Selon une légende maorie, il s’agit de paniers ronds de nourriture géants, Te Kai Hinake, et de calebasses échoués sur la plage après le naufrage de la grande pirogue Arai Te Uru lors d’une tempête.

 

 

 Moeraki Boulders 25

 

Pour nous ce sera un œuf,

 

 Moeraki Boulders 32

 

Ou encore un ballon de foot.

 

Moeraki Boulders 40

 

Nous retournons à nos tandems, enfourchons nos montures avec une désagréable sensation de fatigue. Nous avons le vent de face et comme une impression de ne pas avancer. C’est comme ça aujourd’hui, il faudra faire avec. Le trafic est assez calme.

 

 Saint Andrews sur la route

 

Nous parcourons 42 kilomètres pour arriver à Oamaru et nous dirigeons directement au camping. Nous voulons aller voir les manchots à œil jaune et la colonie de manchots bleus. Mais voilà, nous sommes fatigués et il nous parait difficile de faire encore 20 kilomètres en tandem sur un relief vallonné. Nous apprenons alors qu’une visite touristique part du camping dans une demie heure. A toute allure nous montons la tente, glissons quelques munitions dans un sac et c’est parti.

 

Quelques tours et virages en ville pour admirer les anciens bâtiments des années 1870.

 

Oamaru 1

 

C’est une petite ville de Nouvelle Zélande qui a beaucoup de cachet et se distingue de ses grandes sœurs par l’harmonie de son architecture victorienne.

 

Du sommet d’une colline, nous avons un point de vue magnifique sur la ville, la digue et le port.

 

Oamaru 4 Oamaru 7

 

Quelques kilomètres après, le bus nous dépose et nous gagnons à pied un promontoire au bout du sentier de Bushy beach. De là, la règle est de garder le silence et d’attendre en ouvrant grand les yeux.

 

Soudain, là devant nous, à quelques mètres de la balustrade apparaît de nulle part un manchot à œil jaune.

 

Oamaru manchot yeux jaunes 2

 

Il a probablement grimpé la pente raide et se promène. Après un brin de toilette il s’installe pour un repos sûrement mérité. Nous avons tout le loisir de l’admirer à cinq mètres devant nous.

 

Des otaries se prélassent 150 mètres plus bas, sur la plage. Les jumelles sont nécessaires pour les voir.

 

Oamaru otarie 3

 

Alors que nous nous apprêtons à repartir, un autre manchot à œil jaune sort de l’eau. Celui là doit rentrer de sa pêche quotidienne, et un troisième qui lui, sort des buissons. Se lève-t-il de sa sieste ?

 

Mais le temps passe et nous devons repartir avec le bus pour aller vers le port de Oamaru admirer leurs cousins, les petits manchots bleus.

 

Autre cadre, autre contexte, nous ne sommes plus au cœur de la vie sauvage mais installés sur des gradins face à l’événement de tous les soirs, à la même heure : le retour au nid de dizaines de manchots.

 

 Oamaru manchots bleus

 

La colonie de petits manchots bleus de Oamaru a été établie comme zone protégée en 1992. C’est la plus grande colonie sous surveillance scientifique de Nouvelle Zélande.

 

Les manchots bleus sont les plus petits du monde, 25 cm pour environ un kilo. Ils ne sont pas migrateurs. Ils restent à la colonie, la quittent tous les matins avant le lever du soleil, partent en mer et rentrent tous les soirs au crépuscule.

 

Oamaru manchots bleus 3

 

Cette protection est intéressante et sans doute nécessaire pour la sauvegarde de cette colonie, mais nous nous sentons nous aussi sous surveillance permanente. Pas le droit de les photographier, obligation de rester assis sur les gradins, interdiction de se tenir debout juste derrière la barrière. Cette mise en scène nous apparaît un tantinet excessive, mais peut-être sert-elle d’autres intérêts économiques de par l’entrée payante du site et la vente des différents articles relatifs aux manchots. Pas si manchots que ça, les kiwis !

 

Mais nous apprécions bien de voir ce spectacle de ces petits manchots bleus arrivant à fend la bise, surfant sur la vague, s’agrippant de toute leur force aux rochers, sans se blesser, grimper la pente, se secouer pour se sécher, regarder à droite, à gauche avant de traverser le chemin en courant, traverser la barrière pour rejoindre leur nid au pied de la falaise. Tim en a compté 36 ce soir là.

 

Lundi 24/01 : Oamaru – St Andrews, 70 kms.

 

Après Oamaru, nous traversons une région agricole, longeons des champs de blé, de trèfle, de maïs, de tournesols.

 

Moeraki route 1

 

Nous achetons des framboises pour notre goûter. La circulation s’intensifie, les camions de lait sont incessants, ceux transportant des animaux (moutons, vaches) nous laissent une odeur nauséabonde, désagréable. Dur dur pour des cyclistes qui ont besoin d’air pur !

  Oamaru côte 4

 

Nous redoutions la traversée de la rivière Waitaki, par un pont étroit de 1000 mètres de long, mais tout se passe bien car aucun véhicule ne nous dépasse à un moment où d’autres nous croisent ! Une chance !

 

Anne-claire est fatiguée. Léa comprend qu’il faut qu’elle appuie un peu plus sur les pédales et quand elle se décide, l’équipe des filles décolle. Léa doit alors enlever sa veste et sa polaire. Et oui, pédaler, ça réchauffe !!!

 

Lors des pauses, les enfants demandent des histoires drôles et la mémoire de Marc fonctionne bien. Connaissez vous l’histoire de Toto qui a perdu son vélo dans Paris ? Ou l’histoire du fou qui promène sa brosse à dents ?

 

Après 70 kilomètres, nous décidons de nous arrêter à Saint Andrews dans l’unique terrain pour poser son camping car ou sa tente, situé entre la route et la voie ferrée. L’herbe est belle, la cuisine est équipée, la douche est chaude.

 

Saint Andrews camping

 

Notre dîner est délicieux (chips avec cocktail de jus d’orange et limonade fait maison pour Léa et Tim, gingerbeer pour les parents (boisson pétillante non alcoolisée à base de gingembre, spécialité australienne), salade de tomate-feta, riz au parmesan).

 

Quelques travaux de couture sur le caleçon de Tim criblé de trous (pas Tim).

 

L’océan n’étant pas loin, nous nous endormons au son des vagues et des notes de guitare de nos voisines de tente.
 
Mardi 25/01 : St Andrews – Orari, 57 kms.

 

Marc n’a pas passé une bonne nuit, réveillé par les six trains de marchandises. Nous peinons à nous sortir des duvets, mais il le faut bien. Tim prépare du bacon pour le petit déjeuner, Léa balaie la cuisine, pendant que nous plions le camp.

 

Nous partons un peu tard à notre goût, vers 10 heures, toujours avec cette sensation de jambes lourdes. Nous avançons lentement, avec notre ami le vent, de face.

 

Arrivés à Timaru, nous allons visiter South Canterburry Museum. Ce petit musée bien agencé contient toutes sortes d’objets évoquant les débuts de la colonisation européenne, une magnifique collection de papillons et la climatisation en ces quelques heures de forte chaleur. Après renseignements pris dans la rue auprès d’une passante, nous allons manger dans un bon fish and chips.

 

Ashburton fish and ships 1

 

Nous prenons le temps de faire quelques courses et petits achats souvenirs. Mais comment faire un choix lorsque les consignes sont strictes : pas de gros objets lourds, encombrants, fragiles, bref un tout petit truc, genre porte clé et boucles d’oreilles, à transporter facilement sur des tandems.

 

Nous avançons dans la campagne, avec l’objectif de dormir ce soir dans une ferme, car il n’y a pas d’infrastructure touristique dans la région. Le temps se couvre de nouveau avec l’avantage qu’il fait plus frais.

 

Vers 17 heures, quelques gouttes de pluie marquent la fin de la journée de pédalage. Nous quittons la route à grande circulation pour rejoindre une ferme en retrait. Julie, une femme d’une cinquantaine d’année nous accueille à bras ouverts. Nous nous installons sur un gazon impeccable, à côté d’un jardin potager de toute beauté.

 

Orari chez Julie et Donald 2

 

Julie nous donne accès aux toilettes et à la douche. Elle nous invite à préparer notre repas dans sa cuisine (tomates, purée de pomme de terre au bleu). Elle nous propose de nous installer sur sa terrasse. Elle nous sert un verre de vin rouge, des légumes frais et nous nous mettons à papoter.

 

Donald, son mari arrive alors de la ferme. Il s’occupe de 700 moutons et une centaine de vaches pour la viande. Il est tout aussi chaleureux que sa femme et la discussion va bon train pendant que Léa et Tim regardent un dessin animé sur un bel écran de télévision.

 

Julie and Donald are very happy de nous faire part de leur prochain projet de vacances : quatre semaines en juillet 2011 pour aller pêcher le saumon en Alaska. Julie nous offre le café, avant d’aller nous glisser dans nos duvets au cœur d’un silence d’or.

 

Mercredi 26/01 : Orari – Rakaia, 71 kms.

 

Nous réveillons les enfants pour être en mesure de prendre le petit déjeuner à 7h30, heure à laquelle Donald part au travail. Julie travaille comme cuisinière dans une maison de retraite. Ce matin elle doit partir pour aller s’occuper de deux personnes âgées à domicile. Tout en nous offrant le café, elle lit son journal à nos côtés et nous apprenons qu’un nouveau tremblement de terre de force 4.5 a eu lieu à Christchurch hier, endommageant plusieurs bâtiments. Qu’en sera-t-il lorsque nous y arriverons ? Nous verrons bien.

 

Au moment du départ, elle nous présente Tui, un chiot de 10 semaines, que Léa et Tim emporteraient bien dans une sacoche.

 

 Orari chez Julie et Donald

 

Cette fois c’est le départ. Julie nous remercie d’être venus chez elle. C’est le comble ! Comment la remercier pour une telle hospitalité ?

 

Orari avec Julie

 

Le temps est maussade, il bruine et fait froid. Mais il n’y a pas de vent et nous avançons bien, 37 km avant l’arrêt goûter à l’entrée d’une usine qui fabrique des aliments pour vaches et moutons.

 

Ashburton pause

 

Après avoir franchi une nouvelle rivière qui marque l’entrée d’Ashburton, nous nous arrêtons au I-site pour téléphoner à Noela et Richard et les prévenir de notre arrivée dès demain à Christchurch.

 

Notre voyage en tandem à travers la Nouvelle Zélande, touche à sa fin ce qui nous donne de l’entrain. Après un brunch dans un subway (sandwichs confectionnés à la demande), nous reprenons la route et malgré une circulation dense et bruyante, nous engloutissons les kilomètres qui nous séparent de Rakaia.

 

Alors que le soleil est encore haut, nous nous installons dans un camping familial, bien équipé en jeux pour enfants.

 

Rakaia camping Rakaia camping 10

 

Rakaia camping 7

 

Léa et Tim s’en donnent à cœur joie, ce qui nous laisse le temps…de rencontrer Ross, le gérant du camping. Il nous informe que la traversée du pont de 1,5 kilomètre est dangereuse et, pour lui, impossible à faire en vélo. Il nous propose de charger les tandems dans sa remorque pour nous conduire de l’autre côté. Affaire conclue ! Nous accueillons à bras ouverts sa proposition.

 

Jeudi 27/01 : Rakaia, Christchurch, 55 kms.

 

Au réveil, grand ciel bleu, du pas vu depuis longtemps, mais ça ne dure pas. Nous plions en toute hâte afin d’être à l’heure au rendez-vous avec Ross. La traversée du pont de Rakaia River nous impressionne car la circulation dans les deux sens est dense, les voitures et camions en tous genres roulent à vive allure. Merci Ross pour votre aide qui nous a apporté la sécurité nécessaire.

 

Rakaia traversée Rakala river 1

 

Les 30 kilomètres suivants demandent une vigilance permanente, tellement le trafic s’intensifie à l’approche de la grande ville. Nous rentrons en zone urbaine alors que nous sommes encore bien loin du centre. Comme toutes les villes kiwis, Christchurch est très étalée.

 

Il est 13 heures lorsque nous rentrons dans la ville par une avenue agréable. Au premier parc, nous nous arrêtons pour notre dernier pique nique tandemiste, avec tous ces produits de base, que nous avons bien souvent mangés en Nouvelle Zélande.

 

Christchurch alimentation

 

Ca y est, la boucle est bouclée, Christchurch nous tend les bras.

 

Christchurch arrivée 2

 

Nous n’avons plus qu’à nous laisser aller jusqu’à la maison de Noela et Richard, qui nous attendent pour notre dernière étape et la préparation du départ pour l’Australie.

  

Mais au fait, Seb, est-ce un de ces vans que tu as loué lors de ton passage en Nouvelle Zélande ?

 

Jackson Bay 5  Jackson Bay 4  Moeraki 2  Moeraki voiture  Moeraki voiture 1  Oamaru camping 1

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 23:01

 

Mercredi 12/01 : Queenstown – Athol, 78 km.

 

Le temps change souvent en Nouvelle Zélande et nous en avons une nouvelle fois la preuve : 6°C ce matin, de quoi nous surprendre. Nous plions le camp à la fraîche et reprenons la route vers 9h00. Deux tours de rond point pour s’échauffer avant une raide montée et nous refaisons en sens inverse les sept kilomètres le long du lac Wakatipu.

 

Lac Wakatipu 3

 

Le temps est gris, et arrivés sur la SH6, route principale, nous trouvons un vent froid et de face, ce qui met un peu de piment en ce début de journée de vélo.

 

Trente neuf kilomètres de route étroite, tournante, montante, descendante, trépidante, circulante et donc stressante, glaçante…

 

Nous pédalons en cadence, avec d’un côté le lac, qui par beau temps, comme avant-hier, est de toute beauté. De l’autre, on se sent tout petits au pied des montagnes « The Remarkables », que nous imaginons majestueuses et remarquables.

 

Nous avons bon moral car nous nous réjouissons de rencontrer nos futurs hôtes fermiers et de passer quelques jours avec eux, ce qui nous permet de motiver Léa et Tim à avancer. Il faut bien tout cela car en plus du froid, la pluie arrive à son tour, de face, dans le dos, au dessus, par-dessous, et aussi à note grande joie, de côté.

 

Lac Wakatipu 12

 

Nous continuons à braver cette météo car nous ne sommes pas des poules mouillées.

 

Lac Wakatipu 13

 

Arrivés au bout du lac à Kingston, nous sommes bien contents de nous abriter dans un bar pour une pause réchauffage et chocolat chaud.

 

La pluie a cessé lorsque nous repartons avec comme objectif d’aller le plus loin possible. Dans ces cas là, nous nous organisons par équipe. Nous révisons quelques leçons de conjugaison, règle de grammaire, table de multiplication, sans oublier les discussions à partir des questions des enfants. Pour cela, les deux tandems se tiennent à distance l’un de l’autre…et les kilomètres s’égrainent les uns après les autres. C’est l’apprentissage de la patience, de la persévérance.

 

Après 78 kilomètres, nous décidons de nous arrêter à Athol, petit village de quelques maisons, sur un terrain de camping vide. Une vieille étiquette contenant des explications, presque effacées par le temps, nous indique que nous pouvons nous installer.

 

Athol campsite désert 3

 

Une cabine contenant un lavabo, un wc, et une douche avec eau chaude complète la belle herbe tendre. Incroyable !

 

Nous décidons de nous glisser dans nos duvets pour regarder un film sur le net book et nous coucher tôt pour pouvoir parcourir demain les 90 kilomètres restants jusqu’à la ferme. En plein milieu du film « Bee movie », notre téléphone portable sonne. C’est Lynette et Graeme qui insistent pour venir à notre rencontre nous chercher au plus prêt pour nous. Le rendez-vous est fixé à midi à Lumsden, ce qui nous laissera une trentaine de bornes à parcourir. Trop facile !

 

Jeudi 13/01 : Athol – Winton, 32 km en vélo et 60 km en voiture.

 

Pas de pluie mais le froid pour notre levée du camp.

 

Athol campsite désert 2

 

Le parcours est plat et légèrement vallonné sur certains passages. Beaucoup de pâturages. Le nouveau jeu des garçons consiste à crier à hauteur d’un pré de moutons, ce qui provoque immédiatement un regroupement des animaux qui se déplacent alors en masse. C’est drôle et c’est beau et ça ne fait pas tourner la laine.

 

Il est 11H30 lorsque nous arrivons à Lumsden. Nous stationnons les tandems en bord de route et de jeux pour enfants et attendons plein d’impatience.

 

Arrive alors une voiture avec remorque, c’est eux sans aucun doute et c’est le coup de foudre ! Ils sont là tous les quatre, les parents, Graeme et Lynette, et les enfants, Courtney et Logan, âgés de 13 et 11 ans.

 

Lumsden rencontre 1

 

Le contact est facile et la rencontre se fait dans la bonne humeur. L’accent de Graeme donne le ton tout de suite et nous rigolons bien.

 

Nous chargeons les tandems, puis allons casser une croûte au bar du coin.

 

Lumsden chargement tandems

 

Soixante bornes plus loin, nous arrivons à la ferme, en pleine campagne à Oreti Plains.

 

Nous sommes bien accueillis. La famille s’est organisée pour nous attribuer deux chambres. La maison est spacieuse, confortable et agréable. Nous sommes heureux de cet accueil et de pouvoir nous poser dans cette ambiance familiale. Très vite nous nous sentons comme à la maison.

 

Maison de Lynette et Graeme

 

Toutefois, les activités de la ferme doivent se poursuivre.

 

Lynette va nourrir ses veaux, Graeme retourne voir les vaches, et, et … où sont les cochons ?

Courtney et Logan sont encore en vacances jusqu’à début février. Ils proposent à Léa et Tim de jouer à la Wii, ce qui les ravit. D’abord spectateurs et supporters des enfants, nous prenons part au jeu à notre tour. C’est la première fois que nous jouons au tennis dans un salon. Après avoir maîtrisé le maniement des mannettes, la raquette à la main, nous engageons un match acharné, sous les yeux hallucinés des enfants. Que c’est bon d’avoir le temps de faire ça !

 

En fin d’après midi, le stage à la ferme commence. Graeme propose aux enfants d’aller sur le tracteur pour porter la nourriture aux vaches dans le pré.

 

Oreti ferme 33

 

Lynette nous confie un quad, que nous enfourchons ni une ni deux pour suivre le tracteur. Nous découvrons le domaine, les pâturages, les bâtiments, le manège de la traite, qu’il nous faudra bientôt faire tourner dans le cadre de notre formation.

 

Une fois les enfants couchés, nous nous posons au salon avec Graeme et Lynette.

 

La soirée est consacrée à un partage linguistique franco-kiwi dont l’objectif est d’enrichir notre vocabulaire. De toute évidence, Graeme et Lynette gèrent maintenant parfaitement l’utilisation du mot « polisson » qu’ils ont appris au contact de Jacqueline et de Pierre, l’an dernier lors de leur séjour en France. Ils ont maintenant le projet d’apprendre le mot « coquin », ce qui en soit n’est pas une mince affaire puisque qu’un kiwi doit se pincer le nez pour prononcer ce mot. De notre coté, nous nous attelons à l’apprentissage de mots utiles tels que « tosser » et « bagger of » a utiliser toutefois modérément, selon les circonstances et surtout pas à l’adresse de son chef.

 

Nous nous sentons bien en leur compagnie et nous nous couchons heureux d’être là, dans l’ici et le maintenant, que nous revisitons.

 

Vendredi 14/01 :.Visite de Bluff et d’Invercargill

 

Le programme est chargé et se résume à un slogan «vous êtes là pour vous reposer ». Lynette et Graeme nous proposent une semaine clé en main au cours de laquelle nous n’aurons qu’à nous laisser guider au gré des activités programmées, nous glisser les pieds sous la table, avec interdiction de faire un quelconque travail, nous détendre afin de récupérer lentement de tous les efforts que nous avons fournis dernièrement.

 

Il nous faudra donc ruser pour prendre un balai et faire tourner une machine. Nous coucher à point d’heure, après tout le monde pour nettoyer la cuisine, nous lever la nuit pour étendre le linge.

 

L’après midi, nous embarquons tous les huit pour une virée à Invercargill.

 

Invercargill Basilique Ste Marie

 

Halte au magasin de sport où sont arrivés les deux pneus commandés. Cette situation nous donne l’occasion d’apprendre à Graeme de nouveaux mots en français. Il s’atèle à travailler la prononciation  de « deux vieux pneus » avec ténacité et persévérance.

 

Balade dans le plus beau parc de la ville, Queens Park. Logan et Courtney sont ravis de faire découvrir les jeux pour enfants à Léa et Tim.

 

Invercargill 5 Invercargill hortensia 1

 

Nous croisons Peter Pan et fée Clochette en flânant le long des rosiers, dans les allées bordées d’arbres magnifiques.

 

Invercargill Peter Pan et fée Clochette

 

Le kiosque nous accueille pour une photo, où nous répétons, pour ne pas l’oublier, le tirez-de-langue.

 

Invercargill 10

 

Nous poursuivons jusqu’à Bluff, à l’extrémité sud de la Nouvelle Zélande. Nous nous arrêtons au phare déguster le meilleur fish and chips du sud acheté en chemin.

 

Bluff phare 1

 

Le « blue cod » le poisson local, très apprécié par les kiwis, est frais du jour et frit en beignet. Les frites sont excellentes.

 

Bluff phare 3 Bluff phare 2

 

Nous allons jusqu’au terminus de la route, « Stirling Point » où un panneau donne des directions et distances de plusieurs grandes villes du monde.

 

Bluff pointe sud 3

 

Nous sommes tout émus de savoir le pôle sud à seulement 4.810 km. Cape Reinga, l’extrémité nord de la Nouvelle Zélande où nous étions début décembre, est à 1.410 km. Sydney, notre prochaine étape est à 2.000 km et Londres à un petit 18.958 km !!!!!

 

Bluff pointe sud 1

 

Du haut d’un promontoire que nous n’aurions pas pu gravir en tandems tellement la pente est raide, nous avons une vue panoramique sur Bluff, et sur la fonderie d’aluminium de Tiwai Point. A partir de bauxite importée, elle produit 200 000 tonnes d’aluminium par an qui sont exportées en majeure partie vers l’Australie.

 

Bluff 5 Bluff cargo

 

De retour, nous accompagnons Graeme à la ferme. Ce soir, il nous explique le circuit du lait, de la vache au camion, en passant par le tank à lait qui peut contenir 27.000 litres. La chaleur du lait est récupérée pour commencer à chauffer l’eau qui sert à laver les éprouvettes à pis et le tank. Le camion et sa remorque sont là et collecte ce soir 16.000 litres. Ensuite, il achemine le lait à Edendale à environ 70 kilomètres de là.

 

Oreti Dunedin Oreti Dunedin 2

 

L’usine traite 15 millions de litres par jour pour fabriquer du lait en poudre à destination de l’Afrique entre autre.

 

Samedi 15/01 :.Foire agricole.

 

Pour le lunch, Lynette nous a cuisiné des petites omelettes de « whitebait », petits alevins très répandus en nouvelle Zélande. Les Maoris les mangeaient déjà comme des chips après les avoir fait sécher au soleil. C’est mignon et c’est bon.

 

Puis c’est le signal du départ pour l’hippodrome où a lieu la foire agricole. Quelques vaches, taureaux, expo de machines agricoles et engins en tous genres, concours de tonte de moutons, un magicien, le Titanic en train de couler et le big dil, une chasse aux trésors à laquelle participent Logan, Léa et Tim.

 

Oreti foire agricole 2 Oreti foire agricole

 

Oreti foire agricole 5 Oreti foire agricole 7

 

En rentrant à la maison, quatre veaux se sont échappés du pré et se promènent sur la route. Nous improvisons une battue pour les ramener aux champs.

 

Graeme et Lynette sortent nourrir les veaux et les vaches. Nous rédigeons un article pour le blogue, pendant que le canard à l’orange cuit dans le four. Nous découvrons alors une spécialité de la cuisine kiwi qui garantit la réussite d’une bonne cuisson du plat. Celle-ci consiste à coincer la porte du four avec un escabeau. Que d’ingéniosité !

 

Maison de Lynette et Graeme 13

 

Il est 22H00 lorsque nous attaquons l’apéritif avec un bon vin blanc australien.

 

Dimanche16/01 :.Visite de Riverton.

 

Tout le monde se prépare mais le temps est mauvais et la sortie en bateau est annulée. En revanche, Graeme et Lynette décident d’aller manger le pique nique à Riverton, la ville natale de Graeme où vit une grande partie de sa famille.

 

Riverton 2

 

Nous roulons jusqu’à Mores Scenic Reserve, une langue de terre sauvage et nous nous posons à une table. Le vent souffle fraîchement. Au menu du pique nique : écrevisse et quiche. Un vrai régal.

 

 Riverton 7 Riverton 12

 

Soudain devant nous se dresse une baleine. En un éclair, Graeme stoppe la voiture et les enfants, armés de courage se précipitent sur elle pour la maîtriser.

 

 Riverton 15

 

En 1836, sur ce site maori Aparina, le capitaine John Howell a établi une station baleinière, qui est devenue une des premières communautés urbaines de l’île du sud. Très vite, beaucoup plus qu’ailleurs en Nouvelle Zélande, les pakehas et les maoris se sont mélangés à l’image de Howell et son épouse Kohikohi.

 

 

Riverton musée 2


Leur histoire est racontée au musée de Riverton que nous visitons dans l’après midi, Te Hikoi Southern Journey. Nous découvrons comment ils chassaient le phoque, puis la baleine, comment étaient les premières habitations, leurs barques en peau de phoque. Remarquez l’attention soutenue de tous devant un film sur l’histoire des premiers colons.

 

Riverton musée 6


Alors que nous nous apprêtons à sortir, nous attendons Graeme qui s’attarde devant un traîneau et se plait à imaginer un transport adapté pour ses vaches, si le dérèglement climatique devait couvrir la Nouvelle Zélande d’épaisses couches de neige.

 

 Riverton musée 3

 

Photo souvenir devant le paua, coquillage dont la nacre irisée est utilisée dans l’artisanat à travers tout le pays.

 

Riverton

 

En flânant sur la plage de Bluff, Tim et léa en ont d’ailleurs trouvé deux.

 

Lundi 17/01 : Bateau sur le lac Hauroko.

 

Nous partons à deux voitures dont une qui tire le bateau, à travers la campagne et « le bush ». Les 30 derniers kilomètres se font sur du chemin non goudronné, à travers une forêt magnifique.

 

Lac Hauroko sur la route


Après une heure trente de route, nous arrivons au lac Hauroko, merveilleux lac sauvage. Pas un chat, nous sommes les seuls à naviguer.
 Lac Hauroko 7
Le bateau de type hors bord nous transporte à fend la bise. Les vagues sont fortes et secouent, mais pas de mal de mer.

 

Nous accostons sur des rochers pour grimper quelques mètres et apercevoir au pied de la falaise dans l’ombre d’une grotte les ossements d’une princesse maorie. Deux grilles protègent la sépulture. C’est incroyable d’avoir eu l’idée de la déposer là, nichée dans un coin perdu, loin de toute civilisation, pour le repos éternel.

 

Lac Hauroko teal bay 5

 

Nous repartons sur de fortes vagues direction le nord ; une grande traversée dans un sens puis dans l’autre sens jusqu’à l’extrémité sud à l’embouchure de la rivière Wairaurahiri. C’est très beau.

 

Lac Hauroko

 

Nous nous arrêtons sur la plage de Teal bay.

 

Lac Hauroko teal bay 1

 

Puis par un sentier à travers une végétation dense, nous atteignons un refuge du Doc. Nous entrons à l’intérieur, il y fait une chaleur étouffante. Des traces de feu dans le poêle montrent que des gens ont dormi là cette nuit : randonneurs ? chasseurs ? ou gardes du parc ?

 

 Lac Hauroko teal bay cabane du Doc 1 Lac Hauroko teal bay cabane du Doc

 

On s’y installe pour le pique nique kiwi qui consiste à mettre le contenu d’une glacière entre des toasts sans oublier la cup of tea.

 

Puis nous repartons pour une nouvelle traversée jusqu’à une autre plage où nous débarquons.

 

De là Graeme nous fait faire des tours de ski basket.

 

Lac Hauroko ski basket 14 Lac Hauroko ski basket 9

 

Quelques bonnes sensations, excitant. Les équipes se forment par deux, le panier bondit de vague en vague, propulsé dans les airs à chaque saut, toujours à la limite de la limite…Sans aucun doute, un sport extrême où les forces physiques et mentales sont mises à rude épreuve.

 

Lac Hauroko ski basket 16

 

Le retour se fait sur une eau plus calme : le calme plat.

 

Lac Hauroko 8

 

La sortie du bateau est une manœuvre millimétrée et bien coordonnée. Graeme au volant du bateau ajuste avec doigté l’orientation des deux moteurs pendant que Lynette, en équilibre sur la remorque tire de toutes ses forces l’avant du bateau pour l’accrocher au câble. Belle leçon de parité, sous les yeux médusés d’Anne-Claire à la caméra et de Marc, qui ne cesse ne répéter « mais comment qu’on fait ?! ».

 

 Lac Hauroko 13 Lac Hauroko 11

 

Une fois le bateau bien amarré, nous reprenons la route pour rentrer à Oreti.

 

Ce soir là, lorsque Graeme et Lynette rentrent de la ferme, il est 23h30. C’est l’heure de nous mettre à table : record battu.

 

Après le coucher des enfants, nous restons à bavarder et à rire, à partager nos récits de voyages et regarder des albums photo qui illustrent les leurs.

 

Mardi 18/01 : Apprentissage de la vie de fermier.

 

Marc se lève à 7 heures pour accompagner Graeme à la ferme pour une formation nourriture des vaches et conduite du tracteur. La traite du matin est terminée. Il faut alors apporter des compléments alimentaires (fourrages verts ensilés et ballots d’herbe) aux « good girls », les vaches, car l’herbe est rase et ne suffit pas.

 

Oreti ferme 37 Oreti ferme 25

 

Anne-Claire profite que tout le monde ait le dos tourné pour confectionner une mousse au chocolat.

 

Maison de Lynette et Graeme 12

 

Vers 2h00 pm, Lynette nous prête des habits de fermier et nous voilà partis voir la deuxième traite des vaches de la journée.

 

Oreti ferme 1

 

Léa et Tim sont ravis de faire en quad les 300 mètres qui nous séparent de la ferme.

 

Mais quelle est la tenue du fermier ? Des bottes et un chapeau pour les extrémités, un vieux pantalon, une salopette ou un bleu de travail sans oublier la «cup of tea» dans la main droite et le téléphone portable dans la main gauche, ou vice versa, sans verser.

 

Oreti ferme 19 Oreti ferme 18

 

Nous entrons dans la salle de traite et en un éclair, notre vigilance est mise à rude épreuve. Il nous faut être attentifs aux explications de Graeme, tout en surveillant le postérieur des 54 vaches qui tournent au dessus de nos têtes. A ce moment là nous comprenons toute l’utilité du bonnet.

 

 Oreti ferme 2

 

Léa est folle de joie de vivre de tels instants.

 

Oreti ferme 4

 

Tim progresse vite dans son apprentissage du métier de petit fermier.

 

Oreti ferme 6

 

En un tour de quad, nous allons saluer les veaux, et nous promener jusqu’à la rivière. C’est le moment pour Léa et Tim de prendre les commandes et de piloter leurs parents. L’arrivée de la pluie nous contraints à écourter cette virée.

 

Mercredi 19/01 : Notre séjour tire à sa fin.

 

La fin du stage approche. Léa et Tim révisent leur apprentissage du pilotage du quad et sont maintenant à l’aise pour faire du tout-terrain.

 

Oreti ferme 23

 

Le travail scolaire avance bien lui aussi depuis que nous en faisons régulièrement chaque jour.

 

Nous consacrons cette journée à la préparation de la suite du voyage. Nous contactons Steven et Linda, de Dunedin, qui pourront nous accueillir chez eux demain soir.

 
Nous téléphonons aussi à Marie, l’amie française de Vera, pour une visite dans la journée de vendredi. La perspective de faire sa connaissance et de parler français nous réjouit.

 

Marc s’occupe des tandems : changement des pneus, nettoyage, révision, le train train quoi.

 

Maison de Lynette et Graeme 19 Maison de Lynette et Graeme 10

 

Des amis kiwis de Graeme et Lynette, vivant en Australie à Perth, arrivent dans l’après midi pour la soirée. Un dîner chinois est commandé pour le consommer à la maison.

 

Dans une ambiance joyeuse, nous terminons le repas par un pavlova, le dessert typique kiwi, à base de blanc d’œuf sucré et de crème fouettée, accompagné de framboises.

 

Jeudi 20/01 : départ pour Dunedin en voiture, 210 km.

 

Cette journée est particulière car c’est la dernière que nous partageons avec nos amis. Nous sommes gagnés par ces deux sentiments qui co-habitent, la tristesse de quitter des personnes avec qui nous nous sentons si bien et l’excitation de partir vers de nouvelles aventures.

 

Pour cette dernière journée à la ferme, Marc doit encore passer l’épreuve du chargez-de-45-vaches dans le camion. Graeme veut les transférer à son autre ferme de Riverton, car l’herbe n’est pas suffisamment haute ici. Quarante cinq vaches de moins sur six cents, ça compte énormément.

 Oreti ferme 42 Oreti ferme 45

 

Encore une journée bien remplie pour eux. La masse de travail quotidien est énorme. Bien qu’aidés par un couple employé, Graeme et Lynette ont besoin de l’aide de leurs enfants par moments. Le rythme de la vie quotidienne doit s’adapter en permanence aux vicissitudes des nombreux événements de la vie de la ferme. C’est beaucoup de travail qu’ils effectuent avec un sourire permanent. Nous avons vraiment apprécié cette bonne ambiance de franche rigolade.

 

 Maison de Lynette et Graeme 17

 

Notre formation est validée par nos maîtres de stage qui ont toujours l’œil vif et … coquin, quand ils observent notre mise en pratique.

  Graeme 1

 

Serons-nous pour autant capable de créer notre ferme aux Mollettes ? Nous avons encore un peu de temps pour y réfléchir mais entre temps nous avons passé un séjour inoubliable auprès de cette famille.

 

Nous chargeons les tandems dans la remorque, toutes nos sacoches dans la voiture. Il est 18H30 lorsque nous partons tous les huit pour Dunedin.

 Oreti ferme 35

 

Nous nous excusons auprès de nos admirateurs de ne pas enfourcher les tandems pour parcourir ces quelques 230 kilomètres.

 

Nous arrivons comme prévu à 22h00 à Mosgiel, quartier de Dunedin, chez Steven et Linda, qui nous attendent et nous réservent un accueil chaleureux. Le temps de décharger, et nous quittons Logan, Courtney, Lynette et Graeme la larme à l’œil. Les reverrons nous un jour ? Nous avons l’espoir que oui… Un jour, ils viendront sonner à la porte de la maison…Ou peut-être les retrouverons-nous quelque part ailleurs sur terre ?

 

Lac Hauroko sur la route 1

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 13:44

Lea a publie deux articles sur son blogue:

 

- Lea au Chili

 

- Lea en Nouvelle Zelande

 

Bonne lecture et n'hesitez pas a faire des commentaires.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 23:25

 

Jeudi 06/01: Haast – Cameron Flat, 70 km.

 

Ce matin les pluies sont torrentielles. Le vent est aussi de la partie et les rafales sont fortes…un temps idéal pour pédaler. 

  Haast départ

 

Léa et Tim enfilent leurs tenues de plongée...

 

Haast départ 2

 

... et c’est parti. 

 Haast départ 5

 

La route s’éloigne définitivement de la côte en longeant Haast River. Les cascades rugissent de Aspiring National Park, éclaboussant la route. Elles nous aspergent au point de ne plus savoir si nous roulons ou si nous voguons. Incroyable de faire du tandem sous autant d’eau. Heureusement, nos habits sont bien adaptés et nous protégent de toute cette flotte.

 

Cascade

 

Caen caha nous avançons sans prendre de dénivelé (100 mètres en 40 kilomètres), ce qui a pour effet de nous inquiéter car nous devons passer Haast Pass (le col) à une altitude de 565 mètres au kilomètre 50.

 

Nous prenons le temps de visiter quelques points touristiques, ce qui est à chaque fois l’occasion d’être interpellé par de nombreuses personnes curieuses de nous voir en vélo dans un lieu et sous une pluie aussi peu adapté à du cyclotourisme.

 

  Forêt humide Fougère

 

Après 40 kilomètres et le passage d’un pont, soudain, la route se dresse devant nous. Unissant nos efforts, en formation danseuse, nous nous attaquons à la paroi qui nous fait face. Après quelques centaines de mètres, dans un rapport de force inégal, nous abdiquons et posons le pied à terre. Nous poursuivons notre chemin en poussant Fanlabise et Cassbizou après avoir repris notre souffle.

 

Un instant plus tard, surgissant de nulle part, une voiture s’arrête à nos côtés. Un couple de kiwis nous propose de nous venir en aide en chargeant nos sacoches et nos enfants à bord de leur voiture et de nous attendre 4 kilomètres plus loin, à la cime de l’ascension. Ni une ni deux, de manière insouciante et à la simple vue de leurs faciès sympathiques et de leur attitude bienveillante, nous sentons que nous pouvons accepter de leur confier Léa et Tim. Décision insensée prise sans aucune garantie, nous nous délestons et poursuivons notre route avec légèreté. Nous avalons la route et quelques kilomètres plus loin, comme prévu, Steven et Linda nous attendent avec les enfants qui sont aux anges et le reste de notre équipement. Nous rechargeons les tandems, Léa et Tim reprennent leur place à l’arrière, et nous nous séparons de nos deux saint Bernard.

 

L’arrivée au col est un pur bonheur car nous ne sommes pas éreintés. Il bruine lorsque nous amorçons la descente et plus loin, des culottes de gendarme se dessinent dans ce ciel tourmenté.

 

Haast Pass 2

 

Cette amélioration du temps nous redonne du baume au cœur et nous appuyons ardemment sur les pédales tout en apprenant aux enfants une chanson en canon, que certains connaissent pour l’avoir chantée à l’occasion d’un moment festif aux Mollettes. Cette chanson met en valeur quatre instruments de musique : des violes, des trompettes, des clarinettes et des cors qui forment ensemble un orchestre.

 

Vers 17h30, nous arrivons au campsite du Doc, dans la vallée, au coeur des montagnes. C’est un terrain pour tente et camping car, avec toilettes, point d’eau, et table abritée, pour lequel il faut payer une contribution.

 

Haast Pass campsite

 

Léa et Tim font la connaissance de Lucie, 9 ans et Thibaul, 5 ans et se mettent à jouer à « un deux trois soleil ». Les parents ne tardent pas à faire connaissance. Zabou et Jeff et leurs enfants, originaires de Toulouse, vivent en chine pour deux ans.

 

Nous partageons un apéritif et le dîner, en se racontant nos histoires. Il pleut toujours. C’est alors que Zabou invite Léa et Tim à dormir dans le camping car.

 

Haast Pass campsite Lucie et Thibaud

 

Aucune hésitation, avec duvets et doudous, et en piaillant de joie, nos deux aventuriers s’installent dans leur nouveau logis.

 

Nous nous retrouvons au large dans la tente et réalisons que c’est la première fois depuis notre départ que nous ne dormons pas sous le même toit avec nos enfants.

 

Vendredi 07/01: Cameron Flat – Lake Havea, 59 km.

 

Au milieu de la nuit, le ciel étoilé est magnifique. Au réveil, il est bleu avec des nuages. Nous rangeons les affaires humides et renfilons des habits et chaussures encore mouillées. Les enfants ont fini par s’endormir après avoir joué au pendu par équipe de frères et sœurs, papotant sur leurs aventures, Thibaul faisant des allers retour entre la couchette des enfants et celle de ses parents. Zabou et Jeff ont les traits tirés lorsqu’ils s’extirpent de leur camping car et les enfants, quant à eux, sont radieux.

 

Il se remet à pleuvoir alors que nous prenons le petit déjeuner à l’abri. Dans les campsites la toilette se réduit au minimum par le brossage de dents autour de l’unique lavabo.

 

Haast Pass campsite Zabou et Jef 1

 

Après une photo souvenir, nous prenons le départ vers onze heures.

 

Haast Pass campsite Zabou et Jef familly

 

D’un coup le paysage change, passant d’une végétation de forêts humides avec leurs fougères arborescentes, aux alpages et grands prés à l’herbe rase, où paissent vaches et moutons, sous quelques arbres clairsemés.

 

Makarora 7

 

Le temps s’éclaircit et nous retrouvons le beau temps. Nous atteignons le lac Wanaka, que nous longeons par une route surplombante, et au bord duquel nous faisons notre pause goûter. L’ambiance change du tout au tout : short, crème solaire, eau fraîche.

 

Lac Hawea 1

 

Quelques kilomètres de montée agréable, à 12 km/h car nous avons du vent, dans le dos, et nous atteignons un point de vue magnifique sur le lac Havea, aux eaux vert turquoise, entouré de sommets comme le mont Alta, à 2347 m.

 

  Makarora 11

 

Vers 16h00, nous nous arrêtons à un belvédère, pour le pique nique et faire sécher la tente, les chaussures. Nous demandons de l’eau à des vacanciers et nous repartons avec de la fatigue dans les jambes. La route est vallonnée, les montées sont de nouveau raides mais pas longues et nous avons toujours le vent avec nous. Le paysage est magnifique.

 

Lac Hawea 14

 

Il est 18h30, nous arrivons au village de Lake Havea.

 

Lac Hawea Holiday Park

 

Nous installons notre campement dans le holiday park, au bord du lac. Léa et Tim ont encore beaucoup d’énergie pour jouer aux jeux avant de tomber de sommeil une fois couchés.

 

Samedi 08/01: Lake Havea – Cromwell, 70 km.

 

Chant des oiseaux, lumière matinale du soleil sur le lac accompagnent le rangement du camp. Il fait frais pour les premiers kilomètres. Les montées sont de véritables épreuves, la fatigue s’accumule. Fanlabise déraille en pleine côte, arrêt obligé pour se rendre compte que la chaîne est détendue. Il est alors impossible de la retendre car notre clé ne fonctionne plus. Il faudra donc faire avec.

 

Nous faisons une escale de courte durée à Wanaka, le temps de faire quelques courses et admirer le lac.

 

Lac Wanaka 6 Lac Wanaka 3

 

C'est une station balnéaire aux multiples activités sportives sur terre, eau et dans les airs que les kiwis affectionnent particulièrement. Il y a beaucoup de monde donc beaucoup de trafic sur la route.

 

Nous repartons et faisons une halte au musée du transport et du jouet, une vraie caverne d’alibaba.

 

Luggate musée

 

Luggate musée 11 Luggate musée 13

Il est 15h15, lorsque nous reprenons la route. Il nous reste 47 kilomètres à faire. C’est beaucoup. C’est toujours un dilemme pour nous de choisir entre avancer et arriver à une heure raisonnable, et prendre le temps de visiter les sites que nous rencontrons. Aujourd’hui, le moral est à la hauteur de notre petite forme. C’est à ce moment que Tim lance la rengaine à tue-tête :

 

« J’suis pas fatigué, on va y’arriver,

on va, on va, on va y’arriver… », ce qui a pour effet de nous remettre au beau fixe.

 

Beaucoup de lapins vivent dans les terriers en bord de route. Nous en voyons des dizaines détaler à notre passage et courir se cacher plus loin. D’autres ont eu moins de chance et son déjà au stade de carpette sur la route, ce qui change un peu des possums.

 

Chaque colline à gravir est difficile. Vers 16h30, nous nous arrêtons le long d’un mur à l’ombre, pour notre pique nique (kiwi fruit, tomate, avocat, saucisson, fromage, pain, chocolat).

 

 Queensberry 3

 

Il fait grand beau temps et plus frais lorsque nous poursuivons sur un relief plus calme, le long de Clutha River.

 

A 6 km de Cromwell, notre prochaine étape, une voiture est arrêtée au bord de la route. Peut-être un kiwi qui téléphone ? Nous ralentissons à sa hauteur et avons la surprise de retrouver Steven et Linda ! Quelle joie de les revoir. Steven nous apprend qu’il participe demain à une course de vélo. C’est décidé, nous irons l’encourager au départ prévu à 9 heures.

 

Cromwell vignes 1

 

La région est un des vergers de la Nouvelle Zélande et nous nous arrêtons acheter une cagette d’abricots avant d’aller nous installer au camping de Cromwell.

 Cromwell

 

Dimanche 09/01: Cromwell – Queenstown, 64 km.

 

Le lendemain, les enfants sont motivés pour se lever mais Léa est sceptique : « comment on va faire pour retrouver Steven au milieu de 500 cyclistes ? » et Marc lui répond : « si nos chemins doivent se recroiser, on le reverra », ce qui semble ne pas la convaincre.

 

Alors que nous nous approchons du centre ville, un homme à vélo arrive dans notre direction, Steven ! Incroyable, Léa est ébahie. Le départ a lieu à 11 heures et non à 9 heures. Steven est désolé car il se doute que dans ces conditions, nous n’allons pas attendre le départ de la course. Il nous propose de le suivre jusqu’à chez son frère, à 200 mètres de là pour nous donner ses coordonnées et saluer Linda. Lors de notre passage à Dunedin, nous serons les bienvenus chez eux. Nous les quittons tout heureux de la perspective de les revoir, dans une quinzaine de jours.

 

Queensberry 4

 

Petite halte au I-site de la ville pour réserver notre visite du fiord Milford Sound pour demain. Bien nous en a pris car certains tours sont déjà complets. Nous repartons contents et soulagés d’avoir 4 places.

 

Nous traversons une plaine puis pénétrons dans les gorges de la rivière Kawarau.

 

Gorges Kawarau river 1

 

Paysages magnifiques. Inconvénient, le trafic est dense entre les deux villes de Cromwell et Queenstown. Avantage de cette portion de route étroite : les véhicules roulent plus doucement à l’approche de nos deux tandems. Nous devons toutefois rester vigilants. Deux fortes côtes, légères descentes, et nous arrivons dans la Giggston Valley, région de vignobles. Les caves succèdent aux caves, le soleil cogne et brûle, pas question de s’arrêter sans ombre et encore moins d’aller déguster un sauvignon ou un pinot noir.

 

Dans ces conditions il nous faut rouler encore pour trouver un coin suffisamment ombragé pour le pique nique. Alors la pause nous fait du bien.

 

Gibbston valley 1

 

Chemin faisant, nous atteignons Kawarau Bridge, haut lieu du bungy (saut à l’élastique). Cette fois-ci, nous décidons de ne pas pratiquer l’activité afin de ne pas perdre de temps, comme lorsque nous avons visité le musée.

 

Gibbston valley 3

 

Nous restons toutefois un moment à frissonner en regardant ce que nous aurions pu faire. Les candidats s’élancent et atterrissent 45 mètres plus bas, la tête dans la rivière.

 

Le bungy est une version moderne d’un rite initiatique (les hommes sautent d’un arbre les pieds attachés à une liane). Il a été inventé par les kiwis, qui ont d’ailleurs assuré leur premier coup médiatique en sautant de la tour Eiffel en juin 1987. Un an après ils ont ouvert le premier site officiel en Nouvelle Zélande sur ce pont.

 

Nous nous armons encore de courage pour gagner Queenstown.

 

Queenstown 12

 

Les derniers kilomètres longent le lac Wakatipu.

 

Lac Wakatipu 1

C’est magnifique, mais le plaisir est un peu entaché par la fatigue et la tension nerveuse due à la circulation devenue incessante. Il est temps d’arriver.

 

Queenstown bénéficie d’un environnement spectaculaire. Le site est bordé de sommets aigus, plongeant dans le lac et couronnés de neige en hiver. La ville est toujours en expansion. Elle s’est autoproclamée « capitale mondiale de l’aventure » et attire les touristes du monde entier. Nous avons une petite pensée pour Chamonix et pour Annecy en particulier.

 

Nous repérons un magasin de sport et faisons la connaissance de Phil, qui parle français depuis qu’il a travaillé à Courchevel.

 

Queenstown 4 Queenstown 1

Nous lui confions les deux tandems pour retendre les chaînes, faire une révision et réparer le roulement à bille de la roue avant de Fanlabise. Avec son aide nous commandons deux pneus arrière qui seront livrés à Invercargill.

 

Nous trouvons un tout petit emplacement pour notre tente à un prix exorbitant, dans un des campings de la ville, ce qui fera bien l’affaire pour trois nuits.

 

Queenstown 8

 

Lundi 10/01: Visite de Milford Sound.

 

Lever matinal pour être prêts à 8h00. Un bus vient nous chercher devant le camping et nous partons pour la journée visiter un des plus beaux fiords de la Nouvelle Zélande. Il nous faut parcourir 285 kilomètres en bus de Queenstown à Milford Sound à travers les plus belles routes du pays. Plusieurs haltes pour admirer des sites fantastiques au cœur de Fiordland National Park.

 

Fiordland National Park Fiordland National Park 14

 

Le lac Te Anau est le plus grand lac de l’île du sud. Ses longs bras s’enfoncent de plusieurs kilomètres dans les montagnes à l’ouest. Nous longeons ce lac puis la route s’en écarte et s’enfonce dans Eglinton Valley, avec des forêts aux différentes essences d’hêtres australs, entrecoupées de grandes prairies d’herbe jaune orangé.

 

La vallée se rétrécit et avance dans les montagnes jusqu’au tunnel.

 

Fiordland National Park Homer Tunnel

 

Le tunnel est à une voix en descente, il nous faut attendre notre tour de passage. Petite balade jusqu’à un névé.

 

Fiordland National Park névé 2

 

Nous l’avons eu notre bataille de boules de neige en plein mois de janvier !

 

L’arrivée à Milford Sound est la bienvenue car le voyage pour l’atteindre a été long. Piopiotahi est son nom maori et signifie« une seule grive ».

 

Milford Sound 21

 

Il nous faut dépasser l’infrastructure touristique pour gagner le bateau qui nous attend pour une croisière de deux heures à la découverte du fiord.

 

 Milford Sound 51   

  Milford Sound 50

Nous naviguons sur toute sa longueur, 16 kilomètres, jusqu’à la mer de Tasman. A ce point d’entrée, la largeur est de 550 mètres. Le capitaine Cook a raté par deux fois le passage du fiord en longeant le littoral, parce qu’il ne peut être vu de la mer.

 

Milford Sound 20

 

C’est grâce à John Grono, un pêcheur de phoque, en 1823, que le fiord fut découvert et nommé Milford Haven, son lieu de naissance au Pays de Galles.

 

La profondeur moyenne du fiord est de 330 mètres et sa largeur est de 620 au point le plus étroit. On peut admirer Mitre Peak, avec ses 1692 mètres de haut, qui forme la plus haute falaise de rocher du monde s’élevant directement du fond marin.

 

Milford Sound 8

Les autres falaises sont tout aussi majestueuses et se voient caressées de cascades de toute beauté.

 

Milford Sound 13

 

Des dauphins, des pingouins habitent le fiord mais nous ne les voyons pas. En revanche nous avons la chance d’admirer les phoques se prélassant sur un des rares rochers facile à grimper.

 

 Milford Sound 25  Milford Sound 26

 

Après deux heures de contemplation de cette merveille de la nature, nous reprenons le bus pour refaire en sens inverse les 285 kilomètres qui nous ramèneront au camping. Nous sommes conscients de la chance que nous avons eue de découvrir Piopiotahi sous un soleil splendide, parce qu’ici, sur la côte ouest, il pleut 180 jours par an.

 

Milford Sound 33

 

Mardi 11/01:Journée de repos.

 

Même programme que toutes nos journées de repos : blogue, emails, lessive, travail scolaire. En guise de récréation, une visite du centre de Queenstown avec dégustation d’une glace et une courte baignade dans le lac, car l’eau est froide.

 

Queenstown 21

 

Au camping, nous rencontrons Roland, un parisien de 65 ans, qui visite le monde à vélo depuis 15 ans. Respect.

 

Demain, nous partons pour deux jours de vélo et si tout va bien, nous serons chez Graeme et Lynette, les amis fermiers de Pierre et Jacqueline, qui nous attendent de pied ferme.

 

 Lac Hawea 10

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